mercredi, 25 novembre 2009

PRESSE ET PRESIDENTIELLE IVOIRIENNES : Laissez dormir les démons

mercredi 25 novembre 2009

Alors que tout le monde a les yeux rivés sur les derniers réglages en cours en Côte d’Ivoire qui devraient permettre enfin la tenue de cette présidentielle tant attendue, résonnent des propos de presse qui pourraient à tout le moins ramer à contre-courant et au plus susciter des réactions imprévisibles dans un pays qui, en la matière, en a vu des vertes et des pas mûres. Nul ne peut raisonnablement reprocher au quotidien ivoirien « Notre Voie » d’être proche du régime en place, ni même sa ligne éditoriale. Mais les propos tenus par cet organe de presse, tout récemment, ne sont pas de ceux qui apaisent et appellent à la paix des cœurs. Et pourtant, comme la Côte d’Ivoire en aurait besoin par les temps qui courent !

« Alassane Ouattara, écrit le quotidien (…), doit sa présence sur la liste de départ à la magnanimité, à l’esprit de paix et d’ouverture du président de la République, Laurent Gbagbo (…) Parce qu’à la vérité, assène-t-il, Alassane Ouattara continue de traîner la question de sa nationalité comme un boulet. » Si l’esprit de tels propos n’est pas va-t-en guerre, ça y ressemble fort. Mais là se pose un problème, car le quotidien, à la limite, usurpe la place et les prérogatives de la Cour constitutionnelle. Car, après tout, c’est bien elle qui décide qui peut être candidat à la présidentielle ivoirienne et qui ne le peut pas. Et elle l’a fait, et bien fait. Pourquoi vouloir faire remonter la candidature de ADO à une quelconque « magnanimité » de Laurent Gbagbo, et celle de Bédié à l’accord de Linas Marcoussis ?

Et pourtant, au regard des années de guerre que la Côte d’Ivoire a connues, on avait légitimement pensé que les hommes de médias, eux aussi, sauraient faire désormais dans la prudente mesure en s’appliquant à exercer, avec intelligence et sérieux, leur devoir d’état. De toute évidence, ce ne sera pas là, la résolution de tout le monde. Et c’est plus que regrettable. Car des propos du genre ne peuvent manquer de présenter plusieurs hypothèses, toutes aussi néfastes les unes que les autres. Il se peut qu’ils aient pour visée finale de déstabiliser des candidats à l’orée de la tenue de l’élection présidentielle : atteints dans leur légitimité, les hommes visés, s’ils n’ont pas la consistance mentale qui sied pour affronter de pareils vents contraires, cèdent à l’énervement, s’agitent et inéluctablement, perdent pied et partant, le scrutin même avant l’heure.

Mais il se peut aussi que de pareils propos tenus maintenant aient pour but ultime de prospecter déjà l’après élection. A supposer que l’un des candidats mis à l’index aujourd’hui sorte demain vainqueur de la présidentielle ivoirienne, les esprits seront suffisamment préparés pour se rappeler que l’heureux élu était « mal aligné » au départ de la course. Et la sanction tomberait d’elle-même, immédiate et brutale à l’image d’un funeste couperet. Et pourtant. A supposer qu’il faille « s’occuper du cas » des différents candidats en lice pour la présidentielle à venir, la vraie question qui vaille devrait être de savoir ce que les uns et les autres proposent comme projet de société, ce qu’ils recèlent en eux-mêmes comme un « plus » par rapport aux autres candidats et qui aura la particularité de faire d’eux des hommes ou des femmes qui méritent de présider aux destinées de l’ensemble des Ivoiriens. Le quotidien ivoirien, préfère, lui, se livrer à autre chose.

Ce faisant, l’organe de presse fouille décidément dans des poubelles et déterre volontiers de la pourriture. Un jeu décidément plus que dangereux, au regard de toutes les turbulences dont la Côte d’Ivoire a été victime et au cours desquelles certains médias ivoiriens n’auront pas vraiment joué un bon rôle. A défaut de se battre la coulpe, ils seraient bien inspirés de tirer leçon du passé, pour permettre à un avenir serein de se construire. Car on n’est même pas en mesure de classer les affirmations de « Notre Voie » dans le registre des propos de campagnes qui, bien malheureusement sur le continent, se font l’obligation d’exceller dans l’indécence, la méchanceté ainsi que l’inutile provocation. La date du scrutin étant officiellement inconnue, la campagne n’est pas encore ouverte. Alors ? Quel est le dessein inavoué de telles « attaques » ? Et on se pose alors l’inévitable interrogation : si le débat est à l’acrimonie avant même la campagne électorale, qu’en sera-t-il lorsqu’elle sera effectivement ouverte ?

« Notre Voie » est, et c’est un secret de polichinelle, un organe proche du pouvoir présidentiel. C’est son droit le plus absolu. Il faut espérer cependant que l’esprit qui transpire de la lettre de ses propos ne soit pas celui du camp de Gbagbo. Ou qu’il ne le contamine pas. Par ailleurs, le président Gbagbo a aujourd’hui, en tant que chef de l’Etat ivoirien, obligation de s’employer à faire appliquer la stricte observance du code de déontologie qui existe et régit les médias. Ce faisant, il permettrait de calmer le jeu et empêcherait que l’on jette de l’huile sur le feu. On n’a pas besoin, dans la Côte d’Ivoire actuelle, de ressusciter de vieux démons qui, au demeurant n’étaient pas vraiment bien morts. Car ils risqueraient de se livrer à un bal du diable bien macabre. Il vaut sans doute mieux résolument se tourner vers le futur, et ausculter un avenir qui peut être plein d’optimisme et de promesses si tel est le désir de l’ensemble des Ivoiriens.

Reste à souhaiter que les médias proches d’ADO et de Bédié ne cèdent pas, eux aussi, à l’idée de la réplique vengeresse et facile. Sinon, se déclenchera illico presto, la guerre des médias qui, généralement précède de peu, celle de leurs concepteurs, protecteurs et mentors et qui débouche sur autre chose qu’un débat d’idées saines, prometteuses et constructives. Car, il faut le dire, c’est bien de cela dont a besoin aujourd’hui la Côte d’Ivoire. Pour le reste, il faudrait avoir le courage de faire l’impasse, tant il est vrai que l’existence souvent impose l’oubli pour permettre la vie. A un pays qui a souffert les affres que ce pays a endurées, il n’est pas sain de regarder en arrière. La sagesse commande d’envisager sereinement le futur. Et celui-ci commence sans doute par la présidentielle qui s’annonce.

"Le Pays"

mardi, 24 novembre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Un compte à rebours qui ne dit pas son nom

mardi 24 novembre 2009

En Côte d’Ivoire, les charrues ont devancé les bœufs. Car, les Ivoiriens savent à présent quels sont les candidats qui seront sur la ligne de départ pour la course au fauteuil présidentiel. Quant à savoir quand sonnera le coup de sifflet, bien malin qui saurait donner une date. Toujours est-il qu’il faut avancer et en la matière, la Côte d’Ivoire bouge. En attestent le problème des grades qui a été résolu et les difficultés relatives à l’identification des électeurs qui sont en passe d’être aplanies avec la publication effective des listes électorales provisoires. Dans quelques jours, s’ouvrira alors le contentieux des listes.

Une fois cette étape close, ce sera l’ouverture de la campagne électorale, en principe. Ceci explique-t-il cela ? On semble maintenant se départir du fétichisme des dates, comme si on attendait de voir venir les élections tout simplement. Manque de volonté de la classe politique ivoirienne ? Même si comparaison n’est pas raison, cette élection sans cesse annoncée, mais toujours en pointillés, aura vu passer bien d’autres scrutins présidentiels sur le continent, à l’image de ceux organisés en Mauritanie, au Ghana, au Gabon, etc.

Alors, faut-il y voir une stratégie du président Gbagbo, consistant à épuiser les trésors de guerre de ses principaux challengers ? Difficile d’en donner une réponse affirmative, l’enfant terrible de Mama disposant aujourd’hui de cartes maîtresses propres à faire perdre confiance ses concurrents. Reste qu’à l’instar de la République imaginaire et très très démocratique du Gondwana où l’on ne sait jamais quand commencent les élections, le scrutin en Côte d’Ivoire relève jusque-là de la prévision météo. Deux candidats atypiques devront eux aussi scruter le ciel électoral. Une femme - une première - ainsi que le très célèbre humoriste ivoirien d’origine malienne, Adama Dahico.

Le plus sérieusement du monde, il veut briguer la magistrature suprême. Quel score recueillera-t-il ? Viendrait-il à être un élément perturbateur du scrutin ? Une certitude : sa descente dans l’arène aura l’avantage de détendre l’atmosphère, dans une Côte d’Ivoire qui n’en a pas encore totalement fini avec ses crispations. Sous cet angle, la candidature de Dahico fait œuvre utile.

Il y aura certainement du rire à gogo, même si derrière les propos amusants de l’humoriste, sera sans aucun doute fait étalage des vrais problèmes qui assaillent le pays. Attention Adama Dahico arrive ! Il apportera son grain de sel et son piment à la sauce électorale ivoirienne. Toutes choses qui pourraient lui valoir une forte sympathie des électeurs fatigués des politiciens, et qui seraient enchantés à l’idée de voir la politique se mener autrement. Comme Coluche qui avait commencé à monter dans les sondages, Adama Dahico mérite d’être pris au sérieux. Mais après tout, seuls les électeurs sauront apprécier. Que ferait-il s’il recueillait, dès le premier tour, un score honorable ? Marchandera-t-il ses voix, appellera-t-il à des consignes de vote, ou décidera-t-il de s’en arrêter là ? Quelle que soit l’issue du scrutin, Adama Dahico aura déjà gagné sur un double plan. Non seulement, pour s’être fait un gigantesque coup de pub, mais aussi parce qu’il pourrait récolter de ce scrutin des dividendes sur le plan pécuniaire.

Mais Laurent Gbagbo devrait être le plus grand bénéficiaire de cette candidature. Sans doute l’humoriste ivoirien se sentira-t-il le devoir de renvoyer l’ascenseur au président Gbagbo, après avoir obtenu de lui une dérogation spéciale l’autorisant à être présidentiable. Mais qu’il reporte ses voix sur tel ou tel candidat, c’est Adama Dahico qui décidera du meilleur choix à faire, si jamais il est en bonne position, suffisante pour jouer les arbitres.

Par Cheick Beldh’or SIGUE

Le Pays

lundi, 23 novembre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Attention, Dahico arrive !

lundi 23 novembre 2009

En Côte d’Ivoire, les charrues ont devancé les bœufs. Car, les Ivoiriens savent à présent quels sont les candidats qui seront sur la ligne de départ pour la course au fauteuil présidentiel. Quant à savoir quand sonnera le coup de sifflet, bien malin qui saurait donner une date. Toujours est-il qu’il faut avancer et en la matière, la Côte d’Ivoire bouge. En attestent le problème des grades qui a été résolu et les difficultés relatives à l’identification des électeurs qui sont en passe d’être aplanies. Ceci explique-t-il cela ? On semble maintenant se départir du fétichisme des dates, comme si on attendait de voir venir les élections tout simplement.

Manque de volonté de la classe politique ivoirienne ? Même si comparaison n’est pas raison, cette élection sans cesse annoncée, mais toujours en pointillés, aura vu passer bien d’autres scrutins présidentiels sur le continent, à l’image de ceux organisés en Mauritanie, au Ghana, au Gabon, etc.

Alors, faut-il y voir une stratégie du président Gbagbo, consistant à épuiser les trésors de guerre de ses principaux challengers ? Difficile d’en donner une réponse affirmative, l’enfant terrible de Mama disposant aujourd’hui de cartes maîtresses propres à faire perdre confiance ses concurrents. Reste qu’à l’instar de la République imaginaire et très très démocratique du Gondwana où l’on ne sait jamais quand commencent les élections, le scrutin en Côte d’Ivoire relève jusque-là de la prévision météo. Deux candidats atypiques devront eux aussi scruter le ciel électoral. Une femme - une première - ainsi que le très célèbre humoriste ivoirien d’origine malienne, Adama Dahico.

Le plus sérieusement du monde, il veut briguer la magistrature suprême. Quel score recueillera-t-il ? Viendrait-il à être un élément perturbateur du scrutin ? Une certitude : sa descente dans l’arène aura l’avantage de détendre l’atmosphère, dans une Côte d’Ivoire qui n’en a pas encore totalement fini avec ses crispations. Sous cet angle, la candidature de Dahico fait œuvre utile.

Il y aura certainement du rire à gogo, même si derrière les propos amusants de l’humoriste, sera sans aucun doute fait étalage des vrais problèmes qui assaillent le pays. Attention Adama Dahico arrive ! Il apportera son grain de sel et son piment à la sauce électorale ivoirienne. Toutes choses qui pourraient lui valoir une forte sympathie des électeurs fatigués des politiciens, et qui seraient enchantés à l’idée de voir la politique se mener autrement. Comme Coluche qui avait commencé à monter dans les sondages, Adama Dahico mérite d’être pris au sérieux. Mais après tout, seuls les électeurs sauront apprécier. Que ferait-il s’il recueillait, dès le premier tour, un score honorable ? Marchandera-t-il ses voix, appellera-t-il à des consignes de vote, ou décidera-t-il de s’en arrêter là ? Quelle que soit l’issue du scrutin, Adama Dahico aura déjà gagné sur un double plan. Non seulement, pour s’être fait un gigantesque coup de pub, mais aussi parce qu’il pourrait récolter de ce scrutin des dividendes sur le plan pécuniaire.

Mais Laurent Gbagbo devrait être le plus grand bénéficiaire de cette candidature. Sans doute l’humoriste ivoirien se sentira-t-il le devoir de renvoyer l’ascenseur au président Gbagbo, après avoir obtenu de lui une dérogation spéciale l’autorisant à être présidentiable. Mais qu’il reporte ses voix sur tel ou tel candidat, c’est Adama Dahico qui décidera du meilleur choix à faire, si jamais il est en bonne position, suffisante pour jouer les arbitres.

Par Cheick Beldh’or SIGUE

Le Pays

jeudi, 12 novembre 2009

Présidentielle ivoirienne: la date du 29 novembre sera "déplacée" (CEI)

mercredi 11 novembre 2009 - Par AFP
La
© CEI
C’est désormais chose faite. La liste électorale provisoire, dans sa version papier vient d’être mise à la disposition de la Commission Electorale par les structures techniques, à savoir l’Institut National de la Statistique et la Sagem Sécurité. La cérémonie s’est déroulée dans les locaux du Forum, à proximité de la Direction de l’Office National de l’Identification ce mardi 10 novembre 2009 en début d’après midi, en présence de plusieurs personnalités dont les Représentants Spéciaux du Facilitateur, Boureima Badini et du Secrétaire Général des Nations Unies, Young Choi

ABIDJAN - La date du 29 novembre officiellement prévue pour l'élection présidentielle ivoirienne sera "un peu déplacée", a annoncé mercredi le président de la Commission électorale indépendante (CEI) Robert Mambé, évoquant les retards accusés dans la publication de la liste provisoire.

"Le 29 novembre c'était vraiment l'idéal mais avec tous les palabres qu'on a dû régler jusqu'à maintenant, on va la déplacer un peu" a affirmé M. Mambé, lors d'une conférence de presse.

"Mais de combien de temps ? Chacun peut faire des projections mais la vraie date vous sera indiquée quand on va faire un décret", a-t-il ajouté.

Selon lui, le temps mis pour les recherches complémentaires en vue de l'élaboration de la liste électorale provisoire "a broyé la marge de sécurité que (la CEI) s'était donnée pour la date du 29 novembre".

La CEI en charge du scrutin a reçu mardi à Abidjan une liste provisoire dont la publication est prévue pour lundi prochain.

"Dès vendredi" les Ivoiriens pourront vérifier leur inscription sur "internet, par sms ou par appel téléphonique", en attendant l'affichage la semaine prochaine, a indiqué M. Mambé.

De son côté, la Coalition des femmes leaders de Côte d'Ivoire a qualifié mercredi de "secret de polichinelle" le report du scrutin, demandant à la CEI "de prendre ses responsabilités".

"Il faut que ceux qui gèrent le processus électoral prennent leurs responsabilités et annoncent officiellement aux Ivoiriens que les élections seront reportées", a déclaré Mariam Dao Gabala, présidente de l'ONG, chargée de faire la "promotion des femmes aux postes de décisions".

Au total, 5.300.586 personnes figurent sur la liste provisoire sur les
6.384 253 inscrites, soit un taux de 83%. Il ne reste plus que 1.033.985 de cas litigieux soit un peu plus de 16% du nombre global, selon les chiffres officiels de la CEI.

La phase de contentieux qui suivra dès l'affichage des listes et destinée à régler ces litiges, en vue de la liste définitive, va durer 38 jours.

 

mercredi, 11 novembre 2009

Présidentielle ivoirienne : Nouvel article

C’est en principe hier, mardi 10 novembre 2009, que la liste électorale provisoire ivoirienne devait être remise aux responsables de la Commission électorale indépendante (CEI). Un événement de taille qui met fin à une longue attente autant qu’il marque le début de la mère des batailles.

 

En effet, l’affichage de la fameuse liste, qui devait être fait il y a deux semaines, a été reporté sine die, la CEI n’étant pas prête. Ce sera donc pour très bientôt, sauf nouveau report.

Or en Côte d’Ivoire, comme dans bien d’autres républiques, l’issue de l’élection dépend fortement de la composition du corps électoral, surtout dans un scrutin qui s’annonce aussi serré que celui-là. Il faut dire que c’est la première fois que Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara, les trois Eléphants de la faune politique ivoirienne, sont censés prendre ensemble le départ de la course vers le fauteuil présidentiel. Et depuis quelques mois, plusieurs sondages, commandités, il est vrai, par une société proche du Front populaire ivoirien (FPI), donnent à tous les coups le président sortant vainqueur au second tour contre n’importe lequel de ses adversaires.

Il va donc falloir jouer serré. Vu l’enjeu colossal de cette présidentielle, on comprend qu’une bataille se soit, entre-temps, menée autour de cette liste. Une guerre des chiffres qui a vu passer le nombre d’électeurs ivoiriens de 4,4 millions à 5,3 millions grâce au « repêchage » de près de 900 000 citoyens au statut, dit-on, douteux. Un épisode qui, si l’on n’y prend garde, pourrait bien faire resurgir les fantômes de l’ivoirité.

Une fois remise aux représentants de la CEI, la liste électorale devra être affichée. C’est là que la vraie bataille va commencer dans la mesure où ce million d’électeurs potentiels peut, à lui seul, déterminer l’issue de la joute. Et si certains veulent laisser les choses en l’état, convaincus que les "faux Ivoiriens" font partie de leur électorat, d’autres ne songent qu’à dégraisser le mammouth électoral. A cette allure, ce n’est pas demain la veille qu’on verra, dans les 11000 centres d’enrôlement et 415 commissions locales que compte le pays, l’affichage d’une liste électorale définitive.

Et quand on sait qu’il faut laisser passer un délai d’au moins 30 jours entre l’affichage de la liste électorale et la tenue du scrutin, il n’est pas besoin d’être un sorcier de la forêt ivoirienne pour savoir ce que tout le monde redoute… le report pour la énième fois de la présidentielle ivoirienne. Les choses étant ce qu’elles sont, il est donc temps d’interrompre le faux suspense entretenu autour de l’organisation de ces consultations, même si l’on sait que c’est tout simplement parce que les autorités ivoiriennes n’ont pas encore d’autre date à proposer.

H. Marie Ouédraogo

 

lobservateur.bf

mardi, 03 novembre 2009

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : La grande farce

Enfin, les masques sont tombés. Après les déclarations de ses fidèles lieutenants, propos sans doute distillés dans le but bien calculé de préparer les esprits des uns et des autres à recevoir sans trop de choc l’annonce d’un énième report de la présidentielle ivoirienne, le président Gbagbo vient à son tour confirmer que « la date sera dépassée ». Mais que l’on garde confiance, la volonté est intacte, ce sont tout juste des questions liées à « la réalité du terrain » qui font qu’on ne peut pas s’en tenir à la date du 29 novembre. Nul doute que dans les jours à venir, la CEI devrait confirmer, ne serait-ce que pour la forme, ce que tout le monde sait déjà : la présidentielle ivoirienne est reportée… sine die.

Presque un retour à la case départ. On devra se mettre à compter les jours pour 2010. Presque un supplice de Sisyphe. N’eût été la souffrance de nombreux Ivoiriens, des années durant, on parlerait volontiers de vaste mascarade, et de grande farce, où des politiciens s’amusent à se moquer de tout un peuple et au-delà, de toute la communauté internationale qui aura sué sang et eau dans le but de tirer ce pays du bourbier dans lequel il s’était engouffré.

Car, comment le comprendre autrement ? Tous les candidats ont déposé leurs candidatures, tout le monde s’est mis en campagne, tous les états-majors se sont mobilisés et pendant ce temps, « on » savait que la chose n’aurait pas lieu, au regard justement de ces réalités sur le terrain qui ne datent pas d’aujourd’hui, il faut le reconnaître. Et pourtant, on aura choisi de laisser faire, ne serait-ce que pour sauver les apparences. Si l’objectivité impose de reconnaître que des difficultés existent sur le chemin qui mène à la présidentielle ivoirienne, le bon sens, lui aussi, permet de percevoir que le peu de sérieux des protagonistes de la crise auquel s’ajoute un désir évident de s’agripper à un certain statu quo, expliquent la non-tenue de cette élection présidentielle régulièrement annoncée mais jusque-là jamais réalisée.

Au grand dam des populations ivoiriennes, bien sûr, mais à la grande satisfaction d’un petit groupe que « tout ça » arrange bien évidemment. Il semble à présent bien clair que des élections ne se tiendront en Côte d’Ivoire que si les concernés décident qu’elles auront lieu. Si toutefois ils arrivent un jour à le décider ainsi.

Alors quand ? Début, mi ou fin 2010 ? De combien de temps auront besoin les instances en charge du contentieux des listes électorales pour les rendre prêtes et acceptables par tous les partis ? Et quelles garanties a-t-on qu’aucune autre et nouvelle difficulté ne surgira quelque part, qui vienne à son tour tout remettre en cause ? Pour peu, on dirait que le processus de sortie de crise à l’ivoirienne semble voué à un perpétuel recommencement. Serait-ce fait à dessein pour fatiguer des candidats de l’opposition ou pour gagner les Ivoiriens à l’usure ?

Deux hommes en Côte d’Ivoire, le chef de l’Etat et son Premier ministre semblent tous deux rester de marbre cependant et ne s’émeuvent pas outre mesure que cette présidentielle se reporte presque à l’infini. Ils ont sans doute raison : c’est bien connu sous nos cieux, qu’un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras ». Et la question reste, lancinante : A quand la présidentielle ivoirienne ?

Par Jean Claude KONGO

Le Pays.bf

lundi, 19 octobre 2009

Présidentielle ivoirienne : tous les candidats sont déclarés

19/10/2009 | AFP


Parmi les 6,4 millions d'électeurs potentiels recensés, 2,7 millions de cas sont litigieuxParmi les 6,4 millions d'électeurs potentiels recensés, 2,7 millions de cas sont litigieux© AFP

Décor planté, rôles distribués, mais quand jouera-t-on la pièce ? Si tous les candidats sont désormais déclarés, l'incertitude règne encore sur l'élection présidentielle ivoirienne, l'échéance du 29 novembre apparaissant de plus en plus improbable.

Au pouvoir depuis 2000 malgré la fin de son mandat en 2005, Laurent Gbagbo a attendu le dernier jour pour se lancer. Vendredi, le chef de l'Etat a déposé sa candidature, contre "ceux qui n'aiment pas la Côte d'Ivoire" et les candidats de "l'étranger".

Une pierre dans le jardin de ses deux principaux rivaux, l'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, accusés par le camp présidentiel d'être soutenus par la France.

Les deux opposants s'étaient engagés dans la bataille beaucoup plus tôt que Gbagbo, enchaînant les tournées à travers le pays.

Bédié, chef du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ex-parti unique), pourfend sans relâche le pouvoir en place et n'en finit pas de célébrer l'époque du "Père de la Nation", Félix Houphouët-Boigny (1960-1993).

Quant à Ouattara, il prône partout la "réconciliation", tâchant de se défaire de l'image - toujours récusée par l'intéressé - d'inspirateur de la rébellion qui, depuis le coup d'Etat manqué de 2002, contrôle le nord.

Nouveau faux départ ?

Le processus électoral passe un cap maintenant que tous les concurrents sont connus, mais des interrogations de plus en plus lourdes pèsent sur le 29 novembre, pour un scrutin sans cesse reporté depuis 2005.

De quoi inquiéter Paris qui, par la voix du secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet, a martelé cette semaine que l'élection devait "absolument" se tenir à la date prévue. Avant de concéder un peu plus tard qu'un léger report ne poserait pas de problème.

Le Premier ministre Guillaume Soro, chef des ex-rebelles, avait réagi vivement depuis Pékin à ses premières déclarations, et demandé à l'ex-puissance coloniale de faire preuve de "considération" pour son pays.

"Une élection contestée, ce n'est pas un mois de perdu, ce sont des années", a-t-il fait valoir, défendant la nécessité d'une bonne liste électorale provisoire.

2,7 millions d'électeurs litigieux

C'est que l'élaboration de la liste a mis au jour une difficulté de taille: la présence, parmi les quelque 6,4 millions d'électeurs potentiels recensés, de pas moins de 2,7 millions de cas litigieux.

Ces personnes n'ayant été retrouvées ni sur la liste de la présidentielle de 2000, ni sur les registres administratifs retenus, rien ne garantit leur nationalité.

Dans un pays où la question de l'identité, et donc de la fraude, est toujours prête à déchaîner les passions, la nouvelle a créé un profond malaise.

"C'est le pire des scénarios", lâche une source onusienne. "Un grand trou noir", confirme un expert.

Les structures techniques se sont donc lancées dans de nouvelles recherches pour valider des électeurs supplémentaires, et réduire le volume du contentieux qui conduira à la liste définitive. Le chiffre, non confirmé, d'"un million" d'électeurs ainsi récupérés a été évoqué.

Report du 1er tour à fin décembre ?

Mais le rendez-vous du 29 novembre est d'ores et déjà compromis, affirme une source proche du dossier, qui ne juge pas possible un premier tour "avant la fin décembre".

Une prochaine réunion des dirigeants ivoiriens autour du "facilitateur", le président burkinabé Blaise Compaoré, pourrait alors servir à fixer un nouveau calendrier, selon des observateurs.

"On n'attendra pas le matin du 29 pour annoncer un report", glisse-t-on dans l'entourage du Premier ministre.

Présidentielle ivoirienne : 20 prétendants, 12 solvables ?






L’événement eut été qu’au moins un des ténors de la crise qui a hypothéqué l’ascension du pays d’Houphouët fasse le deuil de ses ambitions présidentielles pour l’intérêt supérieur de la Nation. Mais ce 16 octobre 2009, au soir donc de la date butoir de dépôt des candidatures, la preuve est établie que ni cette sagesse, ni cette lucidité politique ne peuvent prospérer en Eburnie, et c’est de bonne guerre, en dépit des sondages qui réduisent les chances de nombre d’entre eux à néant.

Qui, en effet, de Koudou Laurent Gbagbo après un quart de siècle dans l’opposition et scotché au fauteuil présidentiel depuis 2000, essuyant toutes les velléités putschistes ; d’Aimé Henri Konan Bédié, héritier constitutionnel de Félix Houphouët Boigny en 1993, qui fut délogé du palais de Cocody le 24 décembre 1999 par le général balayeur, Robert Guéï, alors même que le champagne pour le réveillon de Noël était déjà au frais ; d’Alassane Dramane Ouattara, ancien premier ministre du patriarche de Yamoussoukro et dont la nationalité ivoirienne était depuis remise en cause, et a enfin l’occasion ou jamais de rêver d’un destin national ; Oui qui donc de ces trois gourous acceptera de se faire hara-kiri au nom de la paix et de la réconciliation nationale, demandions-nous ?

Rendez-vous, malgré tout, le 29 novembre à cette présidentielle à laquelle convient tous les protagonistes de la scène politique ivoirienne, et la bible de Marcoussis et les accords de Ouagadougou, avant bien sûr, qu’à l’issue du mandat à venir, la Constitution fasse sa sélection naturelle, car certains seront bien contraints de faire valoir leurs droits à la retraite. Nous n’y sommes pas encore, et ils sont aujourd’hui 20 prétendants déclarés au fauteuil présidentiel ; parmi lesquels nous retiendrons ceux en possession d’un reçu de cautionnement, que sont :

- Akoto Yao Kouadio Félix (Indépendant) ; Aimé Henri Konan Bédié (PDCI-RDA) ; Dolo Adama (Indépendant) ; Anaky Kobenan Innocent A. (MFA) ; Wodié Vangah Romain Françis (PIT) ; Gnamien Konan (UPCI) ; Konan Kouadio Siméon (Indépendant) ; Ouattara Alassane (RDR) ; Toikeusse Mabri Albert (UDPCI) ; Enoh Aka NDouba (Indépendant) ; Gbagbo Laurent (FPI) ; Obli Lohoues Anne Jacqueline (Indépendant).

- Comme on le voit bien, 12 candidats solvables dont 5 Indépendants, en attendant l’onction de la Commission électorale indépendante (CEI) et cette hypothétique date du 29 octobre. Comme quoi la crise septennale n’aura nullement entamé l’appétit présidentiel. Malheur au vaincu !

L’Observateur Paalga

vendredi, 16 octobre 2009

Respect du 29 novembre - Sidiki Konaté répond à Alain Joyandet : “Un petit blanc ne peut pas nous dicter de leçons”

vendredi 16 octobre 2009 - Par Nord-Sud
Konaté
© Abidjan.net par KS
Samedi 12 mai 2007. Le ministre du Tourisme et de l`artisanat, Sidiki Konaté participant à l`émission "Face à la diaspora" dans les studios d`Abidjan

La tenue d'élections libres et transparentes en Côte d'Ivoire avec une « liste électorale parfaite » est bel et bien possible, a affirmé hier le ministre du Tourisme et de l'Artisanat. Konaté Sidiki qui est par ailleurs porte-parole des Forces nouvelles s'est prononcé sur la question au cours d'une rencontre à la Chambre nationale des métiers, aux II Plateaux.

Venu présider une conférence de presse animée par M. Kouéyou Otokoré Christophe, administrateur provisoire de la chambre des métiers, le ministre a profité de l'ordre du jour qui portait sur l'organisation des élections au sein de la structure sous tutelle de son département, pour se prononcer sur le processus électoral du pays.

«Nous irons aux élections avec une liste électorale parfaite. Certains disent qu'on peut faire les élections avec une liste imparfaite. Mais ce n'est pas un petit Blanc assis quelque part qui va nous dicter les leçons. Arrêtons de nous effrayer, il n'y aura rien. Ce n'est même plus le moment de s'effrayer, nous allons à la paix», a promis Sidiki Konaté.

Cette sortie du porte-parole des FN fait suite aux déclarations du Secrétaire d'Etat français à la coopération, Alain Joyandet. Ce dernier avait exigé mardi, sur la chaîne de télévision française, TV5 monde, le respect absolu de la date du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire. Que le pays aille « rapidement à cette élection (présidentielle) et sans la reporter» avait-il réclamé.

Pour M. Joyandet, aucune liste électorale n'est parfaitement fiable. « Vous savez, les listes électorales, elles ne seront jamais parfaites. Elles ne sont nulle part jamais parfaites », avait-il affirmé.

N.D.

Présidentielle ivoirienne: Laurent Gbagbo candidat à sa succession

vendredi 16 octobre 2009 - Par AFP
Conseil
© Le Temps par Yanez Dessouza
Mercredi 26 août 2009. Abidjan, palais présidentiel. Le Président Laurent Gbagbo (photo) préside l`investiture de M. Paul Yao N`Dré, nommé le 8 août dernier à la tête du Conseil constitutionnel.

ABIDJAN, 16 oct 2009 (AFP) - Le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo,
resté au pouvoir depuis la fin de son mandat en 2005 à la suite de la crise que connaît son pays, a fait vendredi officiellement acte de candidature au scrutin présidentiel prévu le 29 novembre, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Gbagbo a déposé dans la matinée sa candidature, au nom de "la majorité présidentielle" (LMP) formée d'une dizaine de partis, au siège de la Commission électorale indépendante (CEI) à Abidjan.

Devant l'institution, un millier de personnes s'étaient rassemblées un peu
plus tôt pour accueillir le candidat, accompagné notamment du chef de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan, et du leader des "jeunes patriotes" Charles Blé Goudé.

Son épouse Simone Gbagbo, considérée comme une "dure" du régime, avait annoncé le 7 octobre qu'il "acceptait d'être candidat", lors d'une réunion publique à Anyama, au nord d'Abidjan.

Elu pour cinq ans en 2000, Laurent Gbagbo a été victime d'une tentative de coup d'Etat en 2002, qui a plongé le pays dans une grave crise politico-militaire. Il est depuis lors resté maître du seul sud ivoirien.

Lors du scrutin prévu le 29 novembre, sans cesse reporté depuis 2005 et sur lequel pèsent encore de lourdes interrogations, il devrait être opposé à l'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara.

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