
samedi 12 septembre 2009
Après avoir songé à arrêter sa carrière cet été, Claude Makelele a décidé de passer une saison de plus sous le maillot du PSG. Un choix que le capitaine parisien, très en forme en ce début de saison, ne regrette pas du tout.
Claude Makelele, êtes-vous content de retrouver le championnat après cette mini-trêve ?
C'est sûr. C'est toujours bien de reprendre la compétition. Ça nous a fait deux semaines de tranquillité, mais nous avons continué à bosser pour préparer ce match contre Monaco. Lors de ce genre de trêve, le plus important est de continuer à garder ce rythme et cette rigueur au niveau des entraînements pour ne pas perdre ce qui a été fait depuis le début de saison. Il n'y a pas de danger, mais il faudra être dans le coup dès le départ contre Monaco pour éviter de refaire les mêmes erreurs que nous faisons d'habitude dans les quinze dernières minutes. A chaque fois, nous démarrons très doucement. Il faut rectifier ça.
Comment abordez-vous ce déplacement à Monaco ?
Tous les matchs sont difficiles. Là, nous allons à l'extérieur et nous sommes favoris par rapport à notre situation actuelle. Mais le plus important est déjà de respecter nos adversaires et de faire le maximum pour prendre des points à l'extérieur. Je l'ai toujours dit : il faut faire le maximum à la maison et prendre des points en déplacement. Si nous pouvons gagner, c'est encore mieux, car nous avons des possibilités d'aller nous imposer là-bas. Mais uniquement en travaillant ensemble et en continuant sur notre lancée du début de saison.
L'absence d'Erding, qui devrait être remplacé par Hoarau, chamboule-t-elle beaucoup de choses sur le front de l'attaque ?
Non, ça ne chamboule rien, car nous jouons toujours dans le même système. Hoarau et Erding n'ont pas les mêmes qualités mais nous avons déjà joué avec Hoarau la saison dernière, donc nous allons nous adapter. Nous sommes tout un groupe, donc quand il en manque un, il est remplacé par un autre. Comment je trouve Hoarau ? Très bien, mais il a besoin de jouer maintenant. Il veut reprendre sa place de titulaire, il en a l'opportunité. C'est quelqu'un de très professionnel et il a une telle envie qu'il va nous apporter énormément. Même en l'absence de Mevlut (Erding). Maintenant, c'est toujours mieux de rentrer dans une équipe qui tourne bien que l'inverse. C'est un avantage.
Que vous inspire les changements opérés depuis le début de la saison par Antoine Kombouaré ?
Ça paie. Les changements que le coach effectue et le système de rotation donnent des résultats. Donc c'est que le coach a raison.
« Gudjohnsen va énormément apporter »
Il semble y avoir une bien meilleure ambiance dans le groupe que la saison dernière. Pensez-vous que c'est ce qui explique ce bon début de saison du PSG ?
Non, ça n'a rien à voir. C'est ce bon début de championnat qui fait que nous sommes plus gais, que nous vivons bien et travaillons dans de bonnes conditions. Dans une situation un peu plus délicate, ça serait différent. Maintenant, pour un joueur, c'est toujours plus intéressant de s'entraîner dans ces conditions. Mais quand on gagne, l'ambiance est toujours bonne (sourire). C'est lié aux résultats. Un groupe, une équipe, vit en fonction de ça. Donc nous allons essayer de garder ça.
Etes-vous impatient de vous étalonner par rapport à ces deux grosses équipes que sont Lyon et Monaco ?
Non, pas spécialement. Pour l'instant, le plus important pour nous est de prendre match par match. Il y a eu Lille, ça s'est bien passé, j'espère que ça va très bien se passer à Monaco. Après, il y aura Lyon, Marseille et Bordeaux, ce n'est pas ça le problème. Ce qu'il faut c'est se concentrer sur des adversaires directs, des équipes comme Monaco qui ne sont pas prétendantes au titre. C'est là où nous pouvons faire le maximum pour prendre le plus de points dans le but de finir dans les cinq premiers.
Pensez-vous que le PSG puisse profiter du fait que les grosses équipes jouent la Ligue des Champions pour prendre un peu d'avance devant ?
Non, je ne crois pas à ça. En général, les équipes qui jouent la Ligue des Champions sont même plus compétitives que celles qui ne jouent qu'une fois dans la semaine. Ils s'entraînent deux fois, ont un match le mercredi, et remettent ça le samedi et le dimanche. Donc ils sont encore dans le chaud. Alors que nous nous allons avoir une préparation d'une semaine. C'est un petit avantage, mais je n'y crois pas. J'ai pu voir à Madrid et Chelsea que nous étions beaucoup plus en forme que la plupart des équipes qui avaient une semaine de préparation.
Que pensez-vous de la venue d'Eidur Gudjohnsen à Monaco ?
C'est une bonne chose. Comme je l'ai dit depuis que je suis arrivé, j'ai essayé de convaincre la plupart des grands joueurs de revenir côtoyer le championnat français. Ça relève le niveau. Il y a des Morientes qui viennent… Il y a aussi pas mal de grands joueurs. D'année en année, le niveau est de plus en plus intéressant. Pour revenir à Gudjohnsen, je l'ai connu à Chelsea et je sais qu'il va apporter énormément à Monaco. C'est avant tout un compétiteur. Il a toujours essayé de faire de son mieux dans tous les clubs où il est passé. A Barcelone, il n'a pas eu beaucoup de chances dans la mesure où il y a beaucoup de grands joueurs à son poste. Mais sur le peu de matchs qu'il a joués, il a toujours réussi à démontrer ses qualités.
« Je suis vieux, c'est vrai »
Croyez-vous que Gudjohnsen puisse relancer Monaco ?
Un joueur ne relance pas toute une équipe ni tout un groupe. Mais il peut y contribuer. Gudjohnsen est un très bon joueur. Si les jeunes sont à son écoute, il devrait pouvoir aider Monaco à se sortir de cette impasse. Il est surtout dangereux dans la finition, la dernière passe. C'est un joueur très intéressant et très mature. Il a de l'expérience, tout simplement. Il a joué dans de grands clubs et est adroit devant le but. C'est un joueur à surveiller, c'est certain. S'il peut devenir la grande star du championnat de L1 ? Ça dépendra de lui (rires).
La saison dernière, vous aviez disputé votre premier match avec le PSG contre Monaco à Louis II. Comment évaluez-vous le chemin parcouru depuis par Paris ?
L'an dernier, nous avions connu un début de saison difficile. « Ludo » (Ludovic Giuly) et moi avions eu une préparation un peu bâclée, c'était difficile. Cette saison, ça n'a pas été le cas, c'est pour ça que nous sommes très en jambes. Le coach disposait pratiquement de tout son groupe, il a donc pu préparer les matchs amicaux dans de bonnes conditions et voir à peu près ce qu'il était possible de faire tout au long de la saison avec ce groupe-là.
D'un point de vue personnel, vous estimez-vous en pleine forme ?
Je le répète : j'ai fait une bonne préparation. Je n'avais plus fait une aussi bonne préparation depuis pas mal d'années. J'en suis content car j'avais besoin d'être bien pour démarrer ce début de saison. Je ne regrette pas d'avoir rempilé pour une année de plus. Mon début de saison ? C'est correct, mais je m'attends à faire mieux et j'en ai besoin. Pour l'équipe et le club comme pour moi. J'espère que j'apporterait un plus à chaque match.
Vos coéquipiers vous surnomment « Le vieux ». Vous n'y voyez aucun inconvénient ?
Non, pas du tout, c'est affectif. Et puis, de toute façon, je suis vieux, c'est vrai (rires).
Propos recueillis au Camp des Loges par Vasanth Divy
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