vendredi, 06 novembre 2009

L'Union Européenne suspend son aide au développement

06/11/2009 | AFP


L'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégalL'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégal© AFP

Cette aide s'élevait à près d'un demi-milliard d'euros sur 5 ans. L'UE demande le "retour à l'ordre constitutionnel".

L'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel" , a-t-on appris vendredi auprès de la Commission européenne.

"La Commission européenne et les pays de l'UE ont demandé des consultations avec les autorités du Niger", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Commission pour les questions d'aide au développement, John Clancy.

L'aide humanitaire "pas affectée"

En attendant le résultat de ces consultations, l'UE a suspendu son aide qui s'élève à 458 millions d'euros pour la période 2008-2013. En revanche, "l'aide humanitaire n'est pas affectée par cette suspension", a précisé M. Clancy.

"Nous espérons que ces consultations auront un effet positif pour toutes les parties offrant une feuille de route claire pour le retour de l'ordre constitutionnel au Niger", a ajouté le porte-parole.

Dans une lettre conjointe adressée mardi au président Mamadou Tandja, dont l'AFP a pris connaissance, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, au nom de la présidence suédoise de l'UE, ont exprimé leur "profonde préoccupation" face à la situation politique au Niger et demandé "un retour à l'ordre constitutionnel dans les meilleurs délais".

L'UE avait déjà suspendu une aide de 180 millions d'euros

Qualifiant de "violation de la constitution" le référendum du 4 août dernier, grâce auquel M. Tandja a obtenu une rallonge de trois ans au pouvoir après 10 ans à la tête du pays, l'UE a décidé de recourir à l'article 96 des accords de Cotonou, qui traite du non respect des critères démocratiques et de défense des droits de l'Homme.

Cet article 96 de l'accord signé en 2000 entre l'UE et les pays Afrique/Caraïbes/Pacifique prévoit en dernier ressort, en cas d'échec des quatre mois de discussions prévues, la possibilité d'une suspension de la coopération communautaire.

L'UE avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum du 4 août.

Le 20 octobre, Niamey avait organisé des législatives controversées et boycottées par l'opposition, qui avaient entraîné sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie.

lundi, 17 août 2009

Manifestations annoncées contre la nouvelle Constitution

16/08/2009 | AFP


L'opposition prévoit meetings, conférences publiques et grèveL'opposition prévoit meetings, conférences publiques et grève© AFP

L'opposition nigérienne a annoncé dimanche plusieurs manifestations la semaine prochaine contre la nouvelle Constitution adoptée lors du référendum très controversé du 4 août.

"Le 20 août, la Coordination des forces démocratiques pour la république (CFDR) organisera d'importants meetings dans tout le pays où le peuple va exprimer son refus d'accepter les résultats fantaisistes du prétendu référendum", a indiqué Issoufou Sidibé secrétaire général de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) à la radio Dounia.

La veille, selon lui, la CFDR organisera des conférences publiques contre le nouveau texte.

Préavis de grève

Les sept centrales syndicales du pays, tous membres de la Coordination ont également déposé un préavis de grève de 72 heures à compter du 26 août.

La CFDR regroupe trois fronts opposés au référendum par lequel une nouvelle Constitution a été adoptée permettant au chef de l'Etat Mamadou Tandja de rester au pouvoir encore trois ans au lieu de se retirer en décembre au terme de deux quinquennats, comme initialement prévu.

L'opposition rejette la décision de la Cour constitutionnelle, recomposée, qui a validé vendredi soir les résultats du référendum et elle a affiché sa détermination à combattre "la dictature" du président Tandja au Niger.

La Cour constitutionnelle a en effet estimé que la nouvelle Constitution a été adoptée à 92,50 % de "oui" avec une participation de 68,26%, entérinant ainsi les résultats provisoires qui lui ont été transmis par la commission électorale indépendante (Céni).

"Moins de 5%" de participation

Or la Cour ayant validé le scrutin a été nommée par le président Tandja qui avait dissous la précédente, comme il avait dissous auparavant le parlement, parce que ces organismes s'opposaient au projet de référendum illégal. Avant leur nomination certains des nouveaux membres ont affiché leur adhésion au projet référendaire.

L'opposition qui dénonce un "coup d'Etat" du président, avait appelé à boycotter la consultation qui avait aussi suscité l'inquiétude de la communauté internationale.

D'après la CFDR, le référendum a enregistré "moins de 5% de taux de participation". Il est donc rejeté "par le peuple souverain et est nul et de nul effet".

mardi, 04 août 2009

Niger : fermeture des bureaux de vote après le référendum constitutionnel

Les bureaux de vote au Niger ont fermé mardi soir à l'issue du référendum controversé sur une nouvelle Constitution, souhaitée par le chef de l'Etat Mamadou Tandja, qui a peu mobilisé, a constaté l'AFP.

Au bureau de vote 52 du quartier Lazaret 1, à Niamey, les portes se sont fermées à 19H00 (18H00 GMT) comme prévu.

"Nous avons fermé les bureaux de vote à 19H00 (...) nous avons déjà fait le dépouillement. Sur 492 inscrits, 115 électeurs ont voté", a indiqué à l'AFP la présidente du bureau qui a requis l'anonymat.

Un collègue a précisé que le bureau qui avait ouvert avec 30 minutes de retard dans la matinée, à 08H30 au lieu de 08H00, aurait dû rester ouvert 30 minutes de plus. "Mais comme il n'y a aucun électeur en attente, nous avons jugé utile de fermer".

Un agent des forces de l'ordre qui a veillé au bon déroulement du scrutin dans l'ensemble des bureaux de vote de Lazaret 1, a indiqué à l'AFP qu'aucun incident n'y avait été noté.

Chacun des quelque 19.000 bureaux de vote à travers le pays doit dépouiller dans la soirée ses bulletins qu'il transmettra à l'antenne la plus proche de la Commission électorale nationale indépendate (Céni).

Environ six millions de Nigériens étaient appelés à se prononcer sur l'adoption d'une nouvelle Constitution qui doit permettre à Tandja de rester au pouvoir encore trois ans puis de se représenter autant qu'il le souhaite.

L'opposition a dénoncé un "coup d'Etat" et appelé au boycottage de la consultation.

(©AFP / 04 août 2009 )

Niger: violences et arrestations au référendum voulu par Tandja

Des heurts ont éclaté suivi d'arrestations mardi au Niger, en marge du référendum sur une nouvelle Constitution convoqué par le président Mamadou Tandja déterminé à rester au pouvoir malgré des critiques et un boycottage de l'opposition.

Plusieurs sources policières et d'opposition ont fait état d'affrontements dans plusieurs villes de l'ouest entre opposants au scrutin et forces de l'ordre.

Selon un policier interrogé par l'AFP, la police a dispersé au gaz lacrymogène des manifestants dans la région de Tahoua (ouest) qui tentaient d'empêcher l'accès à deux bureaux de vote.

Des incidents similaires ont eu lieu dans deux autres localités proches, selon un membre de la principale formation d'opposition, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS).

Le ministre de l'Intérieur Albadé Abouba a également affirmé à la radio que des individus avaient été arrêtés près de Dosso, à Birni N'Gaouré, "pour avoir violé les lois".

A Niamey, les rues étaient quasiment vides et aucune file d'attente devant les urnes n'était visible.

D'après la radio privée Anfani, la mobilisation était également "faible" à Zinder (sud-est), deuxième ville du pays, où quelques pneus avaient été brûlés tôt mardi matin.

Quelque six millions de Nigériens devaient voter ou non l'adoption du nouveau texte pour permettre à Tandja -censé se retirer en décembre après deux quinquennats consécutifs- de rester au pouvoir jusqu'en 2012, puis de se représenter autant de fois qu'il le souhaite.

Cette consultation controversée a plongé le pays sahélien déshérité de près de 15 millions d'habitants dans une crise politique majeure.

L'opposition dénonce un "coup d'Etat" du président que la communauté internationale a tenté, en vain, de dissuader.

Pour arriver à ses fins, Tandja a dissous le parlement le 26 mai, puis fin juin la Cour constitutionnelle qui jugeait ce référendum illégal. Il gouverne seul par décrets et ordonnances grâce aux "pouvoirs exceptionnels" qu'il s'est arrogés.

Les opérations électorales, qui ont démarré avec retard à Niamey, étaient prévues entre 08H00 et 19H00 (07H00 et 18H00 GMT).

Alors qu'une coalition de partis d'opposition et de centrales syndicales lançait dimanche un ultime "appel à la mobilisation pour faire échec" au référendum, Abouba avait averti que toute tentative de compromettre le vote serait réprimé "sévèrement".

De nombreux observateurs estiment qu'en voulant s'implanter au pouvoir, Tandja a "raté sa sortie" après dix ans de stabilité et un redressement économique dont il peut se flatter.

La France, ancienne puissance coloniale du Niger qui est le troisième producteur mondial d'uranium, a dénoncé mi-juillet les "atteintes répétées à la démocratie" de Tandja. Mardi, Paris a rappelé la menace de l'Union européenne d'interrompre les aides financières au Niger.

"Les événements politiques récents au Niger sont en contradiction avec les principes essentiels de l?Accord de Cotonou et font donc nécessairement courir le risque de la suspension de la coopération communautaire (...)", a indiqué le Quai d'Orsay.

Tandja, apparemment indifférent, a récemment déclaré : "allons-nous mourir s'ils ne nous donnent pas leur argent ? Les pays occidentaux organisent régulièrement des référendums, est-ce parce qu'ils nous donnent à manger qu'ils veulent nous priver du droit d'en organiser chez nous ?".

L'ONU, l'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont aussi exprimé leur inquiétude.

La commission électorale devrait proclamer le résultat dans les cinq jours.

 

De Boureima HAMA (AFP)

Le président Tandja parie sur une forte participation

Par  RFI. Article publié le 04/08/2009 

Les six millions d'électeurs nigériens ont été appelés, ce mardi, à se prononcer par ce référendum controversé sur une nouvelle Constitution censée permettre au président Mamadou Tandja, 71 ans, de rester au pouvoir après la fin de son deuxième quinquennat le 22 décembre prochain. L’opposition, qui dénonce un « coup d’Etat », a décidé de boycotter ce scrutin référendaire qui suscite également de profondes critiques de la communauté internationale et tout particulièrement de l’Union européenne (UE), ainsi que de la France. Le taux de participation était bien limité dans la matinée. Toutefois, le président Mamadou Tandja parie sur une participation importante.

 

Le président nigérien, Mamadou Tandja mettant son bulletin dans l'urne, dans un bureau de vote à Niamey, le 4 août 2009.(Photo : AFP)

Le président nigérien, Mamadou Tandja mettant son bulletin dans l'urne, dans un bureau de vote à Niamey, le 4 août 2009.
(Photo : AFP)


« J’ai voté moi-même. La satisfaction est totale. J’ai répondu à mes obligations de président de la République face à la demande du peuple nigérien », a déclaré le chef d’Etat nigérien après avoir participé dans la matinée à ce scrutin référendaire constitutionnel. Mamadou Tandja a souhaité « un maximum » de participation, « 75 % par exemple ».

Mamadou Tandja, président nigérien

« La satisfaction est totale : j'ai répondu à mes obligations de président de la République face à la demande du peuple nigérien. »

04/08/2009 par Ghislaine Dupont

Il est vrai que, pour le chef de l'Etat nigérien, le véritable enjeu de ce scrutin est la participation. Toutefois, à l’ouverture des bureaux, il y a eu un peu de cafouillage. Dans le quartier populaire de Bukoki, par exemple, des présidents de bureau se sont énervés car ils ne trouvaient pas leur lieu d’affectation. On a aussi cherché des clés pour ouvrir les salles de classe et, parfois, c’était le matériel électoral qui n’était pas arrivé.

Dans une des écoles du centre-ville de la capitale, vers 10 heures locales (9H00 Temps universel), on attendait encore des urnes. Très peu d’électeurs étaient visibles en fin de matinée et aucune file d’attente, par exemple, n'étaient visibles dans les cours des écoles qui abritent des bureaux de vote. Certains des policiers présents pour sécuriser le scrutin somnolaient sous les arbres. Vers midi (11H00 TU), la participation n’atteignait que très difficilement les 10% dans une dizaine de bureaux visités. De plus, la journée est très chaude à Niamey, ce qui n’est pas très incitatif.

Le vœu du président - qui souhaite que 75% des électeurs inscrits aillent voter – sera peut-être difficile à réaliser. En tout cas, ce qu’il faut préciser, c’est que ces opérations de vote se déroulent sans observateurs indépendants. L’UE, ainsi que l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), par exemple, n’ont pas jugé bon d’envoyer des observateurs.

La coopération avec les Européens remise en cause

Le fait que ce scrutin référendaire soit organisé par le seul pouvoir et dans un climat de contestation risque, bien sûr, de le discréditer. Comme on sait, le président nigérien a éliminé tous les obstacles politiques et juridiques pour imposer une nouvelle Constitution qui doit lui permettre de rester au pouvoir trois ans mais aussi, ensuite, de briguer autant de mandats qu’il le souhaite. Pour arriver à ses fins, il a dissout l’Assemblée nationale et la Cour constitutionnelle, qui se sont opposées à son projet.

Ce référendum suscite, donc, une très forte contestation des partis politiques, des syndicats, mais aussi de la société civile. L’opposition nigérienne, mais également le principal mouvement allié du président Tandja, la Convention démocratique et sociale (CDS) de Mahamane Ousmane, ont constitué un « Front de la défense de la démocratie ». Ces derniers jours, ces partis ont appelé « les démocrates et les patriotes » à boycotter le scrutin. Ils demandent à leurs militants de barrer la route à un référendum jugé « illégal et anticonstitutionnel ». A Niamey, pour le moment, tout est calme. Mais il faudra attendre la fin de la journée, bien sûr, pour savoir si ce scrutin référendaire a pu se dérouler normalement dans la capitale, mais aussi dans les provinces du pays.

La France a rappelé, mardi, la menace de l'Union européenne (UE) d'interrompre les aides financières en faveur du Niger. Le porte-parole  du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal, a ainsi déclaré que « la position de la France est très claire et nous l'avons rappelée à plusieurs reprises : les décisions récentes du président Tandja constituent des atteintes répétées à la démocratie. Elles se situent en dehors du cadre constitutionnel et menacent de fragiliser durablement les institutions du Niger ». Il a ajouté que « les événements politiques récents au Niger sont en contradiction avec les principes essentiels de l'Accord de Cotonou et font donc nécessairement courir le risque de la suspension de la coopération communautaire au titre de l'article 96 ». Cet accord de coopération et de développement, signé en juin 2000 dans la capitale du Bénin entre l'Union européenne et les pays dits ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), prévoit le respect de critères démocratiques et de défense des droits de l'homme. La déclaration de la présidence suédoise de l'UE menaçait vendredi le Niger de « graves conséquences pour la coopération » avec les Européens.

Niger/référendum: Paris rappelle la menace d'interruption des aides UE

PARIS (AFP) - 04.08.2009

La France a rappelé mardi la menace de l'Union européenne d'interrompre les aides financières en faveur du Niger, au moment où se tenait dans ce pays un référendum controversé devant permettre au président Mamadou Tandja de se maintenir au pouvoir.

voir_le_zoom : Le Ministère des affaires étrangères à Paris, le 1er décembre 2003.Le Ministère des affaires étrangères à Paris, le 1er décembre 2003.

La France a rappelé mardi la menace de l'Union européenne d'interrompre les aides financières en faveur du Niger, au moment où se tenait dans ce pays un référendum controversé devant permettre au président Mamadou Tandja de se maintenir au pouvoir.

AFP/Archives - Jean-Pierre Muller

La France a rappelé mardi la menace de l'Union européenne d'interrompre les aides financières en faveur du Niger, au moment où se tenait dans ce pays un référendum controversé devant permettre au président Mamadou Tandja de se maintenir au pouvoir.

"La position de la France est très claire et nous l'avons rappelée à plusieurs reprises: les décisions récentes du président Tandja constituent des atteintes répétées à la démocratie. Elles se situent en dehors du cadre constitutionnel et menacent de fragiliser durablement les institutions du Niger", a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

"Nous soutenons pleinement la déclaration de la présidence de l?Union européenne" publiée vendredi à propos de la coopération entre l'UE et le Niger, a-t-il dit.

"Les événements politiques récents au Niger sont en contradiction avec les principes essentiels de l?Accord de Cotonou et font donc nécessairement courir le risque de la suspension de la coopération communautaire au titre de l?article 96", a-t-il ajouté.

Cet accord de coopération et de développement, signé en juin 2000 dans la capitale du Bénin entre l'Union européenne et les pays dits ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), prévoit le respect de critères démocratiques et de défense des droits de l'Homme.

La déclaration de la présidence suédoise de l'UE menaçait vendredi le Niger de "graves conséquences pour la coopération" avec les Européens.

Les Nigériens votaient mardi lors d'un référendum sur une nouvelle Constitution censée permettre au président Tandja de rester au pouvoir après la fin de son mandat en cours.

La Constitution veut qu'il se retire au terme de son deuxième quinquennat qui expire le 22 décembre. Le texte soumis aux électeurs prolonge de trois ans son actuel mandat et l'autorise ensuite à se représenter à la tête du pays autant de fois qu'il le souhaite.

© 2009 AFP

Référendum sur le châtiment corporel des enfants

Par  RFI

 

Avoir le droit d'infliger ou non des châtiments corporels à son enfant ? C'est la question qui est posée depuis ce lundi, aux Néo-Zélandais. Cette question a beau faire polémique en Nouvelle-Zélande, ce référendum reste purement consultatif.

(Photo : DR)

(Photo : DR)

Cela fait deux ans que le gouvernement néo-zélandais a voté une loi interdisant aux parents de lever la main sur leurs enfants. Le but de la manœuvre était de faire baisser les violences sur mineurs extrêmement élevées dans le pays. Selon les autorités, trop d'adultes se cachaient derrière la discipline parentale, pour éviter les poursuites judiciaires.

Depuis la mise en place de la loi, les violences faites aux enfants ont fortement baissé. Alors pourquoi organiser un référendum ? Pour répondre, semble-t-il, à un sondage qui indique que, pour 83% des habitants, un enfant devrait recevoir des corrections physiques dans certains cas.

Les opposants à cette loi déplorent que des personnes innocentes soient traînées devant les tribunaux. Les partisans eux, se félicitent d'avoir mis sur un pied d'égalité, les enfants et les adultes, face à la violence. Le gouvernement conservateur et la plupart de ses opposants sont d'accord. Le texte de 2007 fonctionne, et quelle que soit l'issue du référendum, il n'impliquera pas obligatoirement une modification de la règle.

Mamadou Tandja, le pouvoir à vie et à tout prix

Niger. Référendum sur mesure aujourd’hui destiné à prolonger le mandat du Président.

Soldat de formation, le président du Niger, Mamadou Tandja, aime l’ordre et les règles… à condition qu’elles ne s’appliquent pas à lui-même. En mars, à l’occasion de la visite dans son pays de Nicolas Sarkozy, il affirmait publiquement : «Grandir, pour moi, est de partir la tête haute. Quand la table est desservie, il faut partir. Ne pas chercher à radoter pour chercher un autre mandat. […] Et je ne le ferai jamais : demander quoi que ce soit qui m’amène à changer la Constitution nigérienne […].» Il l’a fait. Les électeurs nigériens sont appelés, aujourd’hui, à adopter par référendum une nouvelle Constitution qui doit permettre à Mamadou Tandja, 71 ans, de prolonger de trois ans son mandat actuel, avant de pouvoir se représenter s’il le souhaite. Le militaire, qui a été ambassadeur et plusieurs fois ministre par le passé, a été élu à la tête de ce pays du Sahel (l’un des plus pauvres au monde) en 1999, puis reconduit à la régulière pour un second - et théoriquement ultime - quinquennat, en 2004.

Le vieil homme, connu pour son entêtement, a-t-il jamais envisagé sérieusement son départ ? Aux côtés de son homologue français, Mamadou Tandja avait fait allusion à la «demande» émanant, selon lui, des régions pour qu’il puisse «boucler tous les chantiers qu’il a démarrés pour des raisons de stabilité». Quelques semaines plus tard, il passait à l’acte. Lors de la cérémonie de la pose de la première pierre de la future mine géante d’uranium d’Imouraren, octroyée au français Areva, il annonçait à Libération sa décision d’organiser un référendum, en réponse à «l’appel du peuple».

Vent debout contre les protestations unanimes de l’opposition et de nombreuses associations, mais aussi contre celles émanant du camp présidentiel, Tandja a jeté par-dessus bord l’Etat de droit dans son pays afin d’organiser «sa» consultation. Le Parlement menace de le destituer ? Il dissout l’Assemblée. La Cour constitutionnelle le censure ? Il s’octroie les pleins pouvoirs pour la court-circuiter. Il n’écoute personne, pas même la communauté internationale, qui - de l’Union européenne aux Etats-Unis, en passant par la France - a tenté de le dissuader d’aller jusqu’au bout de sa démarche.

En veilleuse. Peut-être parce que le vieux galonné, sous l’influence d’un premier cercle accroché à ses prébendes, a bien senti que les Nigériens, aux prises avec les difficultés du quotidien et surtout soucieux de stabilité politique, n’étaient pas prêts à descendre massivement dans la rue. Il sait aussi pouvoir compter sur l’imprévisible et influent colonel Kadhafi, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union africaine. Lors d’une visite au voisin nigérien, en mars, le «Guide», au pouvoir depuis 1969, avait lancé : «Je suis pour la liberté de la volonté populaire. Il faut que le peuple choisisse celui qui doit gouverner, même pour l’éternité.» Ce dernier a joué un rôle clé dans la mise en veilleuse du conflit avec les Touaregs, au Nord-Niger. Fidèle à ses méthodes, il aurait débloqué une aide financière conséquente en faveur des rebelles du MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice) qui, après plus de deux ans de conflit, ont cessé le combat au printemps.

Autre nation qui s’est abstenue de la moindre critique : la Chine. Celle-ci est de plus en plus présente au Niger, un pays dont les gisements d’uranium attisent les convoitises (lire ci-contre). C’est elle qui a été choisie pour construire la raffinerie de Zinder (ouest), ainsi qu’un second pont à Niamey. C’est elle qui va démarrer, l’an prochain, l’exploitation d’un gisement uranifère dans le nord du pays, jusqu’ici la chasse gardée des Français.

Pot-de-vin. Pour certains observateurs locaux, la compétition entre les acteurs internationaux, qui permet au pouvoir de faire monter les enchères, ne serait pas étrangère à la volonté de Mamadou Tandja de s’accrocher au pouvoir. Attaché commercial à Shanghai, son fils, Ousmane, est très lié aux investisseurs chinois au Niger. A Niamey, l’entreprise Trendfield, codirigée par un homme d’affaires de Hongkong et le Français Guy Duport, est devenue la tête de pont des investisseurs chinois dans cette ex-colonie française. «Cette société est étroitement liée à l’un des fils Tandja», assure une source bien informée, ayant requis l’anonymat.

Dimanche, les directeurs des huit principaux hebdomadaires privés du pays ont été interpellés par la police pour avoir publié un article accusant Hadia Tandja, l’un des fils du président, d’avoir touché un pot-de-vin de 5 millions de dollars (3,5 millions d’euros) versés par une société australienne en échange d’un permis d’exploration dans le Nord.

Un référendum très contesté

Par  RFI

Les policiers et les militaires ont voté lundi 3 août avant le reste de la population nigérienne.(Photo : AFP)

Les policiers et les militaires ont voté lundi 3 août avant le reste de la population nigérienne.
(Photo : AFP)

 

C'est donc ce mardi que les électeurs nigériens sont appelés à participer au référendum constitutionnel voulu par le président Mamadou Tandja. L’adoption d’une nouvelle Constitution permettra au président de rester au pouvoir, une démarche qui suscite une vive contestation dans le pays et des critiques de la communauté internationale. La Constitution actuelle du Niger limite à deux mandats consécutifs la fonction présidentielle et veut que Mamadou Tandja, 71 ans, cède la place au terme de son deuxième quinquennat le 22 décembre prochain.

La tension est montée d'un cran ces derniers jours. L'opposition a accusé le chef de l'Etat de vouloir rester à la tête du pays pour protéger les intérêts financiers de ses proches, notamment dans le secteur de l'uranium. L’opposition, regroupée en « Front du refus », a dénoncé l’« illégalité » de ce scrutin et a appelé au boycott. Ses représentants qui siègent à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ont claqué la porte. Dimanche dernier, partis d'opposition et centrales syndicales réunis au sein de la Coordination des forces démocratiques pour la République (CFDR), ont lancé un ultime « appel à la mobilisation pour faire échec » au référendum.

Le climat est tel que le Premier ministre Seini Oumarou - qui fait campagne pour le « oui » - a lancé des avertissements contre toutes tentatives de troubles. C'est depuis Maradi, à la frontière avec le Nigéria, que le chef du gouvernement a averti que le pouvoir assumera toute sa responsabilité en cas d'éventuelles provocations. Il faisait allusion aux propos des partis de l'opposition qui ont promis de mettre tout en œuvre pour empêcher la tenue de ce qu'ils qualifient de « coup d'Etat constitutionnel ».

Il faut noter que le président Mamadou Tandja s’est attribué des « pouvoirs exceptionnels », pour gouverner par décrets et ordonnances. Fin juin, il a dissous la Cour constitutionnelle après avoir dissous le Parlement le 26 mai, ce qui a provoqué une crise politique. Selon des journalistes nigériens, des abris de campagne favorables au « oui » ont été incendiés dans la nuit de mercredi à jeudi à Niamey. Au même moment, le pouvoir a envoyé un signal fort à l’opposition, en lançant un mandat d'arrêt international contre l'un des plus virulents opposants au référendum : Hama Amadou. L’ancien Premier ministre, qui vit à l'étranger depuis sa sortie de prison en mai dernier, a récemment entrepris une tournée dans la sous-région pour appeler les Nigériens de la diaspora à voter non. C'est là qu'il a appris que le Niger avait lancé Interpol à ses trousses pour enrichissement illicite et blanchiment d'argent portant sur 15 milliards de francs CFA. Hama Amadou a plaidé « non coupable » et a accusé le pouvoir de « provocation politique ».

L'Union européenne (UE) a rappelé fermement que le référendum du 4 août aura de « graves conséquences » pour l'avenir des aides européennes accordées au Niger. L’UE a déjà bloqué une aide budgétaire en signe d’avertissement.  La France, ancienne puissance coloniale de ce pays sahélien de quelque 14 millions d'habitants, qui occupe le rang de troisième producteur mondial d'uranium, a dénoncé mi-juillet les « atteintes répétées à la démocratie » au Niger. Le président nigérien a fait savoir qu’il ne céderait pas aux manifestations de l’opposition ni aux pressions extérieures.

Les forces de l’ordre ont été déployées pour assurer la sécurité lors des opérations de vote, à Niamey et à l’intérieur du pays. Les policiers et les militaires ont voté lundi, avant le reste de la population. Les autorités ont expliqué que c’est pour que les forces de l’ordre soient disponibles en cas de désordre. Certains Nigériens pensent que le pouvoir a voulu savoir, avant le scrutin, si l’armée est favorable ou opposée au maintien au pouvoir du président Tandja.

La CENI, chargée d’organiser le référendum, le fera sans la présence non plus d’observateurs indépendants. Toutes les institutions et organisations internationales n’ont pas jugé bon d’envoyer leur représentants. Le président de la commission électorale nationale indépendante, Moumouni Hamidou, a indiqué lundi qu'il proclamera les résultats dans un délai de cinq jours. Ces résultats seront ensuite transmis à la Cour constitutionnelle - nouvellement désignée par le président de la République - chargée les valider et les proclamer.

Vote pour le référendum

« Personne ici ne se risque à prévoir comment se déroulera la journée de demain. Seule certitude : les deux camps qui s'opposent sont sous pression. »

03/08/2009

 

 

Genèse de la crise

Il n’aura fallu que trois mois à Mamadou Tandja pour éliminer les obstacles et imposer son référendum constitutionnel. Mais tout commence à la fin de l’année dernière. Un mouvement baptisé  « tazartché » (« la continuité » en langue haoussa), intervient sur la scène publique. Ce lobby de partisans du chef de l'Etat milite pour que Mamadou Tandja reste au pouvoir trois ans de plus. La machine est en route.

Au début du mois dernier, le président Tandja et le groupe français Areva lancent les travaux de la mine d’Imouraren, mettant fin à deux ans de brouille avec la France. Le gouvernement annonce dans la foulée, que le chef de l'Etat veut organiser un référendum sur une nouvelle constitution qui lui permettra de briguer autant de mandats qu’il le souhaite.

 

Tandja campe sur ses positions

Hermétique à la grogne qui monte dans la classe politique, le président nigérien met à la porte des députés qui s’apprêtaient à rejeter ce référendum. L’assemblée nationale est dissoute à la fin du mois de mai. Un mois plus tard, il dissout la cour constitutionnelle. La plus haute juridiction du pays a rejeté son projet et annulé le décret qui convoque les électeurs.

La contestation s’amplifie. Le principal allié du président, la CDS (Convention démocratique et sociale) de Mama Mahamane Ousmane, claque la porte du gouvernement. Mamadou Tandja s’arroge des pouvoirs exceptionnels.

Une coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, se constitue en un Front de défense de la démocratie. Le FDD (Front pour la défense de la démocratie), dénonce le coup d’Etat constitutionnel, et accuse Mamadou Tandja de dérive totalitaire. Les opposants ont appelé les démocrates et les patriotes à barrer la route au référendum qui se tient aujourd’hui.

lundi, 03 août 2009

Niger: les forces de l'ordre votent lundi, à la veille du référendum

2009-08-03 | AFP

Policiers et soldats au Niger votaient par milliers lundi, un jour avant le reste de la population, sur le référendum convoqué par le président Mamdou Tandja qui veut rester au pouvoir au-delà de la fin prévue de son mandat.

Dans une école primaire proche de l'une des principales casernes de Niamey, transformée en bureau de vote, soldats, policiers et sapeurs-pompiers en uniforme faisaient la queue devant les urnes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les forces de l'ordre qui votent de 08H00 à 19H00 locales (07H00 à 18H00 GMT), sont appelés à se prononcer sur l'adoption d'une nouvelle Constitution permettant au président Tandja, dont le mandat expire en décembre, de rester en fonction jusqu'en 2012. Il pourrait ensuite se représenter autant de fois qu'il le souhaite.

Dimanche, le Premier ministre Seïni Oumarou avait annoncé lors d'un meeting à Niamey que les forces de l'ordre voteraient la veille du scrutin national "pour être disponibles afin d'assurer la sécurité des civils qui voteront le 4 août".

La Constitution actuelle du Niger limite a deux mandats consécutifs la fonction présidentielle et veut que Mamadou Tandja, dont le deuxième quinquennat expire le 22 décembre, cède la place.

Pour arriver à ses fins, M. Tandja a dissous le Parlement le 26 mai, puis fin juin la Cour constitutionnelle qui avait déclaré le référendum illégal, et gouverne depuis seul par décrets et ordonnances grâce aux "pouvoirs exceptionnels" qu'il s'est arrogés.

Les opposants au Niger, farouchement contre ce référendum, ont lancé dimanche un ultime "appel à la mobilisation pour faire échec" à cette consultation qui a aussi été critiquée par la communauté internationale.

L'armée, en dépit d'une histoire riche en coups d'Etat, a jusqu'à présent adopté une attitude de totale neutralité dans le bras de fer politico-juridique entre le président et l'opposition. Fin juin, elle a appelé les protagonistes à "l'apaisement et la concertation".

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