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Oubliant son micro, Rachida Dati confie par téléphone sa lassitude à une amie.
"Je n'en peux plus, je n'en peux plus ! Je pense qu'il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat", soupire-t-elle, avant l'élection du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
"Je suis obligée de rester là, de faire la maligne, parce qu'il y a un peu de presse et, d'autre part, il y a l'élection de Barroso", poursuit Mme Dati, avant de relever : "Quand tu es à Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon, ça veut dire que tu n'es pas là".
La scène, qui fait florès sur les sites internet, relance les critiques contre l'ancienne protégée de Nicolas Sarkozy, décrite plus comme une femme pressée aux ambitions dévorantes qu'un bourreau de travail.
D'autant que le chef de l'Etat avait dû insister pour qu'elle accepte de quitter le gouvernement, afin de défendre les couleurs de la majorité à Strasbourg.
Le chef de file des conservateurs au Parlement européen, le Français Joseph Daul, également membre de l'UMP, a suggéré plus d'"humilité" à Rachida Dati.
"Je trouve que c'est une très bonne chose que de temps en temps, surtout à son âge, on redevienne député et on réapprenne l'humilité et le travail de terrain", a-t-il déclaré, cinglant.
Rachida Dati a rétorqué mardi que ses propos ne concernaient que sa vie privée et réfuté toute frustration, se disant "très surprise par l'ampleur" de la polémique.
"On ne m'a jamais rien épargné, cela je le savais", a-t-elle déclaré à l'AFP, jugeant "indigne" la réaction de son collègue Daniel Cohn-Bendit, qui avait parié qu'elle n'assumerait pas son exil européen.
"Je vous avais dit qu'elle ne supporterait pas, qu'elle rentrerait. Je vous avais dit que j'offrirai une bouteille de champagne si elle est là dans un an", a triomphé le leader d'Europe Ecologie.
"Cela confirme ce que tout le monde sait, que cela ne l'intéresse pas et qu'elle s'en moque", a asséné le porte-parole du PS, Benoît Hamon, tout en dénonçant un procédé journalistique "assez limite".
A droite, on fait plutôt profil bas. Interrogé sur le buzz suscité par Mme Dati, le patron de l'UMP, Xavier Bertrand, préfère évoquer son implication dans le parti présidentiel ou pour les régionales.
"J'ai très envie qu'elle puisse s'impliquer davantage encore à nos côtés", assure le patron de l'UMP, qui doit la "rencontrer très prochainement" en tant que conseillère politique du parti.
"Rachida, elle est comme ça. Elle pense fondamentalement ce qu'elle a dit. Ce n'est pas un secret qu'elle n'est pas faite pour le job" de député européen, a indiqué à l'AFP un haut responsable de la majorité, sous couvert d'anonymat,.
"Si le buzz ne prend pas trop d'importance, cela ne devrait pas trop nuire à son avenir ou à ses relations avec le président", ajoute-t-il à l'adresse de celle qui, maire du VIIème arrondissement, ne fait pas mystère de son intention de briguer l'Hôtel de Ville de la capitale.
Son absence, pour cause de session à Strasbourg, était en tout cas remarquée mardi au conseil de Paris, où l'opposition de droite ferraille depuis deux jours contre l'adoption du budget du maire socialiste Bertrand Delanoë.