mardi, 27 octobre 2009

Revue de la presse française

Grand débat sur l’identité nationale

A lire dans les colonnes du Parisien un petit résumé des critiques adressées au ministre de l'Immigration, Eric Besson, qui vient de lancer un grand débat sur l’identité nationale : «soupe nationaliste, retour du pétainisme, marketing électoral». L'opposition est vent debout contre ce projet. Les verts, les socialistes ou encore les communistes. La manchette de L'Humanité, ce mardi matin, par exemple est : «Besson chasse sur les terres de la droite extrême».

Concrètement, le débat lancé par Eric Besson va commencer le 2 janvier prochain. Il va durer deux mois et sera organisé dans les préfectures et sous-préfectures avec notamment la participation (normalement) d'associations, de syndicats, d'élus locaux… L'objectif est de redéfinir l'identité nationale française. Les participants auront (entre autres) à répondre à 2 grandes questions : « Pour vous qu'est-ce qu'être Français aujourd'hui» et «Quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale?»

« Ce qui est national n’est pas forcément louche »

Tout cela -on l'a vu- irrite beaucoup l'opposition qui dénonce une manœuvre politicienne avant les régionales de mars 2010. L'éditorialiste du Figaro le reconnaît d'ailleurs: « il y a évidemment une part de tactique dans le lancement de ce débat à 5 mois des élections» (pour récupérer donc une partie de l'électorat Front National). Mais, d'après Paul-Henri du Limbert, les socialistes notamment plutôt que de monter sur leurs grands chevaux «devraient se saisir de ce débat et en profiter pour remettre leurs idées au clair». «Au lieu de dire comme Vincent Peillon que la burqa ne menace pas l'identité du pays alors que chacun est persuadé du contraire, le PS pourrait s'interroger sur les dérives du communautarisme en France».

Sur ce point d'ailleurs, les éditorialistes du Figaro et de Libération se rejoignent. Laurent Joffrin rappelle, en effet, que «ce qui est national n'est pas forcément louche, intolérant ou vichyste». «Ce débat est d'autant plus légitime que la définition de l'identité nationale doit changer.» Le titre -du coup- de Libération ce matin en première page, c'est : «La nation parlons-en» avec cette question  «Faut-il laisser à la droite le monopole du débat ?»

Villepin, « le gorille du Rwanda »

Toujours à droite, Dominique de Villepin se prépare pour 2012. Déclaration à lire ce mercredi dans Le Parisien : «Je me considère clairement comme une alternative à Nicolas Sarkozy». Dominique de Villepin ne dit toujours pas donc s’il sera candidat lors de la prochaine présidentielle mais en tout cas, il rassemble ses partisans. Début de l'offensive ce soir avec une grande réunion publique organisée à la Maison de l'Amérique Latine à Paris.

L'ancien Premier ministre va aussi publier prochainement un livre et puis il partira pour un tour de France «à la rencontre des Français». Le tout alors qu'il est toujours suspendu à la décision des juges dans le procès Clearstream. Le jugement sera rendu le 28 janvier prochain.

En attendant donc, à l'Elysée, on n’apprécie pas vraiment l'offensive des villepinistes mais on la traite plutôt « avec mépris » nous apprend Le Parisien. Villepin, selon un proche de Nicolas Sarkozy, «c'est le gorille du Rwanda, il pousse son cri en se frappant le torse. Il est impressionnant ! Mais c'est un herbivore qui n'a jamais mangé personne...»

L’affaire Jean Sarkozy encore mal digérée à l’Elysée

Il faut dire aussi que L'Elysée -en ce moment- a d'autres chats à fouetter. Nicolas Sarkozy serait encore très affecté par l'affaire Jean Sarkozy qui a finalement renoncé à la présidence de l'EPAD. C'est un poids lourd du gouvernement, toujours cité par Le Parisien, qui l'affirme. Pour lui, le président serait aussi mal qu'à l'hiver 2007. C'est à dire au moment de son divorce avec Cécilia.

On termine avec cette petite histoire animalière à lire dans les colonnes de Libération. Il y a une dizaine de jours, dans un petit village de Dordogne, plus de 3 000 visons s'échappent dans la nature. Des malfaiteurs ont ouvert leur enclos. Depuis, « la vie des habitants est ponctuée par les cris stridents de ces milliers de bestioles (…) qui, au lendemain de la grande évasion, sautillaient dans tout le village ».

Au début, « ça pouvait paraître amusant, affirme l'office national des forêts, mais en réalité c'est une catastrophe » parce que les visons pourraient « détruire l'équilibre de l'écosystème local ». Du coup de nombreux habitants ont mis la main à la patte pour récupérer ces petites bêtes.


par Céline  Missoffe

[27/10/2009]

Revue de la presse Afrique

Moins de 90 % des voix ? « Un crime de lèse-majesté » !

En Tunisie, le président Ben Ali a été reconduit à son poste avec 89,62 % des voix soit sous la barre des 90%. «Voilà donc Ben Ali réélu avec un score qui n'est pas du Ben Ali », estime le quotidien L'Observateur au Burkina. L'Observateur qui s'interroge : «Comment est- ce que les Tunisiens ont-ils osé pareil crime de lèse-majesté? (…) Moins de 90 % des voix au vénéré pacha du palais de Carthage (…) c'est un chiffre qui va tristement faire date (...) Un véritable crève-cœur pour le guide très éclairé qui doit se sentir désormais comme un minus». Et conclusion du journal de Ouagadougou : «Les Tunisiens ne sont décidément pas reconnaissants envers l'artisan de la «stabilité et de la prospérité économique » de leur pays» (!)

Enfin les Tunisiens, pas tous les Tunisiens... Les journaux officiels sont -eux- évidemment très élogieux. Le quotidien La Presse est honoré -d'ailleurs- «de présenter ses chaleureuses félicitations au président Ben Ali (…) et au peuple  tunisien qui a encore une fois fait montre de maturité politique ». A lire toujours dans La Presse : un chapelet de louanges sur le chef de l'Etat «qui a garanti une campagne électorale ouverte à tous les candidats (...) qui sort renforcé de cette épreuve démocratique car il a donné, si besoin est, une preuve éloquente de son engagement irrévocable en faveur d'une vraie construction de la démocratie.» Et même son de cloche, par exemple, dans le quotidien Le Temps : « En votant Ben Ali, les Tunisiens votent pour le bien être, la stabilité, le progrès et la démocratie.»

L’envoyée spéciale du Monde expulsée

Il est donc beaucoup question de démocratie, un domaine dans lequel la Tunisie n'a évidement aucune leçon à recevoir puisque le pays jouit notamment d'une très grande liberté de la presse. Seuls les journaux officiels sont autorisés dans le pays. Et pour ce qui est des journalistes étrangers, mieux vaut visiblement garder sa langue dans sa poche sinon, c'est la porte tout simplement. C'est ce qui est arrivé-en tous cas- à l'envoyée spéciale du Monde en Tunisie, Florence Beaugé, qui a été expulsée la semaine dernière et qui se voit accusée «d'appel au meurtre, au coup d'Etat et à l'attentat».

Le Monde indique que Florence Beaugé a signé plusieurs articles dans lesquels elle dresse le bilan de la présidence Ben Ali avec ses bons et ses mauvais côtés. Mais surtout la journaliste a mis en avant «l'exaspération des Tunisiens face à la façon dont la famille Ben Ali et celle de son épouse, Leïla Trabelsi, s'accaparent les richesses du pays ». Ce qui a visiblement irrité au plus haut niveau puisqu'à la veille des élections, le président Ben Ali a fait une déclaration solennelle à la télévision, nous apprend Le Monde. Déclaration au cours de laquelle il a accusé ses opposants de « mener une campagne désespérée auprès de certains journalistes étrangers». Il a d'ailleurs menacé ses opposants de poursuites judiciaires.

« Tapis rouge » pour Mohamed Ould Abdel Aziz

Le président mauritanien effectue sa première visite officielle en France depuis son élection le 18 juillet dernier. Et pour l'occasion, Paris lui déroule «le tapis rouge», analyse Le Pays au Burkina. «Abdel Aziz est absous de tous ses pêchés et à présent, adoubé par la France». En clair, écrit le quotidien, «on retombe  dans le scénario classique ». « Paris crie d'abord au coup d'Etat anti constitutionnel. (NDLR : En Mauritanie, c'était le 6 août 2008 avec le renversement du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi) Puis, changement de posture. L'essentiel, pour la France, étant que ses intérêts soient saufs ».

Aux yeux de l'Elysée donc, le président mauritanien est devenu «un homme fréquentable». Avis que ne partage pas Le Pays. Le Pays pour qui, « nulle part au monde, Abdel Aziz ne saurait trouver un chirurgien capable de lui rectifier son portrait de militaire putschiste parvenu au pouvoir par la plus inélégante des procédures (…)».


par Céline  Missoffe

[27/10/2009]

vendredi, 23 octobre 2009

Revue de la presse française du 23 octobre

Jean Sarkozy, en pleine lumière, le renoncement du fils : hier soir à la télévision, sur France 2. A la veille du scrutin, il annonce qu'il renonce à la présidence de l'Epad, la société qui gère le quartier de la Défense, à côté de Paris.

Plus fort que son père ?

Une vraie performance télévisuelle, selon les journaux. La Voix du Nord écrit par exemple que « le père peut être rassuré sur les capacités du fils à tirer partie d'un échec ». Affronter les feux d'un 20 heures à 23 ans, avec l'assurance d'un vieux briscard : « même Nicolas Sarkozy aurait peut-être raté l'épreuve », s'exclame le journal. En tout cas, tous les éditoriaux de la presse quotidienne régionale y sont consacrés. L'Union pour dire que c'est « un rebondissement prémédité, comme on les aime... au journal de 20 heures ! ». Autre remarque, plutôt admirative, celle du Républicain Lorrain : « Jean Sarkozy a de l'aplomb, le sens du verbe, un splendide carnet d'adresses, et bien qu'avec un certain retard, il montre qu'il a aussi le sens des réalités. » Le Midi Libre va lui aussi jusqu'à se demander si le fils Jean n'est pas plus fort que Nicolas le père. « Car ce jeune homme de 23 ans a fait preuve d'un grand sens politique ».

Jean Sarkozy renonce

Mais après les fleurs et les coups de chapeau, il y a le bilan et les traces que cela laissera. Après deux semaines d'un tumulte intensif sur l'âge du fils du capitaine, il est difficile de dire qui a gagné ou qui a perdu. Sous le titre « Au nom du père », on peut lire dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace une analyse d’Olivier Picard qui explique que « le fils était à deux doigts de perdre son père », et que celui-ci, « sentant le danger, a laissé de côté son instinct paternel exagérément promotionnel. »

Les journaux semblent ne pas douter que la décision a été prise à l'Elysée. Libération écrit que cela s'est fait « dans le bureau du président ». « Le fils prend ses cliques, le père une claque », ajoute le journal, et le titre de Une est le suivant : « Le sacrifice du fils ». Plus sobres, Le Figaro, comme Aujourd'hui en France, Le Parisien et France Soir, annoncent que « Jean Sarkozy renonce ». La Tribune, journal d'économie, parle des « Sarkozy qui battent en retraite ».

« Beaucoup d'excès, beaucoup d'outrances, et du vrai aussi »

Retournons à la presse régionale, pour laquelle, finalement, ce pourrait être la fin du feuilleton. La Montagne dit que Nicolas Sarkozy a fait « le geste qui calme le jeu », « la pression étant devenue presque intenable dans la majorité ». La Charente Libre revient sur la méthode, estimant que « le plus instructif » dans le choix de Jean Sarkozy est « la manière dont il a été mûrement préparé et annoncé ». Il y aura « des traces », selon L'Alsace, qui ajoute qu' « à l'étranger, les journaux se sont moqués de notre pays », et que dans les républiques bananières, « on rigole des déboires domestiques de l'ancien colonisateur ». A ce propos, Libération a fait une sorte de tour du monde de la presse internationale. Au Brésil, « un magazine appelle les Français à reprendre la Bastille ». En Italie, on compare Nicolas Sarkozy à « certains chefs d'Etats africains ». Les journaux anglo-saxons et « la presse africaine s'en donnent à cœur-joie ». Bref, c'est un constat qui a été fait à l'Elysée, et que reprenait hier soir dans le journal de 20 heures Jean Sarkozy : « il y eu beaucoup d'excès, beaucoup d'outrances, et du vrai aussi »...

L'affaire Grégory

L'autre grand titre de la presse ce matin concerne l'affaire Grégory, avec là aussi un rebondissement de taille, puisque les progrès de la science ont permis d'isoler des empreintes ADN sur un timbre et sur une enveloppe envoyés à l'époque par le corbeau. « L'enquête est relancée », annonce France-Soir. « Des pistes nouvelles s'ouvrent ». Des vérifications vont être effectuées dans les Vosges par la justice, à la demande de la cour d'appel de Dijon qui rouvre le dossier.

Rappelons que ce fait divers avait marqué les années 80, et qu'il s'agit de l'assassinat du petit Grégory, dont le corps avait été retrouvé ligoté dans la Vologne. Aujourd’hui en France, Le Parisien précise que l'ADN « n'est pas celui des parents », Jean-Marie et Christine Villemin.

Choisir le sexe de son enfant

Le Parisien s'attache à un autre sujet de société celui-ci : la possibilité pour certains parents de choisir le sexe de leur enfant. La pratique est interdite en France. Le Parisien explique qu'il suffit de se rendre à l'étranger, où « des cliniques se sont spécialisées dans ce business. » En Belgique, au Royaume-Uni, en Grèce et à Chypre, c'est une polémique qui commence sur un phénomène qui se développe, raconte le journal.

Election présidentielle en Tunisie

La Croix titre sur « les Tunisiens (qui) votent sans illusion ». Un dossier consacré à l'élection présidentielle de dimanche. La Croix, comme Le Monde, annoncent que le président Ben Ali va se faire réélire pour la cinquième fois. Le journal catholique publie un reportage de son envoyée spéciale où il est raconté « comment les Tunisiens peuvent tout faire, sauf de la politique. » Et qu'il est « risqué de critiquer le président. » Pour ce qui est du Monde, son envoyée spéciale, Florence Baugé, a été expulsée. « Indésirable », selon le ministre tunisien de la Justice et des Droits de l'Homme, Béchir Tekkari. Récemment, elle avait fait un reportage en compagnie d'un certain nombre d'opposants, particulièrement critiques, notamment l'avocate Radia Nasraoui, laquelle, interdite de voyage, fait l'objet de poursuites judiciaires.


par Brice   Barillon

[23/10/2009]

lundi, 19 octobre 2009

Revue de la presse française du 19 octobre 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

 

L’affaire des fichiers refait surface ! On se souvient du fichier Edvige, il y a un an, qui avait suscité un tollé. Il avait été retiré pour être remplacé par Edvirsp. Lui-même détrôné par deux nouvelles bases de données policières créées par décrets hier par le ministre de l’Intérieur. « Hortefeux ressort les fichiers qui fâchent », s’exclame Libération qui met en avant les critiques avancées par certaines organisations de défense des droits de l’homme : le fichage des mineurs dès l’âge de 13 ans, mais aussi le fichage des activités politiques, syndicales, religieuses ou philosophiques, ou encore la mention de l’origine géographique…

De son côté, Le Figaro annonce également la création de ces deux nouvelles bases de données policières. Et estime qu’il s’agit-là « d’outils visant à lutter contre les bandes et à améliorer le recrutement dans la sécurité. »

Le Figaro qui affirme que « dans un cadre strictement dérogatoire, l’origine géographique et les activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales seront précisées, si elles sont de nature à porter atteinte à l’ordre public. »

Et pourquoi pas devant le Parlement ?

Sur le fond, les commentateurs sont relativement d’accord pour dire que les dispositions les plus controversées d’Edvige ont été supprimées. Mais sur la forme, ça passe mal… « Personne ne conteste que les fichiers soient indispensables à la protection de la démocratie, affirme La Montagne. Et personne ne comprendra aussi que sur un sujet aussi important que la sécurité, le gouvernement cherche à cacher le faire-part de naissance des petits frères d’Edvige sous deux décrets publiés au Journal Officiel un dimanche matin. (…) C’est le passage en force qui est choquant dans cette publication dominicale, s’exclame La Montagne, pas le fait que l’Etat veuille se doter d’outils pour défendre la paix civile et la sécurité des citoyens. »

« Pourquoi le ministre de l’Intérieur n’a-t-il pas choisi la voie parlementaire pour faire valider en toute transparence ce dispositif théoriquement au-dessus de tout soupçon ? », s’interrogent Les Dernières Nouvelles d’Alsace qui remarquent au passage que « toutes les semaines, on légifère au Palais-Bourbon pour bien moins que ça… »

« Il ne serait pas incongru, renchérit la Nouvelle République du Centre Ouest, que la représentation nationale ait son mot à dire pour s’assurer que ces fichiers présentent en matière de liberté publique, toutes les garanties républicaines. »

Finalement, pas de quoi fouetter un chat pour Le Progrès… « Au fond, pourquoi tant de bruit autour d’Edvige, s’exclame le quotidien lyonnais, quand nous ne cessons de dévoiler notre intimité pour les motifs les plus divers ? (…) Préciser notre situation conjugale pour une carte de fidélité dans un grand magasin, détailler notre patrimoine pour ouvrir un compte en banque, ou encore donner nos feuilles d’impôt pour louer un appartement (…). »

Sakozy père et fils … suite…

Jean Sarkozy… La polémique continue ! « Jean Sarkozy toujours dans la tourmente », affirme Le Parisien qui met en avant, à l’instar des autres journaux, la « solution » de Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement. A savoir la non-participation au vote pour le poste de président de l’Epad des représentants de l’Etat. Seuls, voteraient les élus, soit 4 UMP, 2 socialistes, 2 communistes et le représentant de la Chambre de commerce. Un dénommé Claude Leroi, qui, souligne Le Parisien, « va être très courtisé dans les semaines qui viennent. »

Les commentateurs restent sceptiques : « comme si l’abstention de ceux qui sont directement sous l’autorité du gouvernement pouvait effacer un scandale qui n’est pas l’éventuel résultat favorable au fils du président, s’exclame La République des Pyrénées, mais que ce dernier ait littéralement imposé la candidature de son fils à une fonction où aucune de ses qualités ne le destinait. »

Pour Paris-Normandie, « on cherche comment donner un vernis démocratique à cette promotion familiale. »

Toujours est-il que « ce matin, une question n’a toujours pas trouvé de réponse, souligne Sud-Ouest : quel étudiant de 23 ans en deuxième année de droit peut-il prétendre diriger un établissement public s’il ne porte pas le même nom que celui du président de la République ? Ne cherchez pas, répond Sud-Ouest, aucun ! »

Enfin, si l’élection de David Douillet à la 12e circonscription des Yvelines hier soir a mis apparemment du baume au cœur de l’Elysée, le dernier baromètre du Journal du Dimanche hier, indiquait que Nicolas Sarkozy perdait un point, à 38% d’opinions favorables. La faute à qui ? L’affaire Mitterrand, répond Le Télégramme, l’affaire Clearstream, sans doute aussi. Mais surtout le piston donné à son fils Jean. « Comment Sarkozy père, s’interroge le quotidien breton, n’a-t-il pas vu que des millions de jeunes Bac+2 et leurs millions de parents ressentiraient cette promotion (…) comme une provocation ? »


par Frédéric  Couteau

[19/10/2009]

lundi, 12 octobre 2009

Revue de la presse française du 12 octobre 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

 

Beaucoup d’interrogations ce lundi dans les journaux sur les orientations politiques autant à gauche qu’à droite…

« La politique française serait-elle entrée dans des zones marécageuses ? », s’interroge L’Humanité qui évoque notamment l’affaire Polanski, et par ricochet, l’affaire Mitterrand, ou encore, la nomination controversée à la tête de l’Etablissement public de la Défense de Jean Sarkozy, le fils du président. L’Humanité parle « d’un climat lourd et d’un air délétère… »

« Bien de la chance d’être le fils de son père »

Alors, ça tangue à droite et à gauche… Au sein de la majorité, remarque La Montagne, certains piliers, « surtout les barons nostalgiques du RPR, ont de plus en plus de mal à supporter les diktats de la technostructure présidentielle qui décide de tout, au mépris parfois des règles de fonctionnement des institutions. » Dernier exemple en date pour La Montagne : « la polémique sur la népotique désignation de Jean Sarkozy à la présidence de l’Etablissement public de la Défense laissera dans les rangs des électeurs plus de traces, affirme le journal, que l’affaire Polanski-Mitterrand. »

Cette nomination retient l’attention également de la République du Centre : « Jean Sarkozy, 23 ans, encore étudiant en droit, a bien de la chance d’être le fils de son père (…). C’est d’abord à cette prestigieuse hérédité qu’il va devoir sa probable nomination, en décembre prochain, à la tête de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense. (…) Un "Etat Sarkozy" prendrait-il le relais de l’ancien "Etat RPR" ? », s’interroge La République du Centre. « Le soupçon de népotisme entache en tout cas la démarche, répond le journal. Elle conduit à s’interroger sur l’impartialité du chef de l’Etat dans la conduite des affaires du pays qui prennent un peu trop l’allure d’une affaire de famille. »

Ces réformes qui fâchent… la majorité !

Des grincements de dents aussi à propos des réformes. « Aujourd’hui, constate Le Télégramme, de plus en plus d’élus de la majorité sont déboussolés – surtout quand, après leur avoir fait voter au pas de charge les tests ADN applicables aux immigrés, le gouvernement et le président décident de ne pas appliquer la loi. »

Et puis il y a aussi les projets fiscaux : « ces réformes qui fâchent la majorité », titre en une La Tribune. « Les parlementaires UMP peinent à suivre les décisions du gouvernement », constate le quotidien économique qui prend plusieurs exemples : « la réforme de la taxe professionnelle qui fait craindre des pertes de recettes importantes aux élus. (…) La création de la taxe carbone (…) jugée trop complexe, et qui se heurte à l’incompréhension générale des électeurs », ou encore « la question des niches fiscales sur laquelle, affirme La Tribune, les parlementaires de l’UMP sont divisés. »

Rajoutons à cela, remarque L’Est Républicain, la réforme des lycées, que Nicolas Sarkozy doit présenter demain. « Nicolas Sarkozy qui,reste convaincu que le mouvement perpétuel est le meilleur moyen d’échapper à l’artillerie lourde de l’opposition. Les réformes vont donc continuer à se succéder. » Attention, s’exclame le journal, « le chef de l’Etat devrait toutefois veiller à satisfaire davantage aux attentes d’une majorité qui ne se retrouve pas toujours dans ses choix. » affirme le quotidien lorrain,

Hamon conspué

Voilà pour la majorité… Passons maintenant à l’opposition. Là aussi, ça tangue. Et ça se fissure même au sein du Parti socialiste. Car en son sein, remarque L’Union, « tout est prétexte à division malgré les déclarations de façade. Rien que ces derniers jours, on l’a vu dans l’affaire Mitterrand avec le rôle joué par Benoit Hamon qui n’a pas fait l’unanimité (…). Ou par l’énième rapport de force des rivales, avec Ségolène Royal qui refuse la proposition de Martine Aubry d’intégrer la direction du parti. »

Mais c’est surtout Benoit Hamon qui est la cible des critiques ce lundi. La République des Pyrénées ne mâche pas ses mots : « Benoit Hamon a franchi une ligne jaune que la gauche dans son ensemble n’avait jamais approchée, en stigmatisant un adversaire politique sur ses mœurs. » Et le quotidien béarnais de dénoncer « la légèreté, écrit-il, d’un dirigeant qui a dû sa promotion à ses talents bureaucratiques plutôt qu’à une expérience avérée électorale ou professionnelle, ou à une quelconque expertise. »

Finalement, « qui l’eût cru ? », s’étonne Le Midi Libre. « L’affaire Mitterrand aura fait plus de dégâts à gauche qu’à droite. (…) Le PS, qui n’avait pas besoin de cela, a montré une nouvelle fois son goût pour la division et la cacophonie. »

Gorbatchev : « on a évité la troisième guerre mondiale »

Enfin, deux une marquantes ce lundi… Celles de Libération et du Figaro. On commence par Le Figaro avec cette photo de Mikhaïl Gorbatchev. Celui qui fut le dernier président de l’URSS apparaît vieilli, un peu empâté. Mais il a gardé toute sa verve. Dans un long entretien, Gorbatchev affirme notamment qu’en 1989, au moment de la chute du Mur de Berlin, « on a évité la Troisième Guerre mondiale. A l’époque, l’Europe était pleine d’armes nucléaires, rappelle-t-il. Il y avait environ 2 millions de troupes des deux côtés du rideau de fer… Imaginez simplement ce qui aurait pu arriver si nous avions utilisé la force… »

Et puis Libération révèle dans une enquête exclusive que « des matières radioactives d’origine française sont entreposées sans contrôle en Sibérie. » Libération qui titre : « nucléaire, la décharge secrète d’EDF. » Et qui dénonce ce « culte du secret, (…) un secret organisé par les autorités de Moscou et un mutisme officiel d’EDF. Encore une fois, souligne Libération, le cocktail suranné offert par la société nationale française exprime une culture semi-démocratique qui a en horreur la transparence. »


par Frédéric  Couteau

[12/10/2009]

vendredi, 09 octobre 2009

Revue de la presse française

Frédéric Mitterrand: «Je n'ai jamais fait l'apologie du tourisme sexuel»

Explications très attendues, notamment par la classe politique, de la part de Frédéric Mitterrand : elles ont eu lieu jeudi soir dans le journal de TF1. En face de Laurence Ferrari, le ministre de la Culture est venu s'expliquer, pour livrer sa « part de vérité », comme écrivait son oncle, l'ancien Président François Mitterrand, pour le titre d'un tout autre livre.

Mis en cause par l'extrême-droite et certains membres du Parti socialiste à cause de confessions faites dans «La mauvaise vie» paru en 2004, Frédéric Mitterrand voulait «défendre son honneur». «La mauvaise vie» n'est « pas une autobiographie, ce n'est ni un roman, ni des mémoires », a-t-il dit mais «un récit, un tract», «une autre manière de raconter sa vie qui est douloureuse». Il pense que beaucoup de Français qui ont acheté et lu cet ouvrage l'ont compris.

Au cours de ces douze minutes, il s'est vivement défendu, mais avec une émotion perceptible, en tout état de cause il exclut «totalement» de démissionner.

Sur la question de savoir quel sens il faut donner à ce que l'on a pu lire dans ce livre, le ministre de la Culture a martelé plusieurs fois qu'il n'a «jamais fait, en aucun cas, l'apologie du tourisme sexuel»... «Je le condamne absolument», a-t-il répété, «je condamne aussi la pédophilie».

«Une erreur...»

Une majorité de quotidiens français font la Une avec cette intervention télévisée d'un ministre en exercice sur un sujet aussi tabou et pour le moins inédite.... Libération, en Une, titre: « Frédéric Mitterrand s'explique. Ma part de vérité». Le journal raconte largement l'entretien télévisé de ce mardi soir «entre confessions intimes et contre-attaques politiques». Frédéric Mitterrand ayant reconnu « avoir commis une erreur, un crime non, une faute? Même pas.»

Au cours de cette «nuit thaïlandaise», comme dit Libération, il a eu certes des «relations tarifées» mais avec des «hommes d'âge mûr, un boxeur de 40 ans.»

Le Parisien fait sa une également avec «l'affaire Mitterrand qui sème le trouble» ... «Une tempête jusqu'au sommet de l'Etat»

Le Figaro pour sa part reste relativement distancié tout en faisant sa une avec une photo du ministre et ce titre : «Frédéric Mitterrand répond aux accusations». Le journal explique qu'il a «dénoncé les amalgames» et qu'il «reste ministre.»

Soutenu par l'Elysée

Cette émission de télévision avait été soigneusement préparée. Le Parisien raconte qu'un «véritable plan de bataille avait été mis sur pied, dès jeudi matin, à 8H et demie, au cours d'une réunion à l'Elysée. «Et puis, après l'intervention, Nicolas Sarkozy a appelé le ministre de la Culture. C'est le Président « qui lui avait conseillé de s'expliquer au journal télévisé devant les Français.»

Libération rappelle que Nicolas Sarkozy avait dit, dès cet été, au Nouvel Observateur qu'il avait trouvé son livre «courageux». Ce jeudi, Frédéric Mitterrand ajoutait que le «Président l'avait lu et qu'il l'avait même conseillé durant l'été à quelques-uns de ses amis». Le ministre de la Culture se sent donc soutenu.

Le Parisien qui parle, on l'a dit, d'une tempête au sommet de l'Etat, a fait le compte de ceux qui soutiennent Frédéric Mitterrand et de ceux qui l'accablent. Marine Le Pen est au 1er rang de ces derniers, suivie de pas très loin par Benoît Hamon, le porte-parole du PS, et Arnaud Montebourg. Ce sont les quadras socialistes qui éreintent le ministre, c'est un conflit de génération, selon Libération... les Eléphants du PS étant plus mesurés, la stratégie de Benoît Hamon fait des vagues dans son propre courant. Il y a eu des coups de fil et des SMS furieux, raconte encore Libé, certains fustigent ce qu'ils appellent une nouvelle croisade et une police morale. Bref, l'affaire Mitterrand est devenue aussi une affaire socialo-socialiste.

Une ouverture embarrassante?

La quasi totalité des éditoriaux de la presse quotidienne régionale sont consacrés à cette affaire. Plus offusqués, il n'y a pas. Les Dernières Nouvelles d'Alsace estiment que jeudi soir, il était « hors sujet » parce qu'un ministre « n'est pas tout à fait un homme comme les autres. Sa charge lui impose d'être exemplaire autant que possible ».

Pour La Voix du Nord, Frédéric Mitterrand paie son «empressement coupable à soutenir sans réserves Roman Polanski ».

Même tonalité dans le Midi Libre qui ironise sur le thème « mauvaise vie, mauvaise pioche» !

Cela étant, L'Union de Reims trouve « du courage » à Frédéric Mitterrand d'avoir « osé affronter les caméras » de télévision. « Son émotion, palpable, témoignait de l'hypersensibilité d'un homme » raconte le journal « qui a préféré défendre son honneur avec gravité et souffrance d'un passé enfiévré ».

Dans Ouest-France, le grand quotidien, l'analyse est plus politique : à propos de l'ouverture voulue par Nicolas Sarkozy « une arme géniale »« cela peut se retourner contre celui qui l'emploie »... et il cite « Bernard Kouchner, Eric Besson, Martin Hirsch, et maintenant, Frédéric Mitterrand qui seraient la cible quotidienne de toutes les oppositions ». Bref, pour lui, l'ouverture deviendrait embarrassante. selon son éditorialiste mais attention, écrit il,


par Brice   Barillon

[09/10/2009]

lundi, 05 octobre 2009

Revue de la presse française du 5 octobre 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

Une victoire pour les uns… Une manipulation pour les autres… Il s’agit de la votation citoyenne, organisée ces derniers jours par les partis de gauche et les syndicats, votation sur l’avenir de La Poste. Et cette consultation, qui n’a rien d’officiel, a été un franc succès : plus de 2 millions de personnes ont voté. Du coup, « la France se lève contre la privatisation », s’exclame L’Humanité en une. Le quotidien communiste constate que « la participation atteint donc au moins les 2 millions et que le Non recueille une majorité écrasante. Les Français refusent le changement de statut de La Poste auquel le gouvernement veut procéder en catimini », affirme L’Humanité qui estime que « devant l’énorme participation à cette votation, Nicolas Sarkozy ne peut se dérober. La parole doit revenir aux électeurs. »

Vers un référendum sur la Poste ?

« Après la votation, le référendum ? », s’interroge Libération. Ce dernier prend position en emboitant le pas des partis de gauche et des organisations syndicales : « grâce à la votation de la semaine dernière, écrit le journal, les défenseurs de La Poste trouvent une légitimité nouvelle, que le gouvernement ne peut écarter d’un revers de la main. » Libération rappelle qu’hier, un sondage publié par Sud-ouest dimanche indique qu’une large majorité de Français (59%) est favorable à un référendum. « Nicolas Sarkozy pourrait lancer une telle consultation, s’exclame le journal. Mais il est peu probable qu’il en prenne l’initiative constate-t-il, si l’on en juge par l’énergie mise par ses lieutenants pour essayer de décrédibiliser la votation citoyenne.»

En effet, comme nous l’indique ce titre du Figaro : « La Poste : l’UMP dénonce une manipulation. » Et de son côté, complète le journal, « le gouvernement conteste vouloir privatiser La Poste et assure que l’entreprise, contrairement à France télécom ou Gaz de France, restera publique. » Pas de privatisation donc, mais juste de nouveaux apports financiers et une ouverture à la concurrence.

Privatisation déguisée ou pas ?

Le débat est donc lancé. Et les commentateurs s’y plongent avec délice. Privatisation déguisée ou pas ? En tout cas, cette affaire est pain-bénit pour la gauche. C’est la tonalité générale. Comme le constate Le Journal de la Haute-Marne, « indiscutablement, l’opposition – notamment le PS – a trouvé là un bon moyen de se refaire une santé après des mois et des mois de luttes intestines. C’est de bonne guerre. Elle place de fait la majorité sur la défensive. »

Pour La Voix du Nord, « la gauche, politique et syndicale, trouve enfin une bannière commune et jouit d’une forte assise populaire. C’est ce message que la votation a envoyée en recommandé au gouvernement. Celui-ci devra en accuser réception. »

« Le PS va maintenant déposer une proposition de loi en faveur d’un vrai référendum d’initiative populaire, constate La Montagne. Une façon inespérée de faire coup double, commente le journal. Il met le président de la République au défi d’appliquer sa propre innovation constitutionnelle. Et, avec cet os postal à ronger, il surfe sur l’inquiétude populaire. »

Un «oui» qui soulage

Beaucoup de réactions ce matin après le « oui » à l’Europe des Irlandais vendredi. « L’Europe repart », se félicite Le Figaro qui estime que « grâce à ce vote, l’Union européenne peut enfin mettre fin à un débat vieux de 10 ans et relever le défi que la crise économique mondiale n’a fait que rendre plus urgent. »

Ouest France renchérit : « C’est un grand soulagement qu’apporte le « oui » irlandais à tous ceux qui s’efforcent de construire l’Union européenne, année après année, depuis plus d’un demi-siècle. (…) Réjouissons-nous donc de ce pas en avant qui n’aurait pu être franchi, remarque le journal, sans le dynamisme de la présidence française, assumée par Nicolas Sarkozy. »

L’Europe toucherait-elle au but ?

Mais il y a encore les interrogations polonaise et tchèque : « le conditionnel reste de rigueur à cause de la résistance des chefs d’Etat de ces deux pays qui refusent encore de ratifier le traité de Lisbonne », explique La Charente Libre. Toutefois, tempère le journal, la Pologne « a déjà fait savoir qu’un « oui » irlandais l’amènerait vers la ratification. » Quant au Premier ministre tchèque, Vaclav Klaus, « peut-on sérieusement croire qu’un seul homme, s’interroge le quotidien charentais, puisse contre l’adhésion de son propre Parlement, stopper le train institutionnel européen ? »

Alors, comme le souligne Paris-Normandie, « l’Europe touche au but. » Et le traité de Lisbonne va pouvoir s’appliquer… « Fini la succession des présidents tous les 6 mois, s’exclame le journal. Le Conseil va se doter d’un président stable, désigné pour deux ans et demi. De même, l’Europe va se doter d’un super ambassadeur, un "haut représentant à la politique étrangère". » Mais le quotidien normand de s’interroger : « ces deux innovations suffiront-elles à mettre sur orbite une véritable Europe politique, capable demain de jouer un rôle majeur dans le monde aux côtés des grandes puissances ? »

 

par Frédéric  Couteau

[05/10/2009]

vendredi, 02 octobre 2009

Revue de la presse française du 2 octobre 2009

Vote décisif en Europe

L'Irlande doit décider si elle accepte ou non le traité de Lisbonne. 16 mois après l'avoir refusé à plus de 53%, cette fois c'est le « oui » qui semblerait l'emporter. Mais ce second vote « n'est sans doute pas la meilleure occasion de rendre l'Europe plus compréhensible », explique Dominique Quinio, dans son éditorial de La Croix. L'Humanité raille les instances européennes qui font « revoter les irlandais jusqu'à ce qu'ils disent oui ».Et le quotidien, très anti-traité, passe en revue ce qu'il appelle les mensonges et notamment les promesses sur l'emploi ou le besoin de l'Irlande de s'ancrer à l'Europe.

Il faut dire que depuis le dernier référendum, la donne a changé. La crise financière est passée par là, explique le quotidien Aujourd'hui en France : « Le PIB s'est effondré, le taux de chômage a été multiplié par trois ». Et du coup la classe politique s'est tournée vers l'Europe et une partie de la population aussi. C'est le cas de Padraic, 24 ans, cité dans Aujourd'hui en France. « J'ai voté non l'année dernière. Je vais voter oui aujourd'hui ».

Pourquoi cet étudiant en économie a-t-il changé d'avis ? « Nous avons désormais des garanties », explique-t-il: « l'avortement va rester interdit, nous gardons notre commissaire européen et on ne touchera pas à notre fiscalité des entreprises ».

L'union fait la force

De la poudre aux yeux selon L'Humanité qui déplore l'absence d'avancées sociales du Traité nouvelle version. Joe Higgins, eurodéputé d'extrême gauche et « noniste » craint « une marchandisation des secteurs de la santé, et de l'éducation et la privatisation des services publics ».Alors pour convaincre, les « ouistes », les partisans du oui font appel au vieil adage: l'union fait la force.

Aujourd'hui en France cite Mary, une chômeuse de 50 ans: « Accepter le traité de Lisbonne, resserrer nos liens avec l'Europe, c'est le seul moyen de sortir de la crise ». Ce sentiment est partagé par l'ensemble de la classe politique ou presque. Le quotidien rappelle que le « oui » est crédité de 55 % des intentions de vote.

Qu'est-ce que cela changera si le « oui »  passe ?

« Pas grand-chose », rappelle La Croix. Avant d'entrer en vigueur le Traité doit être ratifié par les 27 Etats membres. Et il manque encore les signatures polonaise, Tchèque et irlandaise, bien sûr.En cas de non, c'est retour à la case départ précuise le quotidien. L'UE continuera alors de fonctionner avec le traité de Nice.

La Poste, quel avenir ?

Tous les citoyens sont appelés à se prononcer sur le changement du statut de La Poste. Dans Libération, Laurent Joffrin s'interroge « Pour moderniser un service public, faut-il le privatiser ? ».

Sans surprise, la réponse du directeur de la rédaction est non. Selon lui, la gauche moderne doit réfuter cette idée, c'est pour cela qu'il appelle à voter « pour montrer qu'une organisation fondée sur l'intérêt collectif, dès lors qu'on lui en donne les moyens, dès lors aussi qu'elle sait se remettre en cause, peut elle aussi parvenir à l'efficacité et relever les défis de l'avenir ». Tous les citoyens sont donc invités à se prononcer sur ce que Libération appelle une « privatisation plus ou moins avouée du service public postal ». Et la participation dépasse les espérances.

Le quotidien prend l'exemple d'Audincourt, ville socialiste de 15 000 habitants. Le maire raconte que pour la seule journée de lundi il a eu un millier de votants. Les socialistes voient d'ailleurs dans ce combat « un facteur de mobilisation », selon Jean-Pierre Bel, chef de file des sénateurs socialistes cité dans Les Echos. L'occasion de reprendre le flambeau de l'opposition. Ce vote est une « opportunité d'offrir aux électeurs une autre image que nos querelles internes », explique un président de fédération socialiste.

Et les citoyens quels sont leurs motivations ? Ils craignent la fermeture des bureaux de poste de proximité et le regroupement de plusieurs activités en une seule, notamment dans les petites communes: « Je vois mal un postier vendre un kilo de tomates et gérer les livrets A », explique Catherine, 35 ans.

Rio a la cote

« Et si c'était Rio... » titre le journal L'Equipe. Le Comité international olympique est réuni à Copenhague où il doit désigner aujourd'hui la ville qui accueillera les Jeux olympiques d'été en 2016. Et Rio, au Brésil, semble la favorite de la presse française, face à Tokyo, Madrid et Chicago. Ses atouts selon le quotidien sportif : le charisme du président brésilien Lula da Silva, et l'appartenance à un continent qui n'a jamais organisé les Jeux.

L'enjeu est grand rappelle Pascal Boniface de l'Iris dans L'Humanité. « Il s'agit de choisir quelle ville accueillera le 2e événement le plus médiatisé sur terre en 2016 ».

Dans Libération, Patrick Clastres, chercheur à Sciences Po Paris, souligne qu'en désignant Rio, le CIO prendrait pied sur le « Continent des Sud » et « montrerait aux pays émergents qu'il ne les oublie pas ».

Mais face à Rio, il y a Chicago, et un soutien de poids : Barack Obama. Le président américain sera à Copenhague. Selon Pascal Boniface, cité par L'Humanité, le président américain compte sur sa présence pour faire pencher la balance en faveur de Chicago et se servir de cette victoire comme preuve de l'efficacité de sa politique. Quels que soient les pronostics, l'issue du scrutin est imprévisible. L’Equipe rappelle que « les votes des membres du CIO ont une vraie singularité : ils sont surprenant et impénétrables ».

 

par Grégory  Lesca (rfi.fr)

[02/10/2009]

jeudi, 01 octobre 2009

Revue de la presse française du 1er octobre 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)


A la une : le budget 2010. Un budget très critiqué comme le constate La Tribune en première page : « La France s’installe dans l’hyperdéficit ».

Pour Les Echos, « Sarkozy assume un déficit public historique ».

« Le gouvernement choisit de laisser filer la dette pour stimuler la croissance », s’exclame Le Figaro.

Du coup, constate Libération, « la France enterre les critères de Maastricht ».

Pour L’Humanité, ce « budget 2010 attise la crise, (…) en programmant moins d’emplois publics et en faisant plus de cadeaux aux entreprises. »

Un déficit abyssal…

Alors, entrons dans le détail, avec Le Courrier Picard : « le budget 2010 est celui des records, affirme-t-il. Record de déficit public qui grimpe à 8,5% du PIB. Record de la dette qui s’envole et qui atteint 84% du PIB. Jamais la France n’aura autant vécu à crédit », s’exclame Le Quotidien Picard qui remarque qu’il y aura bien « un moment où il faudra présenter l’addition aux Français. »

La Charente Libre souligne que « la dette d’aujourd’hui fera forcément les impôts de demain. »

Du coup, colère de L’Est Républicain : « laisser croire que la maîtrise des dépenses et le retour de la croissance suffiront à redresser la situation tient de la supercherie. (…) Pour éviter le krach, il devient difficile d’éviter une hausse des impôts et un reformatage drastique de notre système social. »

Qui va payer ?

D’ailleurs, remarque Le Parisien, « les Français vont devoir s’acquitter, dès l’an prochain, de près de 1 milliard d’euros supplémentaire. » Le Parisien qui a fait l’addition, avec entre autres, la CSG sur l’assurance vie en cas de décès, la CSG sur les plus-values mobilières, la hausse du forfait hospitalier, ou encore la fiscalisation des indemnités journalières d’accident du travail.

Mais tout cela ne suffira pas à éponger la dette bien sûr. Et au final, souligne Le Parisien, ce sont les générations futures qui devront être mises à contribution. Le journal cite des chiffres vertigineux : « fin 2010, la dette devrait être de 1 654 milliards, soit, et c’est beaucoup plus parlant, 26 460 euros par habitant. »

Cadeaux aux entreprises ?

Tout le monde n’a pas à se plaindre de ce budget. En premier lieu, les entreprises, avec la suppression de la taxe professionnelle. Objectif : stimuler l’activité pour favoriser l’emploi et la croissance. Le quotidien L’Alsace est plutôt sceptique face à cette « générosité fiscale. (…) Il va falloir compenser 12 milliards de recettes perdues par les collectivités locales », remarque le journal. Et, poursuit-il, « l’expérience de la TVA dans la restauration montre qu’il y a loin de la coupe aux lèvres. »

Commentaire de Martine Aubry, première secrétaire du PS, dans La Tribune : « c’est un budget indécent d’injustice. (…) Un budget inadapté et irresponsable. »

La Chine montre ses muscles…

« L’armée chinoise étale sa puissance à Pékin » : c’est la manchette du Figaro, avec cette photo de soldats défilant dans un alignement impeccable. C’est aujourd’hui le 60e anniversaire du régime communiste. Et on s’attend à un défilé grandiose à Pékin, qui mobilisera environ 200 000 personnes. Pour Le Figaro, « le dragon chinois montre ainsi sa force. (…) Au moment où la Chine sort plus vite que prévu de la crise (…), au moment où son avis est sollicité au G20 pour gouverner la planète, les images de chars, de fusées et de fantassins sur la Place Tiananmen illustrent l’émergence progressive d’une nouvelle superpuissance, décidée à peser de plus en plus sur les affaires du monde. »

« Forte, la Chine l’est d’abord par son économie, remarquent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, avec une croissance tournant en 2009, malgré la crise, autour de 7%, voire 8%. Mais forte, poursuit le journal, la Chine l’est surtout pas son optimisme et son ambition. (…) Elle croit au progrès comme on y croyait en France sous la IIIe République. Elle aime la voiture comme on l’aimait à Paris sous Pompidou. (…) Le credo collectif est que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Et cette conviction, s’exclame le quotidien alsacien, est le meilleur antidote contre le spleen si ravageur en Europe. »

Quel chemin parcouru !

Sur le plan politique, en revanche, pas trop d’évolution… « En 60 ans, remarque Le Dauphiné, la République populaire a, certes, fait sa longue marche vers le capitalisme, mais elle reste une dictature. Il y a 20 ans tombait le mur de Berlin. La grande muraille idéologique de la Chine, elle, tient bon. »

Enfin, La Croix nous propose le portrait de cette étudiante chinoise à Paris. Elle a 22 ans, elle s’appelle Luo Ying. « Elle vient de faire sa rentrée dans l’une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs du monde, l’Ecole centrale de Paris », explique le journal. Et pourtant la jeune étudiante, souligne La Croix, » a été élevée dans la simplicité d’une famille modeste de paysans au cœur de la Chine profonde. (…) Elle incarne à sa façon le long chemin parcouru par le pays le plus peuplé de la planète, plongé dans la pauvreté il y a encore 30 ans. (…) « Elle symbolise, poursuit La Croix, l’internationalisation de la Chine et sa capacité, 60 ans après la Révolution, à promouvoir de nouvelles élites par le biais de l’éducation. »

 

par Frédéric  Couteau

[01/10/2009]

lundi, 28 septembre 2009

Revue de la presse française

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

« On va recompter les voix » : c’est le grand titre de l’Union ce lundi. Ce sera ce mardi, précise le quotidien gabonais, à partir de 14 h. Le recomptage des bulletins de l'élection présidentielle se fera à partir des procès-verbaux de chaque bureau de vote. Décision donc de la Cour constitutionnelle, rappelle l’Union, « suite aux recours en annulation introduits par neuf candidats déclarés battus. (…) Ce principe du recomptage des voix, les requérants en avaient fait un leitmotiv depuis la proclamation officielle des résultats donnant le candidat Ali Bongo élu avec 41,73% », précise le journal.

Objectif : baisser d’un cran la tension…

Pour le site d’information GabonEco, ce recomptage des voix est une sage décision. « Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 30 août, qui a été suivie par de violentes émeutes qui ont défiguré la capitale économique, Port-Gentil, le climat social, rappelle GabonEco, est très tendu à travers le pays. Le gouvernement et l’opposition s’en rejettent la responsabilité. (…) Face à une telle responsabilité, poursuit le site d’information gabonais, la Cour constitutionnelle a dû reconsidérer sa position pour accéder à la requête de l’opposition. Cette posture, estime GabonEco, lui permet de baisser d’un cran la tension sur ce dossier brûlant et de travailler dans une nouvelle disposition d’esprit. Elle a un mois pour dire le droit et surtout trancher ce nœud gordien qui étouffe chaque jour un peu plus la nation gabonaise. »

Risques de « dérapages » ?

Cette décision de la Cour constitutionnelle est largement annoncée et commentée dans la presse du continent. Le journal burkinabé en ligne Fasozine notamment, n’est guère optimiste. Il craint en effet des risques « de dérapage. (…) Il n’est pas exagéré de penser, écrit-il, que la décision de la plus haute juridiction gabonaise va entraîner un nouveau cycle de contestations et de violences, chaque camp ne voulant rien entendre d’autre que ‘sa vérité’. (…) On voit mal en effet le camp du PDG au pouvoir, poursuit Fasozine, s’incliner prestement devant l’éventuelle annulation de l’élection d’Ali Bongo. (…) Il faut tout de même trancher ce différent électoral, poursuit le journal et inscrire le Gabon de l’après Omar Bongo dans un cycle vertueux et paisible. »

Une presse libre ?

On reste au Gabon avec le journal L’Union, que nous citions au début de cette revue de presse. Vendredi, son directeur, Albert Yangari, a été interpellé et placé en garde à vue à Libreville avant d’être libéré quelques heures plus tard. Durant son interrogatoire, il a été sommé de s’expliquer sur la nouvelle ligne éditoriale de son journal. Le quotidien français Le Monde nous relate cette affaire et s’interroge : « l’unique quotidien national gabonais, L’Union, serait-il de trop ? » Le Monde précise que ce journal, « longtemps spécialisé dans l’apologie du régime d’Omar Bongo, a surpris ses lecteurs par sa liberté de ton depuis la disparition, début juin, du vieux président, couvrant de façon assez équilibrée la récente campagne électorale présidentielle et publiant des éditoriaux sans complaisance. (…) Cette récente liberté de ton reflète l’aspiration à une évolution démocratique partagée par une très large part de l’opinion gabonaise, estime le quotidien français. Mais, souligne-t-il, les mésaventures du patron de L’Union tranchent avec la prétention d’incarner la ‘génération de liberté d’expression’ affichée par Ali Bongo, à quelques jours de sa prestation de serment. »

« Conakry retient son souffle »

Journée sans doute décisive aujourd’hui en Guinée. L’opposition a prévu d’organiser un rassemblement à Conakry pour protester contre une éventuelle candidature du capitaine Dadis Camara à la prochaine élection présidentielle. La junte au pouvoir a interdit toute manifestation ce lundi… « Conakry retient son souffle » : s’exclame Guinéenews. Le site d’information précise que depuis vendredi, plusieurs sociétés guinéennes et étrangères ont demandé à leurs employés de rester chez eux ce lundi. Les stations services ont reçu comme consigne de fermer. Et ce dimanche, les marchés de la capitale étaient bondés. « Personne ici, rappelle Guinéenews, n’a oublié les longues journées des grèves de 2006 et 2007 et leur corolaire de famine. »

Condé donne de la voix

GuinéeNews qui par ailleurs remarque le net durcissement de ton de l’opposant Alpha Condé. Le leader du RPG, actuellement à New-York, a demandé à ses compatriotes ce dimanche de s’unir pour la démocratie. Et il a attaqué directement la junte, poursuit GuinéeNews, en expliquant que le pays était actuellement « dirigé par des voyous », qualifiant même le capitaine Dadis Camara de « malade mental ». Une sortie spectaculaire qui inspire à Aminata, autre site guinéen d’information, ce titre ronflant : « Alpha Condé brise le suspense et lâche ses premières cartouches. »

 

par Frédéric  Couteau

[28/09/2009]

Toutes les notes