mercredi, 26 août 2009

Revue de presse Afrique du 26 août 2009

Vers une candidature unique au Gabon ?

Gros titre, ce matin, du site internet Gaboneco : « Jean Eyéghé Ndong veut une candidature unique pour contrer le PDG (le parti au pouvoir) ». « J'attends maintenant que les autres candidats réagissent à mon appel » a déclaré hier l'ancien premier ministre à J-4 du scrutin. D'après Gaboneco d'ailleurs, « une réunion imminente » doit se tenir pour décider du nom de l'heureux élu. Le site ne précise pas qui va y participer.

Mais, selon nos informations, André Mba Obame et Paul Mba Abesole sont intéressés.

Reste à savoir maintenant qui va se désister, qui va se retirer de la course à la présidentielle au profit de cette candidature unique. Et c'est là, évidemment, que les choses se compliquent beaucoup. « L'élection à un tour est un véritable piège pour l'opposition, souligne le quotidien camerounais Mutations. Chaque leader se voit chef de l'Etat. Et à moins d'un miracle, on voit mal comment les 22 adversaires d'Ali Bongo pourraient comme un seul homme (…) mettre un terme à la cacophonie politique actuelle et se choisir un ou deux représentants. »

Autre initiative de dernière minute trouvée dans « les brèves de campagne » de Gaboneco : « une grève du sexe illimitée » (!) C’est ce que propose Samuel Ntoutoume Ndzeng qui préside plusieurs associations au Gabon. Les hommes, selon lui, « dormiront avec leurs habits » à partir du 30 août si c'est un président qui est élu et non une présidente… Ce qui risque d'être le cas, rappelle quand même Gaboneco, puisqu'il n'y a que trois femmes candidates et qu'elles ne font pas partie des favoris.

Dialogue et apaisement

Au Mali, Amadou Toumani Touré tente de calmer le jeu. Il doit rencontrer les représentants des associations musulmanes aujourd'hui après les parlementaires et les représentants des partis politiques hier au sujet du nouveau code de la famille toujours vivement contesté. « Le président n'a pas été sourd au climat insurrectionnel crée par l'adoption, à l'Assemblée, de ce nouveau code » note L'Indépendant.

Amadou Toumani Touré « a déroulé le tapis du dialogue » et hier, la plupart des députés et des représentants des partis politiques ont répondu positivement à son appel. Ils ont, comme le chef de l'Etat, « suggéré d'aller à l'apaisement à travers une campagne de sensibilisation et d'explication du texte suivi si possible de la relecture au Parlement des articles qui font polémique ».

« Tout porte à croire, écrit Le Républicain, qu'ATT va soumettre ce code à une seconde lecture à l'Assemblée. » « Et c'est bien le moindre mal que l'on peut souhaiter à notre pays après la démonstration de force des conservateurs à laquelle peu d'entre nous s'attendaient » souligne l’éditorialiste du journal. Samedi dernier, grand meeting organisé par le HCIM, le haut conseil islamique du Mali, dans un stade de Bamako. Plus de 50 000 personnes étaient présentes pour dire non à ce nouveau code.

L'erreur principale des politiques, poursuit Le Républicain, a été de voter ce texte « dans la précipitation », « sans tâter le pouls du bas peuple ». Le texte, de plus, a été « mal expliqué ». Résultat : il est « méconnu (…) et mal compris par presque tout le monde ».

« Un gros morceau » à Maputo

Deuxième jour de négociations à Maputo entre les 4 chefs de mouvance malgache. Hier, les discussions n'ont pas abouti. « Comme il fallait s'y attendre, Maputo 2 n'est pas une partie de plaisir » souligne L'Express de Madagascar. « Les débats, rapporte le quotidien, ont été interrompus deux fois hier, le temps pour les participants de cogiter et de reprendre leurs esprits ».

Ces négociations ont démarré par « un gros morceau » d'après L'Express. A savoir : la présidence de la Transition. Qui sera nommé pour prendre les rênes de la Grande Ile avant l'organisation des élections générales ? Pour Marc Ravalomanana, ce ne sera pas Andry Rajoelina. « Un putschiste ne sera pas président ». Déclaration de l'ancien du chef de l'Etat à la une ce matin de Midi Madagascar.

Andry Rajoelina, de son côté, bataille ferme pour que ce soit son nom qui sorte du chapeau. Il exige aussi que Monja Roindefo, l'actuel Premier ministre, reste à son poste mais en temps que chef de gouvernement de la Transition. Ces questions n'ont pas été tranchées. Les débats à Maputo s'annoncent très houleux.

 

par Céline  Missoffe

RFI

[26/08/2009]

lundi, 24 août 2009

Revue de presse Afrique du 24 août 2009

Ira ou ira pas ?

En Guinée, le chef de la junte n'a toujours pas levé le voile sur ses intentions. Sera-t-il candidat (ou pas) à l’élection présidentielle prévue le 31 janvier 2010 ? Pour le site internet guinéen Aminata, il n'y pas doute : Moussa Dadis Camara se présentera. « Ces jours-ci tout Conakry est tambour battant. Les femmes et des milliers de jeunes manipulés battent campagne pour le capitaine Dadis. Ils l'ont déjà fait candidat avant que ce dernier dise "oui"». Et on sait tous qu'il finira par dire: «Bon écoutez, je ne veux pas vous humilier. Moi je ne voulais pas me présenter mais comme vous insistez, j'accepte, mais à une condition: que ce soit pour un seul mandat». Viendront ensuite les autres mandats. »

«Que les sceptiques se le tiennent pour dit, prévient de son côté le quotidien L'Observateur au Burkina, Moussa Dadis Camara ambitionne d'être adoubé le 31 janvier 2010 lors de la présidentielle.» Mais «quel dommage! Quelle désillusion!» écrit Le Pays, un autre journal d’Ouagadougou. «Si Dadis poursuit dans sa volonté de se porter candidat, il finira d'administrer la preuve qu'il n'est pas l'homme exceptionnel que beaucoup ont cru voir en lui (…) On pourra alors rétorquer que Dadis n'est pas le seul chef d'Etat du continent qui se sera dédit (...) Mais pourquoi tenir coûte que coûte à faire du Mamadou Tandja si on peut ressembler à ATT?» (Amadou Toumani Touré, le président de la République du Mali qui a pris le pouvoir par un coup d'Etat en 1992 avant de le remettre au peuple et de se présenter à la loyale à l'élection présidentielle, 10 ans plus tard, en 2002.) Pourquoi? Sans doute simplement parce que comme le rappelle le site Aminata : «Le pouvoir est tentant !»

Texte satanique

Au Mali, le nouveau code des personnes et de la famille fait polémique. Il a été adopté début août par l'Assemblée nationale, il doit maintenant être promulgué par le président ATT mais de nombreux Maliens sont opposés à ce code qui accorde davantage de droit aux femmes. Dernier évènement en date : le grand meeting organisé il y a deux jours au stade du 26 mars à Bamako par le Haut conseil islamique du Mali (HCMI).

«Le stade était noir de monde» précise L'Indépendant. Plus de 50 000 spectateurs. «Démonstration donc de force de la communauté musulmane qui a réclamé la dissolution de l'Assemblée nationale et mis en garde ATT contre la promulgation de ce texte». Texte « satanique » d’après le HCMI qui bafoue « les valeurs religieuses et traditionnelles » du pays.

L'Aurore, un autre journal malien, rapporte, pour sa part, que le meeting de samedi «était digne d'un match de football des Aigles du Mali» tant il y avait foule dans les gradins. Dans ce contexte, « faut-il promulguer et faire fi de ces vastes mouvements de protestation? » questionne L'Aurore. «Le pire est en tous cas à craindre car les tensions sont de plus en plus vives.»

« Marchandages » à Maputo

Nouvelles négociations, à partir de demain, à Maputo. « Négociations, écrit d'ailleurs Midi Madagascar, pour ne pas dire «marchandages». Les quatre chefs de mouvance malgaches vont se réunir pour se répartir les postes au sein des futures autorités de Transition.

Négociations cruciales, poursuit L'Express de Madagascar, pour sortir la Grande Ile de la crise au niveau politique mais aussi au niveau économique. L'Express rappelle que les bailleurs de fonds internationaux comme la Banque mondiale attendent l'issue de ce sommet pour pouvoir à nouveau faire confiance à Madagascar.

« Un martyr qui aura souffert pour rien »

J - 6 avant l'élection présidentielle au Gabon. Un candidat notamment fait beaucoup parler de lui dans la presse du continent : Bruno Ben Moubamba, candidat de l'opposition, en grève de la faim depuis maintenant 8 jours. Il est revenu depuis, ce samedi, devant le siège de l'Assemblée nationale à Libreville, détaille Le Cameroon Tribune, après avoir été brièvement hospitalisé.

Bruno Ben Moubamba, « martyr autoproclamé du "Bongo land" » d'après L'Observateur… Mais « un martyr qui aura souffert pour rien »... Les opposants au régime et autres candidats indépendants n'ont pas fait front commun. Ils se présentent en ordre dispersé à l'élection et « ouvrent ainsi un boulevard au fils héritier d'Omar Bongo », Ali Bongo, le candidat du PDG, qui a toutes les chances de l'emporter le 30 août.

 

par Céline  Missoffe

[24/08/2009]

lundi, 17 août 2009

Revue de presse Afrique du 17 août 2009

Par Céline Missoffe (RFI). Article publié le 17/08/2009 

 

Ali Bongo en campagne

La campagne électorale pour la présidentielle au Gabon a démarré il y deux jours. Ali Bongo a donné hier son premier meeting. L’arrivée du candidat du PDG, le parti au pouvoir, place du Jardin botanique à Libreville, a été « tout un évènement », rapporte le site internet Gabonews avec au menu « cris, acclamations de la foule, hélicoptère survolant l’espace aérien et montée des décibels ». Bref, un show à l’américaine parfaitement orchestré.

Les autres candidats ont aussi pu librement s’exprimer et tenter de séduire les électeurs. « Début de campagne dans la tranquillité », note toujours le site Gabonews qui souligne que, pour le moment, tous les meetings se sont déroulés dans le calme, sans violence. Les affiches électorales auraient même moins souffert « d’actes de vandalisme » par rapport aux scrutins précédents.

Gabonews a d’ailleurs fait un petit tour de tous les slogans de campagne. Le mot qui revient le plus souvent, c’est n’est pas « changement » mais « ensemble ». « Agir ensemble » donc, pour Ali Bongo ; « Ensemble pour un Gabon nouveau », pour Casimir Oyé Mba et « Redresser et rassembler au delà de nos idées pour gouverner ensemble », pour Jean Eyéghé Ndong.

Paris a probablement « manœuvré » pour qu’Ali Bongo démissionne

Et la France, dans tout cela, s’interroge un autre site internet, le site Gaboneco : « La France restera-t-elle neutre dans ce scrutin? » « Tous les Gabonais ont en tous cas en mémoire la petite phrase de Robert Bourgi […] qui déclarait en juin dernier, que Paris n’avait pas de candidat mais que lui, à titre personnel, soutenait Ali Bongo. » Or, rappelle Gaboneco, Robert Bourgi, « ce n’est pas n’importe qui […] Il est devenu le conseiller occulte de Nicolas Sarkozy pour les affaires africaines […] Il est le digne successeur de Jacques Foccart comme « Monsieur Françafrique ». »

Paris, selon le quotidien Le Pays au Burkina, a d’ailleurs « probablement manœuvré pour qu’Ali Bongo mette fin à son entêtement à rester au pouvoir tout en étant candidat ». Il a été démis de ses fonctions de ministre de la Défense, vendredi, par la présidente par intérim. « La victoire du dauphin à l’élection sera ainsi moins entachée de péché. Et cette victoire là, la France y tient pour une raison évidente. Tous les autres candidats représentent un risque pour Paris. » Le Gabon a toujours été « le centre névralgique de la Françafrique » et il doit rester, pour Paris, « dans l’escarcelle française ».

Le Niger est « un avion qui se scinde en deux en plein vol »

Le Pays revient aussi, ce matin, sur la situation au Niger. Les résultats du referendum ont été validés, samedi, par la Cour constitutionnelle qui n’est pas reconnue par l’opposition. La CFDR, la coordination des forces démocratiques et de la république, a d’ailleurs appelé à de nouvelles journées d’action et de manifestation cette semaine.

Réaction – du coup - du porte-parole du gouvernement nigérien : « en bon shérif du Far West d’antan, Mohamed Ben Omar a déclaré que les opposants qui ne se soumettraient pas aux lois et aux règlements de la République se mettaient hors la loi. »

Mais Ben Omar « a pris le soin d’oublier que la désobéissance civile est un droit accordé par la constitution ». Conclusion du Pays : le Niger est « un avion qui se scinde en deux en plein vol rendant la suite du voyage subitement impossible et dramatique. »

Le nouveau week-end algérien : « une mini-révolution »

L’Observateur, un autre journal de Ouagadougou, revient lui, ce matin, sur « cette mini révolution sur les bords de la Méditerranée » : le décalage du week-end en Algérie qui est passé pour la première fois, la semaine dernière, de jeudi et vendredi à vendredi à samedi. Un décalage pour raisons économiques. Désormais, les Algériens ont quatre jours travaillés en commun avec les pays de tradition chrétienne comme ceux de l’Union Européenne par exemple contre trois jours seulement en commun précédemment. Avec ce nouveau système, le jour de prière qu’est le vendredi, pour les musulmans, a été préservé.

Reste à savoir maintenant, note L’Observateur, « si cette mesure va donner les résultats escomptés » en espèce sonnantes et trébuchantes. « L’économie algérienne fonctionnera toujours avec un jour de moins par rapport aux autres pays. » De ce fait, le quotidien a pris son parti et espère que l’Algérie basculera bientôt vers « le week-end universel » (le samedi et dimanche) pour que « le pays soit en totale harmonie avec ses partenaires économiques. »

 

mardi, 11 août 2009

Revue de presse Afrique du 11 août 2009

A Madagascar : négociations pour la répartition des postes-clés

Après la signature avant-hier de l'accord de Maputo, les quatre mouvances malgaches doivent maintenant se partager les postes au sein du futur gouvernement de transition. "Et ce ne sera pas une mince affaire" prévient Le Pays au Burkina. On se souvient notamment « de l'exemple du Zimbabwe ». Le pays est resté longtemps bloqué « parce que majorité et opposition se déchiraient au sujet des postes-clés. On peut craindre donc que pour Madagascar, le plus dur reste à venir. »

D'autant, ajoute le journal français Le Monde, que le futur gouvernement devrait être « pléthorique avec un premier ministre, 3 vices-premiers ministres et pas moins de 28 ministres ». «Souhaitons donc, écrit Le Madagascar Tribune, un peu de chance à notre pays car il lui en faudra.»

Autre souci (en plus de la répartition des portefeuilles) : l’amnistie accordée notamment à Marc Ravalomanana. D'après L'Express de Madagascar, «certains dans le camp d'Andry Rajoelina sont contre l'idée d'arrêter les poursuites » qui pèsent sur l'ancien président. Ils voudraient notamment «lui mettre sur le dos la responsabilité dans la tuerie du 7 février dernier ». Andry Rajoelina n'était pas encore au pouvoir. La garde présidentielle avait ouvert le feu sur ses partisans faisant une trentaine de morts.

L'accord signé à Maputo stipule que l'amnistie ne peut pas couvrir, effacer les violations graves des droits de l'homme. Mais s'ils s'engouffrent dans cette brèche, «les adversaires de Marc Ravalomanana risquent d'y laisser quelques belles plumes » analyse Le Madagascar Tribune. L'ancien chef d'Etat ne se privera pas « en cas de nécessité de pointer leurs propres responsabilités dans cette affaire ». «La crise malgache ne s'arrête pas» conclut Le Pays… Avec de nouvelles négociations difficiles en perspective…

Deux candidats indépendants gabonais empêchés de quitter le pays

« Jean Eyéghé Ndong et André Mba Obame interdits de quitter le pays » titre, ce matin, le site internet Gaboneco. L'ancien Premier ministre et l'ancien ministre de l'Intérieur n'ont pas pu prendre l'avion parce que leurs passeports ne sont pas à jour. Il fait toujours mention de leurs fonctions au gouvernement alors que, rappelle Gaboneco, ils ont démissionné il y a plus d'un mois et qu'ils se sont lancés depuis dans la course à la présidentielle en tant que candidats indépendants.

Les deux hommes, « anciens barons du PDG, le parti au pouvoir » sont à ce jour « des dissidents ». Résultat : leur pré-campagne est plus compliquée à organiser (la campagne officielle sera ouverte dans 4 jours). André Mba Obame se dit déjà « harcelé » par les autorités. Quant à Jean Eyéghé Ndong, il a dû « chambouler » tout son calendrier à cause de ce problème de passeport. «Je comprends le motif, a-t-il déclaré, mais il y avait d'autres solutions pour m'empêcher de voyager (...) que de me traiter comme un va-nu-pieds.»

Nomination controversée à la tête du Conseil constitutionnel ivoirien

Après la présidentielle gabonaise, on s'intéresse à la présidentielle en Côte-d’Ivoire. La date a été fixée au 29 novembre. Il faut maintenant, écrit Le Pays, que «les conditions météorologiques politiques soient favorables ». Et sur ce point, « on en est réduit à croiser les doigts. » « L'épaisse forêt politique ivoirienne n'en a pas encore fini avec ses mauvais génies qui ne ratent jamais l'occasion de sortir du bois pour contraindre le processus de paix à la danse du tango».

A propos justement de mauvais génie, il en est un, d'après Le Nouveau réveil, qui a été placé à la tête du Conseil constitutionnel. Le quotidien ivoirien de l'opposition fait, à nouveau,  sa Une ce matin sur cette nomination controversée. Germain Yanon Yapo a été remplacé par Paul Yao N’Dré, « un militant pur et dur du FPI », le parti au pouvoir. Il a été propulsé président de cette institution « très stratégique » par Simone Gbagbo, la première dame, d’après Le Nouveau Réveil.

Le Conseil constitutionnel doit, en effet, se prononcer notamment sur l’éligibilité des candidats. Il peut aussi reporter l'élection en cas de problème ou encore décider de ne pas valider les résultats du scrutin. En nommant Paul Yao N’Dré, le camp présidentiel « garde ainsi un œil sur le processus électoral tout entier ».

Paul Yao N’Dré, en plus, n'est pas, pour le quotidien, « un orfèvre du droit constitutionnel » plutôt « un spécialiste du droit international ». «Si le FPI avait le souci de chercher un homme compétent, il aurait trouvé quelqu'un d'autre » conclut Le Nouveau Réveil.

RFI

par Céline  Missoffe

[11/08/2009]

lundi, 10 août 2009

Revue de presse Afrique du 10 août 2009

A Maputo : signature de charte de la transition « dans un silence de cathédrale »

« On était loin hier de l'atmosphère lourde et tendue des 4 précédentes journées, écrit L'Express de Madagascar, sans pour autant assister à une euphorie engendrée par l'entente trouvée. La fatigue physique et psychologique (des 4 chefs de mouvance) y était pour quelque chose. »

Pas de triomphalisme donc. Les 4 chefs de mouvances malgaches sont parvenus à un accord, mais les négociations sont loin d'être terminées. Un calendrier électoral a été fixé : des élections présidentielles et législatives devront être organisées dans les 15 mois à venir. Reste maintenant, poursuit L'Express, à mettre en place « de lourdes institutions » : un gouvernement de 28 membres, un Parlement bicaméral, un Conseil national de réconciliation, une Commission électorale indépendante. Soit autant de postes-clés à partager entre les 4 mouvances.

Andry Rajoelina, Didier Rastiraka, Albert Zafy et Marc Ravalomanana ont prévu pour cela de se revoir dans une dizaine de jours. Marc Ravolomanana qui peut désormais « rentrer » au pays, titre Midi Madagascar. Le président déchu a été amnistié. Toutes les poursuites contre lui ont été abandonnées. En revanche, il n'a pas le droit de participer personnellement à la transition mais il pourra se présenter à la prochaine élection présidentielle.

L'Express, du coup, lui a posé la question : est-ce qu'il sera candidat ? « C'est encore trop tôt pour en parler », répond Marc Ravalomanana qui a tout de même déclaré « qu'une fois qu'on est rentré en politique, on ne peut plus en sortir ».

Attentat à Nouakchott : « des zones d'ombre »

Cette attaque, près de l'ambassade de France, a fait 3 blessés : 2 gendarmes français ainsi qu'une Mauritanienne. Elle a eu lieu 3 jours après l'investiture de Mohammed Ould Abdel Aziz. « Accueil donc sanglant pour le président fraîchement élu », écrit L'Observateur au Burkina.

Cet attentat, poursuit le quotidien français Le Figaro, n'a pas été revendiqué « et des zones d'ombre entourent les réelles intentions du kamikaze ». La Mauritanie avait déjà été la cible d'attaques d'al-Qaïda au Maghreb islamique. Samedi, « de source diplomatique française, c'est bien l'ambassade de France qui était visée. Mais Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat à la Coopération et à la francophonie s'est voulu rassurant ». Pour lui, cet attentat « est surtout lié à l'investiture du nouveau chef d'Etat ». Lors de la cérémonie notamment, Alain Joyandet avait rappelé que la France était prête à aider la Mauritanie pour lutter contre le terrorisme.

Autre question posée cette fois par Le Pays, un autre journal de Ouagadougou : « Nouakchott paie-t-il le prix de ses liens avec Israël ? » On se souvient que l'ambassade israélienne en Mauritanie avait été attaquée déjà l'année dernière, en février. Pas de réponse dans les colonnes du quotidien. En tout cas, « une fois de plus, conclut Le Pays, se pose l'urgence d'une vraie rencontre sous-régionale sur les menaces terroristes ».

Côte-d’Ivoire : « un militant pur et dur » à la tête du Conseil constitutionnel

Le CEA (le Comité d'évaluation et d'accompagnement ) sur la question de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire s’est réuni pour la 7e fois, hier, au Burkina. D’après lui, les conditions sont réunies pour que le scrutin se déroule le 29 novembre prochain. Cette réunion (avec Blaise Compaoré, le président du Burkina, dans le rôle du médiateur) « a permis de faire le point sur le processus de paix », explique Le Pays, processus « qui enregistre des avancées ».

L'opération d'indentification et de recensement électoral notamment est terminée. Reste maintenant à publier cette liste électorale, à fixer la durée de la campagne, l'emplacement aussi des bureaux de vote... Bref, il y a encore du travail. « Le mois de septembre sera décisif » d'après le représentant des Nations unies.

En Côte d'Ivoire, en revanche, ce n'est pas le détail de ce CEA qui fait les gros titres, mais la nomination à la présidence du Conseil constitutionnel. Yannon Yapo est arrivé à la fin de son mandat. Il a été remplacé par Yao Paul N’Dré. Cette nomination intervient à plus de 4 mois de la présidentielle « et personne n'est dupe face à la situation », souligne L'Inter.

Yannon Yapo est pourtant « un vieil ami de Laurent Gbagbo ». Lui succédera, selon Le Nouveau Réveil, « un homme plus dévoué et plus militant ». Yannon Yapo n'a jamais pris sa carte au FPI, le parti présidentiel. Il sera donc remplacé par « un militant pur et dur » de ce parti. Et c'est ce militant, ajoute le quotidien, « qui va concentrer entre ses mains des pouvoirs considérables dans le cadre des élections ». C'est lui notamment « qui va entériner les résultats donnés par la commission électorale ». Pour Le Nouveau Réveil, Laurent Gbagbo a donc mis en place « le piège électoral » du FPI.

Par RFI

Céline  Missoffe

[10/08/2009]

jeudi, 30 juillet 2009

Revue de presse Afrique du 30 juillet 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

Les violences font rage au Nigeria. Mutations, au Cameroun nous propose un reportage. Un envoyé spécial du journal a pu se rendre par la route, de la frontière du Nord Cameroun à la ville de Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno. Maiduguri est le fief des islamistes radicaux du Boko Haram, en lutte avec les forces de sécurité depuis dimanche. Le journaliste de Mutations raconte : « Maiduguri n’a plus les attraits de cette ville commerçante qui font la fierté de l’Etat de Borno, dont la devise est "land of peace", le pays de la paix. (…) La cité capitale s’est muée en un véritable cimetière. (…) Dans le cœur de la ville, poursuit-il, les coups de feu s’enchaînent. Les échoppes sont fermées, les véhicules sont rares. (…) Appareils photos et caméras sont interdits dans toute la ville. Les patrouilles sillonnent les artères. »

Riposte cinglante… et sanglante

L’envoyé spécial du quotidien camerounais explique que les islamistes ont d’abord attaqué le commissariat dans la nuit de dimanche à lundi dernier, comme ils l’avaient fait dans la ville de Bauchi, dans l’Etat voisin du même nom. Les policiers interrogés affirment qu’un de leur chef a été égorgé par les talibans ; un autre policier aurait été brûlé vif. « Des actes qui ont conduit à une riposte cinglante qui a fait perdre aux islamistes de nombreux militants. Lesquels sont véritablement déterminés à aller jusqu’au bout de leur logique, constate le journaliste de Mutations, puisqu’ils ont par la suite incendié la prison, (…) ainsi que plusieurs églises. » Apparemment le calme n’est toujours pas revenu dans la ville. Les islamistes seraient toujours retranchés, notamment autour de la résidence de leur leader spirituel, Mohammed Yusuf.

De son côté, le quotidien nigérian This Day annonce qu’une importante opération militaire a été lancée contre la demeure du chef des Boko Haram, gardée par au moins 250 hommes en armes. Ceux-ci, d’après le journal, utiliseraient des civils comme boucliers humains. Ces combats auraient provoqué le déplacement d’environ 10 000 personnes.

« Et après ? »

Le quotidien Le Pays, au Burkina Faso, s’interroge sur ces combats : « la répression oui. Et après ? », titre le journal qui affirme que « plus que de former des charniers avec les corps de ces jeunes extrémistes (…), il faudrait surtout s’attaquer à l’idéologie qui leur donne le courage de se lancer les mains nues contre des commissariats de police. (…) Aussi, le président Yar’Ardua et son gouvernement, poursuit le journal, devraient-ils viser la victoire des idées plutôt que celle de la force. » Pour Le Pays, la solution passe par l’éducation ainsi que par l’éradication de la pauvreté. C’est en effet, affirme-t-il, « dans ces marécages très fertiles de la pauvreté que profilèrent les germes du fondamentalisme religieux. »

En France, le journal La Croix fait sa une sur ces affrontements : « Le Nigeria en proie à la violence islamiste ». La Croix, qui estime que « ce qui se passe au Nigeria concerne toute l’Afrique. (…) Si les croyants parviennent à se parler et à s’entendre dans ce pays là, alors toute l’Afrique profitera du modèle du Nigeria. Si, par contre, poursuit le quotidien catholique, les tensions ne cessent de durcir et que la surenchère l’emporte sur le dialogue, alors l’ensemble du continent aura de quoi désespérer de la cohabitation en son sein des peuples et des religions. »

Elégance électorale

En Guinée-Bissau, le candidat du parti au pouvoir, Malam Bacaï Sanha, a largement remporté l’élection présidentielle avec plus de 63% des voix. Son adversaire, Kumba Yala a immédiatement reconnu sa défaite. Le Républicain, au Mali, crie bravo : « le fait est trop rare pour ne pas être salué dans cette Afrique qui n’en finit pas de brouiller les paramètres de la démocratie : un candidat battu aux présidentielles reconnait rarement sa défaite et ne félicite presque jamais le vainqueur. Au contraire, il crie tout de suite "au tripatouillage". (…) Kumba Yala a su échapper à ce piège, se grandir lui-même et grandir son pays », s’exclame le quotidien malien. Maintenant, remarque-t-il, « le défi du nouveau président est d’aller au bout de son mandat. » En effet, rappelle Le Républicain, entre les coups d’Etat et les assassinats, aucun président bissau-guinéen n’est allé au terme de son mandat.

Enfin, Le Potentiel, au Congo démocratique, souligne l’ampleur de la tâche qui attend maintenant le nouveau président élu : « apporter la stabilité à un pays secoué depuis plus d’une décennie par les violences politiques et fragilisé par le trafic de cocaïne sud-américaine. » Pour le quotidien congolais donc, Malam Bacaï Sanha devra lutter contre la pauvreté, le trafic de drogue et l’insécurité. Et de plus, former une armée républicaine et vulgariser la culture de la démocratie dans le pays. Vaste programme !

 

par Frédéric  Couteau

[30/07/2009]

 

mercredi, 29 juillet 2009

Revue de presse Afrique du 29 juillet 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

Les violences se poursuivent dans le nord du Nigeria : des affrontements entre les forces de l’ordre et les islamistes du mouvement radical Boko Haram font rage. D’après la presse nigériane, notamment le quotidien This Day, ces violences qui durent depuis dimanche auraient fait environ 300 morts, pour la plupart des islamistes. Une situation qui n’a pas empêché le président Yar’Adua de s’envoler hier pour le Brésil pour une visite d’Etat de trois jours, rapporte This Day. Le président nigérian s’est voulu plutôt rassurant en certifiant que les agences de sécurité avaient la situation en main et que le calme allait revenir.

Vers une « talibanisation » du Nigeria ?

Reste que dans la sous-région, c’est l’inquiétude. « 100 morts par ici, 200 morts par là, s’exclame L’Observateur au Burkina. (…) Avec des remous au quotidien qui témoignent de l’impuissance de l’Etat fédéral d’assurer la quiétude au citoyen, le mal de notre monde, le terrorisme, ne pouvait qu’y trouver un terreau fertile. La tuerie actuelle engendrée par les actions d’intolérance du Boko Haram sonne comme un départ pour la talibanisation du pays », affirme le quotidien burkinabé.

En France, Le Figaro estime que « ces affrontements menacent la cohésion du "géant de l’Afrique" », et rappelle que « récurrentes, les poussées de fièvre ethnico-religieuse ont fait des milliers de morts au Nigeria depuis une dizaine d’années. »

Pour sa part, Libération, a interrogé Marc-Antoine La Pérouse de Montclos, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement et spécialiste du Nigeria. D’après lui, il semble qu’il n’y ait pas de « dimension tribale ou ethnique dans ces troubles ». En se faisant appeler talibans, poursuit-il, ces jeunes fondamentalistes font clairement « référence à l’islam radical à la mode pakistanaise ou afghane ». Enfin, toujours d’après ce chercheur, ce mouvement taliban nigérian n’aurait aucun lien connu avec al-Qaïda.

Affaire de gros sous ?

A moins d’une semaine maintenant du référendum constitutionnel au Niger, l’opposition contre-attaque en dénonçant les liens financiers qui existent, selon elle, entre le pouvoir et l’exploitation minière, essentiellement l’uranium. Ainsi, interrogé par l’hebdomadaire Le Canard Déchaîné, l’un des principaux opposants, Mahamadou Issoufou affirme que « le président Tandja et son clan sont totalement impliqués dans la corruption et la mauvaise gestion. » L’opposant déclare notamment que l’entourage proche du chef de l’Etat a reçu d’importantes commissions et il s’insurge : « c’est pour défendre des intérêts particuliers que le président a jeté notre pays dans la crise actuelle. »

Commentaire du Canard Déchaîné : « le peuple doit savoir la vérité sur toutes ces affaires de gros sous qui empuantissent la vie politique de notre pays. »

Pour Le Démocrate, autre journal nigérien, les révélations de l’opposition sur ces fameuses commissions montrent que « l’heure des grands déballages a sonné et cela fera mal, très mal ! », s’exclame-t-il. Enfin, un autre opposant, Mohamed Bazoum, dans une longue interview à l’hebdomadaire L’Observateur, affirme : « tous ceux qui prenaient Mamadou Tandja pour un fou comprennent que les motivations réelles (du référendum), c’est l’argent de l’uranium. Il est loin d’être fou. Et les Nigériens le savent désormais. C’est pourquoi il va lui être difficile de rester au Niger avec arrogance. »

Bac ivoirien… bien trop peu d’élus !

« Catastrophique ! »… C’est le grand titre de Fraternité Matin en Côte d’Ivoire à propos des résultats du baccalauréat 2009 : seulement un peu plus de 20% d’admis sur l’ensemble du territoire. « Yamoussoukro est en tête, relève le journal, avec 29% de bacheliers et Séguela, dernier de la classe, avec seulement 5%. »

Il y a quelques jours nous parlions dans cette même revue de presse des mauvais résultats du bac au Sénégal ou encore en Algérie. Et bien, apparemment, la Côte d’Ivoire souffre des mêmes problèmes. Comme le constate le quotidien L’Inter : le système éducatif ivoirien est mal géré : « budget insuffisant et mal réparti, vétusté des infrastructures, mauvaise communication, mauvaise définition des rôles et des responsabilités dans l’encadrement et le pilotage de la politique éducative… A cela s’ajoute, complète L’Inter, les grèves à répétition des enseignants qui paralysent l’école ivoirienne. »

RFI

par Frédéric  Couteau

[29/07/2009]

mardi, 21 juillet 2009

Revue de presse Afrique du 21 juillet 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

Nombreux sont les commentaires dans la presse malienne et algérienne après l’annonce de l’entrée en lice des ex-rebelles touaregs pour lutter contre al-Qaïda au Maghreb. Comme le souligne le quotidien malien L’Aurore, la rencontre « discrète » qui a eu lieu dimanche à Bamako est une « première ».

C’est en effet la première fois qu’autorités maliennes et ex-rebelles touaregs se sont assis autour d’une même table dans la capitale. Objectif, précise L’Aurore : lutter ensemble « contre la menace salafiste aujourd’hui inféodée à al-Qaïda ». C’est donc, poursuit le quotidien malien, « le point de départ d’une coalition contre le terrorisme. (…) La guerre est désormais et véritablement ouverte dans la bande sahélo-saharienne ».

Les combattants touaregs : « les meilleurs pisteurs »

L’Algérie est partie prenante dans cette affaire. D’ailleurs, l’ambassadeur d’Algérie au Mali était présent à la réunion de Bamako dimanche. Et la presse algérienne se félicite de l’engagement des ex-rebelles touaregs. Ces ex-rebelles, constitués en unités spéciales, précise le quotidien Liberté, sont « considérés comme les meilleurs connaisseurs du Sahara ».

Pour La Tribune, autre quotidien algérien, ce sont « les meilleurs pisteurs, car connaissant parfaitement la région ». La Tribune remarque par ailleurs que les participants de la réunion de dimanche « ont également insisté sur la réinsertion socio-économique des jeunes des trois régions du nord du Mali. Un programme qui devrait débuter au plus tard dès la fin juillet ». Ce programme de réinsertion était prévu par les accords de paix d’Alger signés il y a maintenant trois ans par le gouvernement malien et la rébellion touareg.

Mauritanie : « la messe est-elle dite ? »

Les suites de l’élection présidentielle en Mauritanie. L’opposition continue de crier à la fraude, tandis que les observateurs présents sur place n’ont apparemment rien trouvé à redire sur le déroulement du scrutin. L’hebdomadaire mauritanien Tahalil s’interroge : « l’opposition a-t-elle raison de contester ? (…) Les preuves manquent terriblement, constate le journal, et un tour de passe-passe magique réalisé par Ould Abdel Aziz est difficile à imaginer ».

En fait, pour Tahalil, le général doit sa victoire à la stratégie qu’il a développée durant sa campagne : « alors que les candidats du tandem opposant ont privilégié une campagne centrée sur le "tout sauf Aziz", explique l’hebdomadaire mauritanien, celui-ci a frappé les cœurs et les esprits en mettant en avant son concept de bonne gouvernance centré sur la lutte contre la corruption ». Un message qui a donc été reçu cinq sur cinq par les électeurs, d’après Tahalil.

Le Républicain au Mali s’interroge : « la messe est-elle dite ? » Et bien, apparemment oui : « c’est une surprise. Le général Abdel Aziz (…) est élu dès le premier tour. Et dans six mois, il passera son baptême du feu au sommet de l’Union africaine où il sera adoubé par le syndicat qui l’avait, il y a peu, déclaré indésirable ».

Les fruits de la campagne

« La surprise est réelle, renchérit L’Observateur au Burkina Faso. Ni les Mauritaniens ni la communauté internationale ne s’attendaient à cette victoire au premier tour du tombeur d’Ould Taya ». Et pour le quotidien burkinabé, « Abdel Aziz n’a pas volé sa victoire ».

Plusieurs raisons à cela : « l’homme a battu campagne dans toute la Mauritanie et a donc pu convaincre davantage que le croient ses adversaires. Après son coup d’Etat, il a pris des mesures qu’on peut taxer de populistes, mais c’est de bonne guerre, telles que la diminution des prix des denrées de première nécessité. En ces temps de vie chère, cela est politiquement payant. (…) Enfin, remarque L’Observateur, les observateurs reconnaissent dans leur ensemble que le scrutin a été transparent et crédible ». Bref, conclut le quotidien de Ouagadougou, « tout semble indiquer qu’il a gagné à la régulière. Aux opposants, on ne peut que dire : soyez de bons perdants ! »

Un général « recyclé »

Le Pays, autre quotidien burkinabé, constate que « l’heure n’est plus à la contestation, car le ministère de l’Intérieur, dirigé par un membre de l’opposition, cautionne les résultats du scrutin. Quant à la Cour constitutionnelle, qui est le dernier recours, les opposants ne doivent pas rêver de la voir remettre en cause l’élection. Le général Ould Abdel Aziz est donc bel et bien entièrement recyclé ».

Le Potentiel en RDC, constate quant à lui que « le coup d’Etat qui avait porté Abdel Aziz au pouvoir en août 2008 est pratiquement régularisé avec son élection. Obligation lui est faite désormais de tenir ses promesses électorales ».

Enfin en France, Le Monde remarque que « 24 heures après le scrutin aucune plainte pour fraude n’avait encore été déposée. Pas plus que l’on n’enregistrait de manifestations de colère de la part des électeurs d’une opposition qui se disait pourtant massivement flouée. Ce calme précède-t-il la tempête ou bien faut-il y avoir le signe du fatalisme des Mauritaniens, dont la vie n’est rythmée depuis leur indépendance que par des coups d’Etat militaires ou électoraux ? », s’interroge le quotidien français. « A moins, poursuit-il, que l’ex-général ait tout simplement gagné à la régulière, comme semblaient le confirmer les observateurs de l’Union africaine ».

 

par Frédéric  Couteau

[21/07/2009]

lundi, 20 juillet 2009

Revue de presse Afrique du 20 juillet 2009

Par RFI

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

Pas de journaux cette semaine au Niger, pas d’informations dans les radios et télévisions privées. La presse indépendante observe donc à partir de ce lundi une semaine de grève pour protester contre le durcissement du régime à l’égard des médias.

Dans sa dernière livraison, l’hebdomadaire Le Républicain rappelle les faits : « Après s’être arrogé le 26 juin dernier les pouvoirs exceptionnels, le président de la République a décidé le 8 juillet d’octroyer des pouvoirs tout aussi exceptionnels au président du Conseil supérieur de la communication, ouvrant ainsi une chasse sans limite aux organes de presse "dérangeants". Désormais, lorsque un média "troublera l’ordre public ou portera atteinte à la sûreté de l’Etat", il sera immédiatement sous le coup de la sanction du seul président du CSC ».

« Faire échec à la restauration autoritaire ! »

Le Républicain de s’insurger : « la bataille sera rude ! Les journalistes nigériens qui se sont résolument engagés à forger les armes d’une confraternité puissante sont plus que décidés à contrecarrer les velléités liberticides du CSC. La liberté de la presse n’est pas l’apanage des seuls journalistes. C’est une liberté citoyenne, socle de la démocratie. C’est pourquoi, poursuit l’hebdomadaire nigérien, nous appelons tous les défenseurs de cette liberté et des valeurs démocratiques et républicaines, à se joindre à nous, pour faire échec à la restauration autoritaire qui s’installe dans le pays ».

Transparence ou fraude massive ?

« Je suis le président de tous les Mauritaniens » : première déclaration de Mohamed Ould Abdel Aziz, élu président dès le premier tour en Mauritanie. Une déclaration reproduite sur le site de l’Agence mauritanienne d’information. L’Agence qui remarque aussi que le nouveau président a souligné que son élection était intervenue « dans un climat de liberté, de transparence et d’honnêteté qui contribuera à la mise en place d’un Etat de droit et d’institutions démocratiques ».

Autre ton, autre commentaire sur le site Mauritanie Web qui reproduit plusieurs appels émanant de partis d’opposition ou bien d’organisations de la société civile. Exemple, l’organisation « Assez de coup d’Etat » qui dénonce une fraude massive : « de nombreuses voix sont achetées, affirme l’organisation. Des bulletins déjà cochés sont imprimés que les votants doivent déposer dans l’urne. Ils sont ensuite rémunérés auprès des fraudeurs. Des citoyens découvrent en se présentant aux bureaux de vote qu’ils ont déjà voté… De fausses cartes d’identité sont imprimées par le directeur de l’Office de l’Etat civil en personne », etc… etc…

Dans la sous-région, beaucoup de commentaires également. Ainsi pour Le Pays, au Burkina Faso, « la victoire sans bavure d’Abdel Aziz passe mal. Des candidats et aussi des observateurs doivent être désarçonnés par cette victoire annoncée, sans même un second tour, affirme le journal. Il est un fait que ce qui se passe déjoue les pronostics étant donné que l’on s’attendait à un scrutin serré pour l’ancien chef de la junte, surtout qu’à la faveur du report de l’élection, des candidats qualifiés de poids lourds s’étaient mis de la partie ».

« Un second tour aurait été souhaitable… »

Pour Le Potentiel au Congo démocratique, il y a eu « hold-up électoral ». Mais, souligne-t-il, « les principaux candidats de l’opposition ont commis une erreur fondamentale en se présentant à cette élection sans un bon recensement et une commission électorale crédible. (…) L’opposition qui désormais n’a plus d’autre choix que celui de s’organiser pour le prochain scrutin ».

Et puis dans la presse française, cet article de Libération : « Mauritanie, un tour suffit à installer le putschiste », constate le journal, qui rapporte également les accusations des opposants, mais qui souligne que « pour le moment, aucune preuve n’a été apportée pour étayer leurs propos et que les 250 observateurs internationaux se sont abstenus de tout commentaire ».

Libération remarque également que « la communauté internationale n’a pas encore pris position. Même si, souligne-t-il, en coulisses, on laisse échapper quelques commentaires mesurés ». Et Libération de citer les propos de ce diplomate : « un second tour aurait été souhaitable pour la démocratie et aussi pour aplanir les tensions entre Mauritaniens ».

Vers un choc Bongo-Mamboundou

Autre présidentielle, celle-là en préparation : la présidentielle gabonaise. « Les derniers candidats », titre le quotidien L’Union qui souligne que désormais 13 prétendants sont en piste pour le scrutin du 30 août, et qu’il ne reste plus que deux jours avant la date limite de dépôt des candidatures.

Alors, ce week-end deux poids lourds de la vie politique gabonaise ont été officiellement investis. Tout d’abord, Ali Bongo, candidat du PDG, le Parti démocratique gabonais. « Ali Bongo, champion du PDG », s’exclame le site Gabonews, qui rappelle, précision utile, que le scrutin du 30 août est un scrutin à un seul tour, « ce qui annule toute possibilité d’alliance ».

Et puis, « l’opposition fait bloc derrière Mamboundou », constate pour sa part le site Gaboneco. Ce dernier remarque que plusieurs partis d’opposition se sont ralliés derrière la candidature du leader de l’UPG, Pierre Manboundou. Objectif, commente le site : « disposer d’un poids suffisant pour faire face à la machine électorale du PDG, victorieux de toutes les élections depuis plus de 40 ans ».

 

par Frédéric  Couteau

[20/07/2009]

mardi, 14 juillet 2009

Revue de presse Afrique du 14 juillet 2009

Frédéric Couteau (Photo RFI)
Frédéric Couteau
(Photo RFI)

Les bruits de botte aux frontières de la Guinée : réalité ou bien écran de fumée ? La presse de la sous-région s’interroge…

C’est un Moussa Dadis Camara très remonté qui est apparu hier devant les journalistes à Conakry. Le chef de la junte militaire s’est expliqué sur le communiqué publié samedi au sujet des forces militaires financées par des narcotrafiquants qui se prépareraient à envahir la Guinée à partir du Liberia, de la Guinée Bissau et du Sénégal. Un communiqué qui a aussitôt provoqué bien des interrogations au sein de la population guinéenne et bien des remous diplomatiques dans les pays concernés.

La capitaine Dadis pas content

Le site d’information Guinéenews a constaté la mauvaise humeur du capitaine Dadis : « visiblement mécontent de l’écho défavorable que ce communiqué a provoqué, le président autoproclamé a tenté de démontrer que ces prétendues menaces d’attaques rebelles n’étaient pas inventées ' contre ' les élections. « Je suis dans le chronogramme des élections. Ce communiqué est purement militaire », s’est défendu le chef de la junte.

Guinéenews rapporte par ailleurs le ton menaçant du capitaine Dadis envers la presse lorsqu’il a « interdit aux journalistes d’interroger les citoyens ou les leaders d’opinion sur cette prétendue menace d’attaques rebelles. N’est-ce pas ce qu’on appelle des libertés limitées pour la presse guinéenne ? », s’insurge Guinéenews. « La junte militaire peut-elle publier une information et réussir à empêcher les citoyens de faire leurs commentaires sur cette information aussi sensible et combien importante ? », tempête encore le site guinéen.

Gbagbo n’ira pas à Conakry

Dans la sous-région, cette affaire provoque stupeur et inquiétude. Le Sénégal, le Liberia et la Guinée Bissau ont formellement démenti la préparation d’attaques rebelles-narcotrafiquants à partir de leur territoire. Pas de réaction pour l’instant du Sénégal. D’ailleurs, la presse de Dakar se contente de rapporter l’affaire, sans livrer le moindre commentaire.

Et puis en Côte d’Ivoire, L’Intelligent d’Abidjan indique que « le président Laurent Gbagbo n’ira pas ce mardi comme prévu à Conakry, où il devait participer à un sommet régional des chefs d’Etat de la rivière Mano », en raison justement de ces menaces d’attaques.

Menace réelle ou paravent ?

Enfin, L’Observateur au Burkina Faso s’interroge sur cette affaire. « Si cette agression extérieure se précise, ce serait alors, affirme-t-il, la première vraie épreuve de cette junte qui a pris le pouvoir en décembre dernier (…). Mais de quels agresseurs peut-il s’agir ? », se demande le journal. « Des irrédentistes Casamançais qu’on a payés pour tenter cette aventure ? Ou des adversaires politiques qui veulent en découdre avec les militaires au pouvoir ? Ou alors des narcotrafiquants comme l’affirment les autorités guinéennes ? » Cependant, poursuit L’Observateur, « il y a une autre hypothèse : cette histoire d’attaque n’est-elle pas concoctée par les illustres locataires du camp Alpha-Yaya-Diallo pour divertir les populations afin de les détourner de la problématique de la transition, qui semble être de moins en moins une préoccupation pour Moussa Dadis et ses camarades ? »

Quelle participation ?

L’élection présidentielle au Congo-Brazzaville : « le taux de participation et les allégations de fraudes électorales sont au centre des polémiques entre le pouvoir et l’opposition. » C’est ce que constate Le Potentiel au Congo Démocratique voisin. Le Potentiel qui appelle les habitants du Congo-Brazza à « la tolérance, au patriotisme et à la maturité politique afin d’éviter les violences postélectorales et la déstabilisation du pays. »

« Une chose est sûre, constate Cameroon Tribune, Denis Sassou Nguesso sortira vainqueur de ce scrutin. (…) Et le véritable enjeu de cette élection est l’ampleur du taux de participation. » Le quotidien camerounais constate justement à ce propos que les électeurs ne se sont pas « bousculés » dimanche à Brazzaville.

« Une simple formalité pour Sassou Nguesso », renchérit Le Pays au Burkina. Le Pays qui croit savoir également que le taux de participation a été plutôt bas : « les 90% d’abstention évoqués par l’opposition sont peut-être exagérés, affirme le quotidien burkinabé, mais cette faible participation est un véritable camouflet politique pour le président Sassou Nguesso. » En tout cas, relève Le Pays, « la voie est désormais libre pour le règne de Sassou III. Sept ans de plus pour Sassou Nguesso qui va tenter de réaliser ce qu’il n’a pas encore pu donner au peuple en 25 ans de règne : un développement économique et social acceptable. »

« Laissons donc s’agiter les détracteurs… »

Enfin, Les Dépêches de Brazzaville balaient toutes ces critiques d’un revers de la main : « laissons l’opposition radicale et ses soutiens médiatiques étrangers se gargariser jusqu’à en avoir le hoquet de chiffres fabriqués de toutes pièces (…) et raisonnons sur des réalités bien concrètes : contrairement aux rumeurs qui prédisaient des troubles, le scrutin s’est déroulé dans le calme. (…) Même si l’on ne connaît pas encore le nombre exact de votants, on sait que la participation fut bonne, affirment Les Dépêches, nettement supérieure en tout cas à la moitié du corps électoral. »

Enfin le quotidien brazzavillois estime que le taux d’abstention, même s’il atteint les 40 %ou 50%, « n’a rien d’exceptionnel pour une élection de ce genre. (…) Encore une fois donc, concluent Les Dépêches, laissons donc s’agiter les détracteurs du Congo. »

 

par Frédéric  Couteau

[14/07/2009]

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