vendredi, 03 avril 2009

Revue de presse Amériques du 3 avril 2009

Source : RFI

Le New York Times donne le ton : « Habituellement on n'attend pas grand chose de ce genre de sommet (…) la règle a été démentie à Londres ». Le quotidien précise que « les participants ne se sont pas écharpés à propos de vieilles divergences (...) tout le monde s'est mis d'accord pour lutter contre le protectionnisme, aider les pays les plus pauvres et renforcer les mécanismes de régulation financière ».
Seul bémol pour l'éditorialiste du journal, comme pour d’autres journalistes américains : « Le refus de s'engager sur des mesures fiscales pour favoriser les investissements ». « La relance les a laissés de marbre », estime de son côté le Los Angeles Times. « Le président Obama aurait peut-être pu pousser davantage » juge le Washington Post, « d'un autre côté, il a été handicapé par le fait que le monde entier juge les Etats-Unis coupables de la crise et garde encore quelques ressentiments à l'égard de l'attitude de la précédente administration, jugée hautaine ».

Le monde a changé

La presse américaine fait également une analyse politique de ce G20 : le New York Times souligne qu’il s'agissait « des premiers pas de Barack Obama sur la scène internationale » et le bilan est plutôt positif puisque, tout en reconnaissant qu'il prendrait ses décisions en fonction des intérêts du peuple américain, le président des Etats-Unis a reconnu que son pays « ne pouvait plus désormais agir seul ». « Fini le temps où les Américains établissaient les règles et où les autres se contentaient de suivre (...) Fini le temps où Churchill et Roosevelt refaisait le monde autour d'un verre de brandy », le monde a changé conclut le quotidien.

Analyse un peu similaire dans le Globe and Mail. Le journal canadien souligne lui aussi qu'« un nouvel ordre mondial est en train d'émerger », selon les mots de Gordon Brown. « Une page a été tournée. Les Etats-Unis n'ont plus le premier rôle » affirme le journal même si Barack Obama « a fédéré 19 nations autour de lui ». Pour le Globe and Mail, au-delà des questions économiques, le sommet de Londres a changé l'équilibre des pouvoirs.

« Le Brésil n’a pas l’intention de se comporter comme un petit pays »

La presse brésilienne met en exergue une première : « Les pays émergents et les pays développés étaient sur un pied d'égalité à Londres ». Le quotidien en ligne Folha rapporte les commentaires du président Lula lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l'issue du G20. Le chef de l'Etat a gentiment ironisé sur l'enveloppe allouée au FMI : 1 000 milliards de dollars pour relancer l'économie mondiale. Le Brésil a bien l'intention de participer à l'effort : « Un comble, rappelle le président Lula, pour moi, ancien syndicaliste qui ai défilé il y a quelques années avec des banderoles proclamant FMI dehors ! ». Le chef de l'Etat brésilien se dit aujourd'hui « très fier de donner quelques réals » à cette institution pour financer en priorité « des programmes de développement dans les pays les plus pauvres d'Amérique du Sud ».

Débat sur le mariage homosexuel dans l’Etat du Vermont

USA Today parle « d’une nuit historique » dans le Vermont sur un sujet tabou et polémique. La Chambre des représentants a adopté en première lecture, « après des discussions enflammées », un texte de loi qui autorise deux personnes de même sexe à convoler en justes noces. Le gouverneur de l'Etat s'oppose farouchement à ce projet et a promis « d'y apposer son veto ». Si c'est le cas, la législation ne sera pas forcément enterrée, rappelle le quotidien, il y aura d'autres recours. Dans cette affaire, le poids de la religion n’est pas négligeable, les opposants au texte avancent, en effet, un seul argument : « C'est interdit par l'Eglise ».

Bonne nouvelle pour la planète

Les taxis de Montréal à l'heure des choix écologiques : l’article du Devoir s’intitule « rouler vert à Montréal » et explique que les autorités québécoises proposent aux chauffeurs de taxis une subvention pour changer de voiture et passer en mode hybride. Un véhicule hybride est équipé de deux moteurs, l'un à combustion l'autre électrique, il est donc moins polluant. L'enveloppe de l'aide proposée par le ministère de l’Environnement peut monter jusqu’à 5 000 dollars. Mais le quotidien s'étonne, cette mesure ne date pas d'aujourd'hui, « elle existe depuis 2007 mais jusqu'à présent seuls 11 chauffeurs de taxi en ont profité ! ». Le Devoir rappelle tous les avantages à rouler vert, en se basant sur les résultats d'un programme récemment mis en place à New York. Les chauffeurs de taxi économisent 20 à 25 dollars par jour d'essence avec cette technologie combinée.

mardi, 31 mars 2009

Revue de presse Amériques du 31 mars 2009

Joe Biden en Amérique centrale

Le vice-président américain a participé lundi à un mini sommet Etats-Unis/Amérique centrale à San Jose, au Costa Rica. Une photo s’étale à la une du quotidien local la Nacion : on y voit Joe Biden, entouré de 7 chefs d’Etat et de gouvernement latino-américains, pour cette première prise de contact entre l’administration Obama et les voisins du Sud. Au-delà des sourires et des embrassades, le dialogue n’a pas été des plus faciles : « L’Amérique centrale demandent plus d’aide, les Etats-Unis réclament de la patience », titre la Nacion.

Réaliste, le quotidien économique la Republica constate que, compte tenu de la crise financière, « il n’existe pratiquement aucune possibilité d’augmenter » l’aide américaine à la région, malgré les demandes pressantes des dirigeants d’Amérique centrale.

Côté Etats-Unis, le Miami Herald est sur la même longueur d’ondes : malgré la volonté affichée d’ouvrir une « nouvelle ère » dans les relations avec l’Amérique latine, Joe Biden a fait « très peu de concessions », qu’il s’agisse de l’aide financière réclamée par la région, d’un allègement de l’embargo qui vise Cuba ou encore de la question très sensible de l’immigration clandestine, écrit le quotidien de Floride.

Sommet Amérique latine / Ligue arabe à Doha

Au même moment, d’autres dirigeants latino-américains sont en route pour Doha, au Qatar, pour un sommet d’un tout autre type, avec les pays arabes. Une réunion « à la recherche d’un axe Sud-Sud », titre le quotidien argentin Pagina 12, qui publie une photo de la présidente Cristina Kirchner, sur le tarmac de l’aéroport de Doha, lunettes de star et décolleté plongeant, entourée de « cheikhs, d’émirs et de califes arabes ».

Les exportations argentines à destination du Moyen-Orient ont doublé depuis 2005, constate le journal, qui explique que ce 2e sommet « ASLA » (Amérique du Sud et Ligue arabe) a pour objectif de « donner un cadre politique à une relation commerciale en pleine expansion » entre les deux régions.

Et puis bien sûr, il y a aussi une volonté, avec ce sommet Amérique latine/pays arabes, de peser sur le G20 de Londres. Hugo Chavez lui, n’y va pas par quatre chemins. El Universal rapporte les propos du tonitruant chef de l’Etat vénézuélien juste avant son départ de Caracas : il espère discuter à Doha de rien de moins que « la perspective d’un monde débarrassé de l’impérialisme ».

Le G20 en perspective : 1933, 1944, 2009…

Le Los Angeles Times remet la réunion du G20 à Londres, qui va réunir les pays les plus industrialisés et les pays émergents, dans une perspective historique et rappelle deux précédentes tentatives de remettre de l’ordre dans une économie tourmentée.

En 1933, déjà à Londres, une rencontre a eu lieu pour tenter de juguler la Grande Dépression. Le président américain Franklin D. Roosevelt, à peine investi, avait alors refusé de se rendre dans la capitale britannique. « Certains historiens imputent même à l’échec de ces pourparlers le renforcement du pouvoir d’Hitler en Allemagne », écrit le quotidien californien. C’est le contre-exemple pour le G20.

L’autre précédent à ce G20 de Londres, c’est la conférence de Bretton Woods qui, en 1944, a posé les fondations du système financier de l’après-guerre. C’est là qu’ont été créés le FMI et la Banque mondiale. C’est plutôt ce modèle de Bretton Woods que voudrait privilégier aujourd’hui le premier ministre britannique Gordon Brown, estime le Los Angeles Times.

Obama et Detroit

Les remous du secteur automobile américain et l’ultimatum donné par Barack Obama à General Motors et à Chrysler sont ce mardi encore à la une des journaux aux Etats-Unis. Le plan Obama divise les commentateurs.

C’est « la meilleure dernière chance pour Detroit », selon le New York Times, qui estime que Barack Obama a proposé « un compromis acceptable entre deux options insatisfaisantes : laisser GM et Chrysler faire faillite tout de suite ou bien leur donner des dizaines de milliards de dollars en plus en espérant le meilleur. Il a plutôt décidé de financer leurs opérations pour quelques semaines, tout en les obligeant à présenter de meilleurs plans de restructuration. »

Avec cette « extraordinaire volonté exprimée par le pouvoir fédéral de diriger une industrie privée », on navigue désormais en « terrain inconnu », constate, plus dubitatif, le Christian Science Monitor, qui se pose beaucoup de questions : « Le secteur industriel va-t-il devenir prisonnier des intérêts politiques de Washington ? Si les entreprises de Détroit étaient déjà au bord de la faillite, qu’est-ce qui garantit qu’elles seront plus prospères avec plus de mains sur le volant ? » s’interroge le quotidien chrétien.

Quant au Wall Street Journal, il s’apitoie sur le sort de Rick Wagoner, le PDG de General Motors poussé vers la porte par la Maison Blanche. Wagoner est un « agneau sacrificiel », affirme le quotidien des marchés financiers. « L’administration avait besoin de faire tomber quelqu’un pour assouvir l’hystérie populaire anti-patrons, qu’elle a pourtant contribué à alimenter. »

mercredi, 18 mars 2009

Revue de presse Amériques du 18/03/2009

Source : RFI, 

Les bonus versés par AIG, alors que le géant de l’assurance est renfloué par l’argent du contribuable américain, continuent bien sûr d’émouvoir la presse aux Etats-Unis. L’éditorialiste du Los Angeles Times par exemple resitue ce dernier scandale dans l’ensemble de ceux qui ont ébranlé récemment les structures financières. « Il est dur de bouillir de colère » à l’annonce de ce nouveau coup, c’est plutôt de la « lassitude » qu’on éprouve face à toutes ces affaires de plus en plus choquantes. « L’arrogance de ces gens est si énorme », dit-il, qu’entre les bonus et autres compensations versés aux dirigeants de Meryll Lynch, de Bank of America, de Citigroup, et maintenant d’AIG... « Je ne sais où est allé le plus fort de mon indignation ».

C’est un autre aspect de cette affaire qu’évoque ce matin le Washington Post. Il se fait l’écho des inquiétudes croissantes de la réserve fédérale et du ministère des Finances qui craignent que « cette controverse ne décourage les investisseurs ». Les directions de certains établissements financiers se plaignent que « l’intervention fédérale dans les décisions d’affaires rendent difficile le retour au profit ». Elles assurent qu’elles assistent déjà à un « exode des talents ».

L’attitude des gouvernements face à la crise : c’est ce qui permet à la France de se tailler une petite place dans les journaux américains. Et notamment dans l’édition de ce mercredi du Wall Street Journal qui titre : La « Bête Noire » (en français dans le texte) de Sarkozy : « imposer les riches ». Un article qui décrit les pressions exercées sur le président français pour qu’il renonce à son bouclier fiscal et tout cela à la veille d’une grève nationale. Ce débat, faut-il ou non taxer davantage les riches ?, traverse l’Europe, estime le grand journal d’affaires, en citant la Grande-Bretagne comme exemple.

Il est également question de la France dans le Christian Science Monitor qui consacre un long article au débat opposant le gouvernement français et les « bons Samaritains » qui aident les immigrants illégaux rassemblés dans le nord du pays. De l’histoire de la grand-mère maintenue en garde à vue à la sortie du film Welcome, le journal détaille ce débat sur « les frontières entre la compassion et le devoir civique ».

La France, enfin, le pays dont la diplomatie a pris une initiative à laquelle se rallie aujourd’hui Barack Obama : le Chicago Tribune, avec d’autres grands quotidiens américains, fait état de la décision du nouveau président américain de signer la déclaration onusienne sur les droits des homosexuels, un geste que George Bush avait refusé de faire.

Cette décision de Barack Obama est aussi reprise dans la presse latino-américaine. Car dans le sud du continent, où l’Eglise catholique reste puissante, l’opinion est sensible à ces sujets de société. Citons d’abord le cas de l’Uruguay, où la Chambre des députés vient de voter une loi autorisant les malades en phase terminale à refuser d’être traités. Le « droit à mourir » a occasionné dans ce pays un débat passionné, si passionné que les journaux rendent compte ce mercredi du pugilat qui a été évité de justesse entre deux députés qui voulaient en découdre au moment du vote. El País raconte la colère des deux hommes, attisée par une de leurs collègues, tandis que d’autres élus cherchaient à les séparer. La confusion, « une mer de bras », précise le journal, avant que les esprits ne se calment.

Au Chili, c’est l’avortement thérapeutique qui s’est trouvé au cœur de la campagne en vue de la prochaine élection présidentielle. Le Chili continue à interdire toute interruption de grossesse, même pour raisons médicales. Et La Tercera cite ce matin les paroles du candidat de la droite Sebastian Pinera qui dit vouloir préserver « la vie de tous les enfants innocents à naître ». Face à lui, le démocrate-chrétien Eduardo Frei se veut aussi défenseur de la vie, mais il pense qu’il faudra engager un débat et légiférer sur le sujet.

Pour finir, une photo dans le Nuevo Herald de Miami... Celle du fils, l’un des fils de Fidel Castro, Antonio, bronzé, le geste impérieux, sur un terrain de base-ball de San Diego. Antonio Castro, médecin de l’équipe, se comporte comme le véritable patron des athlètes cubains qui jouent là leur survie dans le championnat du monde, assure le journal de Floride, qui poursuit : « Il n’y a pas, au moins dans la Classique mondiale, d’autre médecin ou masseur qui ait l’autorité d’Antonio Castro. C’est une espèce de star attachée à l’équipe cubaine et qui ne se déplace jamais sans un garde du corps à la peau sombre et à la moustache fournie ».

mardi, 03 mars 2009

Revue de presse Amériques du mardi 3 mars 2009

Source : RFI

Lettre secrète d’Obama à Medvedev

Barack Obama a envoyé une lettre personnelle au président russe. Elle a été remise en mains propres à Dimitri Medvedev, il y a trois semaines. L'affaire à été révélée ce lundi déjà par le quotidien russe Kommersant, mais cet article semble être passé inaperçu. Ce mardi donc, c'est le New York Times qui s'empare du sujet. Dans sa lettre, le président américain explique que les Etats-Unis n'auraient pas besoin de déployer leur bouclier antimissile en Europe centrale si l'Iran interrompait ses efforts pour se doter de l'arme nucléaire. « Certes, Barack Obama ne propose pas ouvertement un marché aux Russes ». Néanmoins, le message en leur direction est clair. Celui-ci dit, en gros : nous renonçons à déployer le bouclier antimissile si vous nous aidez avec l'Iran. C'est aussi ce qu’explique un haut responsable américain, cité par le New York Times.

Pour l'instant, Moscou n'a pas encore répondu à cette proposition. Mais selon les informations du New York Times, cela ne saurait tarder. Un officiel russe a en effet confié au journal que le ministre russe des Affaires étrangère, Sergeï Lavrov, aurait des choses importantes à dire sur le bouclier antimissile à son homologue américaine, Hillary Clinton, qu'il doit rencontrer, ce vendredi, à Genève. A Moscou, on semble en tout cas prendre l'avancée de Barack Obama au sérieux. Le journal russe Kommersant parle même d'une « proposition sensationnelle ».

Premier grand remaniement ministériel de Raul Castro

La presse latino-américaine revient bien sûr sur le remaniement ministériel important à Cuba. Au Mexique, El Universal titre avec un jeu de mot on ne peut plus explicite : « Raul Castro "défidélise" le gouvernement de Cuba ». Avec le départ de deux figures emblématiques du régime, à savoir Felipe Perez Roque et Carlos Lage, le successeur et frère de Fidel Castro a accompli une « restructuration abrupte ». Pour El Universal, ce remaniement ne signifie par pour autant un quelconque signal d’un possible rapprochement de Cuba avec les Etats-Unis.

Si rapprochement il doit y avoir, celui-ci se situerait plutôt côté latino-américain estime, au Venezuela, le quotidien Tal Cual. Ce journal de l'opposition dresse le portrait du nouveau ministre cubain des Affaires étrangères. Il décrit Bruno Rodriguez comme un homme aux gestes posés et doté d'une solide formation intellectuelle. A 51 ans, le nouveau ministre s'appuie sur une carrière exemplaire. Professeur de droit public à l'université de La Havane, directeur du journal Juventud revelde, l'un des deux quotidiens nationaux, puis représentant de Cuba devant les Nations unies et enfin, à son retour sur l'île, vice-ministre des Affaires étrangères. Dans le cadre de cette fonction, Bruno Rodriguez s'est particulièrement consacré aux relations avec l'Amérique latine. Il prend les rênes de la diplomatie cubaine précisément à un moment où La Havane ne ménage pas ses efforts pour renouer avec le reste du continent latino-américain, remarque Tal Cual.

Enfin, le Miami Herald se fait l'écho des réactions des dissidents cubains aux Etats-Unis. Selon le quotidien américain, la plupart des dirigeants cubains en exil voient en l'éviction d'une douzaine de membres du régime la tentative de Raul Castro de serrer les rangs autour de lui et de consolider son pouvoir. Le Miami Herald cite la fondation nationale cubano-américaine. Cette dernière estime que le remaniement ministériel rappelle les méthodes de Joseph Staline. La manière de procéder est symptomatique de la volonté du régime cubain de placer le contrôle sur le gouvernement entre les mains de l'armée.

jeudi, 26 février 2009

Revue de presse Amériques du 26/02/2009

Source : RFI

Aux Etats-Unis, la presse met l’accent ce jeudi 26 octobre sur la santé, un axe prioritaire des choix budgétaires qui doivent être présentés aujourd’hui par Barack Obama.

Le président considère qu’une meilleure couverture santé offerte à l’ensemble des Américains est quelque chose de vital pour les Etats-Unis, un thème qu’il avait déjà largement abordé durant sa campagne, et les grandes lignes budgétaires rendues publiques aujourd’hui vont faire la part belle à cette priorité-là.

C’est une large réforme du système actuel qu’envisage la nouvelle administration : le Washington Post cite l’un des architectes de cette réforme en train de dire : « Notre objectif, c’est la couverture universelle ». Mais d’après le journal, la stratégie qui consiste à dévoiler d’abord la somme qui sera consacrée à cet objectif (un fond de réserve de 634 milliards de dollars), avant d’associer les parlementaires à la réforme elle-même, vise à éviter la mésaventure de Bill Clinton sur le même thème : l’ancien président avait délivré au Congrès une réforme « clé en main » élaborée dans le secret de la Maison Blanche, réforme que les élus s’étaient empressés de retoquer.

Mais l’épreuve du Congrès sera rude, prédit le New-York Times. Parce que Barack Obama se propose de faire payer les riches pour financer une bonne partie de sa réforme du système de santé, en les privant des avantages, des abattements fiscaux qui leur avaient été octroyés sous l’ère Bush. Une promesse de campagne là encore, mais qui risque de « galvaniser l’opposition républicaine » au Congrès, estime le journal.

Dans la presse latino-américaine cette fois, on garde aussi l’œil sur Washington. Parce que Hillary Clinton a reçu pour la première fois hier des homologues du sud du continent, le ministre des Affaires étrangères brésilien, puis le Colombien, ce qui est relevé dans la presse de ces deux pays. Mais aussi parce que le rapport annuel sur les droits de l’homme du département d’Etat, présenté par Hillary Clinton encore, évoque la situation à cet égard en Amérique latine. Au Chili, La Tercera relève que les pays de la région les plus égratignés par le rapport sont le Venezuela, Cuba et le Nicaragua, et se félicite des bons points décernés au gouvernement chilien, même s’ils s’accompagnent de quelques critiques sur les abus dont sont victimes les indiens Mapuche par exemple.

Au Mexique, où la plupart des journaux publient la photo de la voiture en flammes des quatre derniers policiers assassinés, à coup de bazooka, l’Universal fait aussi état des propos inquiets tenus, toujours à Washington, par la ministre de la Sécurité intérieure Janet Napolitano. La ministre a dit au Congrès que la violence « sans précédent » liée au narcotrafic dans le nord du Mexique était devenue l’une de ses priorités. Cette violence, le Los Angeles Times la couvre de façon quotidienne depuis le mois de juin dernier, en y consacrant une rubrique intitulée : « Le Mexique en état de siège ». Le dernier reportage que publie le grand journal californien porte sur Villanueva, ville du Zacatecas dont les habitants excédés ont appelé l’armée à l’aide. Le New York Times, lui, est allé enquêter dans l’Arizona avant de publier un article intitulé : « Les Etats-Unis sont un vaste bazar d’armes pour les cartels mexicains ».

Enfin, l’assouplissement par la chambre des représentants du régime des voyages à Cuba n’a pas encore été commenté dans la presse cubaine, mais le Nuevo Herald de Miami pressent que cette nouvelle législation aura du mal à passer au Sénat.

Barack Obama s’est aussi offert un intermède musical à la Maison Blanche. C’était hier soir. Le président a reçu Stevie Wonder qui venait de se voir attribuer le prix Gershwin de la Bibliothèque du Congrès. « Vraiment une nuit des merveilles », titre le Washington Post en jouant sur le nom de cette légende vivante de la musique Motown. On apprend dans cet article que Stevie Wonder a chanté « From once in my life » devant un président enthousiaste, et que d’autres jazzmen et women ont interprété ses succès, pour « le groupe de reprise de chansons le plus réussi que Stevie Wonder ait jamais rassemblé autour de lui », selon les propres paroles présidentielles. Michelle Obama a de son côté fait remarquer que le premier air sur lequel elle ait dansé avec Barack à l’issue de leur cérémonie de mariage avait été « You and I », de Stevie Wonder bien sûr.

lundi, 16 février 2009

Revue de presse Amériques du 16/02/2009

Source : RFI (Article publié le 16/02/2009)

Le referendum d’Hugo Chavez, vu par la presse vénézuélienne

On retrouve une même photo, à la une de la plupart des quotidiens du Venezuela : on y voit Hugo Chavez, triomphant, dans sa désormais célèbre chemise rouge, les deux bras levés, sur le balcon du palais présidentiel de Miraflores, juste après la victoire du « oui » au référendum constitutionnel sur la suppression des limitations à tous les mandats électifs. Une même image donc, mais des commentaires très divergents selon les journaux, reflet de l’extrême polarisation de la vie politique au Venezuela.

Il y a d’abord les journaux proches du pouvoir. « Il n’y a plus de limite pour se présenter » titre en une Ultimas Noticias, qui salue « le triomphe du oui », avec ce chiffre qui s’étale verticalement sur toute la première page : 54,36%.

Le journal en ligne 2001, préfère lui, les chiffres bruts : « Oui : 6 359 400 ; Non : 5 040 820 » peut-on lire en manchette. « Une fois de plus, les électeurs ont fait preuve d’un grand esprit civique, en se rendant massivement aux urnes », se félicite le quotidien, sans indiquer que la participation – 67% – est moindre que lors des élections locales de novembre dernier. Serait-ce un début de lassitude électorale ? TalCual rappelle en tout cas que c’est le cinquième référendum organisé par Hugo Chavez depuis son arrivée au pouvoir il y a 10 ans…

La presse d’opposition

Loin du triomphalisme des journaux pro-Chavez, El Nacional semble au contraire contester la légitimé du scrutin avec ce titre : « Chavez a gagné le droit de se représenter après un processus entaché d’irrégularités ». Plutôt que le civisme des Vénézuéliens, El Nacional retient cette phrase du président, dimanche soir, sur le balcon du palais présidentiel rebaptisé « balcon du peuple » : « Le soldat qui est devant vous est déjà candidat pour 2012. Préparez-vous ! ». Une dernière phrase que le journal interprète comme un avertissement à l’opposition.

Autre journal proche de l’opposition, El Universal décrit la « marée rouge » (la couleur du camp présidentiel) qui a convergé hier soir vers le palais de Miraflores et va chercher une consolation dans le score des expatriés : « 97,7% des Vénézuéliens résidant aux Etats-Unis ont voté non à la réélection illimitée », indique le quotidien.

Vu de Bogota

Le référendum a été observé de près en Colombie voisine. Hugo Chavez et le président colombien Alvaro Uribe ne sont pas les meilleurs amis du monde, c’est le moins que l’on puisse dire. Le quotidien de Bogota El Tiempo, plutôt proche d’Uribe, s’inquiète du climat triomphaliste qui a régné toute la journée du vote à Caracas. « L’opposition a très rapidement reconnu sa défaite », écrit le journal, qui relaie des « abus de pouvoir du gouvernement », dénoncés par certains opposants. « Il y a eu un affrontement entre David et Goliath et c’est Goliath qui a gagné », commente, désabusé, un dirigeant de l’opposition cité par El Tiempo.

Le voisin américain…

Le Washington Post rappelle que la puissance qu’Hugo Chavez, grâce à sa manne pétrolière et à « ses attaques verbales contre les Etats-Unis » est devenu « l’un des leaders les plus importants d’Amérique latine et peut-être l’un des plus visibles de la région ».

La victoire électorale d’Hugo Chavez « non seulement lui ouvre la voie pour briguer un nouveau mandat de six ans en 2012, écrit le New York Times, mais elle pourrait aussi favoriser son ambitieux agenda en tant qu’icône de la gauche et contrepoids à la politique américaine en Amérique latine ». « Ce succès, poursuit le quotidien, crée également un nouveau défi de politique étrangère pour l’administration Obama, en renforçant un dirigeant qui a fait carrière en raillant et en tournant en ridicule les Etats-Unis ».

Hugo Chavez plus conciliant

Le Los Angeles Times tempère l’anti-américanisme du leader vénézuélien en notant qu’il s’est montré plus conciliant ces derniers jours à l’égard du nouveau président américain. « Le vent d’anti-américanisme qui a soufflé sur la région est passé et Chavez, toujours opportuniste, s’adapte et met en sourdine sa ligne dure », explique un universitaire dans le journal.

Le quotidien californien estime par ailleurs que les résultats du référendum confirment le fort soutien populaire dont continue à bénéficier le chef de l’Etat vénézuélien. « Chavez est le premier président qui se soucie du sort des pauvres », témoigne une femme de 60 ans. « Il nous fait nous sentir bien, plein de respect mutuel, sans tenir compte de la couleur de peau, de l’âge, ou de la classe sociale », confie une autre électrice au Los Angeles Times.

Le Miami Herald rapporte un témoignage radicalement différent : celui d’un ouvrier du bâtiment de 58 ans qui dit avoir voté oui, par crainte de représailles. « Les gens perdent leur emploi s’ils sont en désaccord avec le régime, raconte-t-il. Chavez est très autoritaire. Il doit être plus démocrate. »