lundi, 06 mai 2013

Revue de presse Afrique

lundi 06 mai 2013

 

A la Une: une crise politique qui n’en finit plus à Madagascar

 

 

 

Quatre ans de transition sur la Grande île, quatre ans de négociations pour l’organisation d’une présidentielle, quatre ans de déchirements politique… Et ça continue ! Contre toute attente, le président de la transition, Andry Rajoelina, a annoncé vendredi sa candidature à la magistrature suprême. Pour la presse malgache, la surprise est totale… « Si Lalao Ravalomanana (l’épouse de l’ex-président) a bluffé tout le monde en déposant, contre toute attente, sa candidature, relève La Gazette de la Grande Ile, Andry Rajoelina a tourné l’opinion en bourrique en étant, à la dernière minute, candidat. (…) Voilà, sans crier gare, qu’il entend maintenant vouloir succéder à lui-même… Sachant que Lalao est le clone parfait de son mari, Rajoelina a estimé alors que sa candidature s’imposait. Entre elle et lui, c’est désormais l’équilibre de la terreur. »

« Honteuse connivence ! », s’exclame pour sa part le site d’information NewsMada . « Apparemment, la seule raison plausible de cette candidature ne pourrait être liée qu’à celles de l’ancienne première dame Lalao Ravalomanana et de l’ancien président Didier Ratsiraka. En effet, comme la CES, la Cour Electorale Spéciale, allait valider la participation de ces derniers malgré les débats ouverts à ce sujet, Andry Rajoelina n’a vraisemblablement pas trouvé mieux que de soumettre sa candidature contre toute attente. Certains observateurs pensent qu’il pourrait même exister une connivence entre ces derniers. Le grand perdant ne peut avant tout être que le peuple, déplore NewsMada, à qui on a donné sa parole et qui, du coup, ne peut plus avoir une certitude sur la tenue des élections. Vient ensuite la Communauté Internationale qui aura du pain sur la planche en termes de médiation puisque le « ni…ni » ne tenant plus du coup la route, l’ancien président déchu Marc Ravalomanana peut à tout moment revenir à la charge et imposer ainsi sa candidature. »

Pouvoir confisqué…

L’Express, lui, s’en prend tout particulièrement à la CES, à la Cour Electorale Spéciale qui a donc repêché le président de la transition. L’Express qui dénonce « une grosse compromission qui remet en cause son indépendance et sa neutralité. Si la CES commence par le sentimentalisme et s’incline devant les pressions, on doute fort que l’élection soit transparente et démocratique. (…) Telle qu’elle est partie, relève encore L’Express, la CES peut agir à sa guise pour faire gagner qui elle veut. La Cenit et les Nations unies auront beau organiser des élections impeccables et sans la moindre fraude, ni bourrage d’urnes devenu difficile avec l’immense bulletin unique, la CES aura le dernier mot. »

Conclusion désabusée de La Tribune : « Nos seules armes, c’est l’irrévérence et une ironie trempée d’un peu d’humour, en espérant que cela réveille un peu notre sens critique et que l’on arrête d’idolâtrer n’importe quel hurluberlu qui se prendrait pour le Messie. Qu’il soit amiral d’eau douce, chirurgien en retraite, ancien laitier ou DJ. Rappelez-vous quand même que cela fait quatre ans que le pouvoir est confisqué par quelques individus qui sont tout, sauf des patriotes ! Quand on confisque le pouvoir, c’est le peuple qui en est privé ! Alors, un peu de dignité, que diable ! Et indignez-vous ! »

Confusion générale ?

Stupeur et indignation également dans les journaux du continent… « On savait Andry Rajoelina DJ, on le découvre désormais boulanger, fulmine L’Observateur Paalga au Burkina. Et quel professionnel du pétrin ! On retiendra en effet qu’il a su se jouer de la Communauté de développement d’Afrique australe, sous l’égide de laquelle la feuille de route de sortie de crise a été négociée ; bien sûr de l’opposition malgache de l’intérieur ou en exil ; mais surtout, et c’est cela le pire, de ses propres partisans qui, eux, fidèles à la parole donnée de leur chef, avaient désigné pour son compte un, voire plusieurs héritiers. »

Pour Le Pays , toujours au Burkina, « deux scénarios au moins sont envisageables dans la nouvelle donne politique à Madagascar : soit les élections sont maintenues et Rajoelina est assuré de les remporter, soit elles sont une fois de plus reportées et Rajoelina reste au pouvoir. Dans tous les cas de figure, Rajoelina a créé une confusion générale qui fait exclusivement son affaire. (…) Bref, conclut le quotidien burkinabé, l’horizon promet des jours tumultueux dans la Grande Ile. »

Enfin, « hier, note le quotidien béninois La Nouvelle Tribune, le dialogue inter-malgache s’est achevé après deux semaines de consultations. Il propose une nouvelle transition de dix-huit mois au plus, dont la mission principale est de proposer, par référendum, une nouvelle constitution qui sera rédigée par une assemblée constituante. Pendant ce temps, le pays sera dirigé par un Premier ministre plénipotentiaire et une présidence composée de quatre présidents que sont Didier Ratisiraka, Marc Ravalomanana, Albert Zafy et Andry Rajoélina. Cette proposition paraît géniale, mais dans son application, tempère La Nouvelle Tribune, elle risque de déboucher sur une grande cacophonie et une forte confusion au sommet de l’Etat. Comment quatre anciens présidents qui rêvent tous de devenir président peuvent-ils se mettre ensemble pour travailler pour la réussite d’une transition ? Pourront-ils laisser les coudées franches à un Premier ministre qui, dit-on, aura tous les pouvoirs de l’exécutif ? Un tel organigramme politique à la tête du pays s’apparente bien à un panier à crabes, conclut le quotidien béninois, qui risque d’installer le pays dans une cacophonie indescriptible. Madagascar n’est pas encore sorti de crise. Hélas. »

 

Fiche Pays :

 

Revue de presse française

lundi 06 mai 2013

 
A la Une: Hollande n’est pas à la fête !

 

 

6 mai 2012 - 6 mai 2013 : premier anniversaire à l’Elysée pour le chef de l’Etat. Pour autant, la presse ne lui fait pas de cadeaux, ce matin. « Une bougie, des incendies », constate L’Est Républicain. « Un an après, Hollande à la peine », renchérit Ouest France. « Hollande an I : doit et peut mieux faire », s’exclame La Marseillaise. « L’homme seul », lance Libération.

Le Midi Libre résume le sentiment général : « Aujourd’hui, François Hollande fête sa première année à l’Elysée. Sans flonflons ni cotillons. Triste anniversaire, médiocre bilan. Tout comme le moral des Français, le drapeau tricolore est en berne. L’étendard de l’espoir, qui flottait au vent nouveau de la Bastille il y a tout juste un an, s’enchevêtre dans le marasme économique, le bourbier social et le sable mouvant des couacs ou des affaires à répétition. »

Sans complaisance aucune, également, Libération dresse ce triste constat : « La seule certitude, c’est qu’il y a urgence. Afin que la désillusion actuelle ne fasse pas le lit du populisme et des extrêmes lors des prochaines échéances électorales. La gauche doit aussi apprendre à se retrouver dans le dialogue, plutôt que de s’enfermer dans l’affrontement si elle ne veut pas faire le jeu du FN. Tout cela passe en premier lieu, estime Libération, par l’écoute du mal-être qui grandit chaque jour un peu plus. Parce que, au-delà des querelles de clocher, le débat sur l’austérité ou la relance qui agite le Vieux Continent se traduit par des situations individuelles souvent dramatiques. »
« Les quelques succès sont trop minces pour restaurer la confiance, soupire Le Courrier Picard. Si les électeurs oublient toujours qu’une politique met du temps à faire son œuvre, nul ne voit où nous emmène celle du gouvernement. »

L’Est Républicain enfonce le clou : « François Hollande, hier habile manœuvrier au sein du PS, ne semble ni vouloir hâter le pas, ni brusquer les corps intermédiaires. La tempête menace. Il cabote. Et le docteur Ayrault vient à la télé nous prescrire sa petite médecine douce, là où il faudrait pratiquer de la chirurgie de guerre. »

La France peut-elle s’en sortir ?

Un peu isolée, La Dépêche du Midi, se veut indulgente à l’égard de François Hollande : « Nous voilà dépités, à faire les comptes de ce qui aurait dû… Nous voilà même sommés de tout juger en une seule année -la première- alors que nous ignorons le fin mot de ce quinquennat. En attendant, c’est la saison des impatients. (…) Comment ira la France en 2017 ? C’est la seule réponse qui vaille, s’exclame La Dépêche, la seule réponse dont François Hollande, le jour venu, nous sera redevable. Et si, au bout du compte, dans quatre ans, s’interroge le journal, les Français se portaient mieux et retrouvaient confiance ? Et si on le devait alors à ce Président aujourd’hui brocardé ? La politique n’est jamais avare de retournements. On appelle même ça l’ironie de l’Histoire. »
Alors, « peut-il rebondir ? Surtout, la France peut-elle s’en sortir ?, s’interroge Ouest France. Les spéculations sur un changement de Premier ministre, un gouvernement resserré ou d’union nationale n’ont aucun sens tant que François Hollande n’aura pas expliqué s’il persévère ou s’il réoriente sa politique. »

Justement, Le Télégramme rappelle cette phrase de François Mitterrand : « Quand on ne veut pas changer de politique, on change de gouvernement. »

Et c’est bien ce qui pourrait se produire dans les prochaines semaines… C’est ce que relève notamment L’Eclair des Pyrénées : « Hollande ne peut continuer de diriger le pays avec un gouvernement aussi divisé, aussi pagailleux, qui donne le sentiment du trop plein et de l’incompétence. Il devrait donc y avoir un gouvernement Ayrault 2, plus resserré, avant l’été, pronostique le quotidien béarnais. C’est là que les choses sérieuses vont commencer. Que la ligne politique du pouvoir doit être clairement affirmée. Il faudra donc rompre définitivement avec la gauche Mélenchon et une partie des écologistes qui ne partagent pas les objectifs de la majorité. Ce gouvernement de combat devra se donner une seule mission : la lutte pour l’emploi. »

Espérance ou retour en arrière ?

Mélenchon qui continue en effet de jouer les trouble-fêtes… Hier le Front de gauche a rassemblé Pplace de la Bastille à Paris 180.000 personnes selon les organisateurs, 30.000 selon la police, pour manifester contre la politique d’austérité du gouvernement.
L’Humanité salue un « franc succès » et « l’amorce d’une espérance. (…) Le rassemblement des forces vives de la gauche (…) doit prendre une ampleur bien supérieure, relève le quotidien communiste, pour faire pièce à la coalition des bénéficiaires de dividendes, des propriétaires du CAC 40, des oligarques européens, et des grands prêtres de l’austérité. Mais c’est désormais à l’ordre du jour. »

Enfin, analyse différente, on s’en serait douté, pour Le Figaro. Le Figaro pour qui « il faut oublier Mélenchon. (…) Le Chavez de la Bastille peine à décoller dans les sondages. Sa popularité est loin d’être au niveau des décibels de ses diatribes. Il a beau en appeler à la révolution citoyenne, invoquer les mânes de Jaurès, tonner contre le gouvernement socialiste, interpeller sans ménagement le président de la République, son influence dans l’opinion, notamment dans les couches populaires, est bien moindre que celle du Front national, estime Le Figaro. Ce serait donc un signe de faiblesse supplémentaire de la part de François Hollande de se laisser contaminer par ce discours aux relents marxistes. (…) S’il veut reprendre pied, conclut Le Figaro, ce n’est pas du côté des démagogues qu’il doit se tourner. Mais vers les millions de Français qui lui demandent de conduire une politique claire, adaptée, réaliste. Sans perdre de temps. »

Revue de presse des Amériques -

Article publié le : lundi 06 mai 2013 à 17:09 - Dernière modification le : lundi 06 mai 2013 à 17:09


A la Une : les Etats-Unis sous pression après les frappes israéliennes en Syrie

 


Par Achim Lippold

 

Ces bombardements pourraient amener le gouvernement américain à prendre des décisions très rapidement, écrit le Washington Post. Les conseillers du président sont réunis pour évoquer plusieurs scénarios. Une intervention terrestre parait très peu envisageable, selon des sources proches de la Maison Blanche, citée par le journal. Ces mêmes sources envisagent d’autre options : comme la livraison d’armes aux rebelles syriens ou encore le bombardement des aéroports pour détruire l’armée de l’air syrienne.

En fait, ces scénarios ont déjà été évoqués dans des réunions secrètes entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. C’est le New York Times qui publie cette information, sans donner plus de précision. Selon le quotidien, ce sujet fera partie des discussions que le secrétaire d’Etat américain John Kerry aura avec son homologue russe à Moscou en ce début de semaine. Si la Maison Blanche hésite encore sur la bonne stratégie à adopter, les Républicains eux, ont déjà fait leur choix.

L’ancien candidat à la présidence John McCain milite depuis un certain temps déjà pour des frappes américaines ciblées en Syrie. « Et les récentes attaques israéliennes le confortent dans sa position », écrit le New York Times. Si les Israéliens sont capables de transgresser l’espace aérien sans être dérangés par l’aviation syrienne, les Américains peuvent le faire aussi, argumente le Républicain dans une interview sur la chaîne Fox News.

Il est vrai, rappelle le New York Times, que Barack Obama se montre toujours réticent quant aux frappes aériennes américaines, trop risquées selon lui pour deux raisons : d’abord, il ne faut pas sous-estimer les capacités de la défense anti-aérienne syrienne et deuxièmement, le président craint l’influence des combattants djihadistes au sein de la rébellion.

Grève générale en Bolivie

Pour ce lundi 6 mai 2013, la centrale ouvrière de la Bolivie a une grève générale. D’après le journal Los Tiempos, plusieurs départements seront affectés par des actions, comme des blocages de route. Mais la grève sera toutefois limitée. D’autres organisations syndicales refusent de s’y joindre. Les grévistes demandent au gouvernement la mise en place d’une retraite solidaire de vieillesse et une augmentation de salaires de 8 %.

Jean-Bertrand Aristide souhaiterait relancer son parti politique

C’est à lire dans le journal québécois Le Devoir. À l'heure où Haïti se prépare à des élections législatives partielles et locales, l'ancien président tenterait de reconstruire son parti, selon un important hôtelier du pays, Richard Morse. Il aurait rencontré Jean-Bertrand Aristide à plusieurs reprises pour discuter d’une éventuelle candidature de son épouse pour un siège au Sénat.

Elle se présenterait sous la bannière du parti de l’ancien président. Avec la relance de sa formation, Jean-Bertrand Aristide veut peser davantage sur la vie politique haïtienne, affirme Richard Morse dans les colonnes du Devoir. Selon le journal, il ne s’agit pour l’instant que de rumeurs, l’ancien président n’ayant toujours pas confirmé ces informations.

Le Devoir rappelle qu’Aristide est rentré en Haïti il y a deux ans. « Il avait alors critiqué les responsables des élections pour avoir exclu son parti du scrutin législatif qui devait se tenir fin 2011 mais a été reporté à 2013 ».

Le mouvement gay et lesbien brésilien à la conquête des favelas

Le journal O Globo en donne une illustration : cinq jeunes à l’origine du groupe de danse Bonde das Bonecas. Leur première vidéo tournée dans une favela de Rio de Janeiro fait déjà un carton sur internet. La vidéo montre les cinq danseurs habillés de caleçons et jupes aux couleurs arc-en-ciel. « Avant, on nous regardait de travers, raconte Rafael Cullen, 19 ans, mais depuis quelques semaines les gens nous abordent pour demander de se faire prendre en photo avec nous ».

O Globo salue cette initiative. « Déjà il n’est pas facile de révéler son homosexualité au grand jour, écrit le quotidien, mais c’est encore plus difficile dans une favela où pèsent toute sorte de contraintes, le trafic de drogues, les milices privées, la police et l’omniprésence de la religion ». O Globo cite le cas d’un jeune de 15 ans, Ronides dos Santos, qui a décidé de s’habiller en femme. Il a été expulsé de la maison par son père et a dû trouver refuge chez des amis.

En tout cas, l’homosexualité dans les bidonvilles est un sujet qui commence à intéresser les cinéastes, d’après O Globo. Avec un documentaire très attendu et tourné à Rio : Favela Gay sera à l’affiche au Brésil, à la fin de cette année.

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