jeudi, 03 décembre 2009
Sarkozy refuse les clics et prend ses claques
Platon, photographe attitré du célèbre magazine new-yorkais «The New Yorker», a tiré le portrait de 49 dirigeants du monde. Le président français, qui «déteste les photos», est absent de cette impressionnante galerie.
Capture d'écran du site du New Yorker. (DR)
Ils sont presque tous là. Il y a Barack Obama, sérieux. Silvio Berlusconi, narquois. Dmitri Medvedev, toisant. Mais aussi Gordon Brown, Silvio Berlusconi, Mahmoud Abbas, Mahmoud Ahmadinejad, Robert Mugabe, ou encore Mouammar Kadhafi et Hugo Chavez.
Au total, ce sont 49 chefs d'État et de gouvernement qui ont posé pour Platon, le photographe du prestigieux magazine américain «The New Yorker». La séance photo s'est déroulée en septembre dernier, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, et s'est étalée sur cinq jours.
Parmi les absents de marque, Hu Jintao (Chine), Angela Merkel (Allemagne) mais aussi Nicolas Sarkozy. Le président français n'a pas voulu se prêter à cette exceptionnelle séance de photographie. Platon, interviewé par la radio américaine NPR, raconte l'échec de sa tentative d'approche auprès de Nicolas Sarkozy.
«Il était si impoli et agressif. C'était un choc pour moi. Quand je lui ai tendu la main, il l'a regardée et a refusé de la serrer. Il a dit (en français dans le texte, ndlr): " Qu'est-ce que c'est?! Non! Je déteste les photos!". Et il est parti en agitant la main en l'air et en criant: "Je déteste les photos".»
Si le photographe a pu installer son studio à deux pas des marches de l'Assemblée générale après un travail préparatoire de plusieurs mois des équipes du «New Yorker» auprès des délégations, il évoque également la difficulté à convaincre les dirigeants de se laisser tirer le portrait. «Pour eux, c'est pire que d'aller chez le dentiste», raconte-t-il.
Mais malgré un emploi du temps plus que serré, ils sont nombreux à accepter de consacrer 15 à 20 minutes à Platon. Pour eux, il s'agit aussi d'une reconnaissance. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi, demande qu'on le «prenne à [son] avantage».
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lui, inspire un sentiment «étrange» à Platon. «Il est très petit. Son esprit est presque enfantin. Il ricane comme un enfant. Mais il y a cet énorme entourage autour de lui, loin d'être enfantin. J'ai essayé de saisir cet air naïf dans son visage», témoigne le photographe. Qui avoue aussi que Jacob Zuma, le président sud-africain, «se moque» franchement de lui.
17:05 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : the new yorker, barack obama, silvio berlusconi, dmitri medvedev, gordon brown, silvio berlusconi, mahmoud abbas, mahmoud ahmadinejad, robert mugabe, mouammar kadhafi, hugo chavez.
vendredi, 06 novembre 2009
Zimbabwe: le parti présidentiel accuse Tsvangirai de "malhonnêteté"
Le Premier ministre Morgan Tsvangirai, pourtant revenu au sein du gouvernement d'union nationale, s'est vu accuser vendredi de "malhonnêteté" à propos des sanctions occidentales dans la presse liée au président Robert Mugabe.
M. Tsvangirai a accepté jeudi soir, à l'issue d'un mini-sommet régional au Mozambique, de mettre un terme à son boycott du gouvernement d'union et de reprendre les discussions avec le camp Mugabe sur les points qui empoisonnent leur coalition.
"En fait, il y a de la malhonnêteté de la part du Premier ministre parce qu'il utilise les sanctions comme moyen de pression" sur l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) de Robert Mugabe, a déclaré un responsable anonyme de la Zanu-Pf, cité par le quotidien d'Etat The Herald.
L'Occident a adopté en 2002 des sanctions ciblées contre le président Mugabe et le cercle au pouvoir en raison des violations des droits de l'Homme dans le pays. La Zanu-PF attribue tous les maux du pays à ces sanctions.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai souhaite notamment discuter de la nomination de certains hauts-responsables et du contrôle de l'appareil sécuritaire.
Le MDC accuse aussi la Zanu de poursuivre la répression contre ses membres.
Mais "la Zanu-PF maintient que ces inquiétudes sont des questions périphériques comparées à la question centrale des sanctions" et le MDC "veut utiliser les sanctions pour forcer la Zanu-PF à accepter ses demandes", a estimé le responsable cité par The Herald.
MM. Mugabe et Tsvangirai ont formé en février un gouvernement d'union nationale pour sortir le pays d'une grave crise née de la défaite du régime aux élections de mars 2008.
Ils ont obtenu quelques avancées, notamment dans la sphère économique, mais le climat est toujours resté tendu entre les anciens rivaux.
16:12 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, morgan tsvangirai, robert mugabe, zanu-pf, mdc
mardi, 27 octobre 2009
Zimbabwe : les durs du régime Mugabe cherchent à diviser le gouvernement d’union
15:31 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, gouvernement, robert mugabe, morgan tsvanguirai, zanu-pf, mdc
lundi, 26 octobre 2009
Zimbabwe: Mugabe et Tsvangirai se rencontreront bien lundi
HARARE (AFP) - 26.10.2009
Le président zimbabwéen Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai se rencontreront lundi après-midi pour la première fois depuis que le chef du gouvernement a décidé de suspendre leurs relations, selon une source officielle.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai se rencontreront lundi après-midi pour la première fois depuis que le chef du gouvernement a décidé de suspendre leurs relations, selon une source officielle.
"Le Premier ministre Tsvangirai, le président Mugabe et le vice-président (Arthur) Mutambara doivent se réunir à 16H00 (14H00 GMT)", a déclaré le porte-parole de M. Tsvangirai, James Maridadi.
"Ce n'est pas une réunion ordinaire. Ils discuteront du désengagement (du Premier ministre) et de toutes les questions en suspens liées à l'accord de partage du pouvoir", a-t-il ajouté.
Après l'arrestation d'un de ses proches, Morgan Tsvangirai a annoncé le 16 février qu'il suspendait tous ses contacts avec le camp présidentiel, l'accusant d'être un partenaire "indigne de confiance".
Samedi, le président Mugabe a minimisé ce geste, l'attribuant à "l'émotion" et se disant confiant du retour de son Premier ministre. Il a annoncé qu'ils se rencontreraient lundi, selon lui, dans le cadre de leur réunion hebdomadaire classique.
Les deux hommes ont formé en février un gouvernement d'union pour sortir leur pays de la crise née de la défaite du régime Mugabe aux élections générales de mars 2008.
Pendant huit mois, ils ont travaillé ensemble malgré de nombreux accrochages, notamment sur la nomination de certains hauts-responsables ou l'utilisation des fonds alloués par la communauté internationale.
Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de Morgan Tsvangirai a également accusé le camp présidentiel de garder la main-mise sur l'appareil sécuritaire et de poursuivre la répression contre ses membres.
Dans la nuit de vendredi à dimanche, une perquisition musclée a eu lieu dans un des bâtiments du MDC, a encore assuré samedi le parti.
"Je rencontrerai des officiers de police en fin de journée pour discuter du raid de ce week-end", a déclaré lundi Giles Mutseyekwa du MDC, qui partage le ministère de l'Intérieur avec Kembo Mohadi du parti présidentiel.
© 2009 AFP
17:03 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, robert mugabe, morgan tsvangirai
vendredi, 16 octobre 2009
Vive émotion après la remise en détention de Roy Bennett
Roy Bennett sera jugé à partir de lundi pour sabotage, terrorisme et banditisme© AFP Une vive émotion a été exprimée par la communauté internationale jeudi, après la remise en détention au Zimbabwe d'un proche du Premier ministre Morgan Tsvangirai, que Washington juge comme un "exemple flagrant de l'absence d'état de droit" dans ce pays.
Un tribunal de Mutare, dans l'est de ce pays d'Afrique australe, a ordonné mercredi le renvoi en prison de Roy Bennett, un fermier blanc vice-ministre désigné de l'Agriculture dans le gouvernement actuel d'union nationale. Il sera jugé à partir de lundi pour sabotage, terrorisme et banditisme.
"Le cas particulier concernant Roy Bennett est franchement un exemple flagrant de l'absence d'état de droit au Zimbabwe", a lancé jeudi Robert Wood, un porte-parole américain lors du point de presse quotidien du département d'Etat.
A Harare, l'ambassadeur britannique Mark Canning avait fait auparavant une déclaration proche, lors d'une conférence de presse. Le gouvernement d'union "a permis des progrès plutôt significatifs sur le front économique", mais "au plan politique, les progrès ont été beaucoup plus limités, comme le montrent les récents développements concernant Roy Bennett", a-t-il déclaré.
"Il reste beaucoup à faire dans les domaines de la gouvernance et des droits de l'Homme", a ajouté le diplomate britannique.
Gouvernement "boiteux"
L'Américain Robert Wood a appelé "le président Mugabe à mettre en oeuvre l'accord politique général" entre son parti et l'opposition, et a pressé le chef d'Etat zimbabwéen de "cesser de harceler l'opposition, et notamment M. Bennett".
A Bruxelles, l'Union européenne s'est déclaré "très préoccupée par le renvoi en prison de Roy Bennett", dans un communiqué de la présidence suédoise.
Pour le président du Botswana voisin, Ian Khama, tout aussi inquiet, le gouvernement zimbabwéen "est boiteux et il y a un vrai danger de voir tout cela s'effondrer", a-t-il déclaré à l'AFP
A Harare, M. Tsvangirai "a suspendu le conseil des ministres et tous ses rendez-vous gouvernementaux jusqu'à ce que l'affaire Bennett soit résolue", a déclaré à l'AFP un responsable du cabinet du Premier ministre.
De nouveau accusé de terrorisme
Le Premier ministre avait accusé la veille, à l'annonce de la décision du juge, le parti Zanu-PF du président Mugabe d'avoir instrumentalisé la justice. Ce jugement est "une autre attaque grave contre la crédibilité du gouvernement d'union", avait-il dit.
Le gouvernement d'union est né en février dernier d'un accord arraché au président Mugabe, au pouvoir avec son parti depuis l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1980, mais qui avait perdu les dernières élections.
Roy Bennett avait été arrêté le 13 février, jour de la prestation de serment du gouvernement d'union, dont il devait faire partie en tant que vice-ministre de l'Agriculture. Son poste au gouvernement est depuis resté vacant.
Après de longues procédures judiciaires, cet ancien fermier blanc de 52 ans avait été inculpé pour terrorisme, sabotage et banditisme et libéré sous caution début mars.
16:38 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, politique, justice, procès, robert mugabe, roy bennett
mercredi, 07 octobre 2009
Mugabe prêt à avoir de "nouvelles relations" avec l'Occident
Robert Mugabe a plusieurs fois vertement critiqué l'Occident© AFP Le président zimbabwéen a-t-il retourné sa veste ? Lors de la session d'ouverture du parlement, Robert Mugabe a déclaré que son pays était prêt pour des relations apaisées avec l'Occident, qu'il a plusieurs fois vertement critiqué...
Le président zimbabwéen Robert Mugabe a assuré mardi que son pays était prêt à avoir de "nouvelles relations" avec l'Occident, qui critique depuis plusieurs années son régime, lors de la session d'ouverture du Parlement à Harare.
"Notre pays conserve une attitude positive pour avoir de nouvelles relations, empreintes de coopération, avec tous les pays qui nous ont été hostiles par le passé", a déclaré le chef de l'Etat.
M. Mugabe, 85 ans et au pouvoir depuis 1980, a régulièrement critiqué ces dernières années les puissances occidentales.
Début août, il avait accusé les pays occidentaux de chercher à "diviser" le gouvernement d'union nationale, mis en place en février. Il les avait également accusé d'être "racistes" et avait estimé que les aides occidentales n'étaient pas une solution pour redresser l'économie de son pays.
11:51 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, politique, robert mugabe, racisme, occident, critique
lundi, 28 septembre 2009
Zimbabwe : à qui appartiennent vraiment les fermes ?

Le président Robert Mugabe avait lancé le programme de réforme agraire accélérée en 2000, afin de redistribuer aux populations noires sans terre les fermes commerciales des exploitants blancs. Cette politique annonçait le rapide déclin économique du pays, la multiplication des pénuries alimentaires et des violences politiques, tandis que le processus de redistribution était de plus en plus accusé de n’être qu’un écran de fumée permettant aux membres de l’élite du ZANU-PF, le parti du président Mugabe, de saisir des terres pour leur propre compte.
L’audit était prévu par l’Accord politique global (APG), signé le 15 septembre 2008 par le président Mugabe, le parti d’opposition Mouvement pour le changement démocratique (MDC) du Premier ministre Morgan Tsvangirai, et une faction du MDC menée par Arthur Mutambara.
L’accord a conduit à la création d’un gouvernement d’unité en février 2009, mais la majorité des donateurs ont suspendu les milliards de dollars de l’aide, préférant attendre d’évaluer le degré d’engagement de M. Mugabe en matière de démocratie.
« Bien qu’elles aient des avis divergents concernant les méthodes d’acquisition et de redistribution des terres, les parties reconnaissent que des acquisitions et redistributions obligatoires ont été pratiquées dans le cadre d’un programme de réforme agraire lancé en 2000 », observait l’APG.
« Par la présente, les parties s’engagent à mener un audit foncier exhaustif, transparent et impartial au cours du mandat du septième Parlement du Zimbabwe, dans le but d’éliminer la propriété multiple et de rétablir l’obligation de rendre des comptes ».
Trois audits fonciers ont été entrepris par l’administration du ZANU-PF, mais leurs conclusions n’ont pas encore été rendues publiques. Herbert Murerwa, actuel ministre des Terres et de la redistribution agraire, a déclaré que son ministère aurait besoin de 31,2 millions de dollars pour procéder à l’audit, qui pourrait durer jusqu’à neuf mois au lieu des trois mois prévus.
« Les 100 jours prévus pour ce projet sont insuffisants et, sans ressources, il est très difficile de mettre le programme en pratique. Nous projetons en outre de mettre sur pied un comité foncier indépendant – un organisme interministériel composé de secrétaires permanents et d’autres membres du gouvernement. Ce comité aura également des ramifications au niveau des provinces et des districts », a annoncé M. Murerwa.
Cependant, Justice for Agriculture (JAG), une organisation de défense des droits des quelque 4 000 exploitants blancs forcés de quitter leurs terres, s’est montrée pessimiste au sujet de l’audit proposé.
« Pour commencer, si on doit réaliser un audit, cela devrait être fait par un organisme indépendant, et non par les membres du gouvernement, qui sont susceptibles d’être eux-mêmes les bénéficiaires du programme en question », a dit à IRIN John Worswick, porte-parole de JAG.
« Je ne crois pas que nous assisterons à un audit exhaustif de sitôt car des hauts responsables [ZANU-PF] du gouvernement, des juges et des militaires ont récupéré de nombreuses fermes – dans certains cas, une même personne possède deux ou trois fermes », a-t-il déclaré.
« Les activités agricoles ont été perturbées par les hauts responsables du gouvernement, qui débarquent dans une ferme et dépouillent le propriétaire de tous ses biens, avant de passer à une autre ferme ». Ces dernières semaines, de nouvelles violences ont eu lieu dans des fermes commerciales.
De plus, Patrick Chinamasa, ministre de la Justice, a annoncé que le Zimbabwe se retirerait du Tribunal de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), suite à un jugement rendu par cette cour en faveur d’exploitants commerciaux, qualifiant leur expulsion de raciste, discriminatoire et illégale en vertu du traité de la SADC. La SADC était chargée de la négociation de l’APG.
Le gouvernement zimbabwéen a en outre l’intention de rappeler un juge muté au Tribunal de la SADC en 2005, bien que M. Tsvangirai ait déclaré que le pays ne se retirerait pas du Tribunal, car il n’y avait pas eu de consultation à ce sujet.
« La décision de retrait du Tribunal de la SADC n’était qu’un commentaire d’un ministre, et elle n’engage donc pas le pays. La question n’a pas été discutée au cabinet, et nous ne pouvons pas être liés par la décision d’un seul ministre ».
Gorden Moyo, ministre d’Etat au cabinet du Premier ministre, a dit à IRIN que le gouvernement essaierait de lever les fonds nécessaires pour mener l’audit, même si cela devait se faire par étapes. Il a annoncé que des propositions de financements avaient été faites, et qu’il était question que l’audit implique également des experts locaux et internationaux.
Pour lui, les nouveaux troubles survenus dans les fermes sont le fait d’éléments marginaux qui veulent nuire au GPA. « Le gouvernement n’a pas encore identifié avec précision la source de ces problèmes, mais ce qui est clair, c’est que certaines de ces actions sont liées à des motifs politiques, et d’autres à la corruption et à des tendances criminelles », a déclaré M. Moyo.
« Le gouvernement dans son ensemble est convaincu qu’un audit foncier exhaustif est important, notamment pour ce qui concerne les questions de propriété multiple, de productivité, de sécurité des régimes fonciers et de transparence ».
Lundi 28 septembre 2009, par notre partenaire IRIN
Source : afrik.com
10:58 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, robert mugabe, réforme agraire
mardi, 15 septembre 2009
Un rapprochement à petits pas
L’iceberg qui gelait les relations entre le Zimbabwe et l’Europe semble perdre de la taille du fait d’un récent coup de soleil. En tout cas, la visite d’une délégation de l’Union européenne à Harare ce week-end en a la chaleur. D’ailleurs, le président Robert Mugabe l’a accueillie avec un large sourire, les bras largement ouverts avec en prime un tapis rouge ! Même si le thermomètre n’a pas enregistré de changements bouleversants, le mercure est sans doute monté de quelques centigrades lors de ces retrouvailles, après sept ans de séparation et de bouderie. Retrouvailles dues à quelques concessions de part et d’autre.
De fait, Robert Mugabe a pris le soin ces derniers temps de moins tirer de façon sanglante les oreilles de ses opposants, et l’inflation qui dégonflait à longueur d’années les poches des Zimbabwéens a tendance à évoluer vers la baisse. De quoi faire desserrer les dents de l’Occident qui reconnaît aussi qu’il ne fallait pas tenir compte des diatribes et des attaques verbales acides du président du Zimbabwe. Ce dernier a d’ailleurs intérêt à ne pas se prendre pour un Mouammar Khadafi et à mettre du miel sur sa langue. "Le Guide" libyen peut propulser des laves de volcan en ébullition sur ses vis-à-vis car son pétrole et ses dollars s’empresseront de les couvrir. On ne rugit pas inconsidérément lorsqu’on n’a pas les crocs et la crinière du lion. Le Zimbabwe est mal en point économiquement et n’a pas de pharmacies pétrolifères pour se soigner, sauf la perfusion et les comprimés financiers que seule l’Europe peut lui apporter. Mugabe a donc intérêt à dire que les Blancs sont "propres" même s’il les considère comme étant l’insalubrité rendue humaine. C’est certes frustrant, mais lorsqu’on a besoin du service d’une personne, on supporte ses caprices.
D’ailleurs, les sanctions tiennent toujours le pays dans leurs serres car pour la ministre suédoise à la Coopération, membre de `la délégation, "l’heure n’est même pas à la discussion sur cette question." Autrement dit donc, cette visite n’est pas un dégel fulgurant au point de provoquer une effusion d’amitié et un déluge d’euros pour Harare. L’Union européenne avance à pas de caméléon sur la branche du Zimbabwe et n’a fait qu’entrebâiller le portail de sa coopération. On peut dire qu’elle a raison, vu les sautes d’humeur imprévisibles du maître de Harare. Robert Mugabe ainsi que Morgan Tsvangirai ont donc encore du pain sur la planche avant que ce portail ne soit complètement ouvert, d’autant plus que les opposants ont tenu récemment un meeting pour accuser le premier de ne pas respecter les accords conclus dans le cadre du gouvernement d’union. Néanmoins, les relations entre l’Union européenne et le Zimbabwe ont pris une nouvelle tournure et la machine de la coopération est sur le point d’être mise sur les rails du développement du pays. Reste à croiser les doigts pour qu’il n’y ait pas de malencontreuses embardées en cours de route.
Par Abdou ZOURE
lepays.bf
10:51 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, ue, robert mugabe
lundi, 14 septembre 2009
Tsvangirai accuse Mugabe de violer l'accord de partage du pouvoir
Tsvangirai accuse notamment le parti du président Mugabe de persécuter les députés du MDC© AFP Le Premier ministre Morgan Tsvangirai a accusé dimanche le président Robert Mugabe de violer leur accord de partage du pouvoir au Zimbabwe, devant des milliers de partisans réunis dans son fief de Bulawayo pour célébrer les 10 ans de son parti Mouvement pour le changement démocratique (MDC).
M. Tsvangirai a accusé la formation présidentielle ZANU-PF de continuer à persécuter ses partisans, malgré les garanties d'indépendance politique contenues dans l'accord commun, entré en vigueur en février avec la création du gouvernement d'union.
"Je ne vais pas en rester là alors que la ZANU-PF continue de violer la loi, persécute nos députés, répand le langage de la haine, envahit nos exploitations agricoles (et) ignore nos traités internationaux", a-t-il dit, se voulant rassurant sur son rôle dans cette équipe gouvernementale.
Créée sous la pression internationale, elle doit sortir le pays de la paralysie politique née de la défaite du régime aux élections de mars 2008.
"Je ne vais pas rester sans bouger et laisser tout cela se passer".
"Un pas dans la bonne direction"
"J'ai tenu mon rôle pour promouvoir la réconciliation dans ce pays. Même après avoir remporté l'élection, j'ai passé un compromis pour le bien du Zimbabwe", a ajouté M. Tsvangirai.
Danseurs aux masques traditionnels recouverts de plumes, chorales et groupes pop ont chauffé les militants du MDC, réunis dans un stade de Bulawayo, la seconde ville du pays.
Ce rassemblement a eu lieu au lendemain d'une visite d'une délégation de haut niveau de l'Union européenne, première à visiter ce pays en sept ans. Elle a rencontré MM. Mugabe et Tsvangirai, ancien syndicaliste et opposant historique.
"La décision de participer au gouvernement n'a pas été facile à prendre", avait reconnu Tsvangirai devant les responsables du MDC samedi soir. "Mais c'est un pas dans la bonne direction".
Le peuple mieux loti
Le rassemblement de dimanche devait aussi permettre de rendre hommage aux 300 membres que le parti affirme avoir perdus dans des violences politiques contre le régime Mugabe. Tsvangirai a lui-même été victime de quatre tentatives d'assassinat.
Dès sa création, le 11 septembre 1999, le MDC a rassemblé l'opposition à un régime qui a toujours exercé la violence. Son succès aux élections générales de mars 2008, qui lui donne 110 députés sur 220, a choqué le régime confronté à sa première défaite depuis son arrivée au pouvoir à l'indépendance en 1980.
Toujours en 2008, Tsvangirai menait au premier tour de la présidentielle, devant Robert Mugabe, 85 ans aujourd'hui. Mais il avait dû abandonner en invoquant l'acharnement contre ses partisans.
Pour beaucoup de Zimbabwéens, la situation s'est améliorée cette année, depuis l'abandon de la monnaie nationale devenue obsolète à cause de l'hyperinflation et moins de contrôle sur les prix, ce qui a permis le réapprovisionnement des magasins.
"Nous sommes désormais libres. Nous avons du travail, nous avons à manger", témoigne Gladys Sengwayo, 44 ans, venue participer à ce rassemblement.
Le coup de pouce européen
Le Zimbabwe reste cependant isolé sur le plan international, malgré les efforts du Premier ministre pour renouer des liens avec les Occidentaux qui ont imposé depuis 2002 des sanctions surtout destinées à Mugabe et à son entourage.
Un membre de délégation de l'UE a indiqué dimanche soir à Johannesburg, ville voisine, qu'elle aura donné un total de 90 millions d'euros d'aide au Zimbabwe en 2009, tout en maintenant ses sanctions, et qu'elle avait contribué pour 7,5 millions d'euros pour un programme d'éducation qui sera lancé lundi.
"S'il y a une réponse positive, nous pourrons faire davantage. Nous sommes en train actuellement d'oeuvrer au sein de la Commission européenne sur un programme d'ensemble et nous espérons le finaliser d'ici la fin du mois", a indiqué le commissaire au développement de l'UE, Karel de Gucht, lors d'un point de presse.
16:59 Publié dans AFRIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zimbabwe, robert mugabe, morgan tsvangirai, mdc, pouvoir
samedi, 12 septembre 2009
Mugabe accueille les délégués de l'UE "à bras ouverts"
Robert Mugabe souffle el chaud et le froid avec l'Occident© AFP Le président zimbabwéen a accueilli samedi les délégués de l'Union européenne "à bras ouverts". La veille, Robert Mugabe avait dénoncé "les ingérences des sales Blancs dans les affaires du Zimbabwe".
Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a accueilli samedi "à bras ouverts" la première délégation de haut niveau de l'Union européenne à se rendre dans le pays depuis sept ans, sur fond de tensions diplomatiques autour de la question des sanctions.
"Nous vous accueillons à bras ouverts. Nous espérons que nos discussions seront fructueuses et auront une conclusion positive", a déclaré sur un ton jovial le président du Zimbabwe avant le début de la réunion avec le commissaire européen à l'aide au développement Karel De Gucht et la ministre suédoise à la coopération et du développement international, Gunilla Carlsson.
"Sales Blancs"
Cette déclaration apaisante tranche après une violente sortie vendredi, au cours de laquelle Robert Mugabe a dénoncé les ingérences des "sales Blancs" dans les affaires du Zimbabwe.
"Qui a dit que les Britanniques et les Américains doivent commander les autres ? Nous n'avons pas invité ces sales Blancs. Ils veulent fourrer leur nez dans nos affaires. Refusez ça", a lancé aux jeunes de son parti Robert Mugabe, 85 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980.
Il a également souligné qu'il ne reviendrait pas sur sa réforme agraire controversée, lancée en 2000 et visant à redistribuer aux Noirs les terres détenues par les fermiers blancs dans le but de réduire les inégalités, mais qui s'est soldée par le départ forcé de plus de 4. 000 fermiers blancs et qui a totalement désorganisé la production.
Après une inflation de l'ordre de plusieurs milliards pour cent en 2008, les prix ont toutefois commencé à baisser cette année et les investisseurs semblent de nouveau attirés par cet ancien grenier à céréales.
Sanctions
L'Union européenne a envoyé une délégation de haut niveau au Zimbabwe pour la première fois depuis l'imposition des sanctions en 2002, afin d'étudier un éventuel déblocage à terme de son aide au développement.
Ces sanctions incluent notamment un gel de l'aide européenne, en dehors de l'aide humanitaire et sociale directe à la population, ainsi que l'interdiction de présence sur le sol européen pour M. Mugabe, sa femme Grace et leur entourage.
La réunion entre les deux parties débute alors que les dirigeants de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC - 15 pays) ont réclamé mardi lors d'un sommet à Kinshasa la fin des sanctions européennes et américaines afin de promouvoir les investissements, mais sans pour autant vouloir protéger Robert Mugabe.
Mais le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, a affirmé jeudi que l'Union n'était "pas prête" à lever les sanctions, prises pour sanctionner les violations des droits de l'Homme dans le pays.
Crise économique sans précédent
Le Zimbabwe est en proie depuis une décennie à une crise économique sans précédent, mais la formation d'un gouvernement d'union nationale a suscité l'espoir d'une amélioration alors que l'écrasante majorité des habitants est au chômage et n'a pas les moyens de se nourrir.
Le gouvernement d'union, créé en février sous la pression internationale pour sortir le Zimbabwe de la paralysie politique née de la défaite du régime aux élections générales de mars 2008, réunit le président Mugabe et l'ex-opposant Morgan Tsvangirai, aujourd'hui Premier ministre et que la délégation européenne doit rencontrer dimanche.
Plusieurs points de désaccord subsistent toutefois entre les deux hommes, en conflit ouvert notamment sur la nomination du gouverneur de la Banque centrale et la poursuite des violations des droits de l'Homme.
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