jeudi, 24 septembre 2009
Karachi: secret défense ou pas ?
Par Éric Pelletier(lepoint), publié le 24/09/2009
Le mystère de l'attentat contre le bus de la Direction des constructions navales (DCN) sera-t-il élucidé?
Ce jeudi, la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) doit rendre un avis très attendu. Les membres de cette autorité administrative indépendante examinent depuis la fin du mois d'août une série de documents fournis par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).
Ces pièces évoquent l'attentat commis contre un bus transportant des personnels de la Direction des constructions navales (DCN), le 8 mai 2002, à Karachi, au Pakistan (14 morts, 12 blessés). Le juge d'instruction parisien Marc Trévidic souhaite la communication de ces notes, afin de savoir si l'attentat est lié à l'arrêt du versement de commissions à des intermédiaires.
L'avis de la commission (favorable ou non à une levée partielle ou totale du secret) sera transmis au ministre de la Défense, seul habilité à prendre la décision.
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vendredi, 17 juillet 2009
France : Le secret défense étendu, les magistrats protestent
Par RFI. Article publié le 17/07/2009
Le Parlement français a définitivement adopté le projet de loi de programmation militaire pour la période 2009-2014. Cette loi introduit notamment une réforme du secret défense désormais appliqué à des lieux et non plus seulement à des documents, une initiative qui a provoqué une très vive polémique.
Jacques Belle, président de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), une autorité administrative indépendante, chargée d'émettre un avis avant toute déclassification d'information protégée par le secret de la défense nationale.
(Photo : Pierre Verdy/AFP)
Face à cette volée de critiques, Matignon a dû transiger pour finalement accepter que la liste des lieux classifiés soit rendue publique et réexaminée tous les 5 ans ; ce n'était pas le cas dans la première mouture du texte
Cette timide concession ne remet pas en cause le dispositif : les juges d'instruction ne pourront plus se rendre dans les lieux classifiés. Ils devront d'abord avertir la Commission consultative du secret de la défense nationale, obtenir le feu vert du gouvernement et enfin, être accompagnés pendant leur visite des lieux.
Un dispositif lourd et bien verrouillé, adopté en réaction aux perquisitions de magistrats dans les locaux de la DGSE lors de l'affaire Clearstream ou encore de l'Elysée dans l'affaire de la mort du juge Borel. Désormais, l'exécutif pourra se protéger contre les juges trop curieux, s'inquiètent les syndicats de magistrat. Pour ces derniers, avec cette loi, il sera encore plus difficile d'enquêter sur les affaires sensibles, les affaires politico-financières...
18:14 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, secret défense
mardi, 14 juillet 2009
Armée : la Grande... Pipelette
AFP PHOTO / POOL / PHILIPPE WOJAZER
Nicolas Sarkozy le 14 juillet fait face à des soldats de l'armée française.
Secret-défense ? Voire... Les militaires bavardent de plus en plus sur les blogs et dans les forums. Trop au goût de l'état-major, qui a pris des directives au nom de la sécurité, et tente d'accompagner cet engouement pour mieux le maîtriser.
"Ce n'est plus la Grande Muette, c'est devenu la Grande Pipelette !" Ce trait d'humour n'est pas qu'une plaisanterie du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Elrick Irastorza. Depuis quelque temps, blogs, sites d'actualité et autres forums fleurissent dans les armées. Le ministère de la Défense lui-même va créer, à l'occasion du 14-Juillet, une "chaîne" Défense sur le site de vidéos online Dailymotion (voir l'encadré page 28). Le phénomène n'atteint pas celui des milblogs (blogs de militaires) américains - apparus avec la guerre en Irak - mais il est pris au sérieux par la hiérarchie. Il en va du moral des troupes, de leur image et de leur sécurité.
Trop bavards, les militaires ? On est loin de l'image d'Epinal d'une institution cadenassée, repliée sur ses secrets - même s'ils demeurent. Voilà venu le temps du "soldat médiatique", issu de la génération Internet, à la fois acteur et témoin des opérations militaires, grâce à son appareil photo numérique, à son ordinateur et à son téléphone portable. On trouve ce nouveau spécimen sur des forums spécialisés, où des jeunes hommes - et quelques femmes - parlent métier, armes, équipement, réglementation du port de l'uniforme... Des discussions techniques, souvent absconses.
D.R
Commandopara, un blog pour dire le quotidien du soldat : "Quelle galère..."
En 2007, le Centre d'études en sciences sociales de la défense a mené une enquête sur une trentaine de blogs militaires (1), aux noms évocateurs (Commandopara, Bidassattittude, Marsouin72, Militetedemort, Matelot18...). Les soldats témoignent de leurs expériences en "opex" (opérations extérieures) où ils sont déployés, en Afrique, dans les Balkans ou en Afghanistan. Comme dans un journal intime ou un carnet de campagne illustré par des photos, ils se mettent en scène, racontent leur quotidien, décrivent leurs conditions de vie et de travail et, parfois, ressassent leur ennui. "En attendant de rentrer [en France], nous faisons comme d'habitude : nous attendons que ça se passe !!! Et, il faut bien l'admettre, ''attendre que ça passe'', je commence à en avoir ras-le-c... !" lâche Romanocrazy, 22 ans, lors d'une mission à l'aéroport de Kaboul.
En Afghanistan, c'est plutôt la guerre que les militaires relatent aujourd'hui. La vraie, et celle qu'ils s'inventent. L'anonymat du blogueur favorise la mythomanie. Seven70, qui semble appartenir aux troupes de marine, diffuse sur Dailymotion une séquence intitulée "Une journée ordinaire en Afghanistan", où l'on voit des scènes impressionnantes de tirs de roquettes et de combats dans le noir. Il s'agit, en réalité, d'un montage d'images, provenant en partie d'un documentaire d'un journaliste américain.
"Le portable, c'est comme avoir sa femme dans sa poche"
C'est une autre histoire quand les hommes dévoilent leurs modes d'action. L'an dernier, des soldats d'une OMLT (Operational Mentoring Liaison Team, équipe conseillant et entraînant l'armée afghane) ont exposé comment ils repéraient et désarmaient les IED (improvised explosives devices, engins explosifs improvisés), l'arme favorite des insurgés. Sans doute pensaient-ils valoriser leur travail. Le commandement est intervenu pour retirer ces données sensibles.
Cela paraît un comble, mais les militaires - notamment les plus jeunes - n'ont pas toujours conscience des renseignements qu'ils divulguent. Lorsque, l'an dernier, trois Super Etendard ont été déployés en Afghanistan, des aviateurs ont débattu des capacités de cet avion de l'aéronavale, sur le blog Secret défense, animé par le journaliste Jean-Dominique Merchet. Pour étayer leurs propos, et échauffés par leur échange, ils sont allés jusqu'à révéler des éléments d'une fiche confidentielle de l'état-major...
Les blogs sont devenus de véritables sources d'information. Pas seulement pour les journalistes. Ce qui inquiète les armées. La DPSD (ex-sécurité militaire) a sonné l'alarme l'été dernier. Le 30 juillet 2008, Elrick Irastorza a signé une directive pour sensibiliser les personnels à cette "nouvelle vulnérabilité", au fait que la plus anodine des indications opérationnelles (photos des sites, dates de relève, désignation des unités...) fait courir un risque au déroulement des missions, à la vie des hommes et à la tranquillité de leur famille. "Pour des raisons de sécurité évidentes, la confidentialité de nos opérations est impérative", souligne le colonel Benoît Royal, chef du Sirpa Terre. Ce service d'information de l'armée de terre est intervenu pour modifier le contenu de plusieurs sites animés par des régiments. La tâche est plus compliquée quand il s'agit d'un blog personnel ou de vidéos postées sur un site communautaire.
Même si les risques sont différents, les trois armées sont concernées. Pour des trafiquants de drogue, par exemple, la simple position d'un bâtiment militaire est une information capitale. Pour empêcher les fuites involontaires, avant l'arraisonnement d'un bateau qui se livre à un tel trafic, le "pacha" (le commandant) coupe toutes les communications extérieures. "Nous n'avons jamais contrôlé une conversation ni censuré de texte. Nous préférons dire aux hommes : "Vous ne pouvez pas envoyer de message à ce moment-là." Car nous savons qu'en face des gens nous écoutent", explique le capitaine de vaisseau Jérôme Erulin, chef du Sirpa Marine.
Les mêmes raisons ont conduit l'armée de terre à encadrer l'usage des téléphones portables en opération. On le sait, des effets personnels, dont un téléphone, ont été volés sur les dépouilles des soldats morts dans la vallée d'Uzbin, en août dernier. On sait moins que, peu après le drame, la famille de l'un d'eux a reçu plusieurs appels menaçants, dans une langue qu'elle ne comprenait pas. Les Français ont retrouvé le téléphone disparu sur le corps d'un insurgé qui a été tué. Dans la mémoire de l'appareil figuraient un répertoire téléphonique complet, des photos de famille et d'une crèche... Avant de partir en mission, chaque soldat doit désormais déclarer tous les Caméscope, ordinateurs et autres smartphones en sa possession. Il doit également vider la carte SIM et la mémoire interne de son téléphone mobile. S'il refuse, le chef du détachement peut lui interdire de prendre cet objet en mission, comme le permet le Statut général des militaires.
Forcément, ça grogne un peu dans les rangs. "Le téléphone, c'est aussi l'instrument qui peut vous sauver la vie si vous vous retrouvez isolé", remarque un fantassin. "A certains moments, j'ai pu donner mes ordres grâce à mon mobile, à cause d'une panne de la radio", ajoute un officier. Le sujet est en fait très délicat, car il est aussi psychologique et peut affecter le moral des hommes. "Le portable est le seul lien permanent avec la famille ; c'est comme avoir sa femme dans sa poche", observe un gradé. D'un autre côté, la moindre tension à l'autre bout du fil peut empêcher le soldat d'être pleinement concentré sur sa mission.
Pour les chefs de corps, les problèmes posés par les nouvelles technologies ne sont pas anodins. Ils sont d'ailleurs largement abordés lors de la préparation opérationnelle des unités avant leur départ à l'étranger. "J'avais le souci que les soldats puissent envoyer des nouvelles, mais j'ai prévenu que tout dérapage devrait être assumé, car il pouvait mettre en péril le groupe tout entier", explique le colonel Jacques Aragones, patron du 8e RPIMa, premier régiment à se rendre en Kapisa en 2008. Un blog avait ainsi été ouvert, avec un accès libre. La polémique née après l'embuscade de la vallée d'Uzbin a donné lieu à un déferlement de critiques sur la présence des Français en Afghanistan, le niveau de préparation et l'équipement des soldats. Si bien que l'officier a décidé, pour préserver la sérénité de tous, de bloquer temporairement les commentaires, puis d'en limiter l'accès aux familles. Pour que le commandement évite à l'avenir de tels excès, le chef d'état-major de l'armée de terre a fait de la "maîtrise de la communication" son cinquième axe d'effort pour 2009. "Communiquer, écrit-il, est un acte de combat."
La défense en ligne
Voilà plus d'un an que la Défense a pris conscience qu'il lui fallait accompagner le développement des blogs. En interne, les trois chefs d'état-major (terre, air, mer) ont déjà créé les leurs. Le 14 juillet verra la création d'une "chaîne" Défense sur Dailymotion, avec des reportages dans les coulisses du défilé, des images d'archives inédites, des interviews exclusives... "Nous cherchons à toucher les internautes là où ils sont", explique Laurent Teisseire, délégué à l'information et à la communication. Pour l'institution, l'enjeu est triple : permettre l'expression des personnels dans un espace maîtrisé, valoriser le ministère sur un média moderne, réactif et non-institutionnel, peser sur le débat public.
Romain rosso
21:41 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : armée, secret défense
samedi, 04 juillet 2009
ATTENTAT DE KARACHI : Les juges demandent la levée du secret défense
Publié le 04/07/2009 par Le Point.fr
Par Hervé Gattegno

Le 8 mai 2002, à Karachi (Pakistan), le bus des ouvriers de la DCN est la cible d'un kamikaze © AAMIR QURESHI / AFP
Dans leur demande, adressée au ministre de la Défense Hervé Morin, les magistrats rappellent que certains éléments remis à la justice laissent envisager une piste politico-financière, dès lors que "les commissions légalement prévues [sur la vente des sous-marins] n'auraient pas été intégralement honorées" ; l'attentat pourrait ainsi avoir constitué une forme de rétorsion contre la France et la DCN en raison de l'inexécution d'un engagement financier. Le blocage des commissions était effectivement intervenu en 1996 sur ordre de Jacques Chirac - ainsi que Le Point l'avait révélé dès le 4 décembre 2008 -, parce que le chef de l'Etat soupçonnait ses rivaux balladuriens de vouloir capter une partie des commissions à des fins de financement politique.
Depuis que les juges ont indiqué aux familles des victimes de l'attentat que la piste des commissions non honorées leur paraissait "cruellement logique" et que l'hypothèse d'un acte commis par Al-Qaeda semble abandonnée, l'ancien ministre de la Défense, Charles Millon, a confirmé - dans un entretien à Paris Match - la consigne donnée par Jacques Chirac et les soupçons se concentrent sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Ce dernier a toutefois balayé ces accusations, qu'il a jugées "parfaitement infondées". Interrogé le 26 juin sur France Info , l'actuel ministre de la Défense, Hervé Morin, s'était déclaré favorable à la déclassification des dossiers liés à cette affaire : "Pour éviter le fantasme, il faut jouer la transparence", avait-il souligné, précisant : "Sur la question pakistanaise, si les juges demandent la déclassification, ils auront la déclassification."
14:58 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : attentat de karachi, secret défense






