samedi, 26 décembre 2009

Les conspirationnistes s'emparent de l'agression de Berlusconi

Liberation.fr


Sur le Net, des vidéos laissent entendre que l'agression dont a été victime le président du Conseil italien il y a dix jours a été organisée pour le victimiser. Si la crédibilité des montages semble nulle, elle témoigne d'un climat très tendu en Italie.


Par SYLVAIN MOUILLARD


Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi (C), après avoir été agressé le 13 décembre 2009

Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi (C), après avoir été agressé le 13 décembre 2009 à Milan (AFP Livio Anticoli)



Neil Armstrong n'a jamais marché sur la Lune. Les attentats du 11 Septembre ont été fomentés par la CIA et l'administration Bush. Et Silvio Berlusconi n'a pas été agressé par Massimo Tartaglia le 13 décembre. Voici la dernière thèse complotiste qui circule depuis quelques jours en Italie. Elle s'appuie sur plusieurs vidéos diffusées anonymement sur Internet, qui ont été visionnées par des centaines de milliers de personnes.

Montage choc, musique dramatisante, sous-titres interrogateurs... La principale vidéo, titrée «L'agression contre Berlusconi est-elle un montage?», propage la thèse d'un «11 Septembre à l'italienne». Si le procédé est connu, la réalisation est bien moins assurée que dans le film Loose Change.

Le court montage semble néanmoins produire son effet chez une partie de la population italienne. L'argumentaire est simple: plusieurs «indices» permettent de douter de la version dite officielle de l'agression de Berlusconi. Ainsi, la caméra s'écarterait opportunément au moment où Massimo Tartaglia attaque le président du Conseil, de sorte que l'on ne voit pas les coups portés au visage de ce dernier.

Berlusconi en hausse dans les sondages

Quelques minutes après l'agression, une photo montrerait un des gardes du corps dans la voiture du Cavaliere, manipulant un aérosol qui contiendrait du sang factice. Enfin, la coagulation que semblent montrer plusieurs photographies serait trop rapide pour être honnête.

Selon Eric Joszef, correspondant de Libération à Rome, la crédibilité de ces arguments est nulle. Mais l'objectif est ailleurs. «Il y a deux idées derrière ce montage, explique le journaliste. Laisser entendre que l'agression était organisée pour permettre à Berlusconi de faire oublier ses ennuis judiciaires. Et illustrer ainsi la dérive autoritaire du pouvoir.»

Pour les complotistes, la thèse de la stratégie de la victimisation fonctionne d'autant plus que la cote de confiance de Berlusconi vient de remonter de trois points (à 48%), après sept mois de descente constante, selon un sondage du quotidien de gauche La Republicca. Selon Eric Joszef, «c'est révélateur d'un climat anti-Berlusconi largement répandu» qui pousserait certains à accorder du crédit aux idées les plus douteuses.

Ambiance délétère

La presse, elle, garde ses distances avec ces allégations. Ainsi, le «Corriere della Sera» souligne le «ridicule de la situation», alors qu'Eve Mongin, blogueuse de Libération.fr en Italie, affirme que les «Italiens accordent l'importance qu'elle mérite à cette affaire, c'est-à-dire pas grand-chose». «Il y a une telle personnalisation du pouvoir que cela attise les haines comme les passions. Et l'agression contre Berlusconi a polarisé encore davantage les choses», confie-t-elle.

Dans la classe politique, on s'inquiète de la propagation de ces rumeurs par quelques blogueurs ou éditorialistes, et, plus globalement, de l'ambiance délétère dans la péninsule. Fabrizio Cicchitto, un responsable du Peuple de la liberté, le parti de Berlusconi, a ainsi fustigé certains médias et accusé l'opposant Antonio Di Pietro de «vouloir presque transformer la confrontation (politique) en une guerre civile».

Ce dernier, ex-juge anti-corruption, a répondu: «Nous ne faisons pas une opposition par haine envers Berlusconi mais par amour pour notre pays.» Pour Rosy Bindi, présidente du Parti démocrate, première formation d'opposition, la confrontation et le dialogue avec la majorité de centre-droit de Berlusconi «doivent avoir lieu au Parlement».

C'est dans ce contexte que le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, a annoncé qu'il proposera jeudi en Conseil des ministres des mesures pour fermer les sites Internet «incitant à la violence» et limiter les contestations lors de manifestations publiques. Certains responsables politiques se sont d'ores et déjà dit préoccupés pour la liberté d'expression.

mardi, 22 décembre 2009

Les conspirationnistes s'emparent de l'agression de Berlusconi

Par liberation.fr, paru le 22/12/09


Sur le Net, des vidéos laissent entendre que l'agression dont a été victime le président du Conseil italien il y a dix jours a été organisée pour le victimiser. Si la crédibilité des montages semble nulle, elle témoigne d'un climat très tendu en Italie.


Par SYLVAIN MOUILLARD


Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi (C), après avoir été agressé le 13 décembre 2009

Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi (C), après avoir été agressé le 13 décembre 2009 à Milan (AFP Livio Anticoli)


Neil Armstrong n'a jamais marché sur la Lune. Les attentats du 11 Septembre ont été fomentés par la CIA et l'administration Bush. Et Silvio Berlusconi n'a pas été agressé par Massimo Tartaglia le 13 décembre. Voici la dernière thèse complotiste qui circule depuis quelques jours en Italie. Elle s'appuie sur plusieurs vidéos diffusées anonymement sur Internet, qui ont été visionnées par des centaines de milliers de personnes.

Montage choc, musique dramatisante, sous-titres interrogateurs... La principale vidéo, titrée «L'agression contre Berlusconi est-elle un montage?», propage la thèse d'un «11 Septembre à l'italienne». Si le procédé est connu, la réalisation est bien moins assurée que dans le film Loose Change.

Le court montage semble néanmoins produire son effet chez une partie de la population italienne. L'argumentaire est simple: plusieurs «indices» permettent de douter de la version dite officielle de l'agression de Berlusconi. Ainsi, la caméra s'écarterait opportunément au moment où Massimo Tartaglia attaque le président du Conseil, de sorte que l'on ne voit pas les coups portés au visage de ce dernier.


Berlusconi en hausse dans les sondages

Quelques minutes après l'agression, une photo montrerait un des gardes du corps dans la voiture du Cavaliere, manipulant un aérosol qui contiendrait du sang factice. Enfin, la coagulation que semblent montrer plusieurs photographies serait trop rapide pour être honnête.

 

Selon Eric Joszef, correspondant de Libération à Rome, la crédibilité de ces arguments est nulle. Mais l'objectif est ailleurs. «Il y a deux idées derrière ce montage, explique le journaliste. Laisser entendre que l'agression était organisée pour permettre à Berlusconi de faire oublier ses ennuis judiciaires. Et illustrer ainsi la dérive autoritaire du pouvoir.»

Pour les complotistes, la thèse de la stratégie de la victimisation fonctionne d'autant plus que la cote de confiance de Berlusconi vient de remonter de trois points (à 48%), après sept mois de descente constante, selon un sondage du quotidien de gauche La Republicca. Selon Eric Joszef, «c'est révélateur d'un climat anti-Berlusconi largement répandu» qui pousserait certains à accorder du crédit aux idées les plus douteuses.


Ambiance délétère

La presse, elle, garde ses distances avec ces allégations. Ainsi, le «Corriere della Sera» souligne le «ridicule de la situation», alors qu'Eve Mongin, blogueuse de Libération.fr en Italie, affirme que les «Italiens accordent l'importance qu'elle mérite à cette affaire, c'est-à-dire pas grand-chose». «Il y a une telle personnalisation du pouvoir que cela attise les haines comme les passions. Et l'agression contre Berlusconi a polarisé encore davantage les choses», confie-t-elle.

 

Dans la classe politique, on s'inquiète de la propagation de ces rumeurs par quelques blogueurs ou éditorialistes, et, plus globalement, de l'ambiance délétère dans la péninsule. Fabrizio Cicchitto, un responsable du Peuple de la liberté, le parti de Berlusconi, a ainsi fustigé certains médias et accusé l'opposant Antonio Di Pietro de «vouloir presque transformer la confrontation (politique) en une guerre civile».

 

Ce dernier, ex-juge anti-corruption, a répondu: «Nous ne faisons pas une opposition par haine envers Berlusconi mais par amour pour notre pays.» Pour Rosy Bindi, présidente du Parti démocrate, première formation d'opposition, la confrontation et le dialogue avec la majorité de centre-droit de Berlusconi «doivent avoir lieu au Parlement».

 

C'est dans ce contexte que le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, a annoncé qu'il proposera jeudi en Conseil des ministres des mesures pour fermer les sites Internet «incitant à la violence» et limiter les contestations lors de manifestations publiques. Certains responsables politiques se sont d'ores et déjà dit préoccupés pour la liberté d'expression.

mercredi, 16 décembre 2009

Berlusconi souffre mais reste un «volcan qui entre en éruption le matin»

Créé le 16.12.09 ar 20minutes.fr



Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi est secouru par la police après avoir été attaqué par un homme lors d'un meeting électoral, Milan, le 13 décembre 2009.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi est secouru par la police après avoir été attaqué par un homme lors d'un meeting électoral, Milan, le 13 décembre 2009. /REUTERS

Il a passé une mauvaise nuit. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, blessé au visage dimanche soir par un déséquilibré, a passé une nuit moins tranquille en raison de douleurs, selon ses médecins qui décideront à la mi-journée s'il sort comme prévu ce mercredi. Par ailleurs la police a arrêté un jeune homme dans l’hôpital alors qu’il arrivait à l’étage où le chef du Conseil est hospitalisé.

«Silvio Berlusconi a passé une nuit moyennement tranquille. Il s'est réveillé avec des douleurs au cou. Le docteur Alberto Zangrillo (médecin personnel du chef du gouvernement, ndlr) va l'examiner vers midi», a déclaré Paolo Klun, directeur de la communication de l'établissement hospitalier.

Un coup de fil d'Obama

«La persistance de ces douleurs préoccupe un peu également parce que les douleurs aux cervicales (dont Berlusconi souffrait déjà avant l'agression de dimanche soir, ndlr) se sont réveillées», a déclaré son porte-parole Paolo Bonaiuti, sur la chaîne de télévision publique Rai.

Selon Paolo Bonaiuti, Silvio Berlusconi a été très content mardi soir de recevoir la visite de Clarence Seedorf et Thiago Silva, deux joueurs de son club de footbal, l'AC Milan, et un coup de fil du président américain Barack Obama.

«Difficile sinon impossible de le tenir tranquille»

La journée de Berlusconi a commencé comme d'habitude vers 7 heures du matin avec la lecture des journaux, selon son porte-parole qui l'a qualifié de «volcan qui entre en éruption le matin». «C'est un grand travailleur, il sera difficile sinon impossible de le tenir tranquille, loin du travail et de ses obligations», a-t-il ajouté.

Silvio Berlusconi a dû annuler une rencontre lundi soir avec le Premier ministre monténégrin Milo Djukanovic et un déplacement prévu ce mercredi à la conférence sur le climat de Copenhague. Selon le porte-parole, la conférence de presse de fin d'année reste incertaine pour le moment.

M. D. avec agence

 

Un homme arrêté pour avoir voulu s'introduire dans la chambre d'hôpital de Silvio Berlusconi

RTL info, 16 déc. 2009


Un jeune homme a été interpellé dans la nuit de mardi à mercredi dans l'hôpital où se trouve Silvio Berlusconi, alors qu'il était arrivé à l'étage où se trouve le chef du gouvernement italien. Âgé de 26 ans et originaire de Turin, il a été bloqué à 2H du matin au septième étage de l'hôpital, là où se trouve le chef du gouvernement. A sa sortie de l'ascenseur, il a été immédiatement immobilisé par les gardes du corps et les policiers. L'homme qui semble avoir un problème mental a précisé qu'il voulait simplement parler au chef du gouvernement.

jeudi, 03 décembre 2009

Sarkozy refuse les clics et prend ses claques

Platon, photographe attitré du célèbre magazine new-yorkais «The New Yorker», a tiré le portrait de 49 dirigeants du monde. Le président français, qui «déteste les photos», est absent de cette impressionnante galerie.

 

Libération.fr

Capture d'écran du site du New Yorker.

Capture d'écran du site du New Yorker. (DR)


Ils sont presque tous là. Il y a Barack Obama, sérieux. Silvio Berlusconi, narquois. Dmitri Medvedev, toisant. Mais aussi Gordon Brown, Silvio Berlusconi, Mahmoud Abbas, Mahmoud Ahmadinejad, Robert Mugabe, ou encore Mouammar Kadhafi et Hugo Chavez.

Au total, ce sont 49 chefs d'État et de gouvernement qui ont posé pour Platon, le photographe du prestigieux magazine américain «The New Yorker». La séance photo s'est déroulée en septembre dernier, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, et s'est étalée sur cinq jours.

Parmi les absents de marque, Hu Jintao (Chine), Angela Merkel (Allemagne) mais aussi Nicolas Sarkozy. Le président français n'a pas voulu se prêter à cette exceptionnelle séance de photographie. Platon, interviewé par la radio américaine NPR, raconte l'échec de sa tentative d'approche auprès de Nicolas Sarkozy.

«Il était si impoli et agressif. C'était un choc pour moi. Quand je lui ai tendu la main, il l'a regardée et a refusé de la serrer. Il a dit (en français dans le texte, ndlr): " Qu'est-ce que c'est?! Non! Je déteste les photos!". Et il est parti en agitant la main en l'air et en criant: "Je déteste les photos".»

Si le photographe a pu installer son studio à deux pas des marches de l'Assemblée générale après un travail préparatoire de plusieurs mois des équipes du «New Yorker» auprès des délégations, il évoque également la difficulté à convaincre les dirigeants de se laisser tirer le portrait. «Pour eux, c'est pire que d'aller chez le dentiste», raconte-t-il.

Mais malgré un emploi du temps plus que serré, ils sont nombreux à accepter de consacrer 15 à 20 minutes à Platon. Pour eux, il s'agit aussi d'une reconnaissance. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi, demande qu'on le «prenne à [son] avantage».

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lui, inspire un sentiment «étrange» à Platon. «Il est très petit. Son esprit est presque enfantin. Il ricane comme un enfant. Mais il y a cet énorme entourage autour de lui, loin d'être enfantin. J'ai essayé de saisir cet air naïf dans son visage», témoigne le photographe. Qui avoue aussi que Jacob Zuma, le président sud-africain, «se moque» franchement de lui.

Sarkozy refuse les clics et prend ses claques

Platon, photographe attitré du célèbre magazine new-yorkais «The New Yorker», a tiré le portrait de 49 dirigeants du monde. Le président français, qui «déteste les photos», est absent de cette impressionnante galerie.

 

Libération.fr

Capture d'écran du site du New Yorker.

Capture d'écran du site du New Yorker. (DR)


Ils sont presque tous là. Il y a Barack Obama, sérieux. Silvio Berlusconi, narquois. Dmitri Medvedev, toisant. Mais aussi Gordon Brown, Silvio Berlusconi, Mahmoud Abbas, Mahmoud Ahmadinejad, Robert Mugabe, ou encore Mouammar Kadhafi et Hugo Chavez.

Au total, ce sont 49 chefs d'État et de gouvernement qui ont posé pour Platon, le photographe du prestigieux magazine américain «The New Yorker». La séance photo s'est déroulée en septembre dernier, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, et s'est étalée sur cinq jours.

Parmi les absents de marque, Hu Jintao (Chine), Angela Merkel (Allemagne) mais aussi Nicolas Sarkozy. Le président français n'a pas voulu se prêter à cette exceptionnelle séance de photographie. Platon, interviewé par la radio américaine NPR, raconte l'échec de sa tentative d'approche auprès de Nicolas Sarkozy.

«Il était si impoli et agressif. C'était un choc pour moi. Quand je lui ai tendu la main, il l'a regardée et a refusé de la serrer. Il a dit (en français dans le texte, ndlr): " Qu'est-ce que c'est?! Non! Je déteste les photos!". Et il est parti en agitant la main en l'air et en criant: "Je déteste les photos".»

Si le photographe a pu installer son studio à deux pas des marches de l'Assemblée générale après un travail préparatoire de plusieurs mois des équipes du «New Yorker» auprès des délégations, il évoque également la difficulté à convaincre les dirigeants de se laisser tirer le portrait. «Pour eux, c'est pire que d'aller chez le dentiste», raconte-t-il.

Mais malgré un emploi du temps plus que serré, ils sont nombreux à accepter de consacrer 15 à 20 minutes à Platon. Pour eux, il s'agit aussi d'une reconnaissance. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ainsi, demande qu'on le «prenne à [son] avantage».

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lui, inspire un sentiment «étrange» à Platon. «Il est très petit. Son esprit est presque enfantin. Il ricane comme un enfant. Mais il y a cet énorme entourage autour de lui, loin d'être enfantin. J'ai essayé de saisir cet air naïf dans son visage», témoigne le photographe. Qui avoue aussi que Jacob Zuma, le président sud-africain, «se moque» franchement de lui.

mercredi, 25 novembre 2009

Berlusconi rock star de l'année pour le Rolling Stone italien

lundi 23 novembre 2009 par Reuters

Photo

ROME (Reuters) - L'édition italienne du magazine Rolling Stone a désigné Silvio Berlusconi "rock star de l'année" au terme d'une année émaillée d'une série d'affaires de moeurs pour le président du Conseil.

 

Carlo Antonelli, rédacteur en chef, précise que le milliardaire a été choisi à l'unanimité de la rédaction "pour son caractère et son tempérament décidément 'rock and roll'".

 

"Rod Stewart, Brian Jones, Keith Richards à leur apogée étaient de jeunes blancs-becs par rapport à lui", affirme-t-il. "Le 'Neverland' de Michael Jackson était une chambre de bonne à côté de la Villa Certosa", la résidence sarde de Berlusconi, qui est âgé de 74 ans.

 

Malgré son ton ironique, Antonelli se défend de toute prise de position politique. "Nous sommes loin de dispenser des jugements de gauche ou de droite", dit-il.

 

Daniel Flynn, version française Jean-Stéphane Brosse

mardi, 27 octobre 2009

Berlusconi dispensé de Conseil

Silvio Berlusconi va sécher le Conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles. Le président du Conseil italien a une bonne excuse: il a attrapé la scarlatine.

berlusconiSilvio Berlusconi n'est pas au top de sa forme. (Reuters)


Silvio Berlusconi ne se rendra pas à Bruxelles jeudi, pour assister au Conseil européen. Pour s’excuser, le président du Conseil italien pourra présenter un certificat médical attestant qu’il a la scarlatine. Ce sont les médias transalpins, notamment l'agence ANSA et le quotidien Corriere della Sera, qui ont rapporté l’information validée un peu plus tard par Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères.

Il aurait contacté cette maladie contagieuse, rare chez les personnes de cet âge-là (73 ans), auprès de ses petits-enfants. Elle se manifeste par de la fièvre, une angine et des plaques rouges sur le corps et se soigne par des antibiotiques.

Un Conseil européen chargé

"J'ai des contacts réguliers avec lui, et c'est moi qui me rendrai jeudi et vendredi à Bruxelles", a ajouté le chef de la diplomatie italienne. En fin de semaine, les chefs de gouvernement doivent discuter de la République Tchèque et de l’ajustement qu’elle réclame pour ratifier le Traité de Lisbonne. Prague souhaite notamment une dérogation à la Charte des droits fondamentaux, qui permettrait, d’après la présidence tchèque, d'empêcher toute restitution des biens des Allemands des Sudètes confisqués après la Seconde guerre mondiale.

Au menu également, les premières discussions pour définir les candidats aux deux postes clés des futures institutions européennes: le président de l'Union européenne et de Haut représentant des Affaires étrangères de l'Union. Enfin, les dirigeants européens essaieront d’adopter une position commune sur le climat, pour aborder en rangs serrés la Conférence de Copenhague qui se tient en décembre prochain.

M.P. - leJDD.fr

Mardi 27 Octobre 2009

vendredi, 23 octobre 2009

"Sua Emittenza", justifie son surnom

REUTERS | 23.10.2009 | Par Daniel Flynn
Surnommé


ROME (Reuters) - Surnommé "Sua Emittenza" pour avoir bâti un empire médiatique sans égal en Italie, Silvio Berlusconi sait le pouvoir de la télévision et joue cartes sur table: face aux attaques, il compte sur le "petit écran" pour tenir tête à ses opposants et aux juges "rouges".

"Comprenez bien", disait-il un jour à l'un de ses associés, "si ce n'est pas à la télévision, alors ça n'existe pas!".

Après la récente décision de la Cour constitutionnelle d'annuler son immunité pénale, qu'il avait fait voter l'an dernier par un parlement tout acquis à sa cause, le président du Conseil, à nouveau passible des tribunaux, a réagi de façon symptomatique.

"Les procès contre moi sont de faux procès, ils sont ridicules, absurdes, et je le démontrerai aux Italiens en allant le dire à la télévision", a lancé "Il Cavaliere".

Dans un pays où près de 80% des habitants citent la télévision comme leur principale source d'information, le chef du gouvernement est le premier conscient du pouvoir de ce média sur l'opinion.

Chaque jour, 90% de la population regardent la télévision, notamment les chaînes de l'empire Mediaset contrôlées par la famille Berlusconi.

Mais de plus en plus nombreux sont les Italiens qui craignent que le président du Conseil, empêtré depuis des mois dans des scandales privés et depuis des années dans de vieilles affaires financières, ne succombe à la tentation d'utiliser son influence sur les médias pour étouffer toute critique.

LES CHAUSSETTES TURQUOISE DU JUGE...

Quand, au début du mois, le juge Raimondo Mesiano a condamné la holding du chef du gouvernement à verser 750 millions d'euros de dommages à une firme concurrente dans une affaire de corruption, Silvio Berlusconi a lancé: "Vous allez en entendre de belles à son sujet !"

Quelques jours plus tard, des images diffusées par Canale 5, une des chaînes de Berlusconi, montraient le magistrat marchant dans la rue, cigarette aux lèvres, pour se rendre chez le barbier. Jugeant son comportement "excentrique" et ses chaussettes turquoise "étranges", le commentateur le disait "impatient" et affirmait qu'il ne pouvait se détendre que chez le barbier, après une "énième" cigarette.

"Berlusconi a toujours utilisé ses entreprises de presse pour détruire, calomnier, ridiculiser et humilier ceux qu'il considère comme ses ennemis", déclare Alex Stille, professeur à l'université de Columbia et spécialiste de l'Italie.

"Pourtant, la virulence de cette campagne, au cours de laquelle pleuvent les attaques très personnelles, est vraiment spéciale et inquiétante", ajoute-t-il.

L'été dernier, le directeur du journal catholique L'Avvenire, Dino Boffo, qui avait critiqué le mode de vie de Silvio Berlusconi, a démissionné après avoir été victime à son tour d'une campagne menée par Il Giornale, un titre appartenant au frère du chef du gouvernement, Paolo.

"PRÉDATEUR DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE" ?

Il Giornale avait traité Boffo d'hypocrite, évoquant des affaires de moeurs le concernant. Il s'était notamment fait l'écho d'une affaire dans laquelle Dino Boffo aurait harcelé l'épouse d'un homme avec lequel il aurait eu une relation homosexuelle il y a quelques années.

Silvio Berlusconi a lancé des poursuites contre plusieurs journaux en Italie et à l'étranger pour des articles jugés diffamatoires sur ses relations avec de belles jeunes femmes.

Un rassemblement pour la défense de la liberté de la presse a réuni 100.000 personnes ce mois-ci à Rome et l'organisation Reporters sans frontières (RSF) ne cache pas son inquiétude.

L'Italie, pour la deuxième année consécutive, est descendue dans le palmarès de RSF des pays respectant le mieux le droit de l'information, tombant à la 49e place.

A tel point que RSF pourrait ajouter le chef du gouvernement italien à sa liste des "prédateurs de la liberté de la presse", ce qui serait une première pour un dirigeant européen.

Mercredi, le Parlement de Strasbourg a repoussé de justesse un projet de résolution dénonçant les "pressions et intimidations exercées par les autorités italiennes sur les journaux italiens et européens".

"La situation est très préoccupante et l'influence de Berlusconi est dangereuse pour la démocratie italienne", estime Daniele Albertazzi, spécialiste des médias européens à l'université de Birmingham.

"Le problème en Italie, c'est que le seul média qui a vraiment de l'influence sur l'opinion publique et sur les élections, c'est la télévision", ajoute-t-il.

L'utilisation d'internet y est bien inférieure à la moyenne européenne et les tirages de la presse écrite sont relativement bas. Le premier quotidien de la Péninsule, le Corriere della Sera, se vend à 500.000 exemplaires - contre trois millions d'exemplaires du Sun vendus en Grande-Bretagne.

En revanche, 46% des Italiens passent entre deux et quatre heures chaque jour devant la télévision, et 17% plus de quatre heures.

Version française Guy Kerivel

jeudi, 15 octobre 2009

Acculé, le Cavaliere cède à la tentation populiste

La levée de l’immunité garantie au président du Conseil constitue le premier grand revers politique pour Silvio Berlusconi. Celui-ci va à présent tenter par tous les moyens d’échapper à ses juges, estime L’Espresso.

15.10.2009 | Edmondo Berselli | L'Espresso


“Pas mon genre.” © Dessin de Tom paru dans Trouw, Amsterdam.

“Pas mon genre.”
© Dessin de Tom paru dans Trouw, Amsterdam.

 

Les effets de l’arrêt de la Cour constitutionnelle sur la loi Alfano* créent une situation potentiellement ravageuse pour le chef du gouvernement et pour sa coalition de centre droit. Pourtant, on aurait envie de dire que celui qui sème le vent récolte la tempête, car ce sont les dirigeants de son alliance et ses avocats qui ont contribué à dramatiser la décision des juges constitutionnels sur l’immunité que le Cavaliere s’était accordée à lui-même en faisant voter une loi sur mesure.

Mais l’aspect le plus inquiétant sur le plan institutionnel a été l’offensive lancée par les avocats qui défendaient la cause de Berlusconi et de l’immunité du président du Conseil, ainsi que celle attachée aux plus hautes charges de l’Etat. Niccolò Ghedini [bras droit de Berlusconi et député de son parti] est allé jusqu’à affirmer que la loi est effectivement égale pour tous [cette devise est inscrite dans toutes les salles d’audience des tribunaux], mais qu’elle peut ne pas l’être dans son application en fonction du sujet concerné. Plus “sur mesure” que cela, tu meurs. Avec da­vantage de subtilité juridique, mais avec des effets virtuellement perturbants pour la stabilité institutionnelle, Gaetano Pecorella [autre avocat de Berlusconi et député de son parti] a affirmé que, selon la loi électorale actuelle, le président du Conseil est “élu” directement par le peuple et qu’en conséquence sa fonction le place au-dessus des autres ministres, voilà pourquoi il mérite un traitement particulier. Cette thèse a pu faire pencher le jugement de la Cour vers le rejet de la loi. Il paraît tout à fait évident qu’une telle stratégie visait à préparer les esprits pour le conflit qui s’annonce.

“J’irai jusqu’au bout !” a proclamé Berlusconi

Car il est clair que Berlusconi et ses troupes se préparent à la guerre et que celle-ci est imminente. Le Cavaliere est sous le feu des attaques de la magistrature milanaise pour le procès Mills [cet avocat britannique a été condamné pour avoir produit un faux témoignage en faveur de Berlusconi, moyennant finances] et pour la constitution de caisses noires lors de l’achat des droits de diffusion de films américains par les chaînes de son groupe de télévision Mediaset ; en outre, les juges romains pourraient à nouveau s’intéresser à lui pour avoir tenté de corrompre certains sénateurs élus à l’étranger dans le but de faire tomber le gouvernement Prodi (2006-2008). Pour la première fois, le président du Conseil risque, surtout dans l’affaire Mills, une condamnation pénale qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur son image, sur le plan tant intérieur qu’international.

Que va donc faire Berlusconi ? Après avoir affirmé que “onze juges constitutionnels [sur quinze] sont de gauche”, il se déclare prêt à faire “à la guerre comme à la guerre**” et à “démasquer” ses ennemis. “J’irai jusqu’au bout”, a-t-il proclamé, agitant déjà les sondages de son institut, qui lui assurent une popularité inouïe, garantie par son bouclier médiatique.

C’est un homme seul et riche, aimé et haï, mais sanctifié par “une avalanche de bulletins de vote” et qui se sent assez fort pour défier les institutions et les conventions de la République. C’est un projet hyperpopuliste, impliquant des modalités et des conséquences virtuellement péronistes. Berlusconi est comme toujours prêt à défier le monde entier, la gauche, les communistes, la magistrature rouge, la presse de gauche, la télévision qui ne se plie pas à ses volontés, sans se soucier le moins du monde des dégâts sur la vie publique que son action peut provoquer.

Dans un pays qui fonctionnerait normalement, le président du Con­seil démissionnerait et ferait face aux procès qui l’attendent. Il serait légitime de sa part de chercher à mobiliser ses fans et de se jeter dans le grand jeu des élections anticipées. Mais il y a trop d’obstacles, institutionnels et comportementaux, qui tiennent au rôle des présidents des deux Chambres et à la fonction du chef de l’Etat, seul habilité à dissoudre le Parlement. Mais c’est avant tout aux circuits formels et informels du pouvoir de s’efforcer de stabiliser une situation devenue critique. Il faut souhaiter que, pour une fois, la viscosité du pouvoir en Italie constitue un frein à la guerre civile idéologique qu’a déclarée Silvio Berlusconi.

Repère

* Cette loi portant le nom du ministre de la Justice accorde une immunité pénale au président du Conseil et aux titulaires des trois autres plus hautes fonctions de l’Etat. Adoptée en juillet 2008, six semaines seulement après le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi, elle est considérée comme taillée sur mesure pour le chef du gouvernement.

** En français dans le texte.




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