samedi, 26 septembre 2009

Des ONG regrettent le peu d'avancées concrètes pour les pays pauvres à Pittsburgh

Par AFP, publié le 26/09/2009

En dépit de l'élargissement à 20 membres du club des pays qui comptent, les pays pauvres n'ont pas gagné grand chose au sommet du G20 de Pittsburgh, ont regretté des défenseurs des intérêts des pays pauvres.

Des chefs d'Etat du G20 lors d'une photo de groupe le 25 septembre 2009 à Pittsburgh

AFP/Getty Images/Win Mcnamee

Des chefs d'Etat du G20 lors d'une photo de groupe le 25 septembre 2009 à Pittsburgh

 

"Ce n'est pas un bon début pour" pour ce G20 intronisé "principal forum de coopération économique", a souligné la Campagne du millénaire de l'ONU.

"Les dirigeants du G20 se sont concentrés sur des sujets comme les bonus et la rémunération, et non sur les besoins de 1,4 milliard de gens qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour dont la vie même est menacée par la crise économique", a déclaré Salil Shetty, directeur de la Campagne du millénaire.

"On ne voit nulle part dans le projet de communiqué la moindre mention des 50 milliards de dollars que ces dirigeants avaient promis aux pays pauvres (lors de leur précédent sommet) en avril - dont moins de la moitié a été effectivement déboursée", a-t-il regretté.

La Campagne du millénaire estime à 33 milliards de dollars le manque à gagner sur l'aide promise aux pays pauvres jusqu'à la fin 2010.

Dans leur communiqué final, les dirigeants du G20 se sont contentés de souligner le sort de "plus de quatre milliards de personnes, (qui) sont toujours insuffisamment instruites, mal dotées en capitaux et en technologies et insuffisamment intégrées dans l'économie mondiale".

En guise de solution "afin que la productivité et les niveaux de vie des pays en développement et émergents se rapprochent plus vite de ceux des pays industrialisés, le G20 a mobilisé la Banque mondiale, pour qu'elle "mette en place un nouveau fonds fiduciaire (trust fund) à l'appui de la nouvelle initiative sur la sécurité alimentaire au profit des pays à faible revenu".

Ils ont aussi évoqué l'augmentation, mais "sur une base volontaire" des aides à l'accès à une "énergie propre".

L'urgence de faire aboutir les négociations du cycle de Doha de l'Organisation mondiale du commerce avait été évoquée mardi matin par plusieurs pays émergents, parmi lesquels la Chine et l'Inde, qui font partie du G20.

Les mener à bien renforcerait la confiance dans le système commercial mondial, "empêcherait la montée du protectionnisme et fournirait un coup de pouce très nécessaire pour l'économie mondiale", faisaient-ils valoir dans un communiqué.

Mais à ce sujet, les dirigeants du G20 se sont contenté de répéter l'engagement pris au début du mois au niveau des négociateurs, visant à conclure l'an prochain le cycle de Doha sur la libéralisation des échanges entamé en 2001.

Les déclarations sur la réforme des quote-parts du FMI, destinée à donner plus de poids aux pays émergents, ont également été jugées insuffisantes.

"Ce n'est pas une réforme du FMI, c'est juste du bidouillage à la marge. Tant que le FMI ne changera pas ses règles pour donner aux pays pauvres un vrai droit de parole dans sa gestion, il restera un club des pays riches", a souligné Mark Lawson, haut conseiller de l'organisation caritative Oxfam.

"Réformer le processus de décisions du Fonds monétaire international était une nécessité depuis longtemps, mais la surveillance proposée ici doit amener les pays pauvres à la table si le FMI doit vraiment être une institution représentative", a aussi souligné Tom Hart, un responsable de One, l'organisation co-fondée par le chanteur de U2 Bono.

Quant à la prééminence désormais accordée au G20, plutôt qu'au Groupe des Huit pays les plus industrialisés, Oxfam et One s'inquiètent que cela ne se traduise pas par l'entrée dans ce club de représentants des pays pauvres.

L'Afrique, le continent le plus pauvre, ne compte qu'un seul représentant au G20, l'Afrique du Sud.

"Cela veut dire que quand le G20 parle croissance et stabilité, il laisse les pays les plus pauvres dans le froid", selon Oxfam.

jeudi, 02 avril 2009

Sommet du G20 : La Chine propose et s'impose

Source : RFI, Article publié le 02/04/2009

Le président Barack Obama (d) et son homologue chinois Hu Jintao à Winfield House, la résidence de l'ambassadeur amérocain à Londres, le 1er avril 2009.(Photo : Reuters)

Le président Barack Obama (d) et son homologue chinois Hu Jintao à Winfield House, la résidence de l'ambassadeur amérocain à Londres, le 1er avril 2009.
(Photo : Reuters)

La Chine suscite désormais un intérêt incontestable sur la scène internationale, bien au-delà du seul attrait que représente son marché. En témoigne l’importance accordée à Pékin par le nouvel hôte de la Maison Blanche. La poignée de main entre Hu Jintao et Barack Obama et leur intention déclarée d’engager un « dialogue économique et stratégique » a mobilisé l’attention au sommet de Londres. La crise économique et financière mondiale contribue à cette montée en puissance de la Chine, mais Pékin voit également ses efforts récompensés en matière d’activité diplomatique.

On est loin de l’époque où l’entrée de la Chine dans l’Organisation Mondiale du Commerce provoquait froncements de sourcils et réactions apeurées. Quelle que soit la vulnérabilité de l’économie domestique chinoise, son poids est désormais reconnu par la plupart de ses interlocuteurs. Pékin, troisième puissance mondiale, serait sur le point de supplanter le Japon d’ici quelques années, à la place de numéro deux.

Les inquiétudes

Il y a bien quelques signaux inquiétants : les révoltes populaires dans les provinces où les pouvoirs locaux contestés servent souvent de bouc émissaire pour les autorités de Pékin, le décalage entre des populations rurales déshéritées qui constituent une majorité dans la plus grande partie du territoire, et les fortunes qui s’affichent dans les grands centres urbains, vulnérabilité également en matière d’approvisionnement énergétique et fragilité extrême pour ce qui est de la gestion des ressources en eau.

Une croissance qui fait des jaloux

Il n’empêche, Pékin affiche des perspectives de croissance pour 2009 -6,5%- à faire pâlir les économies occidentales et le Japon. C’est pourquoi la Chine peut aujourd’hui se permettre d’appeler à d’importants bouleversements du système économique et financier mondial. D’où l’appel de Pékin à l’instauration d’une monnaie supranationale, autre que le dollar ou l’euro, afin de diminuer l’effet contagieux des crises d’un pays à l’autre. Cette question de la création d’une monnaie de réserve internationale n’était pas au programme de ce G20, mais en l’évoquant, la Chine attire l’attention sur les risques encourus par les dérives du système actuel.

Pékin se sent d’autant plus autorisé à faire entendre sa voix qu’une grande partie de la dette américaine se trouve entre les mains de la Chine qui détient quelques mille milliards de bons du trésor américain. L’intérêt de la Chine dans le rétablissement de la première économie mondiale ne fait donc aucun doute et cela donne du crédit aux déclarations de Pékin sur ce thème.

L’assurance chinoise dopée par la croissance

Derrière la croissance de l’économie chinoise se profile également la croissance à deux chiffres de son budget militaire. Rapportées à la production nationale, les dépenses militaires chinoises restent proportionnellement bien inférieures à celle des Etats-Unis, mais en termes d’équipements et de capacité de projection, les progrès enregistrés par la Chine sont indéniables. Cette avancée est devenue palpable avec l’envoi en décembre 2008 de deux destroyers et d’un navire de ravitaillement au large des côtes somaliennes, pour lutter contre la piraterie. C’était la première fois que des navires de guerre chinois se risquaient ainsi en dehors des eaux territoriales de la Chine, depuis six-cents ans. Un geste suivi de près par les Japonais, inquiets face aux développements non seulement de la piraterie, mais aussi et surtout des forces navales chinoises.

Cette mission dans le golfe d’Aden reflète également la montée en puissance des Chinois sur le continent africain et la nécessité pour Pékin de protéger l’axe commercial qui relie la Chine à l’Afrique.

Les Américains ne s’y trompent pas qui espèrent traiter avec la Chine les dossiers épineux tels que le Soudan et le Zimbabwe.

Pékin, incontournable dans la lutte contre le terrorisme…

Dans le nouveau dispositif mis en place par le président Obama pour lutter contre al-Qaïda, en concentrant les efforts sur l’Afghanistan et le Pakistan, la Chine apparaît tout aussi incontournable, en raison du rôle qu’elle joue au Pakistan. Economiquement, le soutien de Pékin à Islamabad est loin d’être négligeable, c’est donc un acteur essentiel de la stratégie qui consiste à appuyer les efforts du gouvernement élu au Pakistan contre les combattants islamistes.

Il n’y a guère qu’au Proche-Orient ou en Amérique Latine, où les efforts de la diplomatie chinoise restent limités.

…et en Asie

En Asie bien évidemment rien ne peut se faire sans l’aval de Pékin, comme en témoigne le dossier nucléaire nord-coréen, mais aussi la Birmanie. Pékin affirme y déployer d’importants efforts, mais reste à s’entendre sur les objectifs. Le but recherché par Pékin semble encore très éloigné des ambitions affichées par les démocraties occidentales. Le fait est que les régimes militaires birman et nord coréen -toujours en bons termes avec Pékin- restent de marbre face aux sollicitations de la communauté internationale.

Sommet du G20 : «La régulation, objectif non négociable»

Source : RFI, Article publié le 01/04/2009

C’est ce qu’ont déclaré Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à la veille du sommet qui doit trouver des solutions à la crise mondiale. Le président français et la chancelière allemande se sont vus à Londres et ont rappelé que la France et l’Allemagne souhaitent plus de régulation afin de favoriser la reprise mondiale.
Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont réaffirmé leur volonté d'obtenir des résultats concrets lors de ce G20.(Photo: Reuters)

Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont réaffirmé leur volonté d'obtenir des résultats concrets lors de ce G20.
(Photo: Reuters)

Avec notre envoyée spéciale à Londres, Muriel Paradon

L’unité a été affichée par Berlin et Paris sur les objectifs à atteindre lors de ce G20. Des décisions concrètes, pas de généralités, a dit Angela Merkel. Le maître-mot, c’est « régulation ». Que ceux qui ne respectent pas les règles soient désignés.

Et Nicolas Sarkozy de renchérir sur l’élimination des paradis fiscaux, l’encadrement des fonds spéculatifs ou encore la rémunération des traders. Des lignes rouges, selon lui, sur lesquelles il ne faudra pas transiger.

Interrogés sur d’éventuelles divergences au sein du couple franco-allemand, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont balayé cela d’un revers de la main, sur le ton de la plaisanterie.

Et confirmant les déclarations de Nicolas Sarkozy, qui menaçait de partir si les résultats du sommet n’étaient pas à la hauteur, - des déclarations qui avaient déplu aux Allemands-, le chef de l’Etat français a temporisé : « Ce serait embêtant de partir alors qu’on vient d’arriver », a-t-il dit, et il a assuré que les choses étaient en train d’évoluer. De fait, rien n’est arrêté.

Sommet du G20 : Comment Kadhafi a été écarté de la délégation africaine

Source : RFI, Article publié le 01/04/2009

Comme elle le réclamait, l’Afrique est mieux représentée à ce sommet qu’au précédent rendez-vous de Washington, le 15 novembre dernier, où seule l’Afrique du Sud avait été invitée. Cette fois l’Union africaine aussi est conviée, mais pas le très encombrant numéro 1 libyen Muammar Kadhafi, qui en assure la présidence tournante. Une absence qui résulte des discrètes manœuvres de ses pairs africains, embarrassés au plus haut point par les récentes déclarations du guide de la révolution libyenne.

Mouammar Kadhafi lors du dernier sommet de l'Union Africaine en février 2009 à Addis-Abeba en Ethiopie.(Photo : Reuters)

Mouammar Kadhafi lors du dernier sommet de l'Union Africaine en février 2009 à Addis-Abeba en Ethiopie.
(Photo : Reuters)

L’accession du colonel Kadhafi à la tête de l’Union africaine avait provoqué des grincements de dents, début février, à Addis-Abeba, lors du dernier sommet de l’Union africaine. « C’est la catastrophe, vous vous rendez compte, il va nous représenter au G20 », avait lâché, dépité, un diplomate. « Ne t’inquiète pas. On va le gérer », lui avait répondu un ministre.

A peine élu,  la perspective de voir  le « roi  des rois traditionnels d’Afrique » diriger la délégation africaine à Londres avait provoqué une riposte, en séance. Le président ougandais, Yoweri Museveni, avait alors proposé à ses pairs de faire accompagner le colonel Kadhafi par deux autres chefs d’Etat. Il avait cité le président tanzanien et le Premier ministre éthiopien.

Complicité des Britanniques

Pendant trois mois, discrètement, les diplomates africains ont, en effet, « géré » le  colonel Kadhafi, avec la complicité tacite de la diplomatie britannique, et notamment Mark Malloch Brown, le monsieur Afrique du Foreign Office.

Durant cette période, les diplomates libyens ont plusieurs fois interrogé la commission de l’Union africaine pour connaitre la composition de la délégation africaine devant se rendre à Londres. La réponse des diplomates de l’UA fut la suivante : «Nous n’avons pas de réponse : ce sont les Britanniques qui invitent ».

En coulisses, entre Addis-Abeba et Londres, les négociations allaient bon train pour mettre au point le stratagème permettant de se passer du guide de la révolution libyenne, sans le froisser outre mesure. Un message est alors transmis aux diplomates britanniques. « Pour le G20, vous avez le choix entre la présidence de l’union et la présidence du NEPAD ».

Le Foreign office saute sur l’occasion et décide, avec l’aval de plusieurs capitales africaines, d’inviter  le président du NEPAD (le nouveau partenariat pour l’Afrique), le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, ainsi que le président de la commission de l’Union africaine, le Gabonais Jean Ping.

Jean Ping

Président de la commission de l'Union africaine

« Il faut vendre une partie de l’or du FMI. La vente de cet or va nous permettre d’avoir des disponibilités supplémentaires ! »

01/04/2009 par Jean-Karim FALL


Malaise grandissant à l'Union africaine

Le tour est joué. Dimanche dernier, plusieurs diplomates de haut rang tentent de limiter la casse et de rassurer le colonel Khadafi, en visite à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine: « Dieu merci, vous êtes déjà invité au G8 ! ». A défaut de G20, le guide de la révolution libyenne peut se consoler avec le G8, un club encore plus restreint. Le Premier ministre italien a, en effet, invité le colonel Kadhafi, en juillet prochain en Sardaigne.

L’absence du colonel Kadhafi à Londres illustre le malaise grandissant suscité par son élection à la tête de l’Union africaine. La cohabitation entre le président en exercice et l’organisation est de plus en plus difficile. « C’est terrible », reconnaît l’un des responsables de l’UA. Sur le dossier des sanctions contre la junte au pouvoir en Mauritanie, les diplomates du conseil de paix et sécurité de l’UA ont, d’ailleurs, récemment envoyé un camouflet au colonel Kadhafi. Ils ont confirmé le principe des sanctions contre les putschistes de Nouakchott auxquelles s’oppose le guide de la révolution libyenne.

Accident d'hélicoptère : huit corps ont été repêchés

Source : NOUVELOBS.COM | 02.04.2009

Le Premier ministre écossais estime que la perspective de retrouver des survivants après l'accident d'hélicoptère en mer du Nord était "extrêmement sombre". Huit personnes sont toujours portées disparues.

Hélicoptère Super Puma (AP)

Hélicoptère Super Puma (AP)

La police britannique annonce que les corps de huit des seize personnes disparues après l'accident de leur hélicoptère en mer du nord, mercredi 1er avril, ont été repêchés. Les 8 disparus travaillaient tous pour le compte du groupe pétrolier britannique BP. Dans la soirée, le Premier ministre écossais Alex Salmond a estimé que la perspective de retrouver des survivants était "extrêmement sombre".
Les garde-côtes ont précisé que l'hélicoptère s'était abîmé peu avant 13H00 GMT à environ 55 km des côtes du comté d'Aberdeenshire au nord-est de l'Ecosse. Il revenait d'une plateforme pétrolière contrôlée par BP.

Une centaine de personnes mobilisées


Deux hélicoptères de la Royal Air Force et un avion de patrouille avaient immédiatement été envoyés sur place, selon les garde-côtes. En soirée, une quinzaine de bateaux s'étaient déroutés pour effectuer des patrouilles dans la zone. Plus d'une centaine de personnes étaient impliquées dans les opérations de recherche, a précisé Alex Salmond.
Les conditions météorologiques étaient bonnes. La température de la mer du Nord était estimée à 5 degrés Celsius.

Un Super Puma déjà accidenté


BP a confirmé que l'hélicoptère concerné était un Super Puma, d'un modèle plus ancien que celui qui s'était abîmé à la mi-février dans la même zone de la mer du Nord, sans faire de victimes, au moment où il gagnait une plateforme pétrolière du groupe. BP avait ensuite annoncé suspendre temporairement l'utilisation de ce type d'hélicoptère.
Dans un communiqué parvenu à Paris, la société française Eurocopter, fabricant de l'appareil accidenté, basée à Marignane (Bouches-du-Rhône), a déclaré qu'elle "s'associe à la peine des familles touchées par l'accident". Elle a ajouté qu'elle "se tient à la disposition des autorités concernées et fournira l'aide technique requise".

mercredi, 01 avril 2009

Sommet du G20 : Nicolas Sarkozy menace de «claquer la porte»

Source : RFI, Article publié le 01/04/2009 

A la veille de l'ouverture du sommet du G20 jeudi à Londres, le président français a mis la pression sur ses partenaires. Sur Europe1, Nicolas Sarkozy a laissé planer la menace de claquer la porte du sommet en cas d'absence d'accord ambitieux. Pour le président français, tout reste encore à faire.

Nicolas Sarkozy en compagnie de Jean-Pierre Elkabbach, le 1er avril 2009.( Photo : Elysee.fr )

Nicolas Sarkozy en compagnie de Jean-Pierre Elkabbach, le 1er avril 2009.
( Photo : Elysee.fr )

« Pour l'heure, le compte n'y est pas », a martelé mercredi matin Nicolas Sarkozy. « Les projets de déclarations actuellement sur la table ne conviennent ni à la France ni à l'Allemagne ». Et « je ne m'associerai pas à de faux compromis ». Voilà ce qu'on appelle « taper du poing sur la table ».

A la veille de l'ouverture des travaux du G20, le président français met ainsi la pression sur ses partenaires pour que le sommet de Londres n'accouche pas que de simples déclarations d'intention.

Paradis fiscaux

Nicolas Sarkozy, qui se veut l'un des pionniers de la « moralisation » du capitalisme financier, a déjà fixé ses ambitions en matière de régulation. Il souhaite notamment des progrès sur la question des paradis fiscaux, n'hésitant pas à pointer du doigt les pays « les moins enthousiastes », comme la Chine.

Le président français s'est dit en revanche confiant dans une « évolution » de la position américaine. « Mais maintenant, il faut des faits », a t-il insisté, laissant toujours planer la menace de claquer la porte du G20. « La politique de la chaise vide marquerait un échec qui serait celui du sommet. Je ne veux pas croire qu'on arrivera à cela ».

Sarkozy : au G20, «aucun accord n'est stabilisé»

Source : lefigaro.fr, publié le 01/04/2009

Nicolas Sarkozy, mardi à Chatellerault.
Nicolas Sarkozy, mardi à Chatellerault.

«Les projets de communiqué final du G20 ne conviennent ni à la France, ni à l'Allemagne» a déclaré le président de la République sur Europe 1, avant l'ouverture ce soir du sommet. OTAN, Afghanistan, relation franco-américaine et crise sociale en France étaient aussi au menu de cette intervention de 40 minutes.

Nicolas Sarkozy était l'invité d'Europe 1 mercredi matin. Voici ses principales déclarations :

 

Le sommet du G20

Le sommet : «C'est un rendez-vous que la France et que l'Europe ont voulu, que nous avons en quelque sorte imposé avec José Manuel Barroso. A Washington nous avons défini des principes, il faut qu'à ce 2e sommet il y ait des décisions. Cette crise économique mondiale sans précédent a été créée par un capitalisme financier qui a poussé sa logique jusqu'au bout, sans principe, sans morale. Il faut, nous n'avons pas le choix, que de nouvelles règles se mettent en place. La régulation est le cœur du débat qui va nous occuper. Pour que la situation économique se redresse dans le monde entier il faut que la confiance revienne. La crise économique que nous connaissons est née d'une crise financière, c'est donc à cette crise financière qu'il faut s'atteler en priorité».

Le rôle de la France : «Je ne m'associerai pas à un sommet qui se conclurait par un communiqué de faux compromis qui ne se soucie pas des problèmes qui nous préoccupent. Par exemple, il serait inacceptable que des décisions concrètes ne soient pas mises en œuvre concernant les paradis fiscaux dans les jours qui viennent. «La politique de la chaise vide marquerait un échec, qui serait celui du sommet. J'ai encore eu Angela Merkel au téléphone tard hier soir, nous sommes sur la même longueur d'onde. Nous voulons un capitalisme d'entrepreneurs et pas un capitalisme de spéculateurs. 62% des hedge funds sont logés dans les paradis fiscaux».

Les enjeux du sommet: «Un certain nombre des partenaires qui seront présents sont moins enthousiastes pour réduire les paradis fiscaux. La position anglo-saxonne était une politique traditionnellement de relative indulgence. Elle a changé avec Barack Obama, mais maintenant il faut des faits. Il existe un paradis fiscal dont le PIB est de 2 milliards de dollars et dont les institutions financières hébergées en son sein ont garanti 1.800 milliards de dollars». «Nous voulons qu'il y ait une ou plusieurs listes de places financières qui ne coopèrent pas au niveau des critères de l'OCDE. Si tel ou tel pays veut garder un paradis fiscal, c'est son droit, mais les banques ne devront pas travailler avec lui».

Les négociations : «Nos sherpas économiques ont travaillé toute la nuit à l'élaboration d'un communiqué. Aujourd'hui, aucun accord n'est stabilisé. Le G20 commencera ce soir par un dîner et je sais d'expérience qu'il va falloir se battre jusqu'à la dernière minute. Il y a des projets qui sont sur la table. En l'état actuel des choses, ils ne conviennent ni à l'Allemagne, ni à la France. Il n'est pas question qu'on garde un système mondial qui a conduit quelques milliers de personnes à prendre des risques inconsidérés parce qu'ils bénéficiaient de rémunérations excessives. Je n'accepterai pas qu'on renvoie sine die à d'autres sommets la résolution de problèmes dont on connait parfaitement la nature.

Les revendications de la France : «Il y a 3 têtes de chapitres pour le G20 : une régulation, la nécessité d'une relance mondiale avec un certain nombre de pays qui bénéficient d'une réserve forte et qui peuvent remettre du carburant dans l'économie mondiale et le fait que les pays les plus pauvres, ceux qui payent le plus la crise, ne doivent pas être les victimes de la crise. Le FMI doit metre d'avantage d'argent pour que des pays qui ne s'en sortaient pas avec une croissance mondiale de 4 à 5% ne soient pas les premières victimes.»

 

Les relations franco-américaines

Barack Obama : «Les USA sont la première puissance économique, militaire, financière du monde. Le président des Etats-Unis a un rôle majeur à jouer. IL se trouve que c'est Barack Obama, qui a été élu au terme d'une campagne époustouflante. C'est formidable de voir un pays frappé par le racisme voter ainsi. Barack Obama a été élu sur l'idée du changement. En succédant à l'administration Bush, dont le changement n'était pas la priorité. C'est formidable d'avoir un président jeune, dynamique et qui incarne l'espoir. Bienvenue à Barack Obama».

La France et les Etats-Unis: «Que le président des USA défende les intérêts des USA c'est naturel. Moi je suis un ami des USA, mais un ami debout. Je suis pour une alliance avec les Etats-Unis. Il y a une dizaine de pays en Europe qui n'écoutaient plus la France car ils avaient le sentiment que la France était en opposition systématique aux Etats-Unis. Si elle veut fédérer en Europe, la France doit se placer en amie des Etats-Unis».

Le retour de la France dans l'Otan : «Barack Obama a dit qu'il était important que l'Europe se dote d'une défense européenne. L'Europe ne peut pas être un colosse économique qui ne peut pas se défendre. L'Europe de la défense, on y va, et on la bâtira sans agressivité contre nos voisins et nos alliés. Les décisions prises à la table de l'Otan sont prises à l'unanimité. L'A1lemagne, membre de tous les comités, était opposée à la guerre en Irak. Elle n'a pas été obligée de s'y rendre. La France est membre fondatrice de l'Otan. Connaissez-vous beaucoup d'organisations dont la France serait fondatrice et où elle dirait sans cesse «nous ne voulons pas de responsabilités ». Nous envoyons nos soldats se battre sous la bannière de l'Otan en refusant de participer aux comités qui décident du déploiement et de l'emploi de ces soldats. On n'a pas dit la vérité aux Français. Il y a 40 comités à l'Otan, nous participions à 38, nous serons dans 39, nous ne participerons pas au 40e qui concerne le nucléaire».

L'aide militaire française en Afghanistan : «En Afghanistan, je partage de A à Z la stratégie définie par Barack Obama, qui est qu'on ne peut pas partir et laisser ce pays aux talibans. Mais en même temps nous ne sommes pas une force d'occupation. Il faut donc afghaniser. C'est pourquoi nous formerons des gendarmes».

 

La crise en France

Les sondages : «Je n'ai pas à commenter les sondages (en référence à une enquête Europe 1 montrant que les Français trouvent Nicolas Sarkozy volontaire, mais peu à l'écoute, NDLR). Je suis déjà assez occupé. Si en plus je dois commenter les sondages, je ne m'en sors plus. Ma responsabilité c'est de prendre des décisions avec sang-froid et j'y emploie toute mon énergie».

Les accusations d'attiser les clivages : «sur les enseignants-chercheurs quel est le problème ? J'ai dit qu'on n'évaluait pas assez leurs travaux et que ces évaluations devaient être internationales car on ne peut pas s'évaluer soi-meme. Les Français en ont plus qu'assez des réponses convenues et de la pensée unique. J'ai été élu pour changer. Les universités françaises chutaient dans les classements internationaux, c'est un fait».

L'action du gouvernement face à la crise : «On a des organisations syndicales qui sont responsables. Comment n'y aurait-il pas d'inquiétude en France alors que nous sommes face à une crise internationale jamais vue. J'observe que le plan de soutien aux banques français est devenu le plan européen et a permis de protéger l'épargne des français. Pas une banque n'a fait faillite. Le plan bancaire il y en a eu un, pas deux. Aux USA on doit en être au 4e ou 5e. Sur l'automobile, nous nous sommes battus et notre plan a fait des émules puisque tous les pays européens se sont inspirés du plan français. Le plan de relance ,c'est 4 points de PIB en France, toutes les décisions qui vont rentrer en application d'ici à juillet, le RSA, les 6 millions de français qui ne vont pas payer les 2e et 3e tiers de l'impôt sur le revenu… «

Caterpillar à Grenoble : «ils m'ont appelé à l'aide, on ne les laissera pas tomber. je vais sauver le site. Sur Heulliez on a passé un accord de 10 millions d'euros. Sur Gandrange, Mittal a tenu ses engagements, la production mondiale d'acier a été divisée par 2. Ce n'est tout de même pas de ma faute ! Sur Caterpillar, j'ai dit en Allemagne ce que je pensais de leur plan».

Le partage des bénéfices : «L'immense majorité des chefs d'entreprise sont des gens qui mettent leur temps, leur argent, qui risquent beaucoup et c'est un tort de les stigmatiser comme cela. Mon rôle de président c'est de refuser l'amalgame. Quand une entreprise ne fait pas de bénéfice, la question du partage ne se pose pas. Une entreprise qui fait des millions de bénéfice, la question de leur partage entre salariés et actionnaires doit se poser. Soit partronat et salariés arrivent à se mettre d'accord et je n'aurai pas à intervenir, soit il y aura à l'été un projet de loi gouvernemental pour que les salariés qui ont participé aux bénéfices en touchent une partie. Il est normal que les salariés qui portent une partie du fardeau de la crise partagent aussi une partie des bénéfices».

 

Les violences dans les collèges et lycées

«Nous avons une faille dans notre arsenal législatif. Le délit d'appartenir à une bande n'existait pas, nous le créons. Cette mode détestable qui consiste à envahir un collège ou un lycée, qui est aujourd'hui passible d'une simple contravention, sera un délit. Il y aura une loi. Ensuite, s'en prendre à un enseignant sera une circonstance aggravante. Je n'ai pas l'intention de commenter sociologiquement pourquoi il y a des bandes. Sur le territoire de la république il ne faut pas qu'il y ait des bandes. C'est une question d'autorité de la république».

L'attitude personnelle de Nicolas Sarkozy

«Est-ce qu'on attend du chef de l'Etat qu'il soit déprimé, qu'il renonce ? François Mitterrand disait « contre le chômage on a tout essayé ». Jospin, lui, levait les bras au ciel et disait « on n'y peut rien ». Je prends un engagement : jamais je ne dirai cela. Je me sens responsable de tout, je me sens comptable des intérêts de la France et responsable de chaque Français. Mes états d'âme, les Français n'en ont cure. Pour le reste j'essaye d'être pragmatique. Un capitaine ça montre la voie, ça se bat matin midi et soir et c'est sur le pont, ça prend des paquets d'eau.»

mardi, 31 mars 2009

La Turquie invite les « caricatures de Mahomet » au sommet de l’OTAN

Source : liberation.fr, publié le 31/03/2009

0,1020,820318,00 Les « caricatures de Mahomet », ces dessins satiriques publiés par un journal danois en 2005 et qui ont suscité la fureur du monde musulman, vont-elles empêcher Anders Fogh Rasmussen de devenir secrétaire général de l’OTAN ? Ankara laisse planer la menace d’un veto à la candidature du premier ministre danois, coupable, au nom de la liberté de la presse et de la liberté d’opinion, de ne pas avoir condamné la publication de ces dessins – ce qui à l’époque était courageux vu le climat d’hystérie. On pensait l’affaire enterrée, mais le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a signifié ce week-end que la nomination du Danois serait mal perçue par les musulmans.

Il est donc possible que le nouveau secrétaire général de l’OTAN ne soit pas désigné au cours du sommet de l’Alliance qui aura lieu vendredi et samedi, à Kehl et à Strasbourg, comme cela été prévu. Car il est clair que Barack Obama, en pleine opération de charme à l’égard de la Turquie (où il se rend lundi et mardi), de l’Iran et plus généralement du monde musulman, afin d’en finir avec la politique du « choc des civilisations » pratiquée par l’administration Bush, ne cherchera pas à forcer la main d’Ankara. La nomination de Rasmussen se fera dans l’harmonie et la concorde ou ne se fera pas. À l’OTAN, un diplomate américain de haut rang a indiqué, hier après-midi, qu’il « n’y a pas encore de consensus. Il n’y a pas encore de décision à ce stade ». Énigmatique, il a poursuivi : « l’équilibre entre la liberté d’expression et le respect pour la diversité est une valeur que nous devrions projeter dans le monde ».

C’est en tout cas la première fois que la religion fait ainsi irruption au sein de l’organisation atlantique. Si la menace de veto se concrétise, il y a de quoi s’inquiéter. Mais la Turquie devrait réfléchir à deux fois avant d’agir, car elle donnerait des armes à ceux qui s’opposent à son adhésion à l’Union en montrant que, pour elle, la laïcité et la liberté d’expression sont devenues de vains mots.

 

Sarkozy prêt à quitter le G20

Source : LEXPRESS.fr, publié le 31/03/2009
Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, lors dune réunion à Londres, le 8 décembre 2008.

REUTERS/Toby Melville

Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, lors dune réunion à Londres, le 8 décembre 2008.

Le président français ne veut pas d'un "sommet pour rien": il serait déterminé à "quitter" le G20 qui va s'ouvrir mercredi 1er avril à Londres s'il n'est pas satisfait de sa tournure.

S'affichant à la pointe de la mobilisation pour "refonder" le capitalisme, Nicolas Sarkozy se rend au sommet de Londres avec la volonté d'arracher des résultats "concrets", avertissant qu'il n'acceptera pas un "sommet pour rien" malgré les divergences entre partenaires du G20.

"Il faut qu'on obtienne des résultats, il n'y a pas de choix. La crise est trop grave pour qu'on se permette de faire un sommet pour rien", a-t-il encore martelé mardi, lors d'un déplacement dans la Vienne, fustigeant "les forces du conservatisme".

Depuis des mois, le chef de l'Etat le répète. Un échec n'est pas envisageable. "Je ne m'associerai pas à un sommet mondial qui déciderait de ne rien décider", avait-il averti publiquement la semaine dernière, évoquant en aparté, selon Le Figaro, une possible politique de la "chaise vide".

Interrogé sur la volonté que lui prête mardi le quotidien britannique The Times de claquer la porte du G20 si ses résultats sont insuffisants, le président a répondu que "la question, c'est que tous ensemble on prenne des décisions." Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, va plus loin, affirmant sur la BBC que le président français est "déterminé" à "quitter" le sommet du G20 s'il n'est pas satisfait des résultats.

"Dans la dissuasion nucléaire, il y a un principe essentiel, qui est de ne jamais indiquer à partir de quel moment elle jouera", répondait lundi à la même question une source à l'Elysée. Son entourage se plaît à le rappeler: Nicolas Sarkozy se veut l'un des "pionniers" de la "moralisation" du capitalisme financier. Pourfendeur des "spéculateurs" pendant la campagne électorale, il en proposa la "remise à plat" à l'échelon mondial dès les premières atteintes de la crise.

Mais au lieu du nouveau "Bretton Woods" qu'il appelait de ses voeux, le premier sommet du G20 à Washington en novembre n'a accouché que de déclarations d'intention sur la nécessité de relancer l'économie et mieux contrôler les marchés financiers. "Le sommet de Londres a vocation de passer des principes aux réalisations concrètes", estime-t-on aujourd'hui dans son entourage.

Depuis le début 2009, le locataire de l'Elysée n'a pas épargné ses efforts pour rallier ses partenaires européens à cet objectif, notamment Angela Merkel. Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande doivent d'ailleurs une nouvelle fois enfoncer le clou lors d'une conférence de presse mercredi, avant le coup d'envoi du sommet.

Selon l'Elysée, le président s'est fixé des "marqueurs", sorte de minimum vital qu'il veut voir le G20 adopter dans l'ordre, changement des normes comptables et prudentielles, encadrement de la rémunération des "traders" avec possibilité de punir "ceux qui vont trop loin", enregistrement et surveillance des fonds spéculatifs et enfin publication de listes de paradis fiscaux et des sanctions à leur appliquer. Mais, comme le reconnaissent ses conseillers, le débat s'annonce "compliqué" entre des Européens qui veulent "redéfinir tout de suite les règles du jeu de demain" et des Américains "pas spontanément enclins à accepter le concept de régulation mondiale".

Signe de ces difficultés, le président américain Barack Obama et l'hôte du sommet, le Premier ministre britannique Gordon Brown, ont multiplié les déclarations faisant de "l'unité" et de la volonté "d'agir ensemble" le principal résultat à attendre du G20.

Pour autant, les proches du président se refusent à envisager un échec. "Les responsabilités qui pèsent sont suffisamment lourdes pour que chacun fasse un effort", veut croire l'un d'eux. "Le risque, ce n'est pas tant l'échec qu'un faux succès (...) un accord sur des phrases qui sonnent bien, mais n'engagent pas réellement", ajoute-t-il, "on risquerait une déception bien pire qu'avec un échec".

Sommet du G20 / Crise économique: les dirigeants au pied du mur

Source : RFI, Article publié le 31/03/2009 

Réunis jeudi à Londres, les chefs d’Etat et de gouvernements des vingt principales économies mondiales vont tenter de trouver des mesures globales pour juguler la crise et mieux réguler le système financier. En prélude, ils se retrouveront pour un dîner de travail, ce mercredi soir, autour du premier ministre britannique Gordon Brown. Mais Américains et Européens sont loin d’être d’accord sur tout.
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, hôte du sommet, appelle les dirigeants du G 20 à se montrer à la hauteur du défi. (Photo : AFP)

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, hôte du sommet, appelle les dirigeants du G 20 à se montrer à la hauteur du défi.
(Photo : AFP)

Le sommet de Londres, qui réunit le 2 avril 2009 pays riches et économies émergentes, dont l'Inde, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud, a lieu dans un contexte encore plus difficile que le premier sommet consacré à la crise organisé le 15 novembre 2008 à Washington.

Le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoyait alors une croissance mondiale de 2,2% en 2009, prédit désormais une récession avec une contraction de 1% du PIB mondial. Au-delà des simples déclarations d’intention, les opinions publiques réclament des réformes concrètes pour prévenir toute autre crise. Mais de chaque côté de l’Atlantique, les autorités politiques ne voient pas les choses de la même façon.

Nouvelles règles financières

Alors que les Etats-Unis poussent en faveur d’un effort accru de relance budgétaire pour soutenir l’activité, les Européens, France et Allemagne en tête, s’inquiètent du gonflement de leurs déficits. Avant de nouveaux efforts, ces deux pays voudraient voir le résultat des centaines de milliards d’euros déjà dépensés pour soutenir les banques et l’économie mondiale. La chancelière allemande Angela Merkel estime que la crise n’a pas été créée par un manque de liquidités mais au contraire par leur excès.

La question de la régulation financière est également un sujet de contentieux entre les Américains et les Européens. Paris et Berlin sont déterminés à obtenir du concret sur de nombreux points. Dans l’ordre, le changement des normes comptables pour limiter les prises de risques exagérées des banques, l’encadrement de la rémunération des traders, la surveillance des fonds spéculatifs et enfin la publication d’une liste des paradis fiscaux et des sanctions à leur appliquer. La menace d’une liste noire a déjà poussé des pays comme la Suisse, l’Autriche, le Luxembourg, la Belgique, l’Andorre et le Liechtenstein, à assouplir leur secret bancaire.

Accroissement des ressources du FMI

Prioritaire pour la majorité des Européens, ce dossier de la régulation financière est abordé avec beaucoup de prudence par les pays anglo-saxons. Washington et Londres veulent éviter d’effrayer des marchés très volatils. Ils craignent que l’annonce de nouvelles normes comptables ou de sanctions contre les centres offshore empêche les plans de relance de bien fonctionner.

Autre ambition de ce G20 : accroître les moyens financiers du FMI de telle sorte qu’il puisse venir en aide aux pays en difficulté. Les Européens ont décidé de mettre 75 milliards d’euros à la disposition du FMI pour soutenir les économies les plus touchées par la crise. Les Vingt-Sept pourraient même faire plus à condition que d’autres grands pays du G20 –comme les Etats-Unis ou la Chine- annoncent d’importantes contributions.

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