lundi, 19 octobre 2009

Sanglants combats entre les talibans et l'armée pakistanaise

Par LEXPRESS.fr avec Reuters, publié le 19/10/2009


Les forces gouvernamentales du Pakistan affrontent toujours quelques 10 000 taliban, au nord-ouest du pays. Plusieurs milliers de civils ont fui ces derniers jours pour échapper à cette violence.

Les combats font rage entre les forces pakistanaises et les taliban au Sud-Waziristan, zone tribale du nord-ouest du Pakistan, au lendemain du lancement d'une vaste offensive gouvernementale.

L'armée a annoncé que soixante militants islamistes et cinq soldats gouvernementaux avaient été tués en vingt-quatre heures d'affrontements.

La police contrôle des Pakistanais qui arrivent à la frontière du nord du pays, ce lundi.

REUTERS/Faisal Mahmood

La police contrôle des Pakistanais qui arrivent à la frontière du nord du pays, ce lundi.

 

Quelque 28 000 soldats sont aux prises avec quelque 10 000 miliciens islamistes, parmi lesquels se trouveraient un millier de combattants ouzbeks et quelques membres arabes d'Al Qaïda.

L'offensive a été lancée samedi après une série d'attentats qui ont fait plus de 150 morts en deux semaines à travers le pays. L'un de ces attentats a visé le quartier général de l'armée à Rawalpindi, comme un défi suprême aux autorités.

Pendant des années, les combattants islamistes ont été en mesure de préparer des positions défensives au Sud-Waziristan, région aride et montagneuse coupée de ravins profonds.

L'armée a annoncé avoir encerclé un grand nombre d'insurgés dans le nord de la province. La progression des soldats, appuyés par l'aviation et l'artillerie, se fait en suivant trois axes, les colonnes gouvernementales venant du nord, du sud-ouest et du sud-est.

"Les partisans d'Obama"

Un porte-parole des taliban a pourtant affirmé que les gouvernementaux étaient repoussés.

"Ils essaient de venir de tous les côtés mais nous avons repoussé leur assaut et nous leur avons infligé de lourdes pertes", a dit Azam Tariq par téléphone à l'agence Reuters. Il a précisé qu'un combattant taliban avait été tué et trois autres blessés dans les combats.

"Le gouvernement fait peu de cas de la souveraineté du pays uniquement pour faire plaisir à Obama (...) Nous attaquerons partout les partisans du président américain", a-t-il ajouté.

Quelque 10 0000 civils ont fui le Sud-Waziristan pour ne pas être pris dans les combats, dont 16 000 ces derniers jours.

L'armée pakistanaise essaye de mettre fin à la présence croissante des talibans dans le pays.

REUTERS/Faisal Mahmood

L'armée pakistanaise essaye de mettre fin à la présence croissante des talibans dans le pays.

Vendredi, à la veille de l'offensive, la classe politique pakistanaise, majorité et opposition confondues, avait exprimé son soutien à l'armée et affiché sa détermination à en finir avec la guérilla islamiste.

Plusieurs brèves offensives gouvernementales qui se sont soldées par de lourdes pertes ont été menées au Sud-Waziristan depuis 2004.

Pour les USA, l'intervention du Pakistan est essentielle

Cette fois, l'opération annoncée de longue date a été minutieusement préparée.

Avant le Sud-Waziristan, les forces gouvernementales étaient intervenues au printemps dans la vallée de Swat, à une centaine de kilomètres au nord-ouest d'Islamabad. L'opération a été menée sous la pression des Etats-Unis, inquiets de voir les taliban parader si près de la capitale d'une puissance nucléaire.

Washington juge en outre l'intervention pakistanaise essentielle à la pacification de l'Afghanistan.

Après l'intervention américaine de novembre 2001, bon nombre de miliciens islamistes afghans se sont regroupés dans les zones tribales autonomes du nord-ouest du Pakistan, qui jouent aujourd'hui un rôle important dans la poursuite de la guérilla.

lundi, 10 août 2009

Les talibans ont pris le dessus en Afghanistan

NOUVELOBS.COM | 10.08.2009 |

C'est ce qu'affirme le commandant des forces américaines dans le pays. "Nous devons stopper leur dynamique. C'est un dur labeur", a-t-il déclaré.

Un soldat afghan, près de Kaboul (Sipa)

Un soldat afghan, près de Kaboul (Sipa)

Le général Stanley McChrystal, commandant des forces américaines en Afghanistan, estime que les talibans ont pris le dessus dans le pays, forçant les Etats-Unis à changer de stratégie sur le terrain, a-t-il confié dans un entretien au Wall Street journal publié lundi 10 août.
Il affirme que les talibans ont gagné du terrain au-delà de leurs bastions dans le sud de l'Afghanistan, pour menacer des régions qui étaient stables jusqu'ici dans le nord et l'ouest du pays. Selon le général, les insurgés montent des attaques sophistiquées qui combinent bombes artisanales et guet-apens tendus par de petites équipes de talibans lourdement armés, rapporte le Wall Street journal.

68.000 soldats américains


"C'est un ennemi très agressif maintenant", déclare Stanley McChrystal au journal, dans son bureau situé dans un camp fortifié de l'Otan à Kaboul. "Nous devons stopper leur dynamique. C'est un dur labeur", ajoute-t-il.
D'après le commandant, le redéploiement à venir des troupes américaines a été conçu pour mieux protéger les civils afghans de la montée des violences et des intimidations des talibans.
Ces redéploiements sont la manifestation la plus évidente de la stratégie de McChrystal en Afghanistan, qui a pour priorité affichée de protéger la population afghane plutôt que de neutraliser les insurgés.
L'augmentation en cours de la présence américaine en Afghanistan décidée par l'administration Obama va amener à un total record de 68.000 soldats américains dans le pays d'ici la fin de l'année.

Infiltrer Kandahar


Plusieurs responsables de l'armée américaine estiment que les talibans ont tiré profit de l'offensive américaine dans la province du Helmand (sud) pour infiltrer la ville de Kandahar, et installer des gouvernements et des tribunaux fantômes, rapporte le Wall Street journal.
Le général affirme qu'il planifie de redéployer plus de troupes à Kandahar pour soutenir les forces canadiennes en charge actuellement de la sécurité dans la région.
Le commandant des forces américaines rappelle enfin qu'il va diriger un "très important" développement de l'armée afghane et de la police nationale qui devraient doubler en taille, selon les plans de l'armée américaine en cours de finalisation, d'après le journal.

Roquette


Lundi matin, les talibans afghans ont attaqué à la roquette et à l'arme automatique plusieurs bâtiments gouvernementaux à 50 km au sud de la capitale Kaboul, tuant au moins un soldat. Cette attaque, revendiquée par les rebelles, intervient exactement dix jours avant les élections présidentielle et provinciales en Afghanistan.
Les rebelles, postés dans des immeubles proches, ont tiré à la mi-journée des roquettes et des salves d'armes automatiques sur les bâtiments du gouverneur et de la police à Pul-i-Alam, à 50 km au sud de Kaboul, rapporte à l'AFP le porte-parole de la province, Din Mohammad Darwish.

Les talibans "seront bientôt arrêtés ou tués"


"Les assaillants sont retranchés dans deux bâtiments à plusieurs étages et encerclés par les forces de sécurité, avec lesquelles ils échangent des tirs", a-t-il déclaré par téléphone. Selon lui, les roquettes ont atteint le bureau du gouverneur, sans faire de victimes, et le quartier général de la police.
De son côté, le porte-parole du ministère de l'Intérieur Zemarai Bashary a annoncé qu'un soldat a été tué et confirmé que "les forces de sécurité" afghanes et internationales "avaient encerclé les assaillants". Ces derniers "seront bientôt arrêtés ou tués", a-t-il affirmé.
Interrogées par l'AFP, les forces internationales ne confirmaient pas immédiatement leur participation au combat.
L'attaque a été revendiquée par un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahed, qui a affirmé que 21 personnes avaient été tuées dans l'attaque. Un bilan vraisemblablement exagéré.

Un appel aux Afghans à boycotter les scrutins


Cette année, les rebelles talibans ont mené plusieurs attaques coordonnées contre des bâtiments gouvernementaux dans plusieurs capitales provinciales, dont une contre des ministères qui a fait 34 morts, dont huit assaillants en février à Kaboul.
Les talibans, qui mènent une rébellion sanglante depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir par une coalition internationale menée par les Etats-Unis à la fin 2001, ont appelé les Afghans à boycotter les scrutins, sans annoncer d'attaques contre directes contre les bureaux de vote.
La multiplication des violences fait craindre un taux d'abstention massive, et donc un manque de crédibilité des scrutins, jugés cruciaux par la communauté internationale.

(nouvelobs.com avec AFP)

jeudi, 30 juillet 2009

Afghanistan / Elections : Les talibans menacent de perturber le scrutin

Par RFI. Article publié le 30/07/2009 

Les talibans ont appelé jeudi la population à boycotter les élections présidentielle et provinciales du 20 août prochain. Prendre part au scrutin revient, selon eux, à légitimer l'invasion américaine. Les talibans demandent aux Afghans de rejoindre les rangs du jihad et de chasser les forces étrangères.

Devant des panneaux électoraux dans une rue de Kaboul, le 28 juillet 2009.(Photo : Reuters)

Devant des panneaux électoraux dans une rue de Kaboul, le 28 juillet 2009.
(Photo : Reuters)


Avec notre correspondant à Kaboul
, Luc Mathieu 

L'appel émane de l'Emirat islamique d'Afghanistan, autrement dit du mollah Omar. Pour la première fois, le chef des talibans indique clairement qu'il veut bloquer le processus électoral.

L'appel au boycott des élections traduit aussi le refus de négocier avec le président Hamid Karzaï qui brigue un nouveau mandat. Celui-ci avait déclaré mardi que le dialogue avec les talibans restait le meilleur moyen de faire cesser les violences dans le pays.

Le chef des talibans entend également réaffirmer son autorité sur un mouvement composé de dizaines de chefs provinciaux et locaux. Il a d'ailleurs récemment fait publier une sorte de guide militaire, dans lequel il affirme qu'il ne tolérera pas la création de nouveaux groupes insurgés qui ne seraient pas sous ses ordres.

À trois semaines de l'élection présidentielle, l'insurrection n'a jamais été aussi puissante depuis la chute du régime taliban, fin 2001. Soixante et onze soldats étrangers sont morts depuis le début du mois. Faute de sécurité, les habitants de plusieurs districts du sud, de l'est et même du nord du pays ne pourront probablement pas aller voter le 20 août prochain.

Afghanistan : un code de conduite pour les combattants talibans

mollah omar l'invisible.jpg 13 chapitres et 67 articles, tel est le format de la nouvelle charte des talibans en Afghanistan. Un "code de conduite" qui aurait été concocté par mollah Omar en personne, dans le but d'éviter l'éparpillement du mouvement avant les élections présidentielle et provinciales du 20 août. Le chef spirituel des talibans dirigerait un gouvernement en exil à Quetta, au Pakistan.

La chaîne de télévision Al Jazeera a été la première à en parler. Selon son correspondant à Kaboul, James Bays, ce nouveau code de conduite - un premier avait été rédigé en 2006 - est en passe d'être distribué à tous les combattants islamistes en Afghanistan. Il a pour titre : "Les règles de l'Emirat islamique d'Afghanistan pour les Moudjahidin".

Extraits

  • Dans le but de centraliser les opérations, la création de nouveaux groupes de moudjahidin est interdite. "Si des groupes non officiels ou des bataillons irréguliers existants refusent de rejoindre la structure officielle, il faut les démanteler", affirme mollah Omar. Au cours des dernières années, les talibans ont eu tendance à s'éparpiller, multipliant les petites formations, entraînant des opérations mal coordonnées, note James Bays. Ce que veut le chef spirituel, désormais, c'est une seule organisation bien structurée, placée sous son contrôle. Ceux qui refuseraienrt de faire allégeance "doivent être désarmés".
  • Il faut limiter les attentats suicides, et les réserver aux cibles importantes. "Un courageux fils de l'islam ne doit pas être sacrifié pour des cibles de moindre intérêt, ou même sans intérêt du tout. Il faut faire tous les efforts possibles pour éviter les victimes civiles", indique encore le guide du bon moudjahid.
  • Car l'objectif est aussi de "gagner les coeurs et les esprits"... un langage emprunté aux forces de l'Otan. Pour se moquer ? Pas du tout juge James Bays, selon lequel le texte insiste sur un point : "les moudjahidin doivent avoir une conduite irréprochable, de manière à gagner les coeurs des musulmans civils. Ils doivent éviter la discrimination fondée sur la tribu, la langue ou encore l'origine géographique"
  • Un autre chapitre, enfin, détaille la manière dont seront traités les prisonniers. Là encore, avec beaucoup de moralité à la clé. "Il est strictement interdit de relâcher des prisonniers contre une rançon". Quant au sort à réserver aux "militaires infidèles" qui seraient capturés, il doit être décidé au cas par cas par mollah Omar lui-même, ou son second.

 

Pour les forces de l'OTAN et des responsables du gouvernement afghan, ce texte n'est que pure propagande. Il aurait été publié en mai et, effectivement, distribué aux insurgés. Des exemplaires en auraient été trouvés par les forces armées. Mais, affirme le général Eric Tremblay, porte-parole de l'OTAN à Kaboul, "il semble s'agir avant tout d'une forme de propagande visant à montrer que l'insurrection est contrôlée par un gouvernement central".

Plus classique, les talibans viennent d'appeler officiellement les Afghans à boycotter les élections du 20 août. "Tous les moudjahidin doivent s'assurer que ce processus impur échoue. Ils doivent lancer des opérations contre les bases ennemies, ils doivent empêcher les gens de prendre part aux élections, et, la veille du scrutin, toutes les routes doivent être fermées à tous les véhicules gouvernementaux et civils. Ils doivent aussi informer la population", soulignent les talibans dans un communiqué diffusé par courrier électronique. Il est signé : "l'Emirat islamique d'Afghanistan".

lundi, 27 juillet 2009

Afghanistan: la présidence annonce un premier accord local avec les talibans

Par AFP, 27.07.2009

AFP/Archives

Enfants afghans le 28 novembre 2008 à Paktika

La présidence afghane a annoncé lundi qu'un accord de cessez-le-feu avec les talibans avait été signé dans un district du nord-ouest, une première dans le pays à moins d'un mois des élections présidentielle et provinciales du 20 août.

Un porte-parole des rebelles talibans a démenti tout accord avec les autorités, mais les médias locaux ont indiqué qu'il avait été signé par un homme se présentant comme un commandant taliban local.

L'annonce de cet accord, signé selon la présidence dans un district de la province de Badghis, frontalière du Turkménistan, intervient au moment où les violences se multiplient dans le pays, atteignant un niveau inégalé depuis l'arrivée des troupes internationales et la chute des talibans fin 2001.

Cette spirale meurtrière fait douter nombre d'observateurs de la possibilité d'avoir des élections libres et crédibles le mois prochain.

"Un accord de cessez-le-feu est en vigueur depuis samedi dans le district de Bala Murghab, grâce aux efforts de médiation des responsables locaux de la province de Badghis", a annoncé à l'AFP un porte-parole du président Hamid Karzaï, Siamak Herawi.

Cet accord a été négocié pendant 20 jours. Sa signature a permis le départ des talibans de trois zones du district de Bala Murghab et leur reprise en mains par les autorités locales, a-t-il précisé. Il va permettre à ces dernières de mettre en place les infrastructures nécessaires à la tenue des élections, et aux candidats de faire campagne, a-t-il ajouté.

AFP

Patrouille à à Paktika le 28 novembre 2008

"Cet accord est une première dans le pays" et "un modèle que d'autres provinces et régions tentent également d'appliquer", selon lui.

Interrogé par l'AFP, le principal porte-parole taliban, Yousuf Ahmadi, a démenti cet accord, soulignant que les rebelles n'en avaient pas besoin. "Nous n'avons aucun accord de cessez-le-feu avec les autorités", a-t-il affirmé.

La dégradation de la sécurité et l'incapacité à juguler la rébellion sont les principaux reproches, avec les accusations de corruption, adressés au président Hamid Karzaï. Porté au pouvoir par la communauté internationale à la fin 2001, puis élu en 2004, M. Karzaï est candidat à sa propre succession en août.

Le président afghan a régulièrement proposé ces dernières années aux talibans de déposer les armes en échange d'une amnistie.

Mais les rebelles ont toujours refusé, en posant comme préalable à toute discussion le départ des quelque 90.000 soldats étrangers qui soutiennent le gouvernement de Kaboul face à leurs combattants.

Contrairement aux provinces du sud et de l'est afghan, Badghis n'est pas un foyer taliban. Mais elle fait partie des provinces où les rebelles ont étendu leur influence ces deux dernières années et où le niveau des violences a augmenté en conséquence.

L'annonce de cet accord intervient alors que les troupes internationales mènent plusieurs opérations militaires de grande ampleur contre les rebelles, notamment dans le sud du pays.

Dans le même temps, face à la dégradation de la situation, les alliés internationaux du président Karzaï, en particulier les Etats-Unis, ont multiplié les appels au dialogue avec la frange la plus modérée de la rébellion.

jeudi, 02 juillet 2009

Etats-Unis/Afghanistan : Vaste opération des Marines contre les talibans

Par  RFI (avec AFP). Article publié le 02/07/2009 

Des milliers de soldats américains débarqués en pleine nuit, des hélicoptères aussi dans la vallée de l'Helmand, dans le sud du pays. Une grande offensive terrestre et héliportée, la plus importante depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche et selon les officiers sur le terrain, la plus grande opération aéroportée lancée par les Marines depuis la guerre du Vietnam. Une opération au cœur même de l'insurrection talibane. L'Etat major américain espère reprendre rapidement le contrôle de la région, là où les forces de l'Otan ont échoué depuis des années.

300 soldats du camp Dwyer et leur commandement s'apprêtent à s'envoler pour la province de l'Helmand, au sud de l'Afghanistan, le jeudi 2 juillet à l'aube.(Photo : AFP)

300 soldats du camp Dwyer et leur commandement s'apprêtent à s'envoler pour la province de l'Helmand, au sud de l'Afghanistan, le jeudi 2 juillet à l'aube.
(Photo : AFP)


L'opération Khanjar (coup d'épée) comprend près de 4 000 soldats américains ainsi que 650 policiers et militaires afghans. Des drones seront utilisés pour suivre le déroulement de l'opération.

Le général Larry Nicholson, commandant la MEB, la brigade expéditionnaire des Marines, a déclaré que « l'opération Khanjar diffère de celles lancées précédemment par l'ampleur des forces et sa rapidité ».

Les soldats américains doivent pénétrer ce jeudi dans la vallée de la rivière Helmand, profondément dans des zones tenues par les talibans et où les forces internationales n'ont pas réussi à s'implanter.

Sécuriser la vallée

Une vaste opération anti-talibans a été lancée par les Marines, avec l'appui de policiers et de militaires afghans, dans la province de l'Helmand, au sud de l'Afghanistan.(Carte : F. Achache / RFI)

Une vaste opération anti-talibans a été lancée par les Marines, avec l'appui de policiers et de militaires afghans, dans la province de l'Helmand, au sud de l'Afghanistan.
(Carte : F. Achache / RFI)

L'offensive doit durer 36 heures dans sa première étape et apporter la sécurité dans la vallée de l'Helmand avant l'élection présidentielle fixée au 20 août.

Les principaux objectifs de l'offensive comprennent les districts de Garmsir et de Nawa, situés près de la frontière méridionale avec le Pakistan où les insurgés trouvent refuge. Des officiers ont déclaré qu'ils s'attendaient à trouver entre 300 à 500 talibans dans le district de Nawa.

Gagner la confiance des populations

L'opération Khanjar est censée convaincre les Afghans de la région que les forces de sécurité afghanes - soutenues par les forces internationales - offrent un meilleur avenir à long terme que les islamistes.

« Cette offensive marque le début d’un grand changement pour la province de l'Helmand. C'est un plan important, un plan qui présente des risques », a déclaré à ses hommes le général Nicholson. Nous descendons dans la vallée, et nous allons y rester. Là est la différence ». L'opération se déroule dans le cadre de la nouvelle stratégie du président Barack Obama pour endiguer une insurrection qui s'intensifie. La sécurité des habitants passe avant la capture des talibans : « La chose la plus difficile à faire comprendre aux populations est pourquoi nous sommes là, et nous n’aurons pas beaucoup d'occasions pour gagner leur confiance ».

Préparer l'élection présidentielle

La présence des soldats américains permettra de préparer l’élection présidentielle du 20 août, avec notamment l’identification de la population. L'offensive permettra également de dégager les routes d'engins explosifs de fabrication artisanale, les armes favorites des militants islamistes. Une surveillance aérienne sera mise en place pendant la durée de l'opération, tandis que des haut-parleurs informeront la population locale.

Le général afghan Shair Mohammad Zazai souligne que l’opération menée sur trois fronts principaux, établira la sécurité dans la région pour que les gens puissent aller voter librement. Les autorités craignent en effet que les talibans recourent à la violence et à l’intimidation. « Le but de cette opération est de reprendre le contrôle de certaines zones tenues par les talibans. Nous continuerons jusqu’à ce que notre objectif sera atteint », insiste le ministre afghan de la Défense.

Helmand est la première province productrice d'opium du pays, qui fournit 90% de la production mondiale de cette drogue. Son trafic et celui de ses dérivés comme l'héroïne sont considérés comme une des ressources des réseaux rebelles.

L’opération Khanjar est la plus importante opération en Afghanistan depuis l’opération Glacier en mars 2007 dans la province de l'Helmand. Les forces britanniques avaient fourni à l'époque 5 500 hommes autour de Garmser pour frapper les extrémistes talibans et leurs centres de commandement. Elle survient au lendemain du retrait des forces des soldats américains des villes en Irak

mardi, 09 juin 2009

Pakistan : Paysans contre talibans

Par rfi.fr. Article publié le 09/06/2009

L’armée pakistanaise est déployée dans le Haut Dir, en appui des villageois qui tentent de repousser les talibans, le 8 juin 2009.(Photo : Reuters)

L’armée pakistanaise est déployée dans le Haut Dir, en appui des villageois qui tentent de repousser les talibans, le 8 juin 2009.
(Photo : Reuters)

Des villageois dans le nord-ouest du Pakistan continuent d’affronter les talibans réfugiés dans le district tribal du Haut Dir. Profitant d’un accord conclu avec les autorités, les extrémistes radicaux ont pris le contrôle de nouveaux secteurs. Mais les paysans ne l’entendent pas de cette oreille. Ils s’organisent en milice pour déloger les talibans de leur territoire. En soutien à cette rébellion, l’armée pakistanaise a envoyé des hélicoptères de combat.

Vendredi dernier, juste après l’attentat dans une mosquée qui a fait près de quarante morts, les villageois ont tout de suite accusé les talibans. Selon eux, les islamistes auraient conçu l’attaque-suicide, parce qu’ils avaient refusé, quelques semaines plus tôt, de leur ouvrir leur vallée. Et ils les en auraient chassés.

Représailles ? C’est en tout cas ce qu’indiquent ces villageois du district de Dir, situé au nord-ouest d’Islamabad entre la vallée de Swat et l’Afghanistan ; des villageois qui se sont constitués en milices pour combattre les extrémistes.

« Pas question que les talibans viennent chez nous » indique l’un des responsables de la milice qui regroupe plus de cinq cents personnes. « Ni les talibans, ni l’armée », affirment les autres.

L’année dernière, les autorités avaient tenté de mettre en place des groupes d’auto-défense, épaulés par la police. Mais après quelques semaines, l’aventure avait tourné au fiasco. Cette fois-ci, il semblerait que ces miliciens parviennent à tenir tête aux extrémistes. Pour les autorités d’Islamabad, cette initiative est peut-être le début d’une prise en main des villageois contre les talibans.

Mais depuis 2003, plusieurs centaines de chefs de tribus anti-talibans ont été exécutés par les islamistes.

jeudi, 28 mai 2009

Pakistan : Les talibans revendiquent l’attentat de Lahore

Par  RFI. Article publié le 28/05/2009 

Le Mouvement des talibans du Pakistan, groupe lié à al-Qaïda, a revendiqué, ce jeudi, l'attentat-suicide qui a visé la veille la police et les services de renseignement, faisant 24 morts et plus de 300 blessés à Lahore. L'attaque a été perpétrée en représailles à l'offensive gouvernementale toujours en cours dans la vallée de Swat, bastion des islamistes radicaux, dans le nord-ouest du pays.

La police et les secours continuent de fouiller les décombres d’un immeuble détruit par un attentat à la bombe à Lahore, au Pakistan, le 27 mai 2009(Photo : Reuters)

La police et les secours continuent de fouiller les décombres d’un immeuble détruit par un attentat à la bombe à Lahore, au Pakistan, le 27 mai 2009
(Photo : Reuters)

C'est le porte-parole du chef des talibans pakistanais Baïtullah Mehsud qui a revendiqué l'attaque. Il annonce clairement qu'il s'agit de venger l'opération militaire de la vallée de Swat où, depuis un mois, les troupes pakistanaises ont lancé l'assaut pour restaurer la souveraineté d'Islamabad sévèrement contestée.

Le porte-parole accompagne sa revendication de menaces ; il annonce d'autres attaques contre des cibles gouvernementales si le gouvernement déclenche de nouvelles opérations contre les islamistes. Et il appelle les citoyens pakistanais à quitter les villes dans la perspective d'attaques beaucoup plus massives et dangereuses que celle de Lahore.

La menace est évidemment prise très au sérieux. L'armée pakistanaise a engagé des forces considérables dans la bataille, terrestres et aériennes. Les talibans ont enregistré de lourdes pertes, certainement plus de 1 000 tués et d'une certaine manière, ils ont le « dos au mur » dans cette fameuse vallée dont la capitale, Mingora, est sur le point d'être totalement conquise par les troupes gouvernementales. « C'est une question de jour », déclarait récemment un officier pakistanais.

Selon le ministre pakistanais de l'Intérieur, les talibans sont à bout de force et ils commencent à perdre espoir.

lundi, 04 mai 2009

La progression des talibans provoque un premier électrochoc au Pakistan

Par figaro.fr, publié le 04/05/2009
Le chef religieux Sufi Mohammad (à gauche), un taliban pur et dur, lors d'un discours à ses fidèles, à Mingora, capitale de la vallée de Swat, le 19 avril dernier.
Le chef religieux Sufi Mohammad (à gauche), un taliban pur et dur, lors d'un discours à ses fidèles, à Mingora, capitale de la vallée de Swat, le 19 avril dernier. Crédits photo : AP

Il aura fallu que les militants islamistes arrivent à une centaine de kilomètres d'Islamabad pour que de nouvelles inquiétudes s'expriment, y compris parmi les plus proches des extrémistes.

 

Il est minuit moins cinq, les Pakistanais l'ont peut-être enfin compris. S'ils ne réagissent pas rapidement, leur pays risque, soit de voler en éclats, soit de tomber sous la férule des talibans. L'avancée des militants islamistes jusqu'à une centaine de kilomètres d'Islamabad, le mois dernier, aura-t-elle servi d'électrochoc ?

Réelle ou imaginaire, la menace de voir les rebelles s'emparer de la capitale a en tout cas frappé les esprits. Et réveillé une bonne partie de la classe politique, voire une section de l'«intelligentsia», jusqu'ici sceptique ou apathique. Même Maulana Fazlur Rehman, le chef du Jamiat Ulema-e-Islam-Fazl (JUI-F), l'un des partis religieux les plus proches des talibans, s'est montré alarmiste. «Si les talibans continuent d'avancer à ce rythme, ils frapperont bientôt aux portes d'Islamabad, car les Margalla Hills (NDLR, les collines qui entourent la ville) semblent être le seul obstacle dans leur marche sur la capitale fédérale», a-t-il déclaré devant le Parlement, à la surprise générale.

«Il y a une prise de conscience. Avec toutes les brutalités commises par les talibans, les gens ont peur, ils commencent à se réveiller», confiait récemment à Rawalpindi, Mahmoud Durrani, ancien conseiller à la Sécurité nationale auprès du gouvernement civil d'Islamabad. «Nombre de Pakistanais réalisent aussi que les exactions des talibans ne se cantonnent pas aux provinces de l'ouest du pays. Les derniers attentats à Lahore, entre autres, ont montré que le Pendjab était mûr, lui aussi, pour la rébellion. Les talibans et les djihadistes traditionnellement implantés au Pendjab travaillent ensemble», ajoutait ce général à la retraite. Porté par un vent d'optimisme, l'éditorialiste du quotidien The News se demande pour sa part pourquoi «on a attendu si longtemps» avant de faire donner l'armée à Buner, le petit district situé à quelque 100 kilomètres de la capitale, dont s'étaient emparés les talibans de Swat. «L'opération militaire en cours à Buner montre ce dont on est capable une fois que la volonté d'agir est là. Les forces de sécurité disent y avoir tué 60 militants, y compris des étrangers», poursuit-il.

 

Des négociations pour ranimer l'accord de Swat

Il est difficile de ne pas voir un lien de cause à effet entre l'action soudaine de l'armée pakistanaise et la visite, cette semaine à Washington, du président pakistanais, Asif Ali Zardari. Il y retrouvera son homologue afghan, Hamid Karzaï. Il n'y aurait rien d'étonnant, rien de nouveau, surtout, à ce que l'opération «Tonnerre noir» lancée à Buner mardi dernier, se termine par un cessez-le-feu aux termes approximatifs. Les talibans en profiteraient une fois de plus pour se regrouper et se réarmer. Le ver n'est-il pas déjà dans le fruit ?

Le gouvernement de la province frontalière du Nord-Ouest (NWFP) cherche à tout prix à sauver l'accord de Swat, qu'il avait aidé à forger. C'est par ce «traité» boiteux que tout a commencé. Négocié grâce à la médiation du chef religieux Sufi Mohammad, un taliban pur et dur, il autorise la région de Malakand (dont Swat et Buner font partie) à mettre en place des tribunaux islamiques, en contrepartie d'un cessez-le-feu. Cette charia «douce» n'a jamais été instaurée, et les talibans ont terrorisé la région de plus belle ; loin de déposer leurs armes, ils ont essaimé ; la trêve a volé en éclats. Hier, les militants islamistes ont décapité deux fonctionnaires locaux en représailles après la mort de deux insurgés.

Dès vendredi, pourtant, le gouvernement de la NWFP et Sufi Mohammad avaient repris les négociations en vue de réanimer l'accord de Swat. Elles ont abouti, hier, à la nomination par les autorités de Peshawar, des juges qui devraient officier à Swat. Sufi Mohammad et les talibans l'ont rejeté derechef, expliquant qu'ils n'avaient pas été consultés sur le choix des magistrats. «Toute décision prise alors que l'armée poursuit ses opérations est inacceptable pour nous, a ajouté Muslim Khan, le porte-parole des talibans de Swat. Le gouvernement devrait d'abord cesser l'opération militaire en cours, puis nommer les juges de la cour, en consultation avec Sufi Mohammad.»

À Peshawar, c'est l'inquiétude. Le désenchantement, aussi. Que fait le gouvernement central pour aider cette région rongée par des talibans tyranniques ? «On a déjà fait une grosse erreur en laissant les talibans s'organiser dans les Zones tribales sans réagir. Pendant ce temps, nous étions bien tranquilles à Peshawar, et maintenant, les militants sont à Peshawar. Islamabad commence à se réveiller, c'est bien, mais si Islamabad ne se réveille pas pleinement, alors que Dieu nous vienne tous en aide !» lance un proche du premier ministre régional à Peshawar.