lundi, 09 novembre 2009

Le dalaï-lama aux portes du Tibet

Par ouest-france.fr, publié le lundi 09 novembre 2009

Le dalaï-lama, hier ,à Tawang, au milieu des moines bouddhistes.

Le dalaï-lama, hier ,à Tawang, au milieu des moines bouddhistes.
Photo : AFP

Sa visite dans un monastère de l'Arunachal Pradesh irrite Pékin, qui réclame la pointe nord-est de l'Inde.

Des milliers de pèlerins avaient fait le voyage, certains marchant depuis cinq jours. Le dalaï-lama s'est posé en hélicoptère au monastère tibétain de Tawang, dans l'État d'Arunachal Pradesh, à la pointe nord-est de l'Inde. Il y a été accueilli par des sonneries de trompes et des centaines de drapeaux de prière fendant le vent glacial.

Cette visite à un jet de pierre du Tibet n'est pas du goût de Pékin, qui accuse le leader tibétain en exil de vouloir « briser les relations » « Je ne promeus que la fraternité universelle », objecte l'intéressé.

Dalaï-lama ou pas, la Chine voit rouge dès qu'il est question de l'Arunachal Pradesh. Pour Pékin, ce territoire de 87 000 km2 constitue la partie sud du Tibet - annexé en 1951 - et il devrait donc lui revenir. Le mois dernier, le régime chinois avait déjà hurlé lorsque Manmohan Singh, le Premier ministre indien, y avait effectué un déplacement.
entre la Chine et l'Inde.

jeudi, 22 octobre 2009

Chine/France : «La Chine doit aller vers la transparence politique»

Par RFI. Article publié le 20/10/2009 


Yan Chen, journaliste à la rédaction chinoise de RFI, a été reçu par le Dalaï Lama à Dharamsala (Inde) où le chef spirituel et politique des Tibétains vit en exil depuis 1959. Le Dalaï-Lama s’est notamment exprimé sur l’état des libertés en Chine, la situation des Ouïghours dans le Xinjiang et sur sa future rencontre avec le président américain Barack Obama. À lire et à écouter. L'interview sera diffusée sur l'antenne en français de RFI, mercredi 21 octobre, à 6h13, 7h20 et 13h10 (heure de Paris).

Le Dalaï Lama interviewé par Yan Chen, journaliste de la rédaction chinoise de RFI.(Photo : RFI/Philippe Nadel)

Le Dalaï Lama interviewé par Yan Chen, journaliste de la rédaction chinoise de RFI.
(Photo : RFI/Philippe Nadel)

Extraits de l’interview exclusive avec le Dalaï Lama, réalisée le 19 octobre 2009.

Yan Chen : Vous êtes une personnalité influente aussi bien dans le monde politique qu’auprès de l’opinion publique. J’aimerais connaître votre point de vue sur la position actuelle de la Chine et sur la place que la Chine est amenée à occuper dans les années à venir.

Dalaï Lama : Je voudrais souligner, à l’occasion de cet entretien avec la rédaction chinoise de RFI, que la Chine est un grand pays, et qu’elle est amenée à occuper une position importante sur la scène mondiale. La Chine doit, à l’avenir, servir le monde, aider le monde.

Pour l’instant, la Chine est loin de pouvoir assumer sa responsabilité de grand pays parce que le monde ne lui fait pas confiance en raison de son manque de transparence. Il n’y pas de liberté de la presse ni de liberté de parole en Chine. Par exemple, le gouvernement parle encore aujourd’hui de secret d’Etat. Ce mot avait peut-être du sens en temps de guerre, pendant la guerre civile ou pendant la guerre de Corée, mais en temps de paix, est-il nécessaire de tout censurer ? C’est vraiment triste.

Donc, si la Chine veut un jour occuper dignement sa position de grande puissance, il faut absolument qu’elle s’oriente vers la transparence politique. C’est précisément parce que la Chine ne se dévoile pas que ses voisins et la communauté internationale la redoutent. La censure envers les medias nuit à l’image de la Chine, elle donne par ailleurs à l’extérieur une image tronquée de la Chine.

N’importe qui, n’importe quel pays, peut commettre des erreurs. Il suffit de les reconnaître et d’implorer pardon, et on n’en parle plus.

Le Dalaï Lama au micro de Rfi

« La Chine à l’avenir doit servir le monde. »

20/10/2009 par Propos recueillis par Yan Chen

YC : Vous n’avez pas été reçu par le président Obama lors de votre précédent voyage aux Etats-Unis. Savez-vous si Obama a subi des pressions du gouvernement chinois ? Avez-vous pour projet de le rencontrer, et quand ?

DL :Obama a certainement reçu des pressions de la part du gouvernement chinois. Obama avait projeté de parler calmement avec le gouvernement chinois des problèmes du Tibet lors de sa visite en novembre, dans le but d’améliorer réellement la situation des Tibétains. Pour ne pas irriter le gouvernement chinois, Obama a jugé plus opportun que nous ne nous voyions pas avant sa visite en Chine. J’étais aussi de son avis parce que notre but final est de résoudre le problème tibétain. Par ailleurs, j’ai des amis chinois qui entretiennent des contacts avec des officiers chinois de haut rang. Ils m’ont aussi conseillé de ne pas voir Obama cette fois-ci. Donc, pour ces deux raisons, j’ai suivi ces conseils.

Il a été convenu qu’au retour de sa visite en Chine, Obama me recevrait dès que possible. Comme mes voyages sont programmés longtemps à l’avance et que je n’ai pas l’intention de modifier mes projets pour aller le voir, je pense que la rencontre avec Obama aura lieu probablement à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine.

Le Dalaï Lama, assisté de son interprète.(Photo: Philippe Nadel / RFI)

Le Dalaï Lama, assisté de son interprète.
(Photo: Philippe Nadel / RFI)

J’ai déjà parlé de cela sur CNN et sur d’autres médias américains. Je leur ai dit que j’avais vu l’année dernière la chancelière allemande et le président français, et qu’ils avaient été « punis » tous les deux par le gouvernement chinois. Si Obama me reçoit maintenant, les Chinois vont être très embarrassés. Faut-il ou non « punir » aussi Obama ? Du reste, je suis allé dans de nombreux pays, non pas dans le but de rencontrer les dirigeants des gouvernements, mais pour rencontrer les peuples. J’estime tout d’abord qu’en tant que membre des six milliards d’êtres humains vivant sur la planète, il est de mon devoir de promouvoir la bonté qui réside en chacun, pour que le monde soit un monde harmonieux.

Ensuite, en tant que chef religieux,  j’essaie, dans la mesure du possible, de favoriser le dialogue entre les religions. Voilà pourquoi, chaque fois que je visite un pays, je donne toujours des conférences au plus grand nombre de personnes. En ce qui concerne les dirigeants des gouvernements, je ne veux pas leur causer d'es ennuis.

YC : La Chine a connu de grandes crises depuis le début de l’année 2008 : d’abord au Tibet, ensuite dans le Xinjiang. Quel est votre point de vue sur ces deux événements ?  Une alliance est-elle possible entre les peuples tibétain et ouïghour pour lutter ensemble, que ce soit pour l’indépendance ou une véritable autonomie ? Si cela est possible, sous quelle forme ?

DL : Déjà quand j’étais à Pékin en tant que délégué du peuple en 1954, j’ai rencontré quelques représentants des Ouïghours, et j’ai constaté qu’ils n’étaient pas satisfaits de leur situation et qu’ils en souffraient profondément. Quand j’ai quitté le Tibet en 1959, j’ai aussi rencontré des Ouïghours. Nous nous réunissions pour parler de notre souffrance et de notre avenir. Il y en avait parmi eux qui recherchaient l’indépendance et qui préconisaient la lutte armée pour obtenir cette indépendance. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes éloignés petit à petit les uns des autres. Depuis que Madame Rebiya Kadeer (Ndlr: dissidente ouïghoure vivant en exil) a quitté la Chine, je l’ai vue pour la première fois aux Etats-Unis. Nous n’avons pas pu beaucoup nous parler. Ensuite, je l’ai revue longuement une deuxième fois en Allemagne, en 2007.

Je lui ai exposé longuement mes convictions et mon point de vue sur l’autonomie et la lutte non-violente. Elle a approuvé entièrement mes idées. Après les événements du 5 juillet dernier à Urumqi, je l’ai revue à Prague à l’occasion d’une conférence de la Fondation Nobel. Elle m’a à nouveau conforté sur son choix pour la non- violence. Récemment, à l’occasion d’une conférence aux Etats-Unis, Mme Kadeer a dit ouvertement que l’avenir du Xinjiang résidait dans une véritable autonomie et que la non-violence était le seul moyen d’y parvenir. Là-dessus, nos idées convergent.

YC : Madame Kadeer ne jouit pas d’une haute autorité, comme vous. Son influence au Xinjiang est très limitée. Peut-elle diriger tout le peuple ouïghour ?

DL : J’ai abordé ce sujet avec Mme Kadeer. Je lui ai dit qu’en tant que leader des Ouïghours à l’étranger, elle avait le devoir de souder tous les Ouïghours et les enfants des Ouïghours à l’étranger. De la même façon, après les événements de Tiananmen, beaucoup de dissidents chinois sont partis aux Etats-Unis, en Europe et en Australie. J’en ai rencontré beaucoup, et  je leur ai dit qu’ils allaient devoir s’unir et former une force commune. Malheureusement, cette force n’a pas encore vu le jour.

mercredi, 07 octobre 2009

Obama reporte sa rencontre avec le dalaï-lama

07.10.2009 | China Daily

Barack Obama ne rencontrera pas le dalaï-lama, qui séjourne à Washington depuis le 5 octobre. Le président des Etats-Unis préfère attendre la tenue du sommet sino-américain avec le président Hu Jintao, prévu en novembre, avant de rencontrer le chef spirituel des Tibétains. Le Congrès américain a remis un prix au dalaï-lama, le 6 octobre, pour son action en
faveur des droits de l'homme. C'est la première fois depuis dix-huit ans que celui-ci se rend aux Etats-Unis sans rencontrer le président, note le quotidien chinois. Le journal rappelle que les relations entre la France et la Chine étaient tombées au plus bas après la rencontre entre le dalaï-lama et Nicolas Sarkozy, en 2008.

mardi, 04 août 2009

La «dalaï-mania» est à double tranchant

Le dalaï-lama a quitté sa capitale Lhassa il y a déjà 50 ans.
Légende photo: Le dalaï-lama a quitté sa capitale Lhassa il y a déjà 50 ans. (swissinfo.ch)


Les apparitions du chef spirituel et politique tibétain suscitent de fortes allergies chez les dirigeants chinois et une grande fascination en Occident. Mais la médiatisation qui le projette en plein «star system» n'est pas du goût de tous.

«Beaucoup de Tibétains nés en Suisse ne connaissent rien du Tibet, ils sont aveugles. Le dalaï-lama? Je n'ai aucun intérêt pour lui, mais il est intelligent», déclare cette Chinoise de Suisse.

«C'est surtout un bon acteur, renchérit cette autre. Mes amis sont fâchés et ont même parlé d'aller manifester à Lausanne. Nous ne comprenons pas cette idéalisation d'un personnage si peu démocratique», ajoute-t-elle.

Tout en admettant que «c'est de la propagande politique», les deux jeunes femmes expliquent qu'elles ont appris à l'école que «le peuple tibétain a toujours été pauvre et à la botte du riche haut-clergé bouddhiste».

Elles estiment que «ce système qui mélange politique et religion est dépassé» et, surtout, que «le dalaï-lama ne cherche qu'à retrouver son royaume».

La première ajoute que «la Chine a beaucoup investi pour développer le Tibet. Et la seconde que «les Chinois ont d'autres priorités que la question tibétaine: se développer eux-mêmes».

Nationalisme et incompréhension

«Ces commentaires sont significatifs, car les Chinois sont très nationalistes et incapables de comprendre cet engouement occidental», explique un sinologue genevois qui (comme nos interlocutrices chinoises) souhaite rester anonyme.

«La question Chine-Tibet est aussi vaste que celle de l'Alsace-Lorraine au 20e siècle et repose la question de l'Etat-nation, ajoute cet expert. Par ailleurs, la fascination de l'Occident pour le bouddhisme tibétain (plutôt que les autres) me laisse particulièrement songeur: je ne me l'explique que par l'appel d'air créé par notre propre vide ambiant.»

Pour Jean-Marc Falcombello, les attentes créées par la crise spirituelle de l'Occident se nourrissent de l'image parfaite du dalaï-lama: «Son image – et non pas lui-même – est pratique car elle répond aux attentes, si bien qu'il devient une sorte d'acteur d'un film dont il n'aurait pas écrit le scénario.» Ce reporter, connaisseur de l'Asie et bouddhiste, se refuse à préciser si le dalaï-lama est une victime consentante ou l'organisateur du battage médiatique.

Au-delà de la réalité, cette image crée une confusion des genres. «L'idée que la puissance de l'image du dalaï-lama est un soutien puissant à la cause tibétaine ne tient pas debout, car si c'était le cas, la situation du Tibet aurait avancé vers une solution, ce qui n'est manifestement pas le cas», regrette-t-il.

En cinquante ans, aucun Etat occidental n'a en effet reconnu le gouvernement tibétain en exil, dirigé par le dalaï-lama. Lors de ses 21 visites en Suisse, le Prix Nobel de la paix n'a jamais été reçu officiellement par la Confédération. Pour sa 22e visite, il devra se contenter de la présidente de la Chambre basse, ce qui a suscité la controverse des nombreux défenseurs de la cause tibétaine.

Confusion des genres

Claude Levenson, journaliste et auteure de plusieurs livres sur ces questions, déplore «l'organisation un peu trop professionnelle» de ces deux jours d'enseignement qui ressemble plus au concert d'une pop star que d'un maître spirituel.

«Mais les récentes émeutes dans l'est de la Chine ont montré que les Ouïgours dérangent moins Pékin que les Tibétains, poursuit-elle. Résultat, ces derniers bénéficient d'une oreille plus attentive dans l'opinion et certains milieux politiques qui, cependant, mettent en balance leur sort politique et la réalité des rapports de forces politiques et économiques.»

Claude Levenson relève qu'«il y a des jeunes qui ressentent beaucoup de frustration et remettent en question l'approche pacifiste du dalaï-lama mais qui ne remettent pas en question la validité du comportement de celui-ci, c'est toute la contradiction.»

Personne ne peut nier en effet que la médiatisation du maître spirituel empêche la souffrance du peuple tibétain de tomber dans l'oubli. Mais, paradoxalement, la confusion des genres entre religieux et politique facilite la position de Pékin, selon Jean-Marc Falcombello. Lequel relève par ailleurs cette «ironie» qui impose au parti communiste chinois d'avoir à se mêler des affaires religieuses tibétaines.

Ce qui compte, ce sont les gens

«Quant à la population chinoise, elle sait fort bien que les Tibétains ne sont pas Chinois mais elle est tout aussi fascinée que les Occidentaux par cette 'terre pure' très prisée par les touristes chinois.»

Pour S.H., dissident chinois à Hongkong, la question n'est pas l'indépendance ou non du Tibet. «Ce qui est important, ce sont les gens. Les Hans (majorité chinoise) et les Tibétains sont voisins, ils doivent trouver une solution s'ils ne veulent pas payer un prix trop sanglant.»

Pour ce syndicaliste, l'essentiel est de faire progresser les droits en Chine comme au Tibet. «En cela, je respecte le dalaï-lama, parce qu'il place les êtres humains au centre de sa vision spirituelle.»

Le plus urgent est que les Tibétains préservent leur culture et leur religion sans attendre une indépendance politique. «Quand quelqu'un saigne, il faut arrêter immédiatement l'hémorragie, même avec de faibles moyens», conclut le dissident.

A entendre certains sinologues, des historiens officiels commencent à reconnaître que l'idée de grande nation chinoise n'existait pas avant 1911 et, surtout, l'arrivée des communistes. «C'est un grand pas en avant et ce n'est peut-être que le premier», souhaite Jean-Marc Falcombello.

Isabelle Eichenberger, swissinfo.ch

mardi, 09 juin 2009

France / Tibet : Le Dalaï Lama fait citoyen d'honneur de la ville de Paris

Par  RFI

Le Dalaï Lama a reçu officiellement dimanche 7 juin le titre de « citoyen d'honneur » de la ville de Paris, une distinction que la Chine avait qualifié par avance d'« ingérence » dans ses affaires intérieures. Le chef spirituel en exil des Tibétains a reçu cette distinction à la mairie de Paris, au cours d'un déplacement de deux jours en France.
Le Dalaï Lama a reçu le titre de « citoyen d'honneur » de la ville de Paris des mains du maire de Paris, Bertrand Delanoë, le 7 juin 2009.(Photo : Reuters)

Le Dalaï Lama a reçu le titre de « citoyen d'honneur » de la ville de Paris des mains du maire de Paris, Bertrand Delanoë, le 7 juin 2009.
(Photo : Reuters)

Le Dalaï Lama aura reçu en 2007 la médaille d'honneur du Congrès des Etats-Unis des mains du président George Bush et devant tout Washington réuni.

Le chef spirituel des Tibétains a reçu son diplôme de  « citoyen d'honneur » de la ville de Paris devant personne ou presque, à part quelques journalistes. Dans son bureau, le maire de Paris honore son invité mais assure que son geste n'aura aucune conséquence sur ses partenaires chinois.

L'oeil rieur, le Dalaï Lama remet une écharpe de soie blanche à Bertrand Delanoë, fabriquée en Chine : « La tradition vient de l'Inde et cette écharpe signifie l'harmonie, dit le Dalaï Lama qui ajoute « Gardez de très bonnes relations avec vos amis chinois, mais restez toujours fermes. C'est la bonne attitude ».

« Nous sommes pour le dialogue, complètement », ajoute Bertrand Delanoë. Seulement, aujourd'hui le représentant de l'exécutif tibétain n'a plus aucun contact avec le gouvernement de Pékin alors dans les rangs de la jeune génération, des militants tibétains aimeraient parfois que le Dalaï Lama cède sa place.

« Depuis 2001 nous avons un gouvernement élu et je suis dans une position de demi-retraite déjà », explique le Dalaï Lama. Et quand on lui demande s'il est prêt à se retirer, il répond sans ambages : « Bien sûr. Maintenant je voudrais prendre définitivement ma retraite. Ensuite je pourrai utiliser mon temps et mon énergie à défendre les valeurs humaines et la paix ».

Quand cela arrivera t-il ? « C'est à vous de me le dire », conclut-il.

mercredi, 08 avril 2009

Chine : Deux émeutiers de Lhassa en 2008 condamnés à mort au Tibet

Source : AFP, publié le 08/04/2009 

PEKIN - Deux personnes qui avaient participé aux émeutes de Lhassa ont été condamnées à mort par un tribunal du Tibet pour avoir provoqué des incendies meurtriers, a rapporté mercredi l'agence Chine Nouvelle, annonçant les premières peines capitales plus d'un an après les troubles.

Image TV de France 24 des émeutes à Lhassa (Tibet), le 14 mars 2008

AFP/Archives/Tv Grab

Image TV de France 24 des émeutes à Lhassa (Tibet), le 14 mars 2008

Deux autres accusés ont été condamnés à mort, mais avec un sursis de deux ans, une peine généralement commuée en prison à vie en Chine, a précisé l'agence officielle. Un autre s'est vu infliger la prison à vie, a ajouté Chine Nouvelle, citant un porte-parole du tribunal de Lhassa.

Les cinq accusés, sur lesquels aucun détail n'a été fourni, ont été jugés dans trois affaires séparées, pour des incendies de magasins qui ont fait sept morts à Lhassa en mars 2008.

Selon l'agence officielle, un autre dossier d'incendie, qui s'est soldé par cinq morts durant les émeutes de mars est en cours de jugement.

Contactée par l'AFP, une personne de garde au tribunal n'a pas été en mesure de confirmer les condamnations. Le gouvernement régional n'était pas joignable.

Selon les autorités chinoises, les émeutiers de Lhassa en mars 2008 ont tué 18 civils et un policier.

Une version contestée par les exilés, pour qui 203 Tibétains ont trouvé la mort à Lhassa et lors de la répression des troubles qui s'étaient propagés dans les régions à population tibétaine environnantes, dans l'ouest de la Chine.

En février, le vice-président du gouvernement régional du Tibet, Baema Cewang, avait fait état de 76 personnes condamnées après les émeutes de l'année dernière dans la capitale de la Région autonome du Tibet, sans donner de détails.

Le chiffre précédent donné par les autorités en novembre avait été de 55.

Les manifestations antichinoises avaient débuté le 10 mars à Lhassa, jour anniversaire du soulèvement contre la tutelle de Pékin de mars 1959, avant de prendre une tournure plus violente le 14 mars et de s'étendre à d'autres régions de Chine où vivent des minorités tibétaines.

Cette année, pour le 50e anniversaire de cette insurrection manquée, les autorités chinoises avaient considérablement renforcé la sécurité au Tibet et dans les zones environnantes en mars pour empêcher que des troubles ne se reproduisent.

jeudi, 02 avril 2009

Tibet: pas d'accord "secret" France-Chine pour renouer le dialogue

Source : AFP, publié le 02/04/2009

LONDRES - Le président Nicolas Sarkozy a catégoriquement démenti jeudi à Londres tout "accord secret" au terme duquel il aurait renoncé à rencontrer le dalaï lama en échange de la reprise d'un dialogue de haut niveau avec la Chine.

Nicolas Sarkozy (g) au côté du président chinois Hu Jintao, le 1er avril 2009 à Londres

AFP/Pool/Archives/Philippe Wojazer

Nicolas Sarkozy (g) au côté du président chinois Hu Jintao, le 1er avril 2009 à Londres

"Il n'y a pas d'accord caché avec la Chine (...). Les Chinois sont extrêmement pragmatiques et il ne leur viendrait pas à l'idée de demander des choses qu'ils n'obtiendraient pas", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse en clôture du sommet du G20.

"Toute ma vie politique, j'ai considéré qu'il n'existait qu'une Chine (...) J'ai toujours considéré que le Tibet faisait partie de la Chine", a-t-il poursuivi, rappelant que le chef spirituel des bouddhistes tibétains lui-même "ne demande pas l'indépendance du Tibet".

"Je tiens beaucoup au partenariat stratégique avec la Chine (...) On a levé les malentendus, j'en suis extrêmement heureux", a conclu Nicolas Sarkozy.

Après quatre mois d'une brouille provoquée par sa rencontre en décembre en Pologne avec le dalaï lama, la France et la Chine ont repris leur relation à haut niveau mercredi soir, à la faveur d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le président chinois Hu Jintao en marge du G20.

mercredi, 11 mars 2009

Le vice-président du groupe UMP au Conseil de Paris dénonce le voeu d'hisser le drapeau tibétain devant l'Hôtel de ville

PARIS, 10 mars (Xinhua) -- Le vice-président du groupe UMP au  Conseil de Paris, Alain Destrem, a dénoncé mardi un voeu adopté  par le conseil d'hisser le drapeau tibétain devant l'Hôtel de  ville, le qualifiant d'acte "sans fondement" qui rendrait plus  délicates les relations sino-françaises.

"Le Conseil de Paris a adopté en janvier 2006, le voeu d'hisser le drapeau tibétain chaque 10 mars (...) cela n'a abouti qu'à deux résultats: blesser le peuple chinois et alimenter la presse  française", a déploré le conseiller de Paris lors d'un débat à ce  sujet.

"La région du Tibet fait partie intégrante de la Chine depuis  le 13e siècle (...) le peuple chinois est un peuple fier et  respectable, à quel titre devrions-nous lui dicter sa conduite.  Que diriez-vous si les autorités chinoises s'immisçaient sans  cesse dans la politique intérieur française, que penseriez-vous si, par exemple, le gouvernement chinois donnait son avis sur la  gestion de la crise que nous vivons actuellement avec les  territoires d'Outre-mer", s'est interrogé M. Destrem.

Il a donc exhorté les élus du Conseil de Paris à "cesser ces  agissements qui sont autant de provocations" et leur a demandé de  retirer le drapeau tibétain "qui n'a pas lieu d'être présent  aujourd'hui".

Quelques heures après son discours, deux personnes d'origine  chinoise sont arrivées devant l'Hôtel de ville et fait tomber le  drapeau tibétain, afin d'exprimer leur indignation vis-à-vis de  l'ingérence de la mairie de Paris dans les affaires intérieures de la Chine, a constaté l'agence Xinhua.

M. Destrem, qui avait l'intention de faire la même chose, s'est réjoui de la disparition du drapeau.

"Je déposerai, à titre personnel et à titre d'élu parisien, un  contre-voeu à celui de janvier 2006, pour que de telles  provocations si inutiles soient supprimées", a-t-il affirmé à  l'agence Xinhua.

mardi, 03 mars 2009

Tibet / Chine : La tension monte

Source : RFI (Article publié le 03/03/2009)

Au Tibet, la tension est en train de monter un an après les émeutes de Lhassa, et à quelques jours du 50e anniversaire du soulèvement contre la Chine. Un moine aurait été abattu par la police dans le Sichuan, information démentie officiellement, alors que le gouvernement renforce sa campagne de presse contre le Dalaï Lama.

(Carte : Thomas Bourdeau/Geoatlas)

(Carte : Thomas Bourdeau/Geoatlas)

Les dirigeants chinois se préparent à une période difficile au Tibet et dans toutes les provinces à forte présence tibétaine.

Dans le Sichuan, un moine aurait tenté de s'immoler par le feu la semaine dernière. Selon la version officielle, il aurait été conduit à l'hôpital. Mais l'organisation Free Tibet, basée à Londres, affirme au contraire que la police aurait  tiré sur le moine. Ces évènements se sont déroulés à l'occasion d'une manifestation de religieux tibétains contre la répression chinoise. La police a aussitôt encerclé le monastère.

Huit tonnes d'or

Des évènements qui interviennent à quelques jours du 50e anniversaire du soulèvement tibétain et de la fuite du Dalaï Lama en Inde. L'année dernière, ce même anniversaire avait donné lieu à des émeutes qui ont fait selon la police 21 morts, alors que les organisations pro-tibétaines affirment que plus de 200 personnes ont été tuées au cours de ces manifestations. De source tibétaine, on affirme également que la Chine a de nouveau fermé le Tibet aux étrangers.

Une information démentie à Pékin, où on s'emploie surtout à mener une campagne contre le Dalaï Lama. Dans un Livre blanc sur le Tibet, rendu public hier lundi, les autorités chinoises expliquent par exemple que le Dalaï Lama a accumulé une fortune personnelle, composé notamment de huit tonnes d'or.

La Chine affirme également avoir mis en œuvre au Tibet un processus démocratique, en remplacement du système féodal défendu par le chef spirituel tibétain.

mardi, 24 février 2009

La Chine ferme le Tibet aux touristes étrangers

La Chine va fermer le Tibet aux touristes étrangers avant le 10 mars, jour du 50e anniversaire de l'insurrection tibétaine, a-t-on appris mardi 24 février auprès de voyagistes et d'hôtels. "Les autorités ont demandé aux agences de tourisme de cesser d'organiser des voyages pour les étrangers jusqu'au 1er avril", a indiqué à l'AFP une employée à Lhassa d'une agence officielle, sous le couvert de l'anonymat.

Cette interdiction pour les étrangers de se rendre sur le "Toit du monde" a été confirmée à l'AFP par un hôtel de Lhassa, la capitale tibétaine, et trois agences de voyage de la ville de Chengdu, dans la province voisine du Sichuan, qui organisent habituellement des excursions au Tibet. On ignore à partir de quelle date cette interdiction sera effective.

Une employée d'une auberge de jeunesse dans la vieille ville de Lhassa, où avaient eu lieu les émeutes de mars, a indiqué héberger actuellement deux touristes étrangers. "On leur a dit qu'ils devaient quitter Lhassa", a-t-elle dit, également sous le couvert de l'anonymat, de peur des représailles. "Ils partiront probablement demain ou après-demain et j'ai entendu que c'était la même chose dans toute la ville", a-t-elle ajouté.

La sécurité a été renforcée dans la région autonome du Tibet et dans les provinces limitrophes à population tibétaine, selon des sources concordantes. Pékin redoute la célébration, le 10 mars, du 50e anniversaire de l'insurrection tibétaine, qui avait été suivie de la fuite en Inde du dalaï-lama, le chef des bouddhistes tibétains, et celle, le 14 mars, des émeutes de l'an dernier. Les autorités chinoises interdisent l'accès du Tibet aux étrangers à chaque fois que la situation y est particulièrement tendue. La région avait ainsi été fermée après les émeutes de l'an dernier jusqu'en juin.

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