mardi, 15 décembre 2009

Tchad et Centrafrique : la Minurcat entièrement déployée d'ici à fin janvier

15/12/2009 | AFP


La Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat), qui a pris beaucoup de retard, devrait être entièrement déployée dans ces deux pays d'ici à "fin janvier", a affirmé lundi le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU.

 

"D'ici à la fin janvier, on devrait avoir tout le monde sur le terrain. En deux mois, 50% de la force va arriver parce que les conditions logistiques minimales sont maintenant réunies", a déclaré à l'AFP à N'Djamena Victor da Silva Angelo.

 

"Ce n'est pas qu'en deux mois on va faire plus qu'en sept mois, mais c'est que les conditions sont maintenant réunies pour un déploiement. Cela restera très précaire et très difficile, mais il y a un minimum de conditions même si les soldats doivent dormir par terre dans des tentes", a précisé M. Angelo.

 

Actuellement, 2. 385 des 5. 200 hommes de la force onusienne (soit 46% des effectifs) sont déployés alors que la Minurcat a pris officiellement la relève de l'Eufor, la force de l'Union européenne (UE) le 15 mars.

 

Manque de moyens

 

"C'est la logistique qui n'a pas suivi les promesses d'engagement", a expliqué M. Angelo, "parce que nous travaillons dans une zone très éloignée et nous travaillons avec des moyens (inférieurs) que ceux dont disposait l'Union européenne. L'UE a fait un investissement énorme en termes de ressources, nous, les pays membres, n'avons pas le même type de ressources".

 

"Malgré le fait qu'on n'ait pas plus de 50% des forces, on fait un travail qui va bien au-delà de ce qu'on ferait avec 50% des forces", a assuré le responsable onusien.

 

De nombreux ONG et membres d'agences onusiennes se sont plaints de la lenteur du déploiement de la Minurcat alors que la situation sécuritaire dans l'est du Tchad s'est considérablement dégradée ces derniers mois.

 

Dans un communiqué, la Minurcat a annoncé le déploiement lundi matin d'un détachement de casques bleus togolais à Sam Ouandja (nord-est de la Centrafrique) "afin d'assurer la sécurité du camp de réfugiés soudanais, en provenance du Darfour (ouest du Soudan), qui s'y trouve et des humanitaires qui y travaillent".

mardi, 01 décembre 2009

Le premier président de l'Europe Van Rompuy se met au travail

Publié le 01/12/2009 par Le Point.fr

Avec AFP

Le premier président de l'Europe Van Rompuy se met au travail

Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy aux côtés du Premier ministre slovène Borut Pahor, mardi à Ljubljana © AFP PHOTO/ HRVOJE POLAN

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Le premier président de l'Union européenne, Herman van Rompuy, a entamé, mardi, à Ljubljana, sa première tournée des capitales européennes. "Mes mots-clés seront la continuité et la cohérence", a souligné Herman van Rompuy dans une déclaration en anglais lue aux journalistes, après avoir rencontré le Premier ministre slovène Borut Pahor. Le tout nouveau président a souligné qu'il ne ferait pas de déclarations politiques au nom de l'UE jusqu'au 1er janvier prochain afin de permettre à l'actuelle présidence semestrielle suédoise de l'Union de mener à bien son rôle.


Herman van Rompuy a cependant indiqué qu'il travaillerait "avec détermination et enthousiasme" pour s'assurer que le Conseil européen apporterait "une valeur ajoutée et le sens du leadership à l'Europe". Après des entretiens avec d'autres responsables, dont le chef de l'État slovène Danilo Turk, le président de l'UE s'est rendu à Milan, où il devait rencontrer le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, avant de prendre l'avion pour la capitale portugaise afin d'y assister à une cérémonie marquant l'entrée en vigueur, ce mardi, du nouveau traité de Lisbonne.

vendredi, 06 novembre 2009

L'Union Européenne suspend son aide au développement

06/11/2009 | AFP


L'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégalL'UE considère le référendum emporté par Mamadou Tandja comme illégal© AFP

Cette aide s'élevait à près d'un demi-milliard d'euros sur 5 ans. L'UE demande le "retour à l'ordre constitutionnel".

L'Union européenne (UE) a suspendu son aide au développement au Niger et donné un mois aux autorités de Niamey pour ouvrir des "consultations" en vue d'un retour à "l'ordre constitutionnel" , a-t-on appris vendredi auprès de la Commission européenne.

"La Commission européenne et les pays de l'UE ont demandé des consultations avec les autorités du Niger", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Commission pour les questions d'aide au développement, John Clancy.

L'aide humanitaire "pas affectée"

En attendant le résultat de ces consultations, l'UE a suspendu son aide qui s'élève à 458 millions d'euros pour la période 2008-2013. En revanche, "l'aide humanitaire n'est pas affectée par cette suspension", a précisé M. Clancy.

"Nous espérons que ces consultations auront un effet positif pour toutes les parties offrant une feuille de route claire pour le retour de l'ordre constitutionnel au Niger", a ajouté le porte-parole.

Dans une lettre conjointe adressée mardi au président Mamadou Tandja, dont l'AFP a pris connaissance, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, au nom de la présidence suédoise de l'UE, ont exprimé leur "profonde préoccupation" face à la situation politique au Niger et demandé "un retour à l'ordre constitutionnel dans les meilleurs délais".

L'UE avait déjà suspendu une aide de 180 millions d'euros

Qualifiant de "violation de la constitution" le référendum du 4 août dernier, grâce auquel M. Tandja a obtenu une rallonge de trois ans au pouvoir après 10 ans à la tête du pays, l'UE a décidé de recourir à l'article 96 des accords de Cotonou, qui traite du non respect des critères démocratiques et de défense des droits de l'Homme.

Cet article 96 de l'accord signé en 2000 entre l'UE et les pays Afrique/Caraïbes/Pacifique prévoit en dernier ressort, en cas d'échec des quatre mois de discussions prévues, la possibilité d'une suspension de la coopération communautaire.

L'UE avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum du 4 août.

Le 20 octobre, Niamey avait organisé des législatives controversées et boycottées par l'opposition, qui avaient entraîné sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie.

mardi, 03 novembre 2009

UE : ce que le traité de Lisbonne va changer

Pauline Fréour et Damien Hypolite (lefigaro.fr), 03/11/2009

La Cour constitutionnelle tchèque a donné mardi son feu vert au traité de Lisbonne, levant ainsi le dernier obstacle à la ratification complète du texte. Gros plan sur les innovations prévues par le traité.

 

 

mercredi, 28 octobre 2009

SANCTIONS CONTRE LA GUINEE : Ne jamais oublier l’essentiel

L’Union européenne décrète des sanctions contre la junte au pouvoir en Guinée et un embargo sur les armes. Il faut dire qu’on s’y attendait, les signes de bonne volonté envoyés par la junte étant jusque-là restés en deçà des attentes. Qu’on s’en souvienne. Invités, par l’Union africaine (UA), à prendre des engagements écrits de ne pas se présenter aux élections présidentielles, Dadis Camara ainsi que les membres du gouvernement de la junte avaient … botté en touche. Sans doute, des tractations sont-elles toujours en cours, en vue d’une solution négociée à la crise. Quant à savoir si les membres de la junte survivront politiquement à l’’électro-choc du 28 septembre dernier, difficile d’en fournir une réponse exacte, tant la tragédie continue à coller, comme une sordide marque indélébile, à leur treillis et à hanter le sommeil de bon nombre d’entre eux. Alors, partiront, partiront pas ? Pour le meneur de la troupe, le nectar du pouvoir a-t-il fini par se transformer en quinine, de sorte qu’il veuille à présent s’en débarrasser ? Rien n’est moins sûr. L’Union africaine, en tout cas, a été on ne peut plus claire : elle a récemment indiqué la porte de sortie à la junte, au cas où elle voudrait renoncer à faire ses malles au terme de la transition.

L’UA travaillera main dans la main avec l’Union européenne qui se dit "prête à contribuer à une mission de maintien de la paix", si l’organisation panafricaine venait à décider d’en organiser une en Guinée. On comprend donc qu’après la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), elle décide à son tour de frapper fort. Toutes choses qui satisfont assurément l’opposition et les syndicats guinéens, réjouis de savoir que l’étau se resserre de plus en plus autour de cette junte. Mais, quel sera l’impact de cette avalanche de sanctions sur le cours des événements en Guinée ? Permettra-t-elle à ce pays de se débarrasser définitivement de ces béquilles qui continuent à retarder sa marche vers un avenir meilleur ? Telle devrait être la question essentielle. Car, le plus important n’est-il pas que la Guinée reparte du bon pied, et pour de bon ? Que vaudront, à vrai dire, des sanctions si, plutôt que de faire avancer ce pays, elles ont pour effet de le pousser encore plus loin dans l’abîme ? Une junte poussée à bout peut se révéler encore plus menaçante pour les objectifs à atteindre.

Guérir. C’est, assurément, le plus grand souhait pour ce pays qui a tant souffert de ses nombreux errements. L’opposition gagnerait mieux, pour cela, à se faire plus conciliante, à adopter un ton plus mesuré, les organismes fouettards à agir avec plus de tact, et la junte à mesurer tout le poids de sa responsabilité devant l’Histoire. Personne, même pas elle, n’a intérêt à ce que la Guinée devienne un enfer sur terre. Si donc des objectifs, à quelque niveau qu’on soit, doivent être atteints, la Guinée doit rester debout et se porter mieux.

En tout état de cause, une issue pacifique est possible. Pouvoir comme opposition, c’est à chacun de savoir faire la part entre l’utile et le superflu. Et c’est en cela qu’on reconnaîtra les dignes fils de la Guinée. Et le dialogue reste la seule voie.

Par Cheick Beldh’or SIGUE

Source : lepays.bf

Les exactions se poursuivent

Cela fait un mois, jour pour jour, que la Guinée du capitaine Moussa Dadis Camara a connu une répression sanglante d’une manifestation de l’opposition. On se rappelle la barbarie de l’armée guinéenne le 28 septembre 2009, qui, en voulant empêcher un meeting de l’opposition, réunie dans l’enceinte du stade éponyme, avait causé la mort d’au moins 150 personnes selon l’ONU.

 

Dès lors, cette date, qui était déjà historique, puisqu’elle symbolise « le non à la colonisation française et l’ouverture des portes de l’indépendance », entrera une seconde fois dans l’histoire, mais cette fois, tristement, car le bain de sang occasionné ce jour restera à jamais gravé dans les mémoires. La Guinée n’avait pas besoin de ça ; elle, qui a déjà souffert de l’ère Lansana Conté, devrait bien au contraire connaître une transition politique plus heureuse. Dommage que la haine et le mépris des uns leur aient fait croire qu’ils ont droit de vie et de mort sur les autres.

Un mois donc, et l’on est toujours à la case départ. L’on se ronge les freins, comme si l’on ne voulait pas sortir de cette impasse ; à moins que certains petits despotes ne veuillent en profiter pour faire régner la terreur. Sinon l’on aurait senti une réelle volonté d’aller vers la réconciliation. Malheureusement, tout porte à croire que la junte militaire veut utiliser la situation pour mener à son terme la chasse à « ses sorcières d’opposants » ; ceux-là même qui veulent empêcher le capitaine de se présenter à la prochaine présidentielle dans son pays.

Justement, la voie est ouverte à des exactions. En effet, le leader de l’Union pour le progrès de la Guinée (Upg), Jean-Marie Doré, par ailleurs porte-parole de l’opposition, a failli en faire les frais : dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 octobre dernier, il a échappé à un assassinat.

Des militaires, en civil, ont encerclé, pendant plusieurs heures, son domicile avant de faire irruption dans le salon, où ils espéraient le trouver. Heureusement pour lui qu’il était bien caché. Car, depuis la répression inhumaine du 28 septembre 2009, les leaders de l’opposition, les responsables syndicaux et représentants d’organisations de défense des droits de l’homme ne passent plus deux nuits de suite à un même endroit, craignant d’être assassinés. Paranoïa ou réalité ? on peut épiloguer à souhait.

Cependant, ils n’ont pas eu tort d’être extrêmement prudents, car, selon plusieurs sources concordantes, au moins douze personnes dont des militants de l’opposition ont été abattues à Conakry depuis le 28 septembre dernier. De plus, l’organisation guinéenne des droits de l’homme soutient détenir une liste de 80 personnes disparues depuis la date historique du massacre. Dans ce blocage total, l’homme fort du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) est devenu aphone.

Il est désormais plongé dans un mutisme qui tranche avec ses grandes sorties médiatiques d’antan. Et, comme par enchantement, la Télévision guinéenne a subitement disparu des bouquets satellitaires. Histoire de dire « fermez vos yeux, on règle les choses à huis clos ». C’est à se demander ce que Blaise Compaoré va faire dans cette galère.

Kader Traoré

 

lobservateur.bf

 

mardi, 27 octobre 2009

Plus d'eau dans le gaz entre Alger et l'UE

27/10/2009 | AFP


L'Algérie et l'Union européenne sont parvenues à un accord sur le gazL'Algérie et l'Union européenne sont parvenues à un accord sur le gaz© AFP

L'Algérie et l'Union européenne (UE) sont parvenues dernièrement à un accord pour mettre fin à un différend sur le prix du gaz, a annoncé lundi à Alger le ministre algérien du Commerce El Hachemi Djaaboub.

En 2007, l'Algérie a entamé des négociations avec l'UE sur la suppression d'une taxe antidumping de 13% imposée par les pays européens sur les engrais fabriqués par l'entreprise algérienne Fertial, sous prétexte que le prix de l'énergie "gaz" utilisé dans cette industrie était subventionné.

"C'est un accord qui n'a pas encore été officialisé, nous attendons cette officialisation par écrit de la part de l'UE", a déclaré M. Djaaboub à l'Agence algérienne APS.

Il a précisé que le ministère de l'Energie avait fourni à l'UE des explications sur la composition du prix du gaz prouvant, selon lui, que "le prix du gaz (pratiqué en Algérie) couvre les frais de l'exploration, l'extraction, le transport, le stockage et dégage une marge bénéficiaire suffisante pour le réinvestissement".

Les données fournies à l'UE "démontrent qu'il n'y a pas de soutien de la part de l'Etat au prix du gaz, ni de subvention déguisée de l'Etat à la société Fertial", a-t-il ajouté.

"Nous avions entendu deux fois de la bouche des responsables européens que l'UE a bien compris les explications fournies par l'Algérie, qu'elle adhère à la démarche de l'Algérie et qu'elle est d'accord sur ce double prix du gaz", a précisé le ministre algérien.

lundi, 26 octobre 2009

La coûteuse présidence française de l'UE

Bastien Hugues (lefigaro.fr), 26/10/2009

 
L'illumination de la tour Eiffel aux couleurs de l'UE pendant six mois a coûté 1.500.000 euros.
L'illumination de la tour Eiffel aux couleurs de l'UE pendant six mois a coûté 1.500.000 euros. Crédits photo : AFP

Un rapport de la Cour des comptes épingle les 171 millions d'euros dépensés par la France pour sa présidence européenne au second semestre 2008.

Un million d'euros par jour. Le chiffre a de quoi faire bondir plus d'un contribuable. La présidence française de l'Union européenne au second semestre 2008 figure parmi les plus coûteuses de l'histoire. Dans un rapport récemment remis à la commission des finances du Sénat, la Cour des comptes épingle le coût faramineux de l'exercice, estimé à quelque 171 millions d'euros, au frais de l'Etat français.

Publié ce week-end par Mediapart, le texte souligne d'abord que les dépenses ont été nettement supérieures aux précédentes présidences françaises de l'UE, évaluées à 14 millions d'euros en 1995 et 57 millions en 2000, dans une Europe certes plus petite. Le budget tricolore surpasse aussi ceux débloqués par la plupart des voisins européens, situés en moyenne entre 70 et 80 millions d'euros. «Seule l'Allemagne (en 2007, ndlr) a dépensé autant que la France», précise Mediapart.

Dans le détail, la Cour des comptes pointe une «programmation excessivement touffue», «la multiplication et le coût parfois élevé des opérations», et «l'utilité publique variable» de ces 489 manifestations (dont 328 séminaires, 25 réunions interministérielles, 9 sommets internationaux). Sur ces 500 manifestations organisées, «toutes n'étaient pas indispensables» et «leur nombre n'a pas contribué au succès de la France, qui se juge sur deux ou trois événements, comme la gestion de la crise ou de la guerre en Géorgie», analyse le sénateur centriste Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat.

Un dîner de chefs d'Etat à 1 million d'euros

Tenus pour symbole de ces dépenses «hors normes» - selon les mots même de la Cour -, les 16,6 millions d'euros consacrés au sommet de l'Union pour la Méditerranée en juillet 2008 au Grand Palais. Et ces détails explicites : 4.383.614 euros d'installation, nettoyage et démontage, 301.208 euros pour le podium, 136.895 euros de fond de scène, 194.977 euros de jardinières ou encore 91.456 euros de moquette. Sans oublier le dîner des 43 chefs d'Etat invités pour l'occasion au Petit Palais, le 13 juillet : 1.010.256 euros.

Reste qu'«aucune appréciation sérieuse ne peut être faite quant à l'impact des multiples événements» organisés, regrette la Cour des comptes. Et son président, Philippe Séguin, de suggérer à Bruxelles de mieux encadrer ces dépenses à l'avenir.

La coûteuse présidence française de l'UE

Bastien Hugues (lefigaro.fr), 26/10/2009

L'illumination de la tour Eiffel aux couleurs de l'UE pendant six mois a coûté 1.500.000 euros.
L'illumination de la tour Eiffel aux couleurs de l'UE pendant six mois a coûté 1.500.000 euros. Crédits photo : AFP

Un rapport de la Cour des comptes épingle les 171 millions d'euros dépensés par la France pour sa présidence européenne au second semestre 2008.

Un million d'euros par jour. Le chiffre a de quoi faire bondir plus d'un contribuable. La présidence française de l'Union européenne au second semestre 2008 figure parmi les plus coûteuses de l'histoire. Dans un rapport récemment remis à la commission des finances du Sénat, la Cour des comptes épingle le coût faramineux de l'exercice, estimé à quelque 171 millions d'euros, au frais de l'Etat français.

Publié ce week-end par Mediapart, le texte souligne d'abord que les dépenses ont été nettement supérieures aux précédentes présidences françaises de l'UE, évaluées à 14 millions d'euros en 1995 et 57 millions en 2000, dans une Europe certes plus petite. Le budget tricolore surpasse aussi ceux débloqués par la plupart des voisins européens, situés en moyenne entre 70 et 80 millions d'euros. «Seule l'Allemagne (en 2007, ndlr) a dépensé autant que la France», précise Mediapart.

Dans le détail, la Cour des comptes pointe une «programmation excessivement touffue», «la multiplication et le coût parfois élevé des opérations», et «l'utilité publique variable» de ces 489 manifestations (dont 328 séminaires, 25 réunions interministérielles, 9 sommets internationaux). Sur ces 500 manifestations organisées, «toutes n'étaient pas indispensables» et «leur nombre n'a pas contribué au succès de la France, qui se juge sur deux ou trois événements, comme la gestion de la crise ou de la guerre en Géorgie», analyse le sénateur centriste Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat.

 

Un dîner de chefs d'Etat à 1 million d'euros

Tenus pour symbole de ces dépenses «hors normes» - selon les mots même de la Cour -, les 16,6 millions d'euros consacrés au sommet de l'Union pour la Méditerranée en juillet 2008 au Grand Palais. Et ces détails explicites : 4.383.614 euros d'installation, nettoyage et démontage, 301.208 euros pour le podium, 136.895 euros de fond de scène, 194.977 euros de jardinières ou encore 91.456 euros de moquette. Sans oublier le dîner des 43 chefs d'Etat invités pour l'occasion au Petit Palais, le 13 juillet : 1.010.256 euros.

Reste qu'«aucune appréciation sérieuse ne peut être faite quant à l'impact des multiples événements» organisés, regrette la Cour des comptes. Et son président, Philippe Séguin, de suggérer à Bruxelles de mieux encadrer ces dépenses à l'avenir.

vendredi, 23 octobre 2009

Blair contesté pour la présidence de l'Europe

Claire Gallen à Bruxelles (lefigaro.fr), 23/10/2009

Tony Blair, en avril dernier à Bruxelles. Cinq eurodéputés ont lancé une pétition destinée à s'opposer à son accession au poste de président du Conseil de l'UE.
Tony Blair, en avril dernier à Bruxelles. Cinq eurodéputés ont lancé une pétition destinée à s'opposer à son accession au poste de président du Conseil de l'UE. Crédits photo : AFP

L'ancien premier ministre britannique suscite la méfiance des « petits » pays et des autres institutions de l'UE.

La route vers la présidence de l'Europe se complique pour Tony Blair. Il y a quelques semaines encore, il semblait le mieux placé pour le prestigieux poste de président du Conseil européen. Mais, au fur et à mesure que se rapproche l'heure du choix, crispations et jeux de pouvoir font tanguer la perspective de sa nomination.

Les eurodéputés sont montés au créneau mercredi, avec une pétition ostensiblement anti-Blair. Le texte, lancé par cinq parlementaires, déroule une musique connue : il faut une personnalité «avec laquelle les peuples d'Europe puissent s'identifier». Pas sûr qu'avec son atlantisme pro-Bush, son soutien à la guerre en Irak et son pays eurosceptique, Tony Blair renvoie aux Européens une image enthousiasmante. Autres critères avancés : le candidat devrait venir d'un pays appartenant à la zone euro et à l'espace Schengen de libre circulation - ce qui n'est pas le cas de la Grande-Bretagne - et respectant la charte des droits fondamentaux, à laquelle Londres a négocié des dérogations. «Faut-il souligner que ce profil ne correspond absolument pas au candidat préféré de quelques grands pays, à savoir l'ancien premier ministre du Royaume-Uni, Tony Blair ?», s'interrogent les contestataires, emmenés par le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels.

Pour que la pétition ait valeur de résolution adoptée par le Parlement, il faudrait qu'elle recueille la signature de la moitié des 736 eurodéputés. On n'en est pas encore là, mais ses arguments pourraient faire mouche.

La faiblesse des autres candidatures

Au début du mois, les pays du Benelux avaient dressé un portrait-robot fort similaire du futur président de l'Europe. Pour eux, le candidat devait «avoir démontré son engagement européen et développé une vision sur l'ensemble des politiques de l'Union». La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg réglaient peut-être là de vieux comptes, comme le fait que Londres ait bloqué l'accession du Belge Guy Verhofstadt à la tête de la Commission en 2004. Mais ils disaient aussi les inquiétudes des «petits» pays de se voir évincés des postes de commande dans le futur paysage européen.

Dans la foulée, le chancelier autrichien a fait part de ses doutes sérieux sur le profil de Blair. Nicolas Sarkozy, jusque-là ardent défenseur du candidat britannique, a soudain semblé plus tiède en jugeant problématique que la Grande-Bretagne ne soit pas dans la zone euro. À Berlin, on garde le silence - mais force est de constater que quatre des cinq initiateurs de la pétition anti-Blair sont allemands… Il n'y a guère que Silvio Berlusconi pour lui garder son soutien, ce qui pourrait être un cadeau empoisonné.

C'est que la nomination du président de l'Europe touche une corde sensible. Instauré par le traité de Lisbonne, qui semble en bonne voie d'être adopté rapidement, après les dernières résistances de l'eurosceptique Vaclav Klaus, le poste a encore des contours flous. Président des travaux du Conseil, quel équilibre trouvera-t-il au sein de la machine européenne ? Visage et voix de l'Europe, empiétera-t-il sur les prérogatives du haut représentant, ce futur «ministre des Affaires étrangères» de l'Union ?

De fait, le premier à occuper le fauteuil de président lui donnera une impulsion décisive. Tony Blair a la stature internationale pour faire le poids face aux interlocuteurs américains, russes ou chinois. Mais avec son carnet d'adresses, son charisme et son aisance face aux médias, certains redoutent qu'il ne fasse de l'ombre aux autres institutions européennes, notamment au président de la Commission, José Manuel Barroso.

Cet épineux dossier sera vraisemblablement évoqué lors du sommet de l'UE des 29 et 30 octobre. La grande chance de Blair est peut-être la faiblesse des autres candidatures. Les noms de Guy Verhofstadt, du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker ou du Finlandais Paavo Lipponen sont régulièrement avancés. À moins que l'Europe ne choisisse une femme, et dans ce cas l'Irlandaise Mary Robinson aurait ses chances. Leur bilan européen est impeccable. Mais il faudrait peut-être une personnalité plus forte pour représenter l'Union européenne et ses 500 millions d'habitants.

LIRE AUSSI :

» Tony Blair domine la course à la présidence de l'Europe

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