vendredi, 04 décembre 2009

Une lettre pour Laye : L’affaire Kossouka rebondit au Bénin

vendredi 4 décembre 2009

Sois-en assuré, mes mille et une promesses ne sauraient restées vaines alors que le froid commence à s’installer au village. C’est avec grand plaisir donc que je t’enverrai dès ce week-end ce légendaire « Waong-yandé », la couverture venue des bords de la mer qui, jadis, nous permettait d’y résister. Dès le premier klaxon du car qui traversera Laye, répond donc sans hésiter à l’appel du chauffeur par qui tu m’envoies, à la bonne saison, pintades, poulets et j’en oublie.

C’est, en tout cas, le moins que je puisse t’offrir en attendant les traditionnelles fêtes de fin d’année, dont le coup d’envoi sera, sans doute, donné le 11 décembre à Ouahigouya, la capitale du Yatenga, à la faveur de la commémoration du 49e anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Belle fête en perspective, qui sera précédée, le 09 décembre au palais de Kosyam, par la cérémonie officielle de distinction honorifique d’illustres fils et amis du « Pays des hommes intègres ». Combien seront-ils, cette année, à jouir de la reconnaissance nationale pour x ou y raison ?

Les chiffres m’échappent pour l’instant, mais l’on m’apprend que c’est à un exercice harassant que le grand sachem sera soumis ce jour-là, avant d’entamer le lendemain 10 décembre, et à partir de midi, son odyssée vers la capitale de la Région du Nord où, par milliers, les festivaliers piaffent déjà d’impatience. Et à ce qu’on dit, la caravane qu’il conduira fera des escales dans les chefs-lieux de province, où il prendra un nécessaire bain de foule. Bonjour donc Boussé dans la Kourwéogo ; Yako dans le Passoré et… Gourcy dans le Zondoma, où la ville a depuis peu fière allure en prélude à l’arrivée du « Beau Blaise » et, enfin, Ouahigouya, la destination finale dans le Yatenga.

Nécessaire bain de foule, disais-je, cher cousin, puisqu’il s’avère une répétition avant la campagne pour l’échéance présidentielle de novembre 2010. Le disant, cher Wambi, je prêche certainement à un converti, puisque, depuis belle lurette, son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), veille et ratisse large, à en juger par ses missions, qui parcourent chaque week-end les quatre coins du Burkina. L’événement dans cette précampagne, si tu l’ignorais encore, est la consécration de l’homme court de la capitale et vice-président du CDP, Simon Compaoré, au poste de Coordonnateur national des activités de l’Alliance des formations et partis politiques de la mouvance présidentielle (AMP).

Hélas, pendant ce temps, que constatons-nous, cher Wambi ? l’Opposition, disséminée dans une centaine de partis, sommeille toujours, oubliant royalement que ce n’est point le jour de la bataille qu’on harnache son cheval. Quand iront-ils donc à l’assaut du palais de Kosyam si tant il s’avère qu’ils font tous de l’alternance politique au Faso leur credo ? Pour sûr, les sprinteurs ne courent pas les rues au Burkina, alors que l’enfant terrible de Ziniaré semble avoir, déjà, pris une certaine longueur d’avance, mais le miracle reste possible.

Cher Wambi, tu te rappelles sans doute l’affaire qui a défrayé la chronique il y a environ un an et dont je t’ai régulièrement rendu compte fin 2008 début 2009, et qui oppose depuis Salif Ouédraogo Kossouka à British American Tobbaco (BAT) sur fond de tentative présumée d’assassinat. Le Golden boy (37 ans) à la réussite aussi fulgurante que suspecte aux yeux de ses contempteurs, qui détenait jusqu’alors l’exclusivité des produits BAT au Burkinabè, avait en effet été accusé d’avoir attenté à la vie du sieur Travaly Bandja, représentant du cigarettier au Faso. Il avait même tâté de la MACO à l’occasion, et après instruction par le juge Rose Ouédraogo, le dossier, selon de bonnes sources, serait actuellement au niveau de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Ouagadougou, qui devrait statuer, courant février 2010 dit-on, et voir s’il y a lieu de poursuivre ou pas.

Si donc la partie criminelle de ce contentieux à forte odeur de milliards sommeille au palais de Justice de la capitale burkinabè, son pendant commercial, lui, rebondit du côté du Bénin, où la multinationale a ses usines. C’est ce que j’ai pu lire cette semaine dans “La Nouvelle tribune”, un journal béninois. Comme tu le sais en effet, cher cousin, BAT a rompu le contrat qui le liait à la holding Nouvelle Entreprise Salif Kossouka Ouédraogo (NESKO), rupture abusive au goût de celle-ci, qui a porté aussitôt le différend devant la justice béninoise. Si l’on croit ce que dit le canard, le Burkinabè aurait, pour le moment, obtenu gain de cause avec la saisie conservatoire pratiquée sur les comptes de BAT-Bénin ainsi que sur ses stocks de produits finis.

Résultat, l’usine de fabrication de cigarettes de Ouidah serait fermée, et les travailleurs, en voie de licenciement sans oublier les camions chargés de marchandises bloqués et que les tonnes de clopes en stockage ne peuvent être écoulées sur les marchés local et sous-régional. Ce serait donc, cher Wambi, une bataille de remportée pour Salif Koussouka, même si cette guérilla judiciaire à l’issue incertaine est loin d’être gagnée. Selon certaines informations, l’intéressé serait d’ailleurs installé depuis un certain temps au pays de Yayi Boni alors que ses entreprises connaissent des moments d’incertitude. Affaire à suivre donc !

Cher Wambi, comme tu le sais, les autorités ont désigné des sites à lotir où réinstaller les sinistrés du 1er septembre 2009, qui habitaient dans des zones inondables. Mais laisse-moi te dire qu’actuellement, c’est la panique générale au sein des populations de certaines zones d’accueil. C’est le cas par exemple de celles des localités concernées (Yalgré, Zekounga, Doundoulma…) relevant de la commune de Tanghin-Dassouri. Selon ce qui m’est revenu, ni les conseillers municipaux ni les autorités coutumières des villages en question n’ont été préalablement approchés à ce sujet. Sous prétexte que la terre appartient à l’Etat, la structure en charge de la gestion du sinistre aurait débarqué sur les lieux, à leur insu, pour commencer à la parceller.

Il est à craindre donc, cher cousin, que par cette façon de procéder à la réinstallation des victimes de la catastrophe du 1er septembre, on ne rende la cohabitation difficile entre ces dernières et les populations autochtones. Par ailleurs, ne penses-tu pas qu’on risque de créer d’autres sinistrés, surtout que les populations de ces villages ne vivent que de l’agriculture ? Il faut regretter vraiment qu’on n’ait pas négocié d’abord avec les autochtones de ces localités, qui comptent se concerter ce samedi pour faire entendre leur voix.

Et oui, cher cousin, question toujours sans réponse : à quand la maison du Togo au Burkina ? Mais question toujours d’actualité, dictée par la générosité légendaire de Faure Gnassingbé, le président du Togo, hier encore la Suisse de l’Afrique, qui ne cesse d’arroser ses concitoyens résidant surs les rives du Kadiogo de tant et tant d’espèces sonnantes et trébuchantes à chacune de ses descentes chez son ami et grand frère éclairé Blaise Compaoré. La tradition est ainsi donc établie, si fait qu’à l’annonce seulement de l’arrivée de l’avion présidentiel togolais à l’aéroport international de Ouaga-Taumsê, celui-ci est pris d’assaut par une meute attirée par l’aumône. On a beau critiquer cette pratique qui n’en finit pas d’avilir notre cher Togo et de couvrir de ridicule aussi bien le bon Samaritain que les bénéficiaires, sur l’avenue de la Marina, on fait la sourde oreille.

Pourtant, il aurait suffi qu’il s’inspire de ses autres pairs et doyens de la pauvre Afrique, et des grandes puissances pour changer son fusil d’épaule, mais hélas. Ce mardi 1er décembre encore, à la faveur du Colloque international sur le travail décent en Afrique, nos amis et frères togolais nous ont servi un triste spectacle à l’aéroport de Ouaga pour quelques billets de banque. Pour nombre d’entre eux, ces largesses de Faure Gnassingbé auraient profité à tous, et grandiraient davantage le Togo si elles étaient converties en un édifice communautaire au-dessus duquel flotteraient les couleurs nationales : l’Ambassade, le Consulat ou la maison du Togo.

Edifice qui pourrait accueillir les nouveaux venus au Faso sans domicile, les résidants en difficulté, ou même être rentabilisé par mille et une manières au profit de tous. Mais l’entendra-t-on de cette oreille vu que ces luxueuses coupures de CFA qui tombent assez souvent de la mallette de Faure constituent ni plus ni moins que du pain bénit ? En tous les cas, cher Wambi, je ne désespère pas de voir Faure recadrer ses œuvres de bienfaisance, comme le chante à haute et intelligible voix Tipoko l’Intrigante, dont je t’invite à parcours ci-après le carnet secret :

- On se souvient que le 26 novembre 2009, veille de la Tabaski, un car TCV en partance pour Bouaké a été complètement carbonisé par suite d’accident. On en sait un peu plus sur ce drame, après le rapport de la Police de Katiola et des premiers responsables de la Compagnie de l’intégration (comme par exemple Tiambal Sourabié, le directeur commercial) qui se sont rendus sur place. L’état de la route était défectueuse, le tambour du moteur s’est surchauffé et des étincelles ont provoqué un incendie. Des 62 passagers (y compris l’équipage), tous ont pu quitter le camion sains et saufs ; comme on le sait déjà, un seul : Salif Koné.

Ce dernier, au dire des passagers, a eu un bras coincé, du fait que, quand la voiture tanguait, il a voulu sauter. On aurait tenté vainement de l’en extraire et il est mort pratiquement asphyxié et carbonisé. Il a été inhumé sur place à Niangkaradougou à 105 km de Bouaké, laissant une veuve et deux orphelins (à Bouaké) ainsi qu’une mère inconsolable, à Bobo. Le grand patron de TCV, Yacouba Barro n°2, à ce qu’on dit, suivait l’affaire depuis la Mecque où il effectuait le pèlerinage.

- C’est en juin 2009 que les ruines de Loropéni ont été inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour la gestion dudit site, un conservateur avait été nommé en décembre 2008. Une année après, monsieur le Conservateur est toujours un sans domicile fixe (SDF). Pas de bureau ni à Lorépéni, ni à Gaoua, ni à Ouagadougou. A Ouagadougou, il ne s’agissait pas de construire, mais de réfectionner des locaux inoccupés. Si on met autant de temps à aménager un simple bureau, combien en faudra-t-il pour mettre en place les infrastructures non seulement pour la mise en valeur du site mais aussi et surtout pour la gestion du visiteur ?

- La traditionnelle fête du 11-Décembre sera, comme on le sait déjà, célébrée cette année dans la capitale du Yatenga, Ouahigouya. Et chacun s’y prépare à sa manière. Ainsi, si du côté officiel, tout ou presque se sait, il reste que des fils de la localité travaillent, souvent dans l’ombre, pour que l’événement connaisse un franc-succès : des réunions pour mobiliser, des concertations pour éviter certains écueils, etc. A tous ceux-là est venu se joindre Cheick Adama Aorèma Ouédraogo, qui a prévu de réunir ses coreligionnaires et ses frères des autres confessions religieuses ce samedi 5 décembre à partir de 8 h 00.

Au menu, une séance de prière pour implorer le Tout-Puissant pour que tout se passe sans incident avant, pendant et après les festivités. Ce sera dans le quartier Poedgo (secteur 10), où se déroulera aussi, circonstance heureuse, son « Walima » (bénédiction de sa toute nouvelle cour), sous le patronage du président de la Communauté musulmane de la région, El hadj Aboubacar Ouédraogo. Des sommités du monde musulman, de celui des affaires et du milieu caritatif seront au rendez-vous. Et pour tout couronner, il sera procédé à la pose de la première pierre d’une mosquée, qui accueillera, inch Allah, les fidèles dans quelques mois.

- S’il est une date qui restera indélébile dans la mémoire des Ouagalais, voire des Burkinabè en cette année 2009, c’est bel et bien le 1er septembre : pour cause de ce déluge qui s’est abattu sur la capitale, faisant des victimes à tous les échelons de la société. De la compassion, il en vint de partout, et cet élan de solidarité est loin de s’estomper. A preuve, des amis de la Fondation « A better life », de passage chez nous, ont été fortement marqués par la situation des femmes du Centre de solidarité du secteur 12 (Paspanga) et n’ont pas hésité à faire parler leurs cœurs : pour leur permettre de bien dormir, ils leur ont acheté 102 nattes et autant de couvertures, d’un coût approximatif de deux millions de nos francs CFA, qui leur ont été remises le samedi 28 novembre 2009 par le représentant local de la structure, Alexandre Tapsoba. En attendant des repas chauds, qui ne tarderont sans doute pas à arriver, elles pourront au moins se prémunir contre le froid des prochains mois.

- Les préliminaires à l’élargissement de la Nationale 1 ont commencé et, depuis quelques jours, que de poussière le long de la voie. Après le dessouchage, ô combien regrettable pour beaucoup, des arbres et des poteaux, les bulldozers sont entrés dans la danse pour remblayer un tant soit peu avant le démarrage du gros œuvre. Mais si, en plusieurs endroits, les trous ont effectivement été bouchés comme il se doit, tel n’est pas le cas en d’autres, où ils restent béants et, par conséquent, dangereux pour les usagers : comme celui situé côté nord de la cour du Goungha-Naaba et qu’un bon citoyen a dû signaler l’existence par un pneu usé. Un cas de manquement parmi tant d’autres, que l’entreprise adjudicataire gagnerait à corriger si elle ne veut pas être comptable des accidents qui surviendraient de ce fait.

- Ambiance festive ce samedi 05 décembre dans la capitale du Ganzourgou, Zorgho, qui célèbre le 80e anniversaire de son école primaire. Evénement riche en couleurs, qui sera présidé par le patron de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, et parrainé par le ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, Odile Bonkoungou. Au-delà de son caractère festif, ce rendez-vous se veut celui d’un hommage à tous les acteurs de ce temple du savoir, l’un des premiers de la région du Plateau central.

- Dans la région du Centre Nord, le point de convergence sera sans nul doute Boussouma, dans la province du Sanmatenga, où le Dima Naaba Sonré clôture ce dimanche 06 décembre sa fête coutumière, le naab kitoaga. A vos marques donc !

- Le “Centre de documentation Joseph-Ki-Zerbo (CDJKZ)”, en collaboration avec l’Association “Génération Joseph Ki-Zerbo (GJKZ)”, vous invite à participer à la conférence au thème : “Le professeur Joseph Ki-Zerbo et les enjeux de l’enseignement supérieur en Afrique”. date : vendredi 04 décembre 2009 à 9 heures ; lieu : université de Ouagadougou, amphithéâtre III ; Conférencier : monsieur Fernand Sanou ; enseignant-chercheur à l’université de Ouagadougou.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie. Au revoir. Ton cousin, Passek Taalé.

L’Observateur Paalga

samedi, 14 novembre 2009

Une lettre pour Laye : Rendez-vous à la cité des morts

vendredi 13 novembre 2009

Cher Wambi,

Dès l’entame de la présente, qu’il me plaise de tirer ma révérence à l’Association Namanagd-Zanga de Nagrin, dans l’arrondissement de Boulmiougou, auprès de qui ma dernière complainte a rencontré un écho des plus favorables. Ainsi a-t-elle décidé de faire du respect dû aux morts son violon d’ingres, donnant rendez-vous à ses militants, sympathisants et à toutes les populations environnantes ce dimanche 15 novembre pour donner un autre visage au cimetière situé sur la route de Léo ou de Saponé, c’est selon. Une journée de salubrité et de nettoyage de la cité des morts, donc, qui devrait faire tache d’huile.

Car les cimetières, Simonville en regorge, mais pitoyablement transformés en hôtels par les mauvais garçons qui ne croient ni en Dieu ni au diable. Je ne t’en dirai pas plus, de peur de te choquer davantage, mais sache seulement que nos cimetières ne constituent ni plus ni moins que des zones de haute insécurité.

Cela dit, cher cousin, après son congrès ordinaire tenu du 23 au 25 juillet 2009 avec les mutations majeures que l’on sait, le bureau politique national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) se réunira le 21 novembre 2009 au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) pour faire, entre autres, le bilan des résolutions et recommandations prises, et baliser la voie qui mène au scrutin présidentiel de 2010. Plus que l’objet de ce rendez-vous statutaire des cadres du parti majoritaire, ce sont les conditions d’accès à la cour des grands ce 21 novembre qui retiennent l’attention de l’observateur de la scène politique.

Faisant, en effet, foi au communiqué paru dans la presse en début de semaine, chacun des heureux élus devrait montrer patte blanche, en présentant la nouvelle carte de membre du bureau politique national du CDP avant que ne lui soit ouvert le saint des saints. Si c’est faire une fausse querelle au parti de Roch Marc Christian Kaboré que de lui contester une telle précaution, l’on peut néanmoins se demander si elle n’a pas pour but que de rappeler les éternels retardataires et les radins à l’ordre ou, comme le disent les mauvaises langues, de fermer à jamais les portes aux bannis du BPN.

Peut-être, dira-t-on, que je cherche des poux sur une tête rasée, mais à l’approche des échéances électorales et des guerres de positionnement, nulle hypothèse ne peut être exclue, surtout que le séisme de juin est toujours frais dans les mémoires. En attendant, cher Wambi, la Gauche africaine, elle, sonne son rassemblement ce week-end dans notre capitale.

C’est une initiative du Parti africain de l’indépendance (PAI) de Philippe Ouédraogo, et du Parti pour la démocratie sociale (PDS) de Youssouf Sambo Ba, à travers cette rencontre historique des 14 et 15 novembre de partis frères issus de la sous-région ouest-africaine, qui discutera de la construction de l’unité africaine. A l’hôtel Somkéta, où les organisateurs installeront leurs quartiers généraux, bien d’autres thèmes s’inviteront aux débats, dont les conditions politiques et économiques déterminantes pour le succès de l’unité africaine.

J’aimerais bien t’y voir, cher cousin, bénéficier des rayons de toutes ces lumières qui répondront à l’invitation du couple PAI-PDS. Et parlant de lumières, justement, je m’en voudrais de ne point te répercuter le énième honneur qui vient d’être fait à ton oncle, Me Titinga Frédéric Pacéré. Pour la petite histoire, le 14 mai 2009, l’Académie des arts, des lettres et des sciences de Languedoc (France) attribuait à l’éminent avocat-écrivain, homme de culture, commandeur de l’Ordre national, son prestigieux prix de poésie de l’année 2009, le Prix Pierre Gandouli, pour son ouvrage “De Madaillar de Rouge en Quercy”.

Distinction dont il recevra les insignes le 12 juin au palais du Luxembourg à Paris. Bien plus tard, cher cousin, le mardi 13 octobre, Me Titinga Frédéric Pacéré sera admis au sein de cette même Académie comme membre, mais, aussi, “membre honoris causa” avec le titre d’ambassadeur à travers le monde. Décidément, un mois d’octobre des plus fertiles pour le phare de Manéga, qui sera encore admis au sein de l’Académie des sciences d’Outre-Mer, reçu par l’unanimité de ses membres.

Tu imagines, certainement, cher cousin, la joie qui est celle de Me Pacéré depuis le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha en Tanzanie, où il officie, et nul doute que son admission au sein des deux Académies les plus illustres de France sera vivement saluée au village.

Et maintenant que je m’en vais t’ouvrir le carnet secret de Tipoko l’Intrigante voici, cher Wambi, une nouvelle qui te réjouira.

- Une Fondation de financement du développement va ouvrir officiellement ses portes dans notre pays et y contribuer fortement à la réduction de la pauvreté. Demain samedi 14 novembre en effet, la Fondation des Etats-Unis pour le développement en Afrique (USADF), qui est une agence publique du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, va officiellement procéder au lancement de ses activités dans notre pays.

Ce sera à partir de 9 heures, au 160 avenue Bila Charles-Kaboré, Ouaga 2000. Cette organisation, dont le coordonnateur est un de nos compatriotes, en la personne d’Ousséni Yéyé, qui a fait ses preuves au PAPME et dont la compétence est avérée en matière économique et financière, a été créée depuis 1980 et est financée par le Congrès américain.

Depuis le 12 septembre où cette Fondation a signé avec le gouvernement burkinabè un accord d’établissement pour le financement des projets de développement des communautés à la base, elle a déjà approuvé le financement de onze projets pour un montant cumulé de 667 471 073 FCFA. Espérons que les Burkinabè vont largement profiter de cette nouvelle opportunité qui s’offre à eux.

- Ambiance festive en perspective ce week-end à Dapoya, où les fidèles catholiques célèbrent le jubilé d’or de la paroisse Sacré-Cœur. Une brochette d’activités pour joindre l’utile à l’agréable. Ainsi, dès ce vendredi 13 novembre à partir de 20 h 00, rendez-vous au concert de chants religieux des chorales de la paroisse et des chorales sœurs de la capitale. Samedi 14 novembre à partir de 8 h 00 : dassandaaga sur la place de l’église, suivi de la clôture de la Neuvaine à 18 h 30. Enfin, la célébration solennelle de la messe d’action de grâce le dimanche 15 novembre à partir de 8 h 00.

- Le tribunal de Grande instance de Banfora, siégeant le 10 novembre 2009, a rendu son verdict dans l’affaire de vol de tuyaux à Banfora. Chacun des deux prévenus a écopé de six mois de prison avec sursis. En tout cas, après les débats, ce sont là les peines rendues par cette juridiction à l’encontre de ces deux agents de l’ONEA, agence de Banfora. Le procureur du Faso près le tribunal de Grande instance de Banfora, qui demandait 150 heures de travaux forcés dans son réquisitoire, n’a pas été suivi par le président du tribunal.

Epinglés le 20 octobre dernier par la gendarmerie de Banfora, qui enquêtait sur une curieuse présence de tuyaux sur le marché, ils avaient été déférés à la maison d’arrêt et de correction de Banfora. Ces agents s’étaient rendus coupables du vol de 42 gros tuyaux destinés à l’extension d’adduction d’eau dans la ville.

- Ce week-end, rendez-vous chez le Zoungrantinga, le Dima de Tenkodogo Naaba Saaga organise sa fête coutumière annuelle. Aujourd’hui 13, demain 14 et dimanche 15 novembre, cérémonies rituelles, danses et autres réjouissances sont au programme. Bonne fête chef !

- A l’Université de Ouagadougou, les enseignants auraient le sourire aux lèvres ces jours-ci. Le différend né des coupures de salaires consécutives à la grève observée en milieu d’année serait, en effet, aujourd’hui aplani après que les enseignants ont bouclé leur volume de cours, dit-on. Conséquence, après moult correspondances et conciliabules, ordre aurait été donné de leur restituer leur gombo. Ce qui ne saurait se refuser alors que pointent à l’horizon les festivités de fin d’année.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie. Au revoir. Ton cousin : Passek Taalé.

L’Observateur Paalga

vendredi, 06 novembre 2009

Une lettre pour Laye : SOS pour nos cimetières

vendredi 6 novembre 2009

Cher Wambi,
Oui, c’est vrai, les changements climatiques nous ordonnent, au Pays des hommes intègres, de subir jusqu’en ce mois de novembre la pluie, quand bien même elle serait devenue rare telles les larmes d’un crocodile. Mais, courageusement, tournons la page sur la saison des pluies 2008-2009, et mettons le cap sur la gestion efficiente des fruits de la campagne agricole qui vient donc de s’achever.

Et puisqu’il faut manifester notre gratitude renouvelée aux agents de l’ASECNA qui, durant ces si longs mois, auront brillé par leur fidélité à notre rendez-vous hebdomadaire, voyons ensemble les derniers relevés pluviométriques, de la semaine du jeudi 29 octobre au mercredi 04 novembre, ce, avant de leur tirer notre chapeau, en leur donnant rendez-vous à la saison prochaine : Dori = 13,8 mm ; Ouahigouya = 1,1 mm ; Ouagadougou-aéro = 0,1 mm ; Ouagadougou-Somgandé = 0,0 mm ; Dédougou = 1,1 mm ; Fada N’Gourma = 8,2 mm ; Bobo-Dioulasso : 67,2 mm ; Boromo = 38,7 mm ; Pô = traces ; Gaoua = 40,6 mm ; Bogandé = traces.

Cela dit, cher cousin, je mesure déjà l’inquiétude qui habite aussi bien les vieilles tantes que les vieux oncles du village, maintenant que le froid s’annonce avec l’harmattan. Sûrement que, comme de par le passé, les marchands de manteaux et de pull-over seront de tous les marchés pour nous tondre, aussi, je ne cesserai de te rappeler qu’en cette période, le beurre de karité est et demeure d’un indéniable secours. Sinon, bonjour le rhume, la grippe et la toux, qui défient tous les âges. Alors...

Maintenant que tu as bien enregistré ma prescription, cher Wambi, dis-moi quel sera l’événement majeur ce samedi 07 novembre à Simonville pour me convaincre que, même à mille lieues des lambris de la capitale, vous êtes aussi des plus informés. Nul besoin de consulter Nôostanga, l’increvable charlatan du village ; fais seulement ton baluchon et hâte le pas pour ne point être des derniers acteurs, sinon spectateurs, du cross de la réconciliation qui se courra à travers les artères de l’arrondissement de Baskuy. Pour la petite histoire, te rappelles-tu en effet, cette folle nuit du 20 au 21 septembre dernier où des élèves-policiers, en furie, s’en étaient aveuglément pris aux populations du quartier Gounghin au secteur 9 ? En son temps, les mots manquèrent aux Burkinabè de tout bord pour condamner cette descente punitive d’un autre âge qui fit tant de blessés et de dégâts matériels.

La suite, on la connaît, puisque le ministre de la Sécurité était monté sur ses grands chevaux pour rappeler ses troupes à l’ordre, à travers un décret qui fera date dans l’histoire des corps habillés dans notre pays. Je n’ose pas y revenir, pour ne point remuer le couteau dans la plaie ; sache seulement que, comme je te l’avais déjà annoncé dans ma dernière lettre, toutes les victimes viennent d’être dédommagées, et c’est un nouveau vent qui semble souffler sur l’Ecole nationale de police (ENP), désormais sous le commandement du commissaire Paul Sondo.

Et quand je dis nouveau vent, cher Wambi, je pèse bien mes mots : ce samedi 07 novembre, en effet, les élèves-policiers, les populations de Gounghin et de Larlé, théâtre des événements douloureux, fumeront le calumet de la paix, à travers un cross de réconciliation, coparrainé par le médiateur du Faso et le Goungha Naaba. Une initiative qui aurait reçu l’onction de la hiérarchie des forces de sécurité, qui entendent ainsi enterrer, à jamais, la hache de guerre. Nul doute qu’elle sera aussi saluée par les populations civiles, lesquelles, pendant longtemps, pour un oui ou pour un non, ont fait les frais de certains éléments, qui ne savent que ternir l’image des troupes.

Dans ma dernière lettre toujours, cher Wambi, je te faisais part de l’indignation de nombre de citoyens après que le Conseil des ministres a décidé de la nomination d’une vingtaine d’enseignants du primaire à des postes de préfet, en dépit du déficit de maîtres d’écoles et de la baisse du niveau de l’enseignement, tant décriés. Dans la province du Boulgou, région du Centre-Est, la balle a été saisie au bond pour faire l’état des lieux. Si d’aucuns n’hésitent pas à voir en ces nominations une politique de revalorisation du corps enseignant, là-bas, dans les champs d’arachide, on ne se fait point prier pour dire de Boulgou, province “sous-administrée”. Evidemment, voilà un terrain des plus glissants, sur lequel je refuse de m’aventurer, préférant plutôt te dévoiler ces statistiques, qui t’édifieront certainement :

Tenkodogo (préfet : administrateur civil) ; Garango (préfet : administrateur civil) ; Bagré (préfet : secrétaire administratif) ; Bittou (préfet : infirmier d’Etat) ; Komtoèga (préfet : attaché d’administration scolaire) ; Bissiga (préfet : secrétaire administratif) ; Bané (enseignant) ; Béguédo (enseignant) ; Boussouma (enseignant) ; Niaogho (enseignant) ; Zoaga (enseignant) ; Zonsé (enseignant) ; Zabré (enseignant). Qu’en déduire, cher cousin ? Certainement que les gourous de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ont leurs raisons que les administrés ignorent. Sait-on jamais !

Ce week-end, du samedi 07 au dimanche 08 novembre 2009, ce sera la croix et la bannière pour les fidèles catholiques de l’archidiocèse de Ouagadougou qui célèbrent les funérailles chrétiennes de leurs proches. Connaissant la tradition bien de chez nous qui commande qu’en pareille circonstance on joue la solidarité à fond, l’on peut imaginer déjà le calvaire des uns et des autres pour accomplir ce périple annuel. En attendant, toutefois, les 1er et 02 novembre derniers, ici comme ailleurs, et depuis la nuit des temps, l’on a respectivement fêté la Toussaint et les saints inconnus, et commémoré le souvenir des morts.

D’où cette foule des grands jours qui a déferlé aux différents cimetières, qui pour prier, qui pour déposer une gerbe de fleurs. Si cette affluence est la preuve que nul n’est jamais mort tant qu’il demeure en nos cœurs, l’on ne peut passer sous silence l’image de forêt classée qu’offrent nos cimetières à Simonville de nos jours. Certes, l’autorité municipale a montré la voie, en y érigeant des murs de protection, et mérite toutes nos félicitations, et la balle est désormais dans le camp de tous.

A y voir, en effet, les hautes herbes et les buissons qui ont fini d’avaler les tombes et mausolées, l’on est en droit de se demander à quoi peuvent maintenant servir nos fleurs. Bref, l’on est loin des pays côtiers, tels le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana... où les cimetières sont si bien entretenus qu’ils peut vous venir à l’idée d’y passer une journée ; rien qu’à se rappeler que ce sont là nos futurs sous-sols. Mais hélas, ici au Faso, les cimetières sont ainsi faits qu’ils s’apparentent à des dépotoirs. Pour combien de temps encore, peuple des fidèles ?

Cher Wambi, elle est bien connue au Burkina et au-delà, mais plus particulièrement par les populations du Sud-Ouest. Je veux bien sûr parler de Madeleine Père, cette religieuse qui a consacré toute sa vie à l’anthropologie des peuples dagara, lobi, birifor, dian et qui a choisi de reposer en terre lobi après son départ pour le ciel. Mais il est également une autre religieuse, moins médiatisée, qui a tout aussi donné le meilleur d’elle-même dans cette partie de notre pays : il s’agit de la Sœur Yvette Dubroux, franciscaine missionnaire de Marie.

Arrivée en Haute-Volta en 1945 à l’âge de 26 ans, elle y aura séjourné 64 ans, consacrant sa période de vie active à l’enseignement primaire en zone dagara, après un court séjour à Dapongo au Togo. Eh bien ! cher Wambi, sœur Yvette, elle également, s’est endormie pour de bon, dans sa 90e année le lundi 02 novembre dernier. Une date symbolique s’il en est, puisque, dans la tradition catholique et généralement occidentale, c’est le jour choisi par les vivants pour célébrer leurs défunts comme je le disais tantôt. Ses obsèques ont eu lieu le mardi 04 du même mois à Saint-Camille à l’occasion d’une messe de requiem, présidée par l’évêque de Dapango.

Je ne t’en dirai pas plus, cher cousin, puisque Tipoko l’Intrigante, notre imperturbable bonne vieille, me presse de t’ouvrir son carnet secret :

- Six ans après son purgatoire à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), par suite de sa condamnation dans le procès du fameux putsch manqué d’octobre 2003, le téméraire sergent Babou Naon vient de recouvrer la liberté. Mais quel sera l’avenir professionnel de cet ancien élément de la Garde de sécurité présidentielle (GSP) ? Ceux qui semblent dans le secret des dieux, en tout cas, annoncent son retour prochain dans son village natal dans la Sissili.

- Le pèlerinage à la Mecque, c’est pour bientôt. Partout dans le monde, les organisateurs des différents pays affûtent leurs armes pour que les adeptes de la religion de Mohamed puissent se rendre aux Lieux saints de l’islam en vue d’accomplir les rites prescrits. Cette année, l’Arabie Saoudite serait prête à délivrer 3 000 visas pour les pèlerins burkinabè. Mais, à ce jour, on dénombre, selon certaines sources, quelque 1 500 personnes inscrites sur la liste de départ. Et comme on le sait, c’est désormais le privé qui a en charge le Hadj dans la “Patrie des Hommes intègres”. Selon un communiqué de la seule agence à qui l’Etat a donné le quitus pour convoyer les Musulmans qui désirent effectuer ce long voyage, le premier et le deuxième vol, à partir de Ouagadougou pour la Mecque, sont prévus pour le samedi 7 novembre 2009. Quant au troisième vol, il est programmé pour le dimanche 8 novembre 2009 à Bobo-Dioulasso. Pour éviter tout désagrément, tous les pèlerins sont convoqués 8 heures avant chaque vol.

- S’il y a un fait atypique dans la dynamique des préparatifs des festivités de la fête de l’Indépendance le 11 décembre prochain, c’est bien la grande prière œcuménique que prévoient d’organiser les premières autorités de la région le samedi 07 novembre à la place de la Nation. Catholiques, protestants, musulmans et coutumiers se retrouveront à l’appel du gouverneur de la région du Nord, Viviane Yolande Compaoré, pour adresser leurs prières à Dieu, dans l’optique de réussir cette grande commémoration.

- Le laboratoire d’analyses médicales du centre hospitalier régional de Ouahigouya fonctionnerait au ralenti. Il y serait quasiment impossible de procéder à des examens biologiques, et à des transfusions sanguines. Une panne des automates et une rupture de réactifs au sein dudit labo seraient la cause de ce désagrément, selon les premiers responsables du CHR. Les plaintes et les grognes se font entendre dans certains lieux en ville. Cependant, les petits plats sont en train d’être mis dans les grands pour venir à bout de ce problème, qui n’est pas de nature à faciliter la tâche aux agents dans la quête d’un mieux-être des patients.

- Qu’est-ce qu’une thèse d’Etat ?
C’est le plus haut diplôme dans le système universitaire français. On l’acquiert une dizaine, voire une vingtaine, d’années après la thèse de 3e cycle. Le 28 octobre dernier, de 13h 30 à 19 h, un Burkinabé s’est illustré en s’octroyant ce diplôme à Aix-en-Provence (France) face à un jury de cinq professeurs émérites ou professeurs titulaires des universités françaises : il s’agit de Hamidou Diallo, enseignant au Département d’histoire et archéologie, présentement directeur du Centre national des archives nationales. La thèse qu’il a soutenue s’intitule « Histoire du Sahel au Burkina Faso : agriculteurs, pasteurs et islam (1740-1960) ». Dans ce document, de 740 pages, Hamidou Diallo étudie dans la longue durée les rapports entre sédentaires et pasteurs dans le Sahel du Burkina Faso. Sauf erreur ou oubli, il s’agit de la première thèse d’Etat dans l’option histoire de l’université de Ouagadougou. L’impétrant s’en est tiré avec la mention Très honorable.

- Un licenciement qui risque de faire des vagues : celui d’un cadre supérieur d’un groupe hôtelier de la place. Qualifié de faute lourde, le délit, si on peut ainsi dire, dont a été coupable le licencié est d’avoir fait un accident bénin avec un véhicule du service alors qu’il était en mission. En tout cas, le dossier est pendant devant la Direction régionale du travail et des lois sociales du Centre, et ça promet de fortes empoignades si un règlement amiable n’est pas trouvé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que certains expatriés se foutent royalement des lois et des textes en vigueur dans leur pays d’accueil, et cela, avec la complicité de certains nationaux, généralement à leur solde, très frileux à l’idée de contester un tant soit peu les ordres de leurs maîtres. Il est grand temps que cela cesse, car l’ère coloniale est bien derrière nous.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie. Au revoir. Ton cousin, Passek Taalé.

L’Observateur Paalga

vendredi, 23 octobre 2009

Une Lettre pour Laye : Des vautours du déluge à la MACO

Des vautours du déluge à la MACO

Cher Wambi, Hier encore, Simonville subissait les dernières épreuves de la saison des pluies : de bien fines gouttes qui n’ont pu résister aux velléités de l’harmattan, précoce cette année.

 

C’est dire que, très bientôt, s’annoncera le froid, propice à la floraison des kapokiers et qui ouvrira la voie à une nouvelle saison.

En tout cas, dans certaines de nos régions, on s’affaire à fêter le nouveau mil ; preuve s’il en est encore besoin que malgré le déficit pluviométrique survenu après le déluge du 1er-Septembre, la campagne agricole a été relativement bonne.

Mais, hélas, cher cousin, le malheur côtoyant toujours la bombance, quelle ne fut ma douleur d’apprendre, à l’instar de nombre de citadins, le rappel aux ancêtres de Naaba Sebdo, le chef coutumier de Laye, qui aura régné dix-neuf (19) années durant, puisque intronisé en 1990. Bien entendu, tu tiendras informée toute la contrée que je suis de cœur avec vous, dans l’attente de pouvoir, moi aussi, venir sacrifier à la tradition.

Ces jours-ci, la mort, l’invisible et invincible voyageuse, était sur les rives du Kadiogo, semant consternation et désolation. Oui, cher Wambi, il était fils d’une des grandes familles de Ouagadougou, à savoir celle de feu Laurent Bandaogo, homme politique de la première génération et ancien président de l’Assemblée territoriale de Haute-Volta. Il fut également un des premiers cadres autochtones du Service des Domaines dans notre pays.

Il a inauguré à son mariage dans les années 66 la pratique des lunches, qui est devenue une tradition bien établie. « Il », c’est Joseph Bandaogo, premier né d’une longue fratrie (ils étaient en effet dix frères et sœurs) où l’on compte de grands commis de l’Etat, des directeurs de société, des magistrats, des footballeurs de renom… Eh bien ! cher Wambi, l’aîné des frères Bandaogo s’est éteint le lundi dernier à l’âge de 71 ans.

Ce qu’il convient de retenir quand on évoque aujourd’hui sa mémoire, c’est le bel exemple qu’il a donné, à savoir qu’on peut bedonner de diplômes et savoir se reconvertir fort utilement et profitablement dans un secteur d’activité qui n’était réservé, surtout à l’époque, qu’à ceux qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école.

En effet, par suite de problèmes de gestion au sein de son service, semble-t-il, il dut quitter les Domaines, se jura de ne plus jamais être l’employé de personne, et s’installa à son propre compte ; non pas dans les secteurs structurés du commerce et de l’industrie, mais comme simple charcutier, donnant ainsi au « porc au four » ses lettres de noblesse à travers la ville de Ouagadougou.

Différées dans l’attente de ses enfants à l’extérieur du pays, notamment au Canada, ses obsèques auront lieu ce week-end, d’abord avec une veillée demain samedi dans la maison familiale de Dapoya ; puis l’absoute et l’enterrement le dimanche à partir de 14h 00.

Tu as dû aussi l’apprendre en son temps, cher Wambi, le décès de M. André Aubaret, président d’honneur de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, survenu le 02 juillet 2009 à Marignac (Bordeaux-France) dans sa 89e année. Ses obsèques s’étaient déroulées selon ses vœux dans son village natal dans la plus stricte intimité familiale, et cela, au grand regret de ses amis burkinabè.

Eh bien ! ces derniers et tous ceux qui le désirent auront l’occasion de lui réserver un ultime hommage ce week-end à Ouagadougou, où sa famille est attendue ce vendredi même. Une veillée de prières se déroulera le samedi 24 octobre à partir de 20 h à son domicile de Ouaga 2000 ; veillée au cours de laquelle de nombreux témoignages seront délivrés.

Le lendemain dimanche 25 octobre, à partir de 8h 30, une messe de requiem sera dite à l’église Jean XXIII pour le repos de l’âme de celui dont le Burkina était la seconde, sinon la première patrie. Arrivé, en effet, dans notre pays en 1941, concessionnaire entre autres de la marque Citroën, il aura en sus de ses propres affaires participé au développement de notre pays, comme député, vice-président du Conseil économique et social, mais surtout comme président de la Chambre de commerce, d’agriculture et d’industrie de Haute-Volta, de 1948 à 1982.

A ce poste, il aura à son actif la réalisation de Ouagarinter, dont on mesure aujourd’hui tous les bienfaits pour un pays enclavé comme le nôtre, et la ZAD, qui n’en finit pas de s’étendre.

Et maintenant que la page sombre de la présente est tournée, cher cousin, revenons aux dernières gouttes de la saison des pluies, dont je te parlais plus haut.

Car, l’ASECNA, qui nous a accompagné durant toute la saison, aura tenu toutes ses promesses, comme elle nous permet aujourd’hui encore de nous faire une idée des relevés pluviométriques de la semaine du jeudi 15 au mercredi 21 octobre 2009 : Dori = 1,0 mm ; Ouahigouya = 14,2 mm ; Ouagadougou-aéro = 3,8 mm ; Somgandé = ….. ; Dédougou = 4,1 mm ; Fada N’Gourma = 40,6 mm ; Bobo-Dioulasso = 20,8 mm ; Boromo = 1,2 mm ; Pô = 12, 6.. mm ; Gaoua = 41, 3 mm ; Bogandé = 22,9 mm.

Tu me demandes confirmation du relogement des sinistrés du déluge du 1er septembre 2009 à Yagma et dans ses environs ? Ainsi en a effectivement décidé le Premier ministre, Tertius Zongo, à la faveur d’un point de presse donné le jeudi 15 octobre dernier.

Evidemment, des mesures d’accompagnement ont été prévues à cet effet, quoique diversement appréciées, mais, en attendant, certains vautours, qui croyaient tirer profit du malheur des sinistrés, sont en train de méditer sur leur sort à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Parmi ces misérables, qui se seront tristement illustrés à travers le recel et la vente des produits de première nécessité destinés aux victimes du déluge, figureraient, hélas, aussi quelques têtes couronnées, qui croyaient pouvoir jouir d’une certaine impunité.

Pendant ce temps, cher cousin, du côté de la Patte- d’Oie, enseignants et élèves de l’école Waog-taaba ne savent toujours pas à quel saint se vouer. Le déluge est passé par là aussi, mettant trois salles de classe hors d’usage. Alors que l’harmattan s’annonce, la question se pose de savoir si les tentes, nouvellement et douloureusement acquises, permettront de parer à toutes les nuisances qui viendront d’ailleurs. L’autorité tente de parer au plus pressé pendant qu’enseignants et élèves scrutent anxieusement l’horizon. D’où donc viendra le bon samaritain qui humanisera ce camp de réfugiés ?

Et l’on reparle de révision constitutionnelle, cher Wambi, au pays dit des « Hommes intègres ». Depuis que le président du Groupe parlementaire CDP, l’honorable Mahama Sawadogo, a ouvert la brèche à la faveur des journées parlementaires tenues à Bobo-Dioulasso en fin septembre, c’est une véritable levée de boucliers qui s’est invitée dans la conjoncture politique nationale.

Mahama Sawadogo avait-il parlé de lui-même en grand garçon ou avait-il seulement et fidèlement exécuté un ordre venu d’où l’on sait ? Question sans objet, du moment où l’unanimité, rien qu’à lire les internautes, semble faite contre toute éventuelle modification nouvelle de notre loi fondamentale dont l’objet final serait de sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels. En tout état de cause, cher Wambi, son initiateur sait désormais à quoi s’en tenir et devrait tirer leçon des conséquences d’une telle audace, porteuse de tous les dangers.

Dans tous les cas, des sources généralement bien introduites susurrent qu’au sommet du CDP des directives seraient adressées aux différentes structures de base du parti, à l’effet d’avoir leur opinion sur une éventuelle modification de la Constitution. Ce que d’aucuns qualifient de référendum interne ou de primaire et qui pourrait gripper la machine CDP à quelques mois de la présidentielle 2010. Mais, comme toujours, rien ne filtre du palais de Kosyam, comme si les premiers concernés par la sourate de Mahama venaient de la planète Mars.

A chacun ses angoisses, pourrait dire le maire de la commune urbaine de Bittou, Karim Zampaligré, victime d’une motion de défiance pour mauvaise gestion, votée le 19 octobre dernier. Jusqu’au moment où je traçais ces lignes, cher cousin, personne dans le lanterneau politique n’osait y croire, pour la simple raison que le Conseil municipal de Bittou est entièrement constitué d’élus émanant du parti au pouvoir, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), dont le pestiféré du jour n’est autre que le secrétaire général de la sous-section ; il est chef coutumier par excellence de Bittou ; et responsable du Parc à bétail, entre autres responsabilités. Comment le tout-puissant édile a-t-il réussi l’exploit de se faire chasser tel un malpropre ?

Dans l’attente que toute la lumière jaillisse du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD), on apprend que, ce 19 octobre-là, sur 63 conseillers votants, 49 se sont prononcés en faveur de la motion de défiance ; 2 contre (le maire et le chef de Mognooré) ; 2 se sont abstenues ; 4 procurations non pas été retenues ; il y a eu 6 absents.

Depuis, le maire banni serait à Ouagadougou, mais jusqu’à quand ? Peut-être d’ici là en saurons-nous davantage, cher cousin. En attendant, Tipoko l’Intrigante me presse de t’ouvrir son carnet secret. Que nous réserve-t-elle donc ?

n Remue-ménage à la Direction générale des impôts (DGI) ; depuis ces dernières semaines, il aurait été décidé de secouer le cocotier, à l’effet d’en extirper les brebis galeuses ; une entreprise pas des plus aisées qui a commandé l’implication de la Gendarmerie. Au jour d’aujourd’hui, nombre de cadres, et pas des moindres, auraient déjà été entendus par les pandores sur des exonérations de marchés et des importations.

A ce que l’on dit, certains d’entre eux auraient déjà été déférés à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) où ils pourraient être rejoints par bien d’autres, qui se la coulaient douce. Reste à espérer que ce coup de balai redonne un peu de crédibilité à l’institution phare de l’économie et des finances burkinabè.

n Les Burkinabè d’une certaine génération se souviennent encore de ce jeune capitaine qui, à la tête du Groupement blindé, avait mis fin à la légende du Comité militaire pour le redressement et le progrès national (CMRPN) du colonel Saye Zerbo le 07 novembre 1982, avant de tenir tête aux artisans de la Révolution démocratique et populaire (RDP) une certaine nuit du 4-Août.

Mystérieusement, malgré la furie des commandos venus de Pô, il réussit l’exploit de s’échapper et de se réfugier en Côte d’Ivoire voisine où, durant plusieurs années, il se consacra à ses plantations de banane à l’ombre du vieux Houphouët.

Revenu au pays à la faveur du vent démocratique qui a soufflé sur le Burkina Faso au début des années 90, Jean-Claude Kamboulé, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne tardera pas à rejoindre les rangs du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), dont il est aujourd’hui le secrétaire général de la sous-section de Dano.

Alors que l’on croyait l’ancien baroudeur en rupture de ban avec l’armée nationale, la nouvelle vient de tomber, selon laquelle le capitaine Jean-Claude Kamboulé a été réintégré au sein de la grande muette avec le grade de colonel, et ce, depuis 1998. Un gros lièvre que le Dromadaire du jeudi vient de lever, et qui alimentera la chronique à la veille de la commémoration du 49e anniversaire des Forces armées burkinabè.

Manga, la cité de l’Epervier, vient d’être admise comme membre de l’Association internationale des maires francophones (AIMF). Cela s’est passé à Paris le 03 octobre 2009, lors de la 29e Assemblée générale de l’AIMF.

Chaque pays a droit à un quota de 10 membres. Avec l’adhésion de Manga, le Burkina Faso dispose de 9 communes membres de l’AIMF. Ce sont : Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora, Koudougou, Ouahigouya, Tenkodogo, Dédougou, Yako, Manga. L’AIMF intervient au profit de ses membres par le financement de divers projets dans les domaines de : l’eau, l’assainissement, l’éducation, la santé, les infrastructures, et le renforcement des capacités.

L’adhésion de Manga à cette association a bénéficié du soutien déterminant du maire Simon Compaoré, président de l’Association des Municipalités du Burkina Faso (AMBF) et trésorier de l’AIMF. Il faut par ailleurs louer l’esprit d’initiative de Jean-Claude Bouda, maire de Manga, qui s’est beaucoup battu pour l’aboutissement heureux de ce dossier. Cette adhésion ouvre des voies à la commune de Manga sur le plan des perspectives futures de son développement. L’AIMF couvre 48 pays et 184 villes à travers le monde.

Vous êtes ressortissants, sympathisants, partenaires ou amis du Nahouri et particulièrement de la commue rurale de Tiébélé, vous aimez les rythmes endiablés du djongo et le kanzaga (mets local à base de feuilles), vous êtes un féru de la belle architecture kasséna, vous êtes un élève ou un ancien élève de l’école de Tiébélé centre ou, tout simplement, vous aimez les ambiances de retrouvailles empreintes d’émotion, de fraternité et de gaieté. Alors, cochez les dates des 30 et 31 octobre 2009 sur votre agenda et choisissez pour destination la ville de Tiébélé.

Car c’est à ces dates que se dérouleront en effet les festivités commémoratives du cinquantenaire de la toute première école primaire publique de ladite localité. La cérémonie officielle de cet anniversaire aura lieu le samedi 31 octobre 2009 à partir de 10 heures sous le parrainage du président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, et la présidence de madame Odile Bonkoungou, ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (MEBA).

Le programme des festivités prévoit, entre autres, des conférences publiques, un hommage aux anciens maîtres, une visite de nouvelles infrastructures scolaires, un match de football, de nombreuses activités culturelles. Une occasion pour les anciens élèves de cette école de mettre en place leur amicale.

L’échéance de la présidentielle 2010 arrive à grands pas, et la Jeunesse CDP de Baskuy affûte ses armes. Ainsi, demain samedi 24 octobre 2009, la Coordination des jeunes de cet arrondissement tiendra sa rentrée politique à la maison des jeunes Naaba Abga du secteur 10 à partir de 8 h 00. La rencontre, organisée sous forme de formation politique et civique, sera parrainée par le secrétaire permanent des Engagements nationaux, Jean-Christophe Ilboudo, et coanimée par le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, Justin Koutaba, et le directeur de cabinet du Premier ministre, Jérôme Compaoré.

Du 29 au 31 octobre prochain, la cité de Naaba Kango vibrera, une fois de plus, au rythme du Festival Sport et Culture de Ouahigouya (FESCO). Placée sous la présidence de Me Gilbert Noël Ouédraogo, ministre des Transports, cette 7e édition de la fête du sport et de la culture est célébrée sous le thème : « Valorisation culturelle et éducation ». Quoi de plus normal que l’événement, cette année, soit coparrainé par les ministres Joseph Paré des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et Odile Bonkoungou de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation.

Au moment où, dans la province du Nayala, l’on met les petits plats dans les grands dans la perspective de la fête du nouveau mil, un autre événement, et pas des moindres, s’invite dans l’activité au pays des esclaves des Mossé. Et ce n’est point à tort que le "gnotoro" coulera à flots : le professeur Joseph Paré, ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (MESSRS), vient d’être élu, en effet, au Conseil exécutif de l’UNESCO à la faveur de la 35e assemblée générale de l’institution. Autant que l’on s’en souvienne, au nombre des Burkinabè qui auront déjà siégé au Comité exécutif de l’UNESCO, l’on peut citer les professeurs Joseph Ki-Zerbo ; Oumarou Clément Ouédraogo et Laya Sawadogo.

 

lobservateur.bf

vendredi, 16 octobre 2009

Une Lettre pour Laye : L’honorable Mahama et le mandat présidentiel

Une Lettre pour Laye : L’honorable Mahama et le mandat présidentiel

Tour à tour, ceux des braves paysans qui avaient migré en brousse depuis l’entame de la campagne agricole sont, aujourd’hui, sur le chemin du retour. C’est, en effet, le temps des récoltes ; d’où cette ambiance festive, qui a reconquis tout le village. Cher Wambi, En tous les cas, les tout-petits ne diront pas le contraire, qui exultent depuis que le menu quotidien est devenu des plus variés, et qu’aucun chef de famille ne résiste à la tentation de sacrifier ne serait-ce qu’un pintadeau pour agrémenter la sauce. Bien sûr, en attendant les fêtes de fin d’année, où chacun sera récompensé à la hauteur des efforts fournis durant la campagne.

 

Et tu le sais mieux que moi, c’est maintenant que ceux des citadins qui boudaient le village vont commencer à se rappeler à votre bon souvenir, et pour cause. Mais, connaissant votre générosité légendaire, je ne serai jamais surpris de voir certains en revenir, qui avec une tine de mil, qui avec une tine de haricot, si ce n’est une grappe de poulets. Bref, c’est cela aussi le village, où, toujours, l’on remue ciel et terre pour faire plaisir aux hôtes. En attendant qu’au clair de lune, les enfants, par dizaines, forment un cercle autour des sages pour écouter les contes ancestraux, ou encore s’adonnent à leur dodo favori, les dernières gouttes de la saison, elles, continuent d’alimenter le parfum champêtre.

Si Dori, Bogandé et Ouahigouya en ont été sevrées la semaine du jeudi 8 au mercredi 14 octobre 2009, tel ne fut point le cas dans les autres stations, où les relevés pluviométriques parlent d’eux-mêmes : Ouagadougou-aéro = 19,7 mm ; Ouagadougou-Somgandé = 21,4 mm ; Dédougou = 1,1 mm ; Fada-N’Gourma = 47,6 mm ; Bobo-Dioulasso = 5,8 mm ; Boromo = 4,4 mm ; Pô = 18,4 mm ; Gaoua = 24,4 mm.

Cela dit, cher cousin, deux semaines se sont déjà écoulées depuis la rentrée académique 2009-2010, qui voit ainsi élèves du primaire, du secondaire et du supérieur relayer pour neuf bons mois les acteurs du monde rural qui, eux, jouissent maintenant d’un repos bien mérité, en attendant la prochaine saison pluvieuse. Dans la région de l’Est, les parents d’élèves en étaient déjà à sonder le sable pour voir les chances de réussite des leurs aux futurs examens quand cette nouvelle tomba : les militants et sympathisants du Syndicat national des travailleurs de l’éducation et de la recherche (SYNTER) observeront une grève les 21 et 22 octobre 2009 dans ladite région. Pourquoi un tel mot d’ordre après seulement quelque trois semaines de cours ? En guise de réponse, cher Wambi, je t’invite à lire ce préavis, adressé le 5 octobre dernier au gouverneur de la région de l’Est par les secrétaires généraux des sections SYNTER : "Monsieur le Gouverneur, Par Note de service numéro 2009-043/MESSRS/SG/DRH du 07 septembre 2009 signée du Secrétaire général du

ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, Monsieur Luc Yé, dix (10) professeurs sur onze (11), soit 91% du corps professoral du lycée Provincial de Bogandé, tous militants du SYNTER, ont été arbitrairement et abusivement affectés dans d’autres régions malgré le déficit de plus de cent quatre-vingt (180) professeurs pour le fonctionnement des établissements de la région.

En rappel, les camarades de Bogandé, organisés au sein de leur syndicat, le SYNTER, se battent depuis un certain nombre d’années pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Les affectations du 7 septembre ne sont donc pas des affectations pour nécessité de service mais plutôt des affectations punitives et arbitraires dans le seul but de briser l’élan de lutte engagé par les camarades du lycée provincial de Bogandé pour la satisfaction de leur plate-forme revendicative.

C’est pourquoi, face au mépris des autorités administratives locales envers notre organisation syndicale et au regard des attaques contre les libertés démocratiques et syndicales à travers la répression abattue sur nos militants, le SYNTER appelle l’ensemble de ses militants et sympathisants à observer un arrêt de travail de quarante-huit (48) heures à compter du 21 octobre à partir de zéro (00) heure au 22 octobre à vingt-quatre (24) heures dans tous les établissements d’enseignement secondaire de la région de l’Est afin d’exiger du ministère de tutelle : l’annulation sans condition de cette note de service prise à l’endroit de nos militants du lycée provincial de Bogandé. Si à la fin de cet arrêt de travail aucune satisfaction n’est trouvée, nous nous réservons le droit de poursuivre la lutte sous d’autres formes. Tout en vous souhaitant une bonne réception du présent préavis, nous vous prions de croire en l’expression de notre très haute considération.

Pour les secrétaires généraux des sections SYNTER de la zone de l’Est Kintiga Ysa Secrétaire général de la section de Fada

J’ose seulement espérer, cher cousin, que les deux camps sauront accorder leurs violons dans les meilleurs délais pour ne point compromettre durablement l’année scolaire. Puissent donc les dieux du MESSRS et du SYNTER nous entendre.

Tu me demandes si c’est vrai que la Constitution, la loi fondamentale burkinabè, sera une nouvelle fois revisitée ? La rumeur, cher Wambi, en effet s’est répandue telle une traînée de poudre depuis son évocation lors du dernier congrès du CDP en fin juillet ; mais plus encore depuis les journées parlementaires du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), tenues à Bobo-Dioulasso les 24 et 25 septembre 2009, lorsque le président dudit groupe parlementaire, l’honorable Mahama Sawadogo, ne se gêna point, dans son discours introductif, de l’inviter au débat.

Personnellement, cher cousin, je n’en aurais rien dit si cette éventuelle modification constitutionnelle ne devait pas porter sur le fameux article 37, relatif au mandat présidentiel. Mais avant d’y revenir, je laisse à ton appréciation cette réflexion de l’honorable Mahama Sawadogo, qui divise la classe politique, même dans son propre camp. Extrait donc de son discours mémorable du 24 septembre 2009 :

"Le contexte africain dans lequel se tiennent ces présentes journées est caractérisé par des processus électoraux dans les démocraties de la génération des années 90, c’est-à-dire des régimes démocratiques dont le fait générateur est la conférence de la Baule (1989).

Ces démocraties qu’il convient de qualifier de démocratie de commissions électorales indépendantes ou autonomes, de démocraties surveillées par la communauté internationale à travers les missions d’observation électorale et les agences de notation, de démocraties "multi" multipartites en référence au nombre exorbitant de partis qui les animent ou prétendent les animer, de démocraties fortement influencées par un nombre inflationniste d’organisations de la société civile qui ambitionnent d’en être l’avant-garde, ces démocraties semblent être sérieusement éprouvées.

Elles sont éprouvées principalement par l’instabilité constitutionnelle découlant de la difficulté d’observer surtout la limitation du mandat présidentiel, prévu par les Constitutions de nombreux pays. Cette limitation de mandat, qui est le trait caractéristique des Constitutions des démocraties de la génération des années 90, c’est-à-dire des démocraties des pays sous-développés, pose véritablement problème. Ce problème peut-il être contourné ou ignoré ? A notre avis, pas du tout.

De ce point de vue, il convient de l’examiner avec objectivité si l’on veut donner plus de chance de survie et de stabilité aux jeunes démocraties. En tout état de cause, il ne saurait être responsable de la part des acteurs politiques toutes natures confondues (partis politiques, organisations de la société civile, médias), de sacrifier le régime démocratique sur l’autel d’une alternance politique envisagée à travers la limitation élitiste du mandat présidentiel plutôt que par la voie des urnes".

Voilà, cher cousin, le débat est ouvert et une chose est au moins sûre : si le député Mahama Sawdogo, même du haut de son piédestal de président du Groupe parlementaire CDP a osé évoquer publiquement, à haute et intelligible voix cette question de la limitation du mandat présidentiel, c’est qu’il a reçu l’onction suprême. Mais si lui donc a fini de jouer sa partition, à qui maintenant le tour ? Question sans doute qui alimentera la chronique aujourd’hui, demain et les jours à venir.

Mais en attendant d’en savoir davantage, Tipoko l’Intrigante, dont je t’invite à découvrir, ci-après, le contenu du Carnet secret, a, elle, déjà tendu l’oreille à toute fin utile :

n Le milieu politique national est loin de dormir ces temps-ci. Et cela se comprend bien, chaque parti affûtant ses armes, soit pour le court terme (présidentielle de 2010), soit pour le long (municipales et législatives). L’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) n’entend pas être en reste, elle qui parcourt les différentes régions pour non seulement défendre la refondation, si chère à la formation politique de la panthère, mais aussi pour discuter avec ses militants des questions d’actualité.

C’est ainsi que, le dimanche 18 octobre, une délégation conduite par le conciliateur du Bureau exécutif, Noël Yaméogo, s’entretiendra avec les représentants du Ganzourgou, du Nahouri et du Bazèga à Manga, à partir de 9 heures, à la Maison des jeunes de la localité. Le responsable régional du parti, Guy Guigma, ainsi que des membres du Mouvement des jeunes/UNDD grossiront le présidium pour débattre de "tékré" (changement ou refondation) et de l’éventuel renouvellement des instances régionales.

n Personne n’ignore la mauvaise passe dans laquelle végète depuis bientôt plusieurs années la société industrielle du Faso. Et d’ailleurs qu’elle fermerait définitivement ses portes en décembre prochain pour cause de mévente. C’est vrai que si en 2003, nous avions, en termes de vente, 18 596 vélos, 20 531 cyclomoteurs et 3 800 motos avec un chiffre d’affaires de 12 milliards, en 2007, c’était seulement 3 676 vélos, 8 760 cyclomoteurs, avec 766 motos de vendus, pour un chiffre d’affaires de seulement 4 milliards de F CFA. Et de 2007 à 2009, la descente aux affaires s’est poursuivie véritablement. La SIFA n’aura pas survécue à la concurrence asiatique.

n On ne cessera de le répéter, Faure n’oublie jamais les siens, même à quelque quatre mois des élections générales au pays d’Eyadéma Etienne Gnassingbé.

C’est le contraire donc qui nous aurait étonné si ce dimanche 11 octobre-là, sitôt clos le Forum mondial sur le développement durable ouvert deux jours plus tôt à Ouagadougou, il ne s’était encore délesté de quelques millions de francs CFA à l’aéroport de Ouaga-Taamsê. Habitués à recevoir, chacun, 5 000 F CFA à chaque arrivée de leur président dans la capitale burkinabè, les ténors de la communauté togolaise n’avaient point monnayé leurs forces de conviction pour ameuter les troupes.

Ainsi sont-elles venues par milliers, faire le pied de grue de 10h00 à 20 h, s’il vous plaît, pour espérer la manne présidentielle. Mais au bout du roulot, 0 F CFA engrangé, puisqu’à ce qu’on dit, l’enveloppe de 5 millions de F CFA remise avait déjà une destination bien précise. A servir à sensibiliser les Togolaises et les Togolais des campagnes en vue des prochaines consultations ? Peut-être !

n Le professeur Joseph Paré, ministre des Enseignants secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (MESSRS) n’est donc pas au bout de ses soucis. A lui, en tout cas cette lettre qui en dit long sur l’injustice qui court sous son toit :

"Monsieur le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique,

Lors d’un récent test auquel j’ai pris part dans un cabinet, et n’ayant pas été présélectionné audit test, j’ai été surpris d’apprendre que le diplôme de maîtrise en gestion que j’ai présenté n’est pas un diplôme reconnu par le MESSRS.

C’est alors qu’on m’a exhibé pour information un communiqué du MESSRS (apparu du 25 au 27 septembre dans les quotidiens de la place) qui cite la liste des établissements supérieurs privés agréés par l’Etat, les diplômes autorisés ainsi que ceux reconnus par le CAMES. A la lecture de ce communiqué, je suis resté sur ma faim, et même hébété, car l’on se rend compte alors que beaucoup de diplômes supérieurs (Maîtrise, DESS, MASTER) non reconnus ont été délivrés et acceptés dans des recrutements aussi bien du privé que du public.

Le communiqué fait par le MESSRS est laconique ; il ne dit rien quant à la valeur des diplômes délivrés par les établissements supérieurs privés. Fort de ce constat, je trouve injuste que des diplômes délivrés au Burkina Faso soient rejetés lors des recrutements alors même que d’autres personnes en jouissent pleinement. Espérant obtenir des éclaircissements de votre part, veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de mes sentiments distingués".

Un candidat malheureux

n Ce samedi 17 octobre, le village de Bazoulé célèbre le Kuum-Lakré 2009. Le Kuum-Lakré est une fête coutumière très célèbre, organisée chaque année vers la fin de l’hivernage pour honorer les crocodiles sacrés du village. Bazoulé est devenu un site touristique majeur grâce à sa mare aux crocodiles sacrés. A la population de Bazoulé, et à tous ceux qui le souhaitent, les crocodiles apportent leur protection et exhaussent leurs souhaits. Il suffit de leur demander ce qu’on souhaite voir réaliser lors du Kuum-Lakré : santé, prospérité, réussite à l’école et dans les affaires, etc.

Le Kuum-Lakré est surtout connu comme une occasion festive avec des danses traditionnelles, un dasan-daaga, une soirée dansante le samedi soir, etc. Allez donc à Bazoulé ce samedi pour demander protection aux crocodiles sacrés, manger, boire et danser. Bazoulé est à une vingtaine de km de Ouagadougou, dans le département de Tanghin-Dassouri.

n Depuis l’appel à la solidarité nationale et internationale, lancée par le président du Faso en faveur des sinistrés, les dons et aides ne cessent de pleuvoir sur l’ex-palais présidentiel de Koulouba, sur la mairie de Ouaga et même sur les sites des sinistrés : argent, vivres, habits, savon…constituent le lot de dons reçus quotidiennement. Mais le 12 octobre dernier, le Comité ad hoc chargé de recevoir les dons a reçu ce qui semblait manquer dans le kit des sinistrés : les préservatifs.

En effet, l’Association burkinabé pour le bien-être familial (ABBEF) a donné au profit des sinistrés, la somme de 1 million de Francs CFA et 7 300 préservatifs masculins et féminins. Le sexe n’étant pas un sujet tabou sur les sites, mieux vaut prévenir… ! En plus de ces dons, l’ABBEF a déployé une équipe d’agents de santé (infirmiers, sage-femmes, animateurs sociaux…) sur certains sites pour offrir des services de planification familiale, de consultations prénatales, de test du VIH, de sensibilisation et de traitement des infections sexuellement transmissibles.

n Rentrée RTB 2010 et jubilé d’or de Radio Burkina ; c’est ce vendredi 16 octobre à partir de 16h00 que sera donné le top de départ des manifestations festives, à travers la visite de la Télévision et de la Radiodiffusion du Burkina par le parrain. Lequel d’ailleurs sera l’invité du journal parlé de la rentrée le dimanche 18 octobre à 13h00. Lundi 19 octobre, dans la salle des fêtes de Ouaga 2000 à partir de 10h00, heureux seront les invités au clap de lancement de la Série télé. La Télévision, quant à elle , nous donne rendez-vous à 19h30 pour l’enregistrement du "Grand rendez-vous de la rédaction" ; invité : le parrain de la rentrée RTB 2010.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie. Au revoir. Ton cousin Passek Taalé.

 

lobservateur.bf

vendredi, 09 octobre 2009

Une lettre pour Laye : FEDAP/BC, 2 ans et des dents bien longues

Cher Wambi,

Plus de doute, la saison pluvieuse 2009 est en train de vivre ses derniers jours. En effet, outre les fourmis ailées, dont je te parlais la semaine dernière, un autre phénomène est apparu ces derniers jours, à savoir la chute des feuilles des arbres. Un signe, s’il en faut, qui convainc ceux d’une certaine génération que le ciel aura choisi de reporter à l’année prochaine sa dotation en eau, même si, de temps en temps, il est parsemé de quelques nuages, hélas peu prometteurs. Et j’ai hâte de savoir ce qui se fait au village où, en principe, on devrait être au ramassage du benga.

En tout cas, le relevé que m’a fait parvenir l’ASECNA pour la semaine du 1er au 07 octobre est éloquent. Des 11 stations, seules deux, celles de Dédougou et de Pô, ont franchi la barre des 10 mm d’eau avec, respectivement, 13,4 mm et 19,0 mm. Puis viennent Dori (9,3) ; Bobo-Dioulasso (7,4), Ouahigouya (4,7) ; Fada N’Gourma et Boromo, ex-aequo (2,2) ; Gaoua (1,2). Quant à celles de Ouaga-aéroport, de Somgandé et de Bogandé, elles sont restées sèches comme au mois de mars, avec des vents comme ce fut le cas ce jeudi.

C’est à cette période, où l’harmattan commence à souffler, que la FEDAP-BC fête ses deux ans. En effet, le 10 octobre 2009, la Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré soufflera ses deux bougies. La cérémonie commémorative de ce deuxième anniversaire aura lieu à la date ci-dessus indiquée, dans la salle de conférences du Liptako-Gourma à partir de 9h 30 mn. Nul doute que la fête sera grandiose pour ce jeune regroupement aux dents bien longues, qui s’impose chaque jour davantage dans le monde politique au "Pays des hommes intègres".

Autre anniversaire, c’est la 22e année de "l’assassinat du président Thomas Sankara", qui interviendra le 15 octobre 2009. Cet événement, auquel le comité d’organisation invite la population du Burkina et singulièrement celle du Kadiogo à participer massivement et activement, prévoit, le dimanche 11 octobre, à partir de 7h, la poursuite du désherbage et du nettoyage du cimetière des Martyrs ; le jeudi 15 octobre à 6h, une messe de requiem à l’église St-Camille, une cérémonie de dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes des héros à Dagnoën, une messe de requiem à la paroisse Jean XXIII à 18h 30. La commémoration de cette année sera placée sous le thème : "Renaissance et espoir".

Dans le même registre, les sœurs de l’Immaculée Conception de Ouagadougou invitent les fidèles de l’Eglise-Famille du Burkina à la célébration du jubilé d’argent de vie religieuse de mère Marie Bernadette Roamba. Elle se tiendra ce samedi, 10 octobre 2009, à 10h 30 à la chapelle du Noviciat de Pabré. Et maintenant, je t’invite à parcourir ces quelques éléments que Tipoko a pu glaner.

? Cher Wambi, dans une de mes lettres, je te faisais cas du prochain découpage de la ville de Ouagadougou en douze (12) arrondissements, au lieu de cinq (5) présentement, et de celle de Bobo-Dioulasso, qui comptera désormais sept (7) arrondissements. Eh bien ! depuis le dernier conseil des ministres du mercredi 7 octobre, c’est chose faite. C’est, dit-on, dans le souci de rapprocher l’Administration de l’administré en vue d’un meilleur service. Et on se doute bien qu’un tel découpage ne pourra prendre effet qu’en 2011, après les municipales.

Depuis le 1er et ce, jusqu’au 31 octobre courant, la Caisse nationale d’épargne, elle, est dans la fièvre de la célébration de ses 50 ans d’existence. Dans ce cadre, une série d’activités est organisée. Parmi elles figurent, en bonne place, une remise de dons au ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale ainsi qu’à deux structures sociales, le 12 octobre 2009 ; un colloque le 13 octobre au CBC sur "La contribution économique et sociale de la Caisse au développement du Burkina Faso" ; un tournoi de volley-ball les 15 et 16 octobre sur le terrain de sport de la SONAPOST ; l’inauguration du bureau de poste de Saaba le 17 octobre prochain.

La nouvelle est tombée, accablante, le mercredi 7 octobre 2009 : Ladji Ousmane Kienfangué nous a quittés à jamais : El hadj Gouama Ousmane Ouédraogo a succombé à sa maladie à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine à Paris, où il était admis pour des soins. Mais qui était celui-là que pleurent parents, amis, coreligionnaires et collègues du monde des affaires ? Brièvement, on retiendra que jusqu’à cette date fatidique, ce richissime homme d’affaires était le président des commerçants du marché de colas de Ouagadougou, donc notre voisin immédiat, pour qui connaît l’emplacement du journal. Il a aussi été membre du bureau de la Chambre de commerce du Burkina et a assuré la vice-présidence de la Communauté musulmane. Pour ce qui est du programme de ses obsèques, c’est le samedi 10 octobre à 19h 45 mn que sa dépouille arrivera à l’aéroport international de Ouagadougou, d’où elle sera transférée au domicile du défunt, à Samandin (secteur 7), à 20h 30. Le lendemain, à 13h, on procédera à la levée du corps, direction la grande mosquée de Ouagadougou, où se déroulera une prière en son honneur à 14h. Ensuite, la foule s’ébranlera vers Kienfangué où l’enterrement est prévu pour 15h au cimetière de Zamnogho-Kienfangué. En attendant, l’Observateur paalga joint sa voix à celle des milliers de compatissants qui accompagneront sûrement Ladji à sa dernière demeure.

? Comme tu me l’as dit, tu as tenté à de multiples reprises de me joindre au 50 33 27 05, sans succès. Je m’en excuse, même si cette situation est imputable à notre fournisseur qu’est l’ONATEL qui, je l’espère, va se dépêcher d’y remédier.

L’épaisse de brume qui a entouré la défenestration du ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheick Tidiane Gadio, commence à se dissiper, et on en sait un peu plus sur ce limogeage intervenu le 30 septembre 2009. Outre le dossier guinéen (lire l’article Galaxie Wade contre Bennoo Siggil Senegaal dans l’Observateur du 07/10/2009), il semble que le chef de l’Etat sénégalais ait modérément apprécié que le président Barack Obama l’ait appelé pour évoquer certains sujets internes au Sénégal. Un coup de fil qui serait intervenu après une entrevue entre Gadio et Hillary Clinton. Vrai ou faux ? On sait que Gadio est 100% proaméricain et que l’amitié, chez les Yankee, est personnelle et... sacrée. Enfin, celui qui est resté 9 ans à la tête des Affaires étrangères sénégalaises doit son départ à un clash qui aurait eu lieu avec Karim Wade, concernant les domaines de compétence de chacun. Car n’oublions pas que le fils du chef de l’Etat a en charge la Coopération internationale, un ministère des Affaires étrangères bis en sorte. Inutile de dire qu’il est possible que chacun ait marché sur les plates-bandes de l’autre.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..." Ainsi va la vie. Au revoir

Ton cousin passek Taalé

L’Observateur Paalga

vendredi, 02 octobre 2009

Une lettre pour Laye

Cher Wambi,

Eh bien ! cette semaine, je ne serai pas particulièrement long. Car il urge que je rejoigne le vieux Tiimkoudougou, le féticheur attitré de Kinkirsgoogo, afin qu’il me décrypte l’issue de la campagne agricole.

 

Chaque jour qui passe me convainc que Dame Pluie a définitivement divorcé avec les braves paysans du Faso, qui refusent pourtant de baisser les bras, renouvelant leur foi en la bonté divine.

En tous les cas, l’invasion, ces derniers temps, de la cité par les fourmis ailées, qui dansent la farandole, semble un signe prémonitoire de l’imminence de la fin de la saison des pluies, pour peu qu’on veuille se référer à notre histoire récente, contée assez souvent par les grands parents du village. Le déluge est passé, laissant des cicatrices indélébiles, et puis, plus rien ; pas la moindre goutte tombée encore du ciel ; ni même cette rosée bienfaisante qui, chaque matin, caresse les pieds des paysans sur les chemins des champs.

En vain donc, dans la semaine du jeudi 24 au mercredi 30 septembre 09, les sorciers du ciel auront tenté de semer en nous l’espoir d’une fin de campagne en apothéose ; d’où ces statistiques des plus éloquentes : Dori = 7,0 mm ; Ouahigouya = 55,9 mm ; Ouagadougou-aéro = traces ; Dédougou =3,3 mm ; Bobo-Dioulasso = 2,2 mm ; Boromo = 31,6 mm ; Pô = 19,7 mm ; Gaoua = 84,1 mm ; Bogandé = 3,9 mm.

Mais de quoi demain sera-t-il donc fait, cher Wambi ? A l’instar de la vieille Gomfinsi, disons seulement que Dieu seul le sait. Et j’en viens à t’annoncer maintenant que la fatwa promise par le ministre de la Sécurité, le colonel Emile Ouédraogo, à l’encontre des élèves-policiers qui se sont tristement illustrés à Gounghin la semaine écoulée, a pris effet depuis le vendredi 25 septembre.

Ainsi, le cycle des assistants, promotion 2008-2009, est suspendu jusqu’à nouvel ordre ; leur pécule a été retenu pour dédommager les victimes de leurs exactions ; une enquête est diligentée pour débusquer les principaux auteurs de cette descente musclée contre les paisibles citoyens de Gounghin pour prendre les mesures qui s’imposent avant que la justice s’en saisisse.

Un vent nouveau est-il en train de souffler sur le monde des corps habillés ? J’ose bien le croire, mais, en attendant, le dernier Conseil des ministres, tenu ce mercredi 30 septembre 2009, semble en avoir fait son affaire, qui a nommé à la tête de l’Ecole nationale de police (ENP) un nouveau patron en la personne du commissaire Paul Sondo.

Sans être dans le secret des dieux, quelque chose me dit que ce n’est que le début du commencement, pour qui sait que le ministre de la Sécurité a hâte de remettre de l’ordre dans la maison afin de mieux s’attaquer à la mère des fléaux au Pays des hommes intègres qu’est le grand banditisme. Parlons donc, cher cousin, d’insécurité, puisque cette semaine qui s’achève a été endeuillée aussi bien dans la région du Plateau Central que dans celle du Centre-Ouest :

A Loumbila, en effet, deux corps sans vie ont été retrouvés sur la voie menant à l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP) le mardi à la première heure, et à Sakoinsé, un car de transport venant de Koudougou a essuyé des tirs nourris de braqueurs.

Hélas ! mille fois hélas, cher Wambi, sur les chemins du voyage, il est des moments où l’au revoir s’éclipse devant l’adieu. Contre ces prédateurs qui ne croient ni en Dieu ni en Satan, j’en viens à me demander où sont passées les libellules de fer qu’on nous avait exhibées il n’y a pas si longtemps. De la poudre aux yeux ? Comme le dit si bien l’adage, c’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon. Les bandits, en tout cas, viennent de donner la preuve qu’ils restent et demeurent les seigneurs sur nos routes.

Cher Wambi, les prochaines consultations municipales sont prévues pour 2011, dans deux ans donc. Sonnera alors l’heure d’élire de nouveaux conseils municipaux et, partant, de nouveaux maires. Nous n’y sommes pas encore, mais je te vois déjà fourbir tes armes pour aller à la conquête de l’écharpe tant convoitée de l’édile de ton patelin. Mais, attention, car, rien ne sera comme de par le passé. Ainsi en a voulu le dernier Conseil des ministres, tenu ce mardi 30 septembre, après examen et adoption du projet de loi modificatif de la loi n°055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales au Burkina Faso. De cette loi modificative, cher cousin, l’on retiendra, entre autres innovations, l’obligation de résidence des maires dans leurs collectivités territoriales respectives.

Voilà une mesure qui, sans nul doute, va provoquer des grincements de dents dans le rang des bourgmestres nomades, et alimenter la chronique. A-t-on seulement pensé aux implications qu’entraînerait une telle mesure si jamais elle venait à être mise en application ?

Je suis de ceux qui ont toujours souhaité que les maires soient proches de leurs administrés, au lieu d’attendre tous les six mois pour y effectuer une descente clandestine, mais un dilemme pourrait s’inviter dans le débat. Dans l’attente de savoir combien de maires nomades le Burkina compte, où trouver les bailleurs de fonds et autres partenaires au développement pour les accompagner dans l’exécution de leurs projets ?

Et sans mesures d’accompagnement, comment un instituteur élu maire dans une localité située à 500 km de la ville, loin donc des centres de décisions, pourra-t-il réussir convenablement son mandat ou que l’administré ne connaît que ses droits, mais jamais ses devoirs ? Autant de questions qui mériteraient qu’on s’y intéresse, même à deux ans des consultations électorales.

Et c’est dans les rangs du parti présidentiel, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), que ça pourrait chauffer, lui qui semble avoir la mainmise sur la majorité de nos communes, urbaines ou rurales, et qui avait cru y trouver un refuge pour certains de ses cadres, fictifs ou réels, en quête de statut politique à Bobo, Ouaga, Koudougou, Ouahigouya, etc. En tout cas, cher cousin, j’attends de voir qui osera abandonner le “fè-fè” de la capitale pour aller plaider une cause d’avance perdue à...

C’est ainsi que je m’en vais t’ouvrir le carnet secret de Tipoko l’Intrigante qui t’apprend d’emblée l’intronisation de Son Excellence Naaba Boulga, nouveau chef du quartier Wogodgo dans la capitale, le mardi 29 septembre dernier. Né le 20 janvier 1984, il est fils de Naaba Sigri, et hérite du trône laissé vacant par son oncle, Naaba Kango, rappelé à Dieu le 11 janvier 2009.

- Koudougou est en passe de devenir un véritable creuset du savoir. Après l’Ecole nationale de santé publique (ENSP), l’université de Koudougou, qui compte en son sein l’Institut universitaire de technologies (IUT) et l’Ecole normale supérieure (ENSK), un institut privé devra y ouvrir incessamment ses portes. En effet, une note d’informations circule, adressée aux autorités administratives, politiques, coutumières, religieuses ainsi qu’aux fils et filles de la région du Centre-Ouest et singulièrement de la province du Boulkiemdé par le promoteur. Il ouvrira le 15 décembre 2009 l’Institut privé d’enseignement supérieur de Koudougou (IPESK).

Les premiers diplômes préparés et les filières choisies seront des BTS et DTS en finance-comptabilité et des BTS et DTS en banque et assurances. Mais en lisant le plan d’action 2010-2015 déjà prêt, bien d’autres diplômes et surtout des formations en ligne sont prévus. Cet institut d’envergure devra contribuer à stabiliser les futurs étudiants obligés de quitter leurs villes ou villages pour la capitale avec ce que cela engendre comme difficultés de logement et d’adaptation.

Le promoteur qui se trouve être l’ancien directeur général du Centre d’enseignement à distance de Ouagadougou (CEDO) entend, susurre-t-on, mettre à profit l’expérience capitalisée à la tête de ce centre de référence. Juriste, enseignant présentement en poste dans une institution de la République et donc en homme averti, il s’est entouré de professeurs d’université et de dirigeants d’entreprises nationales et internationales. Il entend ainsi contribuer au développement de la région du Centre-Ouest et faire de Koudougou, dont il est natif, un centre universitaire dans les années à venir, à côté de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.

- Très heureux ils l’étaient, les éléments de la Brigade de gendarmerie de Boulmiougou le vendredi 25 septembre dernier. Et la raison à cela, l’ALC (adjudant de compagnie) Boukary Drabo et ses hommes ont reçu ce jour la visite de la première responsable de l’arrondissement, Séraphine Ouédraogo. Un geste qui est allé droit au cœur à ces pandores, qui, depuis des années, sont au four et au moulin pour apporter la quiétude aux populations, chaque fois terrorisées par des malfrats de tous horizons.

Et ce, malgré des moyens dérisoires, la brigade ne disposant même pas de matériel roulant digne de ce nom pour traquer ces mauvais garçons ou même pour enlever le butin saisi. Et que dire de leurs effectifs, très réduits, ce qui contraint certains à être souvent quarante-huit heures d’affilée en poste ? En tout cas si cet acte du maire est à saluer, il reste à espérer qu’il sera suivi d’effets pour accompagner ses hôtes dans leur mission combien exaltante mais souvent périlleuse.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.
Au revoir.
Ton cousin
Passek Taalé.

 

lobservateur

samedi, 26 septembre 2009

Une lettre pour Laye

Fermeture du cycle des assistants de police

Même si les nuages semblent avoir déserté le ciel burkinabè, les sinistrés du déluge du 1er septembre se comptent toujours par milliers. Certes, passé les premiers jours, certains ont pu trouver refuge qui chez un parent, qui chez un ami, mais le gros de la troupe reste cantonné dans des centres d’hébergement, prospectant anxieusement l’horizon.

 

De quoi, en effet, demain sera-t-il fait si un éventuel retour sous son propre toit demeure hypothétique ? Question sans réponse pour nombre de familles disloquées pendant que, dans leurs larmes, biens d’autres puisent du beurre pour leurs épinards. Car, et peut-être l’as-tu déjà appris, il s’en trouve sous nos cieux qui, toute honte bue, n’hésitent pas à se décréter sinistrés, espérant secrètement bénéficier de l’aide que la générosité tant nationale qu’internationale nous apporte depuis l’appel solennel au secours lancé par le gouvernement dès le lendemain de la catastrophe. Que diras-tu alors de ceux-là qui ont choisi de bafouer leur “burkindlim”, pour ne pas dire leur intégrité, dépêchant leur progéniture en colonnes couvrées sur les centres d’hébergement, où l’on mange aux frais de la princesse ?

Voilà, en tout cas, qui finit de nous convaincre, cher Wambi, que le malheur des uns fait bien le bonheur des autres. Mais si tous ces vautours qui planent sur les sinistrés n’y prennent garde, la situation pourrait se retourner contre eux ; car les portes de la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou pourraient leur être ouvertes pour avoir tout bêtement choisi de faire les larrons. Mais dans quel monde sommes-nous donc ? Sur le quotidien des sinistrés, l’Observateur paalga reviendra dès le mercredi prochain à travers un grand reportage, réalisé après quelque 48 heures de séjour dans un centre d’hébergement. Rendez-vous à ne pas manquer.

Bref, cher cousin, en campagne où, malgré tout, le mil a commencé à porter, l’optimisme est permis chez nos braves paysans, que certaines prévisions avaient complètement affolés dès l’entame de la campagne agricole. A les entendre, en tout cas, il ne manquerait que quelque trois ou quatre pluies, après l’épiaison, pour qu’autour des concessions et dans les fermes, les greniers poussent par dizaines. En attendant, voyons les relevés pluviométriques de la semaine du jeudi 17 au mercredi 23 septembre, que les sorciers du ciel ont bien voulu nous communiquer : Dori = 12,8 mm ; Ouahigouya = 26,5 mm ; Ouagadougou-aéro = 1,9 mm ; Dédougou = 3,6 mm ; Fada N’Gourma = 35,4 mm ; Bobo-Dioulasso = 61,1 mm ; Boromo = 4,7 mm ; Pô = 11,3 mm ; Gaoua = 39,7 mm ; Bogandé = 0,5 mm.

Restons tout de même, cher cousin, dans la rétrospective de la semaine écoulée pour évoquer la sortie punitive des élèves-policiers dans la nuit du 21 au 22 septembre à Gounghin au secteur 9 de la capitale. D’emblée, je me dois de joindre ma voix à celles de tous ces innocents qui ont vécu cette folle nuit où des poulets d’une nouvelle race ont pris sur eux de bafouer l’honneur du corps de la police, à l’exemple de leurs devanciers qui, il y a quelques années, avaient mis un terme à la tradition, occupant la voie publique pour revendiquer.

On se souvient encore, comme si c’était hier, que sans l’intervention de la société civile et du Moogo Naaba Baôgho, certains seraient aujourd’hui au nombre des râleurs professionnels de la cité. Mais qu’on se comprenne bien, cher cousin, je suis de ceux prompts à défendre les policiers quand ils sont injustement pris à parti. Mais je ne serai jamais de leur côté quand ils viendront à s’ériger en hors-la-loi. Que ceux censés protéger les civils en viennent à se tromper sciemment de cibles donne à réfléchir.

Je n’irai pas jusqu’à épouser l’idée de ce boutiquier amer qui a crié haut et fort que personne aujourd’hui n’a le monopole de la violence, mais je comprend aisément la grève du dolo que tous les vieux du quartier ont observée au cabaret de tantie Gomkoudougou le lendemain des événements. Heureusement que le ministère de la Sécurité a été très bien inspiré en s’indignant, condamnant et promettant des sanctions exemplaires dès les minutes qui ont suivi, mais il convient dans l’urgence de situer les responsabilités face aux blessés et aux nombreux dégâts matériels. Qui donc supportera les ordonnances et les factures, puisque toutes ces victimes innocentes espèrent être dédommagées ?

La réponse pourrait tarder à venir, cher Wambi, mais des nouvelles rassurantes me convainquent que le ministre de la Sécurité, le colonel Emile Ouédraogo, pourrait frapper fort dans les rangs de cette nouvelle race de poulets. De sources dignes de foi, en effet, j’apprends qu’il aurait décidé de la fermeture du cycle des assistants de l’Ecole nationale de police (ENP) pour compter de ce vendredi 25 septembre, et ce, jusqu’à nouvel ordre, suite à la descente punitive des élèves-policiers contre les populations du secteur 9 de Ouagadougou le lundi dernier. Et pour ne point rester en si bon chemin, une commission d’enquête aurait été mise sur pied pour déterminer le niveau d’implication des uns et des autres afin de faciliter les sanctions administratives assorties de poursuites judiciaires. Serait-ce là un début d’application des termes du communiqué de presse que tu as pu lire mardi dernier ? Wait and see.

Comme abondamment annoncé dans mes précédentes lettres, cher Wambi, ce jeudi 24 septembre sont effectivement ouvertes dans la ville de Sya les journées parlementaires du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Journées qui interviennent quatre jours, exactement, après l’officialisation de la liste des commissaires politiques régionaux du mégaparti. Tu l’as certainement déjà appris, le nouveau gourou du parti présidentiel dans la région des Hauts-Bassins a pour identité Soungalo Appolinaire Ouattara, aujourd’hui ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat.

Les journées parlementaires du CDP ne pouvaient que bien tomber pour lui qui attendait l’occasion de prouver sa popularité dans la région. Dans l’attente que j’y revienne, cher cousin, on m’apprend qu’il aurait effectué un retour triomphal à Sya ce mercredi 23 septembre, à la tête d’une forte délégation partie de Ouagadougou. Soungalo et les siens auraient été accueillis et ovationnés dès l’entrée de la ville. Un signe majeur et éloquent pour ceux pour qui une autre page du CDP vient d’être tournée dans les Hauts-Bassins, surtout à Bobo-Dioulasso.

S’il est un candidat à la présidentielle ivoirienne qui trône sur un nuage ces jours-ci, cher Wambi, c’est bel et bien Laurent Koudou Gbagbo, que tous les sondages semblent donner favori avant même l’échéance hypothétique du 18 novembre 2009. Selon la lettre du Continent, un dernier sondage, réalisé à la demande de Voodoo Communication qui gère les relations médiatiques du candidat Alassane Dramane Ouattara du RDR, donnerait en effet Laurent Gbagbo vainqueur au premier tour avec 43% des voix, et gagnant au second tour avec 52% contre 48% pour Henri Konan Bédié du PDCI, et 58% face à Alassane Dramane Ouattara (42%). Mais une chose est sûre, cher cousin, les sondages ont leur vérité, et les urnes la leur aussi. Alors ... !

Et puisque tu piaffes d’impatience, voyons maintenant ce que contient cette semaine le carnet secret de Tipoko l’Intrigante :

- Depuis le mois de février 2009, le directeur général de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), Lamoussa Salif Kaboré, a entrepris des tournées dans toutes les directions régionales pour des échanges directs avec le personnel déconcentré, surtout celui de terrain et de contact. Après Bobo-Dioulasso, Koupéla et Koudougou, la Direction générale part ce vendredi 25 septembre 2009 à la rencontre des agents en charge du relevé des compteurs, des coupures, de guichet, des caissiers, du contrôle des abonnés et de liaisons de Ouagadougou après l’étape de Ouahigouya intervenue mercredi 23 septembre dernier.

La nationale de l’électricité entend, à travers ces fora, insuffler une dynamique d’actions à tous ses travailleurs, notamment ceux ayant des relations directes avec la clientèle. Il s’agit également et surtout de partager le Plan stratégique de la société, qui vise à améliorer l’accès des populations à l’électricité, à fournir des services de qualité à ses clients et à accompagner le développement économique à travers la lutte contre la pauvreté. L’occasion est offerte à ce personnel du front office de faire part de ses préoccupations, étant donné l’assurance à lui donnée par le premier responsable qu’aucun sujet n’est tabou.

Le directeur général, Salif Kaboré, n’a pas manqué de saisir cette opportunité pour dénoncer certains mauvais comportements et appeler l’ensemble des travailleurs à œuvrer à une bonne image d’une entreprise qui se veut citoyenne. Souhaitons que ce dialogue direct permette d’accorder les violons et d’améliorer le service en tout temps et en tout lieu en vue d’une conjugaison harmonieuse des joules, des watts et des ampères pour un meilleur rendement de tous les agents de la SONABEL et pour la satisfaction totale de sa clientèle.

- Ainsi qu’on le sait déjà, une délégation du Réseau des parlementaires burkinabè anticorruption BURKINDI (composé des députés Maurice Dieudonné Bonanet et Norbert Michel Tiendrébéogo) participait du 18 au 21 septembre 2009 à Luzaka (Zambie) à l’Assemblée générale du Réseau des parlementaires africains contre la corruption (APNAC). Au cours de cette assemblée, le bureau a été renouvelé. Notre compatriote le député Maurice Dieudonné Bonanet, Coordonnateur du Réseau BURKINDI, a été élu à l’unanimité au poste de vice-président de l’APNAC. La présidence est revenue à la Zambie à travers le député Lubinda Given. Rappelons que l’APNAC regroupera des réseaux parlementaires d’une vingtaine de pays africains.

- Qu’est-ce qui a bien pu arriver à Djamila Carole Compaoré, la petite présidente ? En tout cas, on l’aurait aperçue il y a quelques jours assistant en spectatrice aux séances sportives de ses camarades de classe du Saint-Ex. Pire, elle avait un bandage à un pied et se déplaçait avec des béquilles. Selon certaines indiscrétions, elle aurait glissé en descendant des escaliers du palais de Kosyam. Prompt rétablissement, la bienheureuse héritière !

- Moins d’une semaine maintenant et les élèves du primaire et du secondaire rependront le chemin de l’école. Un peu partout dans les différentes circonscriptions, les enseignants, qui ont effectué leur rentrée administrative depuis le 15 septembre, même si certains font toujours de la résistance, mettent les petits plats dans les grands pour réussir cette réouverture des classes. Mais la sérénité ne semble pas à l’ordre du jour à “l’école CDR de Dassasgho A” au secteur 28 de la capitale, où le bureau de l’Association des parents d’élèves traverse une crise qui risque d’hypothéquer l’avenir des enfants. Ce n’est donc pas à tort qu’une conférence de presse est prévue ce samedi 26 septembre à ladite école à partir de 8 h afin de crever l’abcès. Peut-être pourra-t-on sauver ce qui peut encore l’être ?

- Pèlerinage des acteurs du développement au Bazèga, ce samedi 26 septembre, où se tient à l’hôtel Mitibkiéta, à partir de 9 h 30, un forum provincial. Thème : stratégie d’implication des forces vives dans le processus de décentralisation pour le développement du Bazèga. Placé sous la présidence du ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, Justin Koutaba, et la coprésidence de son homologue du Travail et de la Sécurité sociale, Jérôme Bougma, ainsi que du gouverneur de la région du Centre-Sud, Raymond Edouard Ouédraogo, ledit forum sera coparrainé par le P-DG de Planor Afrique, Appolinaire Compaoré, et le coordonnateur du Projet sectoriel des transports, phase 2, Jean Bertin Ouédraogo.

- C’est un secret de polichinelle, le Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo (CHU-YO) a, lui aussi, fait les frais du déluge du 1er septembre dernier. C’est pourquoi, afin de faciliter sa réhabilitation, son service de pédiatrie avait précédemment été transféré au CHU Charles- de-Gaulle depuis ce même 1er septembre. Depuis le mercredi 23, il est porté à l’intention de tous les usagers que ledit service est désormais transféré au CMA du secteur 30.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.
Au revoir.
Ton cousin
Passek Taalé.

 

lobservateur

vendredi, 18 septembre 2009

Une lettre pour Laye

On parle de février en Côte d’Ivoire

Cher Wambi,

Nous devons à nos ancêtres cette vérité historique qui nous enseigne que seules les montagnes ne se rencontrent pas. Oui, ils appartiennent déjà à l’éternité, ces discours belliqueux, pour ne pas dire ces flèches empoisonnées que, depuis Abidjan et Ouagadougou, Koudou Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré s’envoyaient mutuellement au plus fort de la crise ivoirienne. Les diables d’hier ne sont-ils pas, en effet, devenus les anges du jour ?

 

En tous les cas, plus d’un ne cesse de se demander comment l’enfant terrible de Ziniaré a pu devenir ce pompier volant au secours de la Côte d’Ivoire en feu, s’il est vrai qu’il en fut ce pyromane tout redoutable, et comment son homologue de Mama, accusé à tort ou à raison d’être la source des malheurs de nos compatriotes sur les bords de la lagune Ebrié, en est venu à faire de la patrie des hommes intègres son lieu de pèlerinage. C’est te dire, cher cousin, que la hache de guerre semble définitivement enterrée, et que l’on fumera le calumet de la paix jusqu’à ce que mort s’en suive.

L’illustration parfaite de ces retrouvailles fraternelles et amicales fut sans doute la visite officielle, l’année dernière, de Laurent Gbagbo et de son gouvernement au grand complet à Ouagadougou, suivie cette semaine de celle de Blaise Compaoré et de ses disciples en Eburnie. Juste retour de l’ascenseur ? Pour être l’événement de ce mois de septembre après le déluge, c’en est vraiment un ; ce, d’autant plus que les deux gouvernements, réunis à Yamoussoukro, ont esquissé ensemble l’auto-route propice au bon voisinage.

Mais l’on retiendra aussi cette question de la présidentielle du 29 novembre prochain en Côte d’Ivoire. Qu’elles sont, en effet, une foultitude, les voix qui commencent à douter de l’échéance à cette date, du fait du retard accusé dans l’établissement des listes électorales !

Le sujet n’a, en effet, pas été tabou à Yamoussoukro, et les deux présidents n’ont pas exclu l’hypothèse de prendre le temps qu’il faudra pour que les élections aient lieu dans les règles de l’art. Et si certains avancent la fin décembre, ou début janvier 2010 pour la tenue du scrutin, ils sont nombreux aussi qui n’hésitent pas à parler plutôt de février 2010.

D’où l’unanimité qui se fait autour de la stratégie commune de Gbagbo et de Compaoré pour préparer les esprits à cette éventualité. Dans cette attente donc, j’apprends que le ministre français de la Coopération, Alain Joyandé, fera, lui aussi, un voyage à Yamoussoukro, peut-être pour donner l’onction de l’incontournable Paris.

Mais avant de tourner la page, cher Wambi, sais-tu seulement que la première dame burkinabè, Chantal Compaoré, pour ne rien te cacher, n’était pas du voyage officiel de son illustre époux en belle-famille ? Ç’eût été un parfait retour au pays natal, mais elle préféra rendre à Simone Gbagbo la monnaie de sa pièce, elle qui ne daigna pas fouler la terre burkinabè aux côtés du locataire du palais de Cocody, déléguant ses pleins pouvoirs à ses non moins illustres filles.

Pouvait-il en être autrement ? Bref ! Au moment où tu me lis, cher cousin, le grand sachem n’est pas rentré de Côte d’Ivoire qu’il est déjà annoncé ce week-end pour les Etats-Unis le 20 septembre et le Venezuela le 27 septembre.. Alors, que ceux qui le suspectaient d’être déjà fatigué commence à réviser leurs plans, car c’est un globe-trotter qui se révèle.

Et maintenant que nous atterrissons en plein dans l’actualité nationale, brûlante, déluge du 1er septembre oblige, on me dit que les femmes qui avaient quitté Laye et Pabré, qui avec des paniers de soumbala, qui avec des sacs d’oseille depuis la semaine dernière pour venir en aide aux sinistrés de Simonville étaient toujours attendues au moment où je traçais ces lignes. Que leur est-il arrivé ? Ici, en tout cas on n’exclut pas du tout des pannes mécaniques, mais sait-on jamais !

En attendant, c’est toujours la bousculade au palais de Koulouba, où continuent de défiler les âmes charitables d’ici et d’ailleurs. Si tu n’y as pas encore fait un tour, hâte donc le pas pour ne point être en reste. C’est ainsi donc qu’il m’est revenu la contribution de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) de Me Bénéwendé Stanislas Sankara qui, le 9 septembre dernier, a offert :

- 10 sacs de 100 kg de maïs ;
- 1 sac de 50 kg de maïs ;
- 1 sachet de macaroni ;
- 10 tee-shirts ;
- 1 moustiquaire ;
- 10 nattes ;
- un lot de médicaments de première urgence et 210 000 F CFA en espèces.

Le Bureau du Groupe AREVA au Burkina Faso, à travers son chairman Afrique et Moyen-Orient, a délié les cordons de la bourse, en injectant 7 millions de F CFA au Fonds de solidarité nationale. Même en difficulté, le Syndicat national des enseignants- chercheurs (SYNADEC) a pu libérer 50 000 F CFA.

Et, tiens-toi bien, cher Wambi, il n’en est pas jusqu’aux dolotières du Kadiogo qui n’ont pas violé leur coffre, mettant 100 000 F CFA dans la cagnotte, de même que le Comité d’action pour la paix avec Alassane Dramane Ouattara (CA-PADO), qui s’est soulagé de 15 000 F CFA, et le Conseil burkinabè des agences de gardiennage (CBAG), qui a répondu à l’appel présidentiel avec 1, 015 000 FCFA. Last but not least, le passage de la SOFITEX au palais de Koulouba aura enrichi le Fonds de solidarité nationale de 50 millions de nos francs.

Pour te faire une idée du poids réel dudit fonds à la date d’hier, tends bien l’oreille, car le point a dû être fait ce jeudi soir au Premier ministère. De toutes les façons, j’y reviendrai, et j’attends de t’y accompagner, puisque j’ai, moi aussi, appris que l’éléphant avait pété de toutes ses forces au quarté du mardi dernier.

Plus sérieusement, et avant de feuilleter le carnet secret de Tipoko l’Intrigante, allons à la découverte des relevés pluviométriques de la semaine du jeudi 10 au mercredi 16 septembre 2009, puisqu’il tombe toujours des cordes sur le Faso : Dori = 10,6 mm ; Ouahigouya = 18,6 mm ; Ouagadougou-aéro = 49,1 mm ; Dédougou = 56,6 mm ; Fada-N’Gourma = 71,5 mm ; Bobo-Dioulasso = 30,3 mm ; Boromo = 63,5 mm ; Pô = 77,8 mm ; Gaoua = 40,7 mm ; Bogandé = 29,8 mm.

Eh bien ! comme tu le constates toi-même, tout porte à croire que nos braves paysans auront le rire aux lèvres en fin de campagne, et les pluies de ce mois de septembre sont là pour démentir les prédictions des oiseaux de mauvais augure. La bombance s’annonce en tout cas.

- Il y a une dizaine d’années qu’il présidait aux destinées du Syndicat national des travailleurs de la douane (SYNATRAD). Lui, c’est Kambiré Onfité, qui sera ensuite rayé des effectifs de la Fonction publique pour des raisons controversées. Aujourd’hui, sa joie est unanimement partagée par ses parents, amis et proches, lui qui vient d’être réintégré et affecté, à ce que l’on dit, à la direction générale des douanes. Ceux qui sont dans le secret des dieux avancent même qu’il aurait déjà pris service ce jeudi 17 septembre. Comme on le dit souvent, pour passer de l’enfer au paradis, il faut savoir prendre son mal en patience.

- Les autorités sont aux bons soins de la presse nationale et de celle privée, en particulier. L’augmentation substantielle de l’enveloppe allouée à son soutien en est la preuve. D’une somme de 200 millions, elle a été portée à 250 millions depuis 2008. Cette année encore, la commission ad hoc, avec la Direction du développement des médias (DDM), vient de statuer sur les dossiers des organes de la presse privée devant bénéficier de la subvention de l’Etat.

Au jour d’aujourd’hui, les chèques en millions n’attendent que leurs bénéficiaires. Ils sont invités à passer pour rentrer en possession de sommes substantielles pour le développement de leurs activités. Quant aux photographes, ils viennent de terminer leur première formation, dont ils ont reconnu la grande nécessité.

- Appel du cinéaste Cheick Oumar Sissoko Ouagadougou est la capitale du cinéma africain. C’est notre capitale. C’est ma capitale. Cette ville honore, tous les deux ans, les cinéastes du continent, de la diaspora et leurs collaborateurs, producteurs, médias, bailleurs dans une ambiance de fraternité et de solidarité qui construit quelque part un maillon de l’unité africaine et le respect de la riche diversité culturelle dont le monde est en droit de s’enorgueillir. Ouagadougou, en ce mois de septembre 2009, est en difficulté : ses quartiers, son hôpital principal, notre cinémathèque sont envahis, sinon détruits, par l’eau ; ses habitants sont dans le désarroi ; ils ont perdu la vie pour certains, le toit et leurs biens pour d’autres.

Spectacles hallucinants, femmes et enfants en détresse, l’eau reine des lieux, dans les maisons, les rues comme dans un film des damnés de la terre ; voilà la scène quotidienne vécue par une partie de la ville, celle de nos soirées musicales populaires, celle de notre créativité et de la mémoire du continent, celle qui préserve la santé de nos frères et sœurs (le plus grand hôpital du Burkina Faso obligé de faire partir ailleurs les malades). Ouagadougou est sous les eaux. Il faut, de toute urgence, l’aider. J’appelle à la solidarité mes collègues cinéastes, comédiens du continent, de la diaspora et du monde entier.

J’en appelle aux artistes.
Aider Ouagadougou, c’est sauver des vies humaines, c’est sauver la cinémathèque africaine ; c’est aussi aider le FESPACO et ses nombreuses vitrines culturelles : le Festival de théâtre ; le Festival international de hip-hop ; le Festival de jazz ; le SIAO (Salon international de l’artisanat de Ouagadougou).

Bamako, le 7 septembre 2009

Cheick Oumar Sissoko
Cinéaste, ancien ministre de la Culture du Mali

- Une bonne nouvelle pour les étudiants qui sont toujours au village tout simplement parce que les portes du restaurant universitaire (RU) sont fermées depuis le 31 juillet 2009. Si beaucoup d’entre eux se sont empressés de retourner des vacances parce qu’ils avaient une mini-session au début du mois de septembre, ils n’ont pas échappé au calvaire de la vie chère à Simonville, et cela, jusqu’au lundi 14 septembre 2009, surtout que l’on compte bon nombre d’étudiants parmi les victimes de la catastrophe du 1er septembre, gravée dans la mémoire des Ouagavillois à jamais.

C’est donc en cette date du 14 septembre qu’il a plu au DG du CENOU et à son staff de permettre aux indigents d’avoir au moins deux repas par jour. En tout cas, même si certaines cités universitaires doivent patienter encore quelques jours, ceux qui feront le “boillo” à l’UO pourront se contenter des 4 chaînes du RU central. Ainsi, on peut dire que tout est véritablement repris dans ce temple du savoir.

- L’Assemblée générale du Réseau des parlementaires africains contre la corruption (APNAC) se tient du 18 au 21 septembre 2009 à Lusaka (Zambie). Le réseau burkindi (parlementaires burkinabè contre la corruption), section burkinabè de l’APNAC, y sera représenté par deux députés : Dieudonné Maurice Bonanet (coordonnateur) et Norbert Michel Tiendrébéogo (membre). La rencontre a pour objectif la relance des activités de l’APNAC et les perspectives ainsi que le renouvellement de ses structures. Souhaitons que l’APNAC puisse apporter une contribution significative à la lutte contre la corruption en Afrique.

- Les rentrées scolaire et académique se préparent activement à tous les niveaux. C’est ainsi que le Centre national cardinal Paul- Zoungrana lancera la sienne à partir du 1er octobre 2009, comme bien d’autres. Une particularité toutefois : ce sera à travers une messe, à partir de 18h 30 mn. En rappel, le Centre assure, depuis maintenant six ans, une formation des laïcs, de toutes conditions, à la connaissance théologique de leur foi chrétienne. Cela, sous la houlette de l’abbé Bernard D. Yanogo, qui n’est plus à présenter. Inutile de vous le dire, vous connaissez la bonne adresse si vous voulez approfondir votre foi et vos connaissances théologiques.

- La Fédération nationale des petites et moyennes entreprises (FN-PME) procédera, ce samedi 19 septembre à partir de 10 heures, à la mise en place du bureau provincial du Kadiogo. Ce sera au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), sous le patronage d’El Hadj Oumarou Kanazoé, président de la Chambre de commerce et d’Industrie du Burkina, et le parrainage du bourgmestre de la capitale, Simon Compaoré.

- Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, effectuera, du 21 au 23 septembre prochain, un séjour officiel dans la capitale burkinabè. Ainsi, dès le 22 septembre à partir de 8h00, il signera une importante convention de partenariat avec Simonville dans la salle de délibérations de l’hôtel de Ville.

A partir de 15h00, il visitera la Direction de la police municipale, ce, avant de se rendre sur le chantier de construction du caniveau Naaba Zuleng-Wékré et les bords du canal du Moog-Naaba, chantiers financés en partie par Bordeaux. En fin de séjour, Alain Juppé animera avec son homologue Simon Compaoré une conférence de presse à l’hôtel de Ville à partir de 18h00.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.
Au revoir.
Ton cousin
Passek Taalé.

 

lobservateur

vendredi, 11 septembre 2009

Une lettre pour Laye

Le chèque de Blaise

Cher Wambi

Pas plus tard qu’hier, nous recevions encore les âmes compatissantes, accourues des quatre coins du Faso au chevet des milliers de sinistrés du 1er septembre 2009. Le déluge du siècle sur Simonville appartient déjà au passé, certes, mais ses plaies restent indélébiles, au regard de la misère qui s’est installée dans notre capitale. En tous les cas, il n’est pas un seul Burkinabè qui peut se targuer de n’en avoir pas été victime, vu l’étendue de la famille africaine. Alors si ce n’est toi, c’est donc ton frère, ton cousin, ton ami ou encore ton voisin qui veille sur toi et les tiens tous les jours que bon Dieu fait.

 

D’où, sans doute aucun, cet appel à la solidarité nationale et internationale lancé par les plus hautes autorités afin de venir en aide à ceux des nôtres dans le désarroi, et cantonnés depuis ce mardi noir dans des centres d’hébergement improvisés. Et cet appel solennel semble avoir été entendu depuis ce lundi 7 septembre, où le président de tous les Burkinabè, Blaise Compaoré, a lui-même donné l’exemple en casquant pour 10 000 000 FCFA.

Comme il fallait s’y attendre, cher cousin, s’en est immédiatement suivie une pluie de contributions diverses dans le théâtre de l’ancien palais présidentiel, sis à Koulouba. Dans l’attente de pouvoir te communiquer la liste, oh combien kilométrique, de tous ces bienfaiteurs de la nation, je ne saurais passer sous silence la noblesse de la compassion du Mogho Naaba, qui s’est soulagé d’un million de nos francs à cet effet.

Voilà maintenant la caisse royale ainsi ouverte pour recevoir du richissime Oumarou Kanazoé la faramineuse somme de 100 millions ; de l’ambassade de Chine 131 millions ; de la communauté libanaise 110 millions ; de l’UEMOA 250 millions ; du gouvernement 23 millions ; de l’Assemblée nationale 20 millions ; et j’en oublie.

Je m’en voudrais toujours de ne point te signaler, au passage, que ton journal, l’Observateur paalga, a lui aussi laissé parler son cœur en remettant ce mercredi, 9 septembre 2009, au CONASUR un chèque de un million de FCFA, bien que lui-même ait subi des dommages dans ses installations informatiques.

Fait notable, cher cousin, il s’est trouvé des partis politiques qui, eux aussi, ont apporté leur part de francs CFA à la cause nationale. Honneur, donc, à ceux qui ont donné l’exemple tels le PARIS : 100 mille FCFA ; l’UNDD : 250 mille FCFA ; l’UFP : 25 mille FCFA ; l’ADF-RDA : 1 million FCFA ; le CDP : 5 millions FCFA. L’un dans l’autre, cher Wambi, les 70 milliards de FCFA nécessaires à la reconstruction nationale seront vite réunis, surtout que les partenaires techniques et financiers du Pays des hommes intègres ont, eux aussi, entendu notre cri de détresse. Je n’en veux pour preuve que l’aide financière de l’Union européenne, qui se chiffre à quelque 1,3 milliard.

Que dire alors de nos frères Ivoiriens, de qui nous est tombée hier jeudi 10 septembre une manne de 500 millions de FCFA ? En tout cas, j’émets le souhait que très bientôt Ouaga, la coquette, se réhabilite ; ce qui ne se fera pas sans la contribution de chacun de ses fils. Déjà, j’apprends que ce vendredi 11 septembre, l’Agence Faso Baara remettra à la commune de Ouagadougou une enveloppe de 10 millions FCFA, avant d’aider à la reconstruction des ouvrages endommagés, à hauteur de 100 millions FCFA. Mais demain ne semble pas la veille pour qui sait que nos notabilités coutumières, censées être la courroie de transmission entre leurs sujets et les ancêtres dans l’épreuve, ont eux aussi fait les frais du drame du 1er septembre. Je suis bien placé pour t’en dire davantage, si je me réfère aux constructions centenaires du palais du Ouidi Naaba, qui n’ont point résisté à la furie des eaux. Malgré tout, cher cousin, la vie continue à Simonville, même dans les centres d’hébergement, celle de couple notamment.

C’est ainsi qu’il me revient qu’un chef de famille, qui voulut y faire son devoir conjugal, déluge ou pas déluge, fut violemment pris à parti par une meute de sinistrés, qui ne supportaient une telle audace. Comment s’en est-il sorti ? Mystère et boule de gomme.

Mais depuis ce mardi noir du 1er septembre, la pluie a repris de plus belle aux quatre coins du Faso. Comme peuvent en témoigner des relevés du Centre météorologique principal de l’ASECNA Burkina Faso dans la semaine du jeudi 03 au mercredi 09 septembre 2009 dans nos différentes stations : Dori = 6,2 mm ; Ouahigouya : 74,7 mm ; Ouagadougou-aéro = 2,3 mm ; Dédougou = 57,4 mm ; Fada N’Gourma = 0,9 mm ; Bobo-Dioulasso = 84,9 mm ; Boromo = 62,9 mm ; Pô = 51,6 mm ; Gaoua = 37,2 mm ; Bogandé = 89,1 mm.

Et pour tourner la page, cher Wambi, je te rappelle que c’est ce week-end du 12 au 13 septembre que se tiennent à Pô, la capitale du Nahouri, les journées parlementaires de l’ADF-RDA. Ainsi que je te le disais dans ma dernière lettre, les honorables élus du CDP, eux, migreront du 24 au 25 septembre à Bobo-Dioulasso pour tenir les leurs, sur le “Rôle du groupe parlementaire dans l’animation du parti et de la vie politique”.

Même si nous n’y sommes pas encore, il se susurre que les députés de la majorité présidentielle pourraient mettre à profit cette randonnée pour revenir sur une revendication qui leur tient à cœur : les médailles du mérite de l’Ordre national. Je n’en dirai pas plus, puisque le député Sedgo B. Gilbert du Zoundwéogo, dont je te propose ci-après l’argumentaire, semble pouvoir éclairer notre lanterne.

Lis donc plutôt :
“Par décret N°97-255/PRES/GC du 23 mai 1997, portant institution, organisation et fonctionnement des ordres burkinabè, il a été institué les ordres ci-après désignés au Burkina Faso :
- l’Ordre national ;
- l’Ordre du mérite burkinabè ;
- les Ordres spécifiques. L’ordre national est destiné à récompenser le mérite personnel et les services éminents, civils ou militaires rendus à la Nation.

L’ordre du mérite burkinabè récompense toute personne qui se serait distinguée par son dévouement, sa valeur professionnelle, la durée et la qualité de ses services. Les ordres spécifiques sont destinés à récompenser les personnes physiques ou morales qui, dans l’exercice de fonctions publiques ou privées, se seraient distinguées dans un domaine spécifique de l’activité nationale (développement rural, palmes académiques, jeunesse et sports ; arts, lettres et communication, collectivités territoriales, diverses médailles, etc.). L’article 7 du décret indique que les citoyens burkinabè sont admis puis reçus dans les ordres.

L’article 10 indique que le Président du Faso est chef souverain et Grand Maître des ordres burkinabè. L’article 13 indique que le Premier ministre est élevé à la dignité de Grand Officier six mois après sa nomination. L’article 15 indique qu’un an après leur entrée en fonction, les membres du gouvernement sont nommés ou promus dans l’ordre national. Ayant noté que le décret reste muet en ce qui concerne les élus nationaux (députés), les parlementaires ont échangé avec monsieur le Grand Chancelier des Ordres burkinabè, lors de l’audition du gouvernement sur le projet de budget 2009, sur la discrimination négative qui leur est appliquée.

Des échanges il est ressorti que le Président de l’Assemblée nationale pourrait ainsi saisir le Grand Maître des Ordres burkinabè pour corriger la situation au profit des parlementaires, qui, par leur élection comme député, ont mérité de la nation. On pourrait alors établir que six mois après validation de leur mandat, les députés soient promus au grade de commandeur de l’Ordre national ; le Président de l’Assemblée nationale étant élevé à la dignité de Grand Officier.

La prise d’une telle décision rendrait aux parlementaires une certaine justice par rapport aux membres du gouvernement, puis à l’Assemblée nationale la place qui lui revient dans le paysage institutionnel burkinabè.
- « chaque année, la nation, reconnaissante, décerne des distinctions à des femmes et hommes qui se sont positivement illustrés dans l’édification du Burkina Faso. Au-delà de la fierté légitime qu’elles procurent aux récipiendaires, ces distinctions honorifiques contribuent à renforcer le sens patriotique et la culture de l’excellence chez les Burkinabè ».

Le Grand Chancelier renchérit :
- « De tout temps, les récompenses honorifiques ont été attribuées aux citoyens ayant bien mérité de la patrie ». De l’analyse des textes sur les ordres burkinabè il ne ressort nulle part que les députés ne peuvent être admis. Il n’est pas non plus indiqué, à l’image de ce qui est appliqué au gouvernement, de mode opératoire de distinction honorifique des élus nationaux. C’est pourquoi nous interpellons notre groupe parlementaire, CDP, à obtenir du Président de l’Assemblée nationale la réparation de la situation des députés siégeant, par une démarche idoine auprès du Grand Maître des Ordres burkinabè”.

Voilà qui est dit, cher Wambi. Mais dans l’attente de savoir le sort qui sera réservé à cette démarche, aussi bien par ses pairs élus que par la classe politique nationale, voyons très rapidement ce que Tipoko l’Intrigante, elle, nous réserve cette semaine dans son carnet secret :

- La Communauté burkinabè, au pays de l’Oncle Sam, est en deuil. Daouda Traoré, 22 ans (également appelé David), « le prince de Banfora », fils d’Issa Traoré, ancien président d’association, qui dirige un bureau de concertation au Burkina Faso, est décédé le samedi 29 août en quelques minutes à l’issue d’une fête chez des amis. Apparemment, il aurait été terrassé par une attaque cardiaque. Après une messe dimanche dernier, un doua a lieu ce vendredi 11 septembre aux Etats-Unis, avant un autre doua, prévu pour le 11 octobre à Ouaga. A ce qu’on dit, le corps du regretté aurait été incinéré.

- Le major de la IIe promotion des élèves officiers d’active (EOA) a pour nom Pélagie Kaboré. D’où ce message du Réseau de communication, d’information et de formation des femmes dans les ONG au Burkina Faso (RECIF/ONG/BF), qui exulte : Quelle ne fut notre joie et notre fierté d’apprendre la brillante réussite de Mademoiselle Pélagie Kaboré à l’académie militaire Georges Namoano. Cette héroïne en herbe, de la deuxième promotion des élèves officiers d’active (EOA), est sortie major de sa promotion, au titre de l’année académique 2008-2009, d’un effectif de trente-trois (33) élèves.

RECIF/ONG, à travers tous ses organes et ses structures membres, félicite mademoiselle Pélagie et l’encourage, dans sa lancée, à démontrer, si encore besoin était, que la femme, au même titre que l’homme, peut réussir dans n’importe quel domaine pour peu que les principes de l’équité et de l’égalité de droit soient respectés.

Nous lançons donc un vibrant appel à tous et particulièrement aux femmes à un soutien à tout point de vue à mademoiselle Pélagie Kaboré, d’autant plus qu’en ce troisième millénaire, la Communauté internationale reconnaît que, pour un développement équitable et durable, le genre dans sa composante femme doit être promu. Nous émettons le souhait qu’à l’exemple de mademoiselle Kaboré, d’autres femmes s’engagent sans réserve dans les différentes branches socioprofessionnelles afin d’apporter leur pierre à la construction de la nation.

La présidente du Conseil d’Administration de RECIF/ONG Mme Poussi Marie Madeleine

- Ce samedi, 12 septembre 2009, seront lancées officiellement dans la province de la Comoé les activités entrant dans le cadre du cinquantième anniversaire de la commune de Banfora. A n’en pas douter, l’affluence sera monstre dans la cité du Paysan noir pour aider Souleymane Soulama, l’édile de ladite commune, à souffler ces cinquante bougies.

Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..."

Ainsi va la vie.
Au revoir.
Ton cousin
Passek Taalé.

 

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