vendredi, 06 novembre 2009

Rajoelina revient à la table des négociations

Article publié le : vendredi 06 novembre 2009
Les médiateurs de l’UA convainquent Andry Rajoelina de reprendre les discussions.
AFP/Aaron Maasho



Par RFI

Les négociations entre les différents protagonistes malgaches, au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, ont repris ce 6 novembre, après avoir connu hier, un bref coup d’arrêt.Andry Rajoelina avait lancé à la sortie d’une réunion « Je m’en vais ». Les médiateurs l’ont convaincu de revenir sur sa décision, en lui faisant certainement quelques concessions sur la répartition des postes à pourvoir dans la prochaine transition politique à instaurer, avant les élections prévues en fin 2010.

A l’issue de plusieurs heures de discussions à son hôtel avec le médiateur Joaquim Chissano, Rajoelina a effectivement accepté de revenir à la table des négociations.

Après une matinée à souffler le chaud et le froid, il est donc arrivé en début d’après-midi au siège de l’Union africaine. Le prix payé pour cette reprise serait une garantie que le consensus annoncé le 6 octobre à Antananarivo sera bien appliqué.

Conséquence : Rajoelina serait confirmé à la tête de la transition, ce qui n’est pas une surprise. A voir s’il a aussi obtenu que la mouvance du président évincé, Marc Ravalomanana, ne soit pas, elle, représentée par la vice-présidence.

Les discussions ont ainsi repris entre les quatre chefs de file, mais très vite Rajoelina et Ravalomanana se sont isolés dans une autre salle pour discuter pendant une demi-heure. Ils en sont sortis sans faire de commentaires mais le visage plutôt serein. Et il faut espérer qu’un accord ait été trouvé entre les deux hommes car leur affrontement constitue le principal point de blocage.

Or, dans la tête des médiateurs, tout comme dans celle des participants malgaches, il faut en finir d’ici ce soir et donc le temps presse. Mais comme le souligne justement Rajoelina, « on n’a pas beaucoup avancé depuis trois jours où nombre d’acquis ont été remis en cause et, techniquement, il reste encore beaucoup à faire avant de finaliser un accord global ».

 

vendredi, 23 octobre 2009

L'Union africaine adopte la première convention sur les réfugiés et déplacés

KAMPALA (AFP) - 23.10.2009

voir_le_zoom : Les présidents ougandais Yoweri Museveni (G), zimbabwéen Robert Mugabe (C) et zambien Rupia Banda, le 22 octobre 2009 à KampalaLes présidents ougandais Yoweri Museveni (G), zimbabwéen Robert Mugabe (C) et zambien Rupia Banda, le 22 octobre 2009 à Kampala

L'Union africaine (UA) a adopté vendredi une convention unique en son genre sur les déplacés, rapatriés et réfugiés, destinée à protéger les quelque 17 millions de déracinés d'Afrique, lors d'un sommet spécial à Kampala.

AFP - Peter Busomoke
voir_le_zoom : Le président ougandais Yoweri Museveni (G) accueille le président de la Commission de l UA, Jean Ping, à Kampala le 22 octobre 2009Le président ougandais Yoweri Museveni (G) accueille le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, à Kampala le 22 octobre 2009

Pour le président ougandais Yoweri Museveni, hôte de la rencontre, "les conflits sont la principale cause qui provoque des réfugiés. C'est pourquoi la principale solution au phénomène est de s'assurer qu'il n'y a pas de conflit et que ceux en cours se terminent de manière juste".

AFP - Peter Busomoke

 

L'Union africaine (UA) a adopté vendredi une convention unique en son genre sur les déplacés, rapatriés et réfugiés, destinée à protéger les quelque 17 millions de déracinés d'Afrique, lors d'un sommet spécial à Kampala.

Cette convention impose aux pays signataires de venir en aide aux déplacés, notamment les plus vulnérables comme les personnes âgées, et entend devenir un outil de prévention des déplacements forcés.

L'année dernière, les 53 Etats membres de l'UA avaient décidé d'améliorer le sort et la protection de ces populations. Un diplomate africain a toutefois relevé cette semaine que certains pays pourraient se montrer réticents à ratifier une convention contraignante d'un point de vue juridique.

Ce sont en effet ces dispositions juridiques qui constituent la nouveauté du texte adopté vendredi.

"Les Etats sont obligés de poursuivre pénalement des personnes qui commettent des violations graves du droit international humanitaire", explique le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Jakob Kellenberger.

"Elle lie aussi les groupes armés, ce qui constitue un élément très important parce que nous sommes confrontés presque partout à des conflits internes, plus qu'entre Etats", a-t-il relevé.

Une porte-parole de l'UA a expliqué qu'il y avait "eu quelques amendements au projet, notamment après des discussions sur les groupes armés, la définition et leur rôle". "Mais les documents ont été adoptés", a-t-elle expliqué en faisant référence à la convention et à une déclaration de principe, non contraignante.

"Le droit humanitaire international dès l'origine s'est préoccupé de la question des réfugiés, mais pas complètement de la question des déplacés. Il s'agit donc avec cette convention d'un enrichissement du droit international dans la mesure où le nombre des déplacés en Afrique est bien supérieur à celui des réfugiés", a expliqué le Commissaire à la paix et sécurité de l'UA, Ramtane Lamamra.

Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l'Afrique compte environ 17 millions de réfugiés et déplacés internes, ces derniers (plus de 12 millions) constituant la majorité de ces déracinés.

Le CICR a qualifié la convention d'"historique" tout en reconnaissant qu'elle ne ferait pas sentir ses effets dans l'immédiat.

"C'est vrai qu'entre la ratification et l'entrée en vigueur, le chemin est encore long. On peut se demander à quel moment elle va vraiment contribuer à une meilleure protection et assistance des déplacés internes", a estimé M. Kellenberger.

"Mais si au niveau continental on adopte un tel instrument, ça a quand même une valeur en soi: il y a un engagement politique, moral, sur un des problèmes humanitaires les plus graves dans le cadre des conflits armés", a-t-il plaidé.

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a pour sa part souligné que ces millions de déplacés et réfugiés constituaient "une menace pour la stabilité entière de l'Afrique".

"L'Afrique compte environ un tiers du total des réfugiés dans le monde. Il est question de l'avenir du continent", a-t-il averti.

Pour le président ougandais Yoweri Museveni, hôte de la rencontre, "les conflits sont la principale cause qui provoque des réfugiés. C'est pourquoi la principale solution au phénomène est de s'assurer qu'il n'y a pas de conflit et que ceux en cours se terminent de manière juste".

Un discours que peu de ses homologues auront entendu: seuls quatre présidents (Ouganda, Zambie, Zimbabwe, Somalie) et deux Premiers ministres (Guinée Equatoriale, Namibie) participaient à ce sommet.

© 2009 AFP

Ouganda / Union africaine : Un sommet sur le sort des réfugiés et des déplacés en Afrique

Par  RFI. Article publié le 23/10/2009


Parmi les délégués au sommet : les présidents du Zimbabwe Robert Mugabe (à g.), de l'Ouganda Yoweri Museveni (2e d.) et de la Zambie Rupiah Banda (d.), le 22 octobre 2009 à Kampala.<em>(Photo : Peter Busomoke / AFP)</em>

Parmi les délégués au sommet : les présidents du Zimbabwe Robert Mugabe (à g.), de l'Ouganda Yoweri Museveni (2e d.) et de la Zambie Rupiah Banda (d.), le 22 octobre 2009 à Kampala.
(Photo : Peter Busomoke / AFP)

 

Les représentants de 46 des 53 Etats membre de l'Union africaine sont réunis à Kampala pour évoquer le sort des réfugiés et des déplacés en Afrique. Ils sont plus de 17 millions sur le continent, soit un tiers du total mondial. Pourtant, seuls quatre chefs d'Etat ont fait le déplacement, alors que l'enjeu du sommet est d'adopter une convention pour améliorer le sort de ces réfugiés et déplacés et faire en sorte que leur nombre diminue. C'est notamment le sort des déplacés qui est en jeu.

Jusqu'à présent, les déplacés, contrairement aux réfugiés, n’ont pas d’identité propre. Ils ne sont pas considérés par les gouvernements et les agences internationales comme bénéficiaires de droits. Pourtant, ils sont beaucoup plus nombreux que les réfugiés et leur nombre devraient continuer d’augmenter.

« Pour la première fois dans le monde, il y a un continent qui approuve une convention sur les personnes déplacés, celles qui restent à l’intérieur des frontières de leurs Etats. Une convention qui établit très nettement la responsabilité des Etats pour garantir les droits de l’homme de toutes ces personnes déplacées et qui crée en même temps les mécanismes pour que leur assistance soit assurée », affirme António Guterres, le haut commissaire du Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

La meilleure des solutions est le retour de la paix sur le continent. Aucun participant à la conférence de Kampala n’a d’ailleurs dit le contraire, mais les déplacés du futur, selon les Nations unies, ne seront plus seulement victimes des groupes armées mais aussi du changement climatique.

lundi, 19 octobre 2009

L'Union africaine maintient la pression sur la junte

Par  RFI. Article publié le 19/10/2009


Logo de l'Union Africaine( Photo : UA )

Logo de l'Union Africaine
( Photo : UA )

Le capitaine Dadis Camara a demandé, par une lettre envoyée dans la nuit de samedi à dimanche, que la question de sa candidature à l'élection présidentielle de janvier prochain soit inscrite dans la médiation du président Compaoré. C'est la réponse du chef de la junte guinéenne à l'ultimatum que lui avait adressé, jusqu'à samedi, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine. L'UA exigeait des membres de la junte et de leur chef qu'ils s'engagent par écrit à ne pas se présenter à l'élection présidentielle de janvier, conformément à ce qu'ils avaient promis lors de leur coup d'Etat du 23 décembre 2008. Dans le cas contraire, des sanctions ciblées devaient être prises. Dimanche, l'Union africaine a déclaré vouloir maintenir la pression pour faire partir la junte.

Dans sa lettre à l’Union africaine, Moussa Dadis Camara souligne que l’organisation continentale l’a « invité » à ne pas faire acte de candidature, minimisant ainsi le caractère impératif de la demande de l’Union. De fait, il avait jusqu’à samedi pour obtempérer.

La date a été dépassée sans qu’il se passe en apparence grand-chose, mais selon une source proche de l’UA, le processus de sanction s’est mis en marche. Des éléments matériels, des numéros de passeport par exemple, sont en train d’être rassemblés et on résout les dernières questions liées à la composition de la liste : faut-il inclure seulement les membres du gouvernement et du CNDD ou ajouter les personnages influents dans l’ombre ?

Le prochain Conseil de paix et de sécurité de l’Union dont la date de réunion n’est pas encore fixée pourrait déclarer l’entrée en vigueur de ces sanctions. Celle-ci dépendra de la médiation du président Blaise Campaoré, qui doit aussi mettre en place une nouvelle autorité de transition.

Ce dernier point est comme la non candidature de la junte, un impératif non négociable. En bref, conclut cette source de l’UA, la lettre de Dadis Camara aura surtout eu pour effet de montrer qu’il n’est pas insensible aux pressions.

La stratégie de communication de Dadis Camara a évolué

Pendant les six premiers mois après le coup d'Etat, le capitaine Moussa Dadis Camara ne manquait jamais une occasion de s'exprimer à la télévision. « Moussa Dadis Camara aime la télévision tout autant que Lansana Conté adorait les voitures de luxe » ironise l'un de ses proches. Un populisme télévisé fait de coups de gueule et de dénonciations publiques, qui finit par exaspérer la population.

Sur internet, des vidéos de la télévision guinéenne circulent. Elles sont intitulées Le Dadis Show et s'amusent des incohérences des discours présidentiels. Les conseillers de Dadis Camara tentent en vain de lui expliquer que ses apparitions répétées le desservent.

Après le massacre du 28 septembre, ce sont ces mêmes conseillers qui lui demandent au contraire de contre-attaquer. Non plus à la télévision guinéenne, mais auprès des médias étrangers et surtout français. « Je ne contrôle pas l'armée » dira-t-il le lendemain de la tuerie, une phrase qui lui sera reprochée. Le chef de la junte donne même une interview depuis son lit. Ces images font le tour du monde.

Ces derniers jours, on assiste à un nouveau retournement de situation. Les proches de Dadis Camara lui conseillent désormais de se contenter d'interventions maîtrisées à la télévision locale et d'éviter les journalistes étrangers. Les médias français, par exemple, sont accusés d'être hostiles à la junte et des journalistes français ont été refoulés.

 

vendredi, 16 octobre 2009

Washington et l'Union africaine durcissent leurs positions à l'égard de la junte

Par RFI. Article publié le 16/10/2009 


Guinée(Carte : RFI)

Guinée
(Carte : RFI)

Sur le front diplomatique, les mises en garde se multiplient. Le département d’Etat américain demande le départ de la junte au pouvoir à Conakry. Depuis le massacre du 28 septembre, les Etats-Unis ont pris une position très ferme contre le capitaine Moussa Dadis Camara. A Addis Abeba, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine s'est aussi réuni jeudi et la Cour pénale internationale s'empare du dossier.

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

Le porte-parole du Département d’Etat n’a pas usé de précautions oratoires, en évoquant la situation politique en Guinée : « La junte actuelle conduite par le capitaine Dadis Camara doit quitter le pouvoir et ouvrir la porte à des élections libres »  a déclaré Philip Crowley, en réclamant « qu’une enquête internationale permette de faire la lumière sur les massacres du 28 septembre. »

La semaine dernière, un haut responsable de la diplomatie américaine s’est même rendu à Conakry, où il a expliqué pendant deux heures au chef de la junte que les Etats-Unis le tenaient pour responsable des meurtres et des viols de la fin septembre. Le capitaine Camara, qui avait violemment réagi aux propos de Bernard Kouchner disant à peu près la même chose, s’est abstenu de commenter publiquement ces accusations.

Les Etats-Unis, qui n’ont traditionnellement qu’une influence limitée en Guinée Conakry, ont également entendu l’inquiétude de l’une de leurs plus solides alliées dans la région, la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, qui craint évidemment l’effet de contagion que pourrait avoir une aggravation de la crise en Guinée.

Enfin, Washington n'apprécie que très modérément la position chinoise, qui consiste à signer des accords pétroliers et miniers avec un gouvernement considéré comme hors-la-loi par une bonne partie de la communauté internationale.


Côté Afrique, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine s’est réuni, hier, pour statuer sur la Guinée. L’organisation continentale réitère sa demande expresse à la junte de confirmer qu’aucun de ses membres, à commencer par son chef Moussa Daddis Camara, ne se présentera aux élections, sous peine de sanctions. L’ultimatum, lancé il y a bientôt un mois, va expirer samedi soir, à minuit. Mais le massacre commis à Conakry, le 28 septembre dernier, a complètement changé la donne.

L'Union africaine joint sa voix à celles qui réclament qu'il n'y ait pas d'impunité pour les événements du 28 septembre. Explications.

« L'ultimatum de l'Union africaine à la junte expire samedi à minuit... »

16/10/2009


La Cour pénale internationale ne lâche pas non plus sa pression sur la Guinée. la Cour va commencer à recueillir des informations a de déterminer si les crimes commis dans le pays relèvent ou non de sa compétence. L'examen préliminaire est l'étape préalable à l'ouverture d'une enquête. Les explications d'Aymeric Rogier, enquêteur de la CPI.

La CPI doit procéder à un examen préliminaire

« Il ne s'agit pas d'une enquête, il s'agit de la phase préalable au cours de laquelle on recueille, on évalue, on analyse les informations, notamment pour déterminer si les abus qui ont été commis peuvent constituer des crimes de la compétence de CPI...»

16/10/2009 par Alexandra Brangeon


Amnesty International s'inquiète elle du sort de dizaines de civils, mais aussi de militaires, qui ont été arrêtés ces derniers jours et depuis, tenus au secret. Amnesty redoute les tortures et appelle les autorités à mettre un terme aux exécutions extra-judiciaires. L'inquiétude de Salvator Sagues, enquêteur à Amnesty international.

La répression continue en Guinée selon Amnesty international

« Des opposants continuent à être recherchés, des gens continuent à être abattus, rafles également dans les casernes où des militaires ont été arrêtés... il y a péril en la demeure... il faut absolument se mobiliser... les pires rumeurs circulent à Conakry... »

16/10/2009 par Olivier Rogez

A voir sur France 24

Guinée: Poignardé en pleine rue par un militaire, la preuve en images

jeudi, 08 octobre 2009

L'Afrique débat du réchauffement climatique à Ouagadougou

08/10/2009 | AFP | Par : AFP


L'Afrique, première victime du réchauffement climatiqueL'Afrique, première victime du réchauffement climatique© DR

Très vulnérable au réchauffement climatique, l'Afrique se réunit de vendredi à dimanche à Ouagadougou pour affirmer sa position, avec probablement une demande de compensations financières, avant le sommet de Copenhague sur le climat en décembre.

Plusieurs chefs d'Etat africains, l'ex-président français Jacques Chirac ainsi que le ministre français chargé du Climat, Jean-Louis Borloo, sont attendus au 7ème Forum mondial sur le développement durable consacré aux changements climatiques organisé par le gouvernement burkinabè en partenariat avec les Nations unies et l'Union africaine (UA). Continent le plus pauvre du monde, en pleine explosion démographique, l'Afrique est particulièrement sensible aux changements climatiques et à une baisse des précipitations, comme le montre la sécheresse historique qui frappe actuellement la Corne de l'Afrique.

Manque de ressources

"Fort heureusement, l'Afrique a une part contributive très minime dans la pollution. Elle émet moins de 4% des gaz à effet de serre,", souligne le ministre burkinabè de l'Environnement, Salifou Sawadogo, président du Comité d'organisation. Mais, l'Afrique doit "faire comprendre aux pays qui ont assuré leur développement économique au détriment de l'environnement de s'assumer en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre et d'aider le continent le plus vulnérable au changement climatique", insiste-t-il.

"Les pays africains ont déjà fait des efforts en élaborant des plans d'adaptation à la variabilité et au changement climatique qui sont budgétisés", affirme, le chef de programme au Burkina de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Moumini Savadogo. "Mais il manque les ressources pour les mettre en oeuvre, ce forum sera une opportunité pour les Africains de se mettre d'accord pour demander l'appui des pays industrialisés pour leur mise en oeuvre", poursuit-il.

L'Afrique menace de quitter la conférence de Copenhague

Pour la première fois, l'Afrique a décidé de présenter une position commune et l'UA a désigné à cette fin une commission de négociation composée de dix pays africains et présidée par Meles Zenawi. Début septembre, le premier ministre éthiopien a averti que les représentants de l'Afrique quitteraient la conférence de Copenhague si leurs demandes pour des compensations financières n'étaient pas prises en compte. Plusieurs centaines de scientifiques, d'économistes et autres experts prendront part aux travaux de Ouagadougou dont le thème principal est: " Changements climatiques: quelles opportunités pour un développement durable?".

La réunion se déroulera autour de six sessions thématiques, notamment "le changement climatique: opportunités et contraintes environnementales, sociales et économiques", "Santé, Afrique et mondialisation" ou encore "les mobilités et leur impact économique, financier et politique" sur l'Afrique. "Avec un territoire composé de milieux sahéliens, de savanes soudaniennes et de forêts, une population en forte croissance et une économie essentiellement agricole, le Burkina Faso est un résumé des problématiques du développement durable en Afrique de l'Ouest", selon le programme du forum. Les ministres africains de l'Environnement vont par ailleurs se concerter avec leurs homologues de la Ligue arabe pour dégager une "plate-forme globale" qu'ils défendront à Copenhague.

mardi, 29 septembre 2009

L'Union Africaine condamne la répression en Guinée

2009-09-29 | AFP

La Commission de l'Union Africaine (UA) a "condamné fermement" la répression meurtrière lundi d'une manifestation de l'opposition en Guinée et a "exigé la libération des personnes arrêtées", dans un communiqué transmis mardi à l'AFP.

L'UA "exprime sa grave préoccupation face à la situation qui prévaut en Guinée, notamment la répression par les forces de sécurité et les forces armées d'un rassemblement pacifique organisé par le Forum des Forces vives au Stade du 28 septembre, à Conakry".

"La Commission condamne fermement les tirs indiscriminés contre des civils désarmés, qui ont fait des dizaines de morts et de nombreux blessés, cependant que d'autres violations graves des droits de l'homme étaient commises", ajoute l'organisation continentale.

"La Commission exige la libération inconditionnelle et immédiate des personnes arrêtées, notamment les dirigeants des partis politiques et leurs sympathisants", ajoute le communiqué.

Au moins 87 personnes hostiles à la junte au pouvoir en Guinée ont été tuées par balles lundi à Conakry, selon une source policière, et deux chefs de l'opposition blessés par des militaires, au cours de cette manifestation réprimée par les forces de sécurité.

L'UA insiste sur la nécessité de traduire en justice les responsables de ces violences. "La responsabilité personnelle des auteurs des tueries et autres violations des droits de l'homme ainsi que celle de ceux qui les ont ordonnées sont engagées", souligne-t-elle. La Commission de l'UA "demande instamment aux autorités de fait de respecter la liberté d'expression, de rassemblement et d'organisation des partis politiques, comme elles s'y sont engagées à plusieurs reprises".

Elle relève "de graves incertitudes et reculs dans le processus de retour à l'ordre constitutionnel en Guinée, notamment par rapport aux engagements pris par le Président du CNDD".

Le 18 septembre dernier, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA avait donné un mois aux membres de la junte guinéenne pour s'engager par écrit à ne pas se porter candidats aux prochains scrutins, sous peine de sanctions.

mercredi, 02 septembre 2009

Gabon: présidentielle conforme à la loi, mais des irrégularités, selon l'Union africaine

2009-09-02 | AFP

La présidentielle de dimanche au Gabon pour élire le successeur du défunt président Omar Bongo s'est déroulé "conformément aux dispositions légales" mais avec des "irrégularités" et "faiblesses", selon les observateurs de l'Union africaine (UA) et d'une ONG panafricaine.

"Les opérations de vote se sont déroulées conformément aux dispositions légales", affirme la mission d'observation de l'UA, qui relève cependant des "irrégularités".

Parmi les irrégularités recensées, les 35 observateurs de l'UA ont cité des "urnes non scellées par endroits", "l'absence de représentants de tous les candidats dans certains bureaux de vote visités", "la présence remarquée des forces de sécurité".

L'UA a noté aussi des "faiblesses" dans le déroulement du scrutin, dont "la non maîtrise des opérations de vote par certains membres des bureaux de vote" et "l'absence de scrutateurs dans certains bureaux de vote lors du dépouillement".

L'antenne gabonaise du Groupe d'études et de recherches sur la démocratie et le développement économique et social (Gerddes-Gabon), ONG panafricaine, a abouti à des conclusions similaires, selon son communiqué remis à l'AFP.

Ses observateurs déployés dans les neuf provinces du pays "considèrent que le scrutin anticipé (. . . ) s'est déroulé de manière régulière et continue, dans le calme, la liberté d'expression et ce, dans des conditions globalement satisfaisantes", affirme ce texte, qui déplore toutefois plusieurs "faiblesses et insuffisances".

Il cite notamment "l'ouverture tardive de certains bureaux de vote", la "qualité de l'encre indélébile qui laisse à désirer", "la disproportionnalité des affiches lors de la campagne électorale" ainsi que des "incidents" relatifs à une "tentative de vote des étrangers qui ont été appréhendés par les forces de l'ordre".

Le Gerddes-Gabon déplore par ailleurs "la non-participation au vote de certains électeurs de nationalité gabonaise originaires d'autres pays". Selon l'ONG, "une Gabonaise d'origine sénégalaise a été refoulée par les électeurs eux-mêmes, bien que détentrice de tous ses papiers d'identification".

Les résultats officiels de ce scrutin à un tour doivent être communiqués mercredi soir, selon la commission électorale.

lundi, 06 juillet 2009

13e sommet de l’UA : Commission ou Autorité… c’est kif kif bourricot !

Née d’une idée qui germa en Libye le 09.9.99, et mise en place en grande pompe en juillet 2001 à Lusaka en Zambie en 2001 l’Union Africaine (UA) qui devait "mieux faire" que sa mère l’OUA semble, au fil des sommets se confiner dans une sorte de "supermachin".

 

Dotée de sa commission de 10 membres, de son Parlement, de son conseil économique et social, de sa Cour de justice et ayant de grands défis propres à l’Afrique du XXIe siècle à relever, l’UA est devenue en quelques années non "the place to be", mais une arène où s’étripent désormais les adeptes de l’union immédiate avec un gouvernement supranational et les partisans d’une intégration par cercles concentriques.

Ainsi voit-on régulièrement d’un côté le guide de la Libye, Mouammar Kadafi, Abdoulaye Wade et Boni Yayi, pour ne citer que ceux-là, croiser le fer avec leurs collègues du Nigeria, de l’Afrique du Sud, qui renâclent à déléguer leur souveraineté. Les premières véritables salves tirées entre ces dirigeants sont intervenues au 8e sommet de l’UA, tenu les 29 et 30 janvier 2007 : lors de ce jamboree politique du continent, des chefs d’Etat se sont toisés au sujet de la commission et surtout de son ...président d’alors, Alpha Omar Konaré. Il est vrai que les réformes rapides que voulait faire mettre en œuvre l’ancien président malien et surtout son côté "donneur de leçons" avaient fini par exécrer ses rapports avec les dirigeants africains à telle enseigne que l’un d’eux avait lâché en petit comité ce commentaire acide : "Konaré est un ex-chef d’Etat, moi, je suis chef d’Etat".

Otage d’éternels compromis entre les présidents et chefs de gouvernement, l’UA est, de nos jours, impuissante et a du mal à tourner le dos à l’OUA. Mais il y a pire, et ce, depuis le 2 février 2009, date à laquelle les présidents africains ont décidé inconsidérément de remettre pour un an la présidence de l’UA au premier responsable de la Jamahiria libyenne.

En effet ils ont rendu soit, un grand service à l’ego de Kadhafi qui, depuis des décennies, était en quête d’un tel sacre, mais ils ont fait un grand tort au continent. Bien sûr, dépité par ses échecs panarabes et panmaghrebin, l’homme du 1er septembre 69 a dépensé beaucoup d’argent et fait beaucoup de gestes pour se couler dans la peau d’un panafricaniste qui veut rallumer le flambeau de certains pères de l’indépendance. Hélas il n’en a ni l’étoffe ni la volonté. Il a simplement trouvé une tribune, et quelle tribune pour jouer sa pièce dans la cour des grands. Surtout qu’au sein de la CEN-SAD certains de ses pairs ont commencé à regimber... Tel son homologue burkinabè, Blaise Compaoré, avec qui les atomes ne semblent plus crochus. Quant aux maux de l’Afrique, les populations peuvent toujours attendre.

Engoncé dans ses certitudes ubuesques, le bédouin libyen s’est donné encore en spectacle à ce 13e sommet de l’UA, achevé ce 3 juillet 2009 tard dans la nuit frisquette de Syrte : logorrhées logomachiques, altercations sur des points ou virgules, brefs et longs apartés, pieds de grue dans les couloirs et à la clef un "arrangement à l’amiable" ou du moins un canard boiteux qui s’appelle "Autorité commune". Bref les sommets de ce qui devait suppléer à l’OUA se suivent et se ressemblent, tout change pour que rien ne change.

Qu’espèrent la vingtaine de chefs d’Etat présents en Libye dont certains ont "décalé" avant le communiqué bancal, en remplaçant la Commission par l’Autorité ? Décourager les adeptes des raccourcis militaires ou exclure les pays dans lesquels les coups d’Etats sont perpétrés ? Surtout pas et le récent exemple de la Mauritanie est assez illustratif. Comment éteindre les brûlots en Afrique ? Voilà autant d’objectifs majeurs et concrets que l’UA devrait viser.

En fait, on est en droit de se demander s’il faut perdre autant de temps pour changer le nom d’une structure qui se veut supranationale. Qu’elle s’appelle Commission ou Autorité commune, seule compte son habileté manœuvrière, car, comme disait Mao Tsé Toung, "qu’importe la couleur d’un chat pourvu qu’il attrape des souris". Commission ou Autorité n’est-ce pas du pareil au même ?

C’est donc moins les changements de dénomination de l’UA que ses actions sur le terrain qui dépêtreront l’Afrique de ses traditionnels bourbiers. Et, comme jusqu’en février 2010 on aura du Kadhafi, rien que du Kadhafi, il est impératif que les chefs d’Etat veillent au grain, tout comme Jean Ping le président de l’encore Commission, qui devra toujours être sur "la position du départ soudain" (1).

Ce sommet convainc les plus dubitatifs que l’Afrique souffre de ses querelles de leadership et du manque de vision claire. L’intégration continentale d’inspiration européenne sera toujours une arlésienne si l’Afrique ne met pas au-devant de ses institutions des hommes capables (l’action étant ici la meilleure plaidoirie) et consensuels ; surtout des textes pérennes modifiables si la nécessité s’impose et non pour faire plaisir à une personne, surtout pas à un personnage qui pense que l’Afrique, c’est lui.

La Rédaction

Note( 1) : position des Indiennes des USA qui, constamment accroupies, sont promptes à accomplir une tâche confiée par leur mari ou à rattraper un enfant qui s’éloigne.

L'Observateur Paalga

 

mercredi, 01 juillet 2009

L'Union africaine réintègre la Mauritanie

AFP

La décision de l'UA suit la mise en place d'un gouvernement d'union nationaleLa décision de l'UA suit la mise en place d'un gouvernement d'union nationale© AFP

L'Union africaine (UA) a décidé mardi soir de réintégrer la Mauritanie suspendue de l'organisation depuis le coup d'Etat d'août 2008, après la mise en place d'un gouvernement d'union nationale, selon un communiqué diffusé à Syrte (Libye) à la veille d'un sommet africain.

Le Conseil de Paix et de sécurité (CPS) de l'UA, en charge de ce dossier, a pris sa décision en saluant le "retour à l'ordre constitutionnel" en Mauritanie après une médiation conduite par le Sénégal.

L'Union africaine (UA) n'avait pas réussi à se mettre d'accord lundi à Syrte sur une réintégration de la Mauritanie.

Faute de consensus entre ses membres, le CPS de l'UA, qui gère ce dossier, avait décidé de reprendre sa rencontre mardi, certains pays ne souhaitant une réintégration de la Mauritanie qu'après la tenue effective d'une nouvelle élection présidentielle.

Accord essentiel

"Ce n'est pas encore fini. La réunion reprendra demain", s'était borné à déclarer à l'AFP le commissaire du CPS Ramtane Lamamra après une réunion de près de trois heures.

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, s'était pourtant félicité samedi "du retour à l'ordre constitutionnel" en Mauritanie, au lendemain de la démission volontaire du président mauritanien déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, à l'issue d'une médiation conduite par la Sénégal.

La démission de M. Abdallahi contribue "historiquement à aider la Mauritanie à sortir de la crise. Cette acte ouvre la voie à l'organisation le 18 juillet prochain du premier tour de l'élection présidentielle anticipée qui permettra au peuple mauritanien d'exprimer sa volonté en toute souveraineté", avait-il ajouté.

Selon un projet de communiqué dont l'AFP a eu une copie avant la rencontre du CPS, l'UA prévoyait de "lever la mesure de suspension prise à l'encontre de la Mauritanie après le coup d'état du 6 août 2008".

"La majorité contre une réintégration hative"

Mais, parmi les 15 pays membres du CPS, "la majorité était contre une réintégration hative de la Mauritanie et propose d'attendre de voir l'issue des élections et le retour à l'ordre constitutionnel", a expliqué une source proche de la rencontre.

Le Rwanda, l'Ouganda, l'Ethiopie ou le Nigéria, par exemple, se sont dits opposés à une réintégration immédiate, à l'inverse de l'Algérie, du Bénin ou du Burkina Faso, a-t-on indiqué de source diplomatique.

Outre la suspension, l'UA avait menacé de sanctions la junte mauritanienne, comme des interdictions de voyage, et l'Union européenne a gelé sa coopération avec le pays.

Le Conseil constitutionnel mauritanien a validé dimanche la convocation du collège électoral pour le 18 juillet "conformément à l'accord cadre de Dakar et au décret du gouvernement".

Ce scrutin doit permettre à la Mauritanie de régler la crise née du coup d'Etat militaire du 6 août contre le premier président démocratiquement élu du pays.

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