mercredi, 06 janvier 2010
Yémen
Trois membres d'Al-Qaida arrêtés au Yémen
Les forces yéménites ont localisé un chef local d'Al-Qaida retranché au nord-est de Sanaa après avoir arrêté trois extrémistes blessés lundi 4 janvier, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité.
L'opération militaire de lundi dans laquelle les trois suspects ont été touchés a entraîné la mort de deux autres activistes et a entraîné la fermeture à Sanaa de l'ambassade des Etats-Unis et de plusieurs missions diplomatiques européennes.
Saluant le succès des "opérations antiterroristes menées le 4 janvier par les forces yéménites", la représentation américaine a annoncé mardi la reprise de ses activités. L'ambassade de France a, quant à elle, rouvert ses portes au public, mercredi. La mission britannique a, elle, repris ses activités mais reste fermée au public.
Le Yémen s'est hissé en tête des préoccupations internationales depuis qu'Al-Qaida dans la péninsule Arabique, émanation du réseau dirigé par Oussama Ben Laden, a revendiqué la tentative d'attentat du 25 décembre contre le vol 253 de la Northwest Airlines entre Amsterdam et Detroit.
Le chef du mouvement, localisé mercredi, était la cible de l'opération de l'avant-veille, ont précisé les forces de l'ordre, qui ont encerclé la maison où il serait retranché, dans la province d'Arhab, 60 km au nord-est de la capitale.
HUIT SUSPECTS ARRÊTÉS
Les trois activistes blessés lundi avaient réussi à prendre la fuite et à gagner une autre province, où ils ont finalement été appréhendés mardi alors qu'ils cherchaient à se faire soigner, a-t-on précisé de source proche des services de sécurité. Il s'agit de "djihadistes" de rang subalterne.
Leur arrestation porte à huit le nombre de membres présumés de la nébuleuse islamiste interpellés ces derniers jours.
La communauté internationale redoute que le Yémen, pays le plus pauvre du monde arabe, qui plus est en proie à des conflits séparatistes, ne devienne une nouvelle place forte d'Al-Qaida, à proximité des gisements de pétrole saoudiens.
Avec l'aide discrète mais récemment accrue des Etats-Unis, les autorités ont ordonné le déploiement de renforts ces derniers jours dans les trois provinces visées en décembre pour tenter d'éradiquer la guérilla islamiste. L'armée a, en outre, dressé de nouveaux barrages sur les grands axes routiers.
18:47 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : al-qaida, yémen
Yémen/Terrorisme
Après deux jours de fermeture par crainte d’attentat, l’ambassade américaine à Sanaa a rouvert ses portes le 5 janvier 2009, suivie par les ambassades britannique et française. Une décision qui intervient après l’opération menée la veille par les autorités de Sanaa qui s’est soldée par l’arrestation de trois activistes présumés d’al-Qaïda, et la mort de deux de ses membres.Ceux-ci étaient soupçonnés d’être à l’origine de la menace qui a entrainé la fermeture de ces ambassades.
Avec notre correspondant à Sanaa, François-Xavier Tréguan
Rassurer. Plusieurs milliers de soldats auraient été déployés au nord de la capitale, mais aussi dans l’est et dans le sud du pays. Alors que des opérations anti-terroristes y sont en cours, l’ambassade des Etats-Unis à rouvert après 48 heures de fermeture.
Dans un communiqué, la représentation diplomatique salue les efforts du Yémen pour défaire le terrorisme et lui renouvelle son soutien dans cette mission. En fait, l’heure est à l’apaisement car à Sanaa, comme à Washington, les responsables semblent avoir pris la mesure des conséquences que pourrait avoir le scénario d’une intervention américaine très directe sur le territoire yéménite : faire le jeu des extrémistes.
Alors que le Yémen est pointé du doigt comme le nouveau sanctuaire du terrorisme international, Sanaa multiplie les actes pour convaincre les Etats-Unis que « non, le Yémen ne sombrera pas sous les menaces d’al-Qaïda».
La Maison Blanche n’en a pas moins annoncé la suspension du transfert vers le Yémen de détenus de Guantanamo.
16:58 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yémen, terrorisme, etats-unis, france, royaume-uni
samedi, 02 janvier 2010
Obama accuse Al-Qaïda au Yémen de la tentative d'attentat
Publié le 02/01/2010 par AFP
Le président Barack Obama a accusé, pour la première fois, samedi, la branche yéménite d'Al-Qaïda d'avoir armé et entraîné le jeune Nigérian qui a tenté de faire sauter un avion de ligne américain dans un attentat suicide, le jour de Noël.

Le président américain, dans son discours hebdomadaire radiotélévisé, a dit tenir Al-Qaïda pour responsable de cette tentative d'attentat lors du vol Amsterdam-Detroit, en déclarant que les Etats-Unis étaient en guerre contre un "réseau de haine et de violence de grande envergure".
Parlant du suspect nigérian, Umar Farouk Abdulmutallab, Obama a ajouté : "Nous savons qu'il venait du Yémen, un pays en proie à une grande pauvreté et à des insurrections mortelles. Il apparaît qu'il y a rejoint une branche affiliée à Al-Qaïda et que ce groupe, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, l'a entraîné, équipé avec les explosifs et dirigé pour l'attaque de cet avion en route vers l'Amérique".
L'attentat manqué a été revendiqué par Al-Qaïda dans la péninsule arabique.
Jusqu'à présent, les autorités américaines n'avaient pas accusé publiquement Al-Qaïda d'être responsable de la tentative d'attentat, notant simplement qu'il semblait y avoir un "lien".
Le président, qui achève ses vacances à Hawaii, a passé deux jours à examiner les résultats de l'enquête préliminaire.
Abdulmutallab est accusé d'avoir tenté de faire sauter l'avion de la Northwest avec des explosifs dissimulés dans ses sous-vêtements. L'attentat a échoué grâce à l'intervention de passagers lors de la tentative de mise à feu.
M. Obama a indiqué qu'en raison des attaques passées d'Al-Qaïda au Yémen, avant même la tentative d'attentat à Noël, il avait demandé de renforcer la coopération des autorités américaines avec ce pays. "Des camps d'entraînements ont été frappés, des leaders éliminés, des complots déjoués. Et tous ceux qui sont impliqués dans la tentative d'attentat de Noël doivent savoir qu'ils auront à rendre des comptes".
Pour répondre aux critiques des Républicains qui lui reprochent d'avoir abandonné le terme de "guerre contre le terrorisme" cher à George W. Bush, M. Obama a évoqué son discours de prise de fonction il y a un an. "Ce jour là, j'ai été très clair en rappelant que notre nation était en guerre contre un réseau de haine et de violence de grande envergure et que nous prendrions toutes les mesures nécessaires pour le combattre et défendre notre pays tout en soutenant les valeurs qui ont toujours distingué l'Amérique parmi les nations".
Jeudi, le directeur du renseignement américain, Dennis Blair, avait demandé à ses collaborateurs de réagir, notant que les attentats à venir seront "encore plus durs à déjouer".
"Le président a été direct en jugeant que les failles du renseignement avaient contribué à l'escalade de la menace. C'est un message dur à entendre. Mais nous l'avons reçu et nous devons désormais avancer et réagir en équipe", a-t-il écrit dans une lettre à son personnel.
"Ce qui me préoccupe le plus est (...) d'anticiper et de stopper les attentats plus rusés de l'avenir", qui "seront encore plus durs à découvrir, interpréter et déjouer", a-t-il ajouté.
Pendant ses vacances, Obama a consulté les hauts responsables de la sécurité nationale pour revoir notamment les procédures de sécurité à bord des avions.
Il a notamment parlé avec Denis McDonough, haut responsable du Conseil de sécurité nationale, et John Brennan, son conseiller pour la lutte contre le terrorisme, selon un responsable de la Maison Blanche.
M. Obama évoquera mardi à Washington avec les responsables concernés des mesures à prendre.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé vendredi à une réunion internationale sur le Yémen et la lutte contre le terrorisme pour le 28 janvier à Londres, en marge d'une conférence sur l'Afghanistan qui doit rassembler les dirigeants de 43 pays.
10:28 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : etats-unis, barack obama, al-qaïda, yémen, attentat
mardi, 29 décembre 2009
Attentat manqué contre le vol 253 : le jeune Nigérian rentrait tout juste du Yémen
Publié le 29/12/2009 par Le Point.fr
lepoint.fr

Le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab se trouvait encore début décembre au Yémen, où il assure avoir été entraîné par Al-Qaeda © Mike Rimmer/AP/SIPA
La tentative d'attentat contre un avion américain reliant Amsterdam à Detroit le jour de Noël a été revendiquée lundi par la nébuleuse Al-Qaeda . Les autorités américaines s'interrogent toujours sur les motivations du terroriste présumé, un Nigérian de 23 ans . Le point sur les investigations.
Récent séjour au Yémen
Le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab se trouvait encore au début du mois de décembre au Yémen, où le réseau Al-Qaeda est actif. "Il a séjourné au Yémen entre début août et début décembre, après avoir obtenu un visa pour étudier la langue arabe dans un institut de Sanaa où il avait suivi auparavant des cours", a déclaré un porte-parole du ministère yéménite des Affaires étrangères dans un communiqué publié par l'agence officielle Saba. Cet élément semble corroborer les dires du jeune homme. Selon des enquêteurs cités par les médias, il a affirmé au FBI avoir bénéficié d'un entraînement au Yémen dans le réseau d'Oussama Ben Laden.
Revendication
Al-Qaeda dans la péninsule arabique a revendiqué lundi l'attentat manqué. Jusque-là, Washington s'était montré prudent sur le lien entre la tentative d'attentat et le réseau Ben Laden, nébuleuse encore qualifiée de menace "vitale" contre l'Amérique par le président Barack Obama.
Interruption brutale
Umar Farouk Abdulmutallab avait "disparu" il y a quelques mois d'une université de Dubaï où il étudiait le commerce international. Le jeune homme a passé plusieurs mois dans la branche installée à Dubaï de l'université australienne de Wollongong, avant de soudainement disparaître en milieu d'année, a déclaré le vice-chancelier de l'université, Gerard Sutton, sur la radio ABC. "Il avait débuté les cours en janvier 2009, mais avait disparu de la résidence en milieu d'année et a été exclu pour le second semestre, vers août, septembre ou octobre, sur la base du non-paiement des frais de scolarité", a-t-il indiqué. Selon Gerard Sutton, le jeune Nigérian, qui avait également étudié à Londres, avait un comportement normal. "Nous n'avions aucun élément sur ses activités en dehors de l'université", a-t-il déclaré.
Questions autour d'un visa
Le département d'État américain a affirmé lundi qu'il ne disposait pas d'éléments suffisants pour annuler le visa d'Umar Farouk Abdulmutallab avant sa tentative d'attentat, malgré les inquiétudes soulevées par le père du Nigérian. Le père du jeune homme de 23 ans avait fait part, le 19 novembre, à l'ambassade des États-Unis à Abuja de "son inquiétude" quant à la radicalisation de son fils. Cette information avait été transmise le lendemain à la diplomatie américaine ainsi qu'au Centre national d'antiterrorisme (NCTC, créé après le 11-Septembre). Le département d'État ne peut en aucun cas retirer des visas pour des soupçons de terrorisme : cette tâche revient au NCTC, a souligné le porte-parole du département d'État, Ian Kelly. Le département d'État peut décider de les révoquer seulement afin de répondre à des exigences diplomatiques et de politique étrangère, a souligné le porte-parole. Selon une autre source anonyme au sein de l'institution, le père du jeune homme avait également indiqué à l'ambassade américaine que son fils était allé au Yémen, pays où la présence d'Al-Qaeda est croissante, et ce détail avait été transmis à Washington.
La radicalisation du suspect dénoncée par sa famille
Umar Farouk Abdulmutallab est le fils d'un riche banquier et ancien ministre issu du nord du Nigeria. Ce sont ses propres parents qui ont contacté, en novembre, l'ambassade américaine à Abuja pour signaler la radicalisation de leur fils, selon une source officielle américaine. Depuis, Umar Farouk Abdulmutallab figurait sur une liste fourre-tout de 550.000 noms, mais n'était ni interdit de vol sur les États-Unis, ni même considéré comme devant être particulièrement contrôlé dans les aéroports. Par ailleurs, la famille du jeune homme affirme que le père de celui-ci, inquiet de ne plus avoir de nouvelles de son fils, avait également alerté les agences de sécurité nigérianes il y a environ deux mois. Toutefois, la police du pays assure, elle, ne pas avoir été prévenue. Umar Farouk Abdulmutallab a été décrit par sa famille et par ses anciens professeurs comme un jeune homme intelligent, raisonnable et studieux.
Enquêtes sur plusieurs fronts
Une enquête a été ouverte sur "les parties avec lesquelles l'accusé nigérian était en contact durant son séjour au Yémen". Les résultats des investigations seront "transmis aux enquêteurs sur la tentative d'attentat aux États-Unis, et ce, dans le cadre de la coopération bilatérale en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme", a indiqué un porte-parole du ministère yéménite des Affaires étrangères. Umar Farouk Abdulmutallab a été inculpé samedi aux États-Unis pour avoir "tenté de détruire un avion Northwest Airlines en approche finale de l'aéroport de Detroit le jour de Noël et avoir introduit un explosif à bord de l'appareil". Une audience du tribunal de Detroit qui devait examiner lundi une demande de prélèvement de l'ADN d'Umar Farouk Abdulmutallab, déposée par les autorités américaines, a été reportée au 8 janvier. Umar Farouk Abdulmutallab, blessé dans l'attentat manqué de vendredi, a été transféré dimanche de l'hôpital d'Ann Arbor dans le Michigan vers le centre de détention fédéral de Milan, à environ 25 kilomètres au sud. De son côté, le Nigeria a également ouvert une enquête sur son ressortissant, tout en promettant de coopérer avec les États-Unis.
Individu isolé ?
Un couple d'Américains ayant voyagé sur le vol 253 visé par le Nigérian aurait vu un homme de grande taille, bien habillé et âgé d'une cinquantaine d'années discuter avec le suspect Umar Farouk Abdulmutallab, vendredi matin, à l'aéroport Schiphol d'Amsterdam. Cet individu aurait ensuite tenté d'embarquer sans passeport à bord du vol 253. La police militaire néerlandaise enquête donc sur l'éventuelle implication d'un complice.
Stratégie
Selon les premières conclusions de l'enquête, Umar Farouk Abdulmutallab a tenté d'injecter avec une seringue un liquide chimique dans une poudre qu'il avait cachée dans son pantalon, au niveau de la cuisse, passant ainsi tous les contrôles de sécurité sans être inquiété. Les passagers du vol 253 de Northwest Airlines ont soudain "entendu de petites explosions, comme des pétards", et certains assurent avoir "vu le pantalon du suspect et la cloison de l'avion en feu", avant qu'un voyageur ne se jette sur lui pour le maîtriser.
Puissant explosif
Le puissant explosif utilisé dans l'attentat manqué contre un avion américain entre Amsterdam et Detroit vendredi aurait potentiellement pu faire un trou dans la carlingue, mais pas nécessairement détruire l'appareil ou provoquer sa chute, selon des experts. Umar Farouk Abdulmutallab, l'auteur de l'attentat raté, disposait de penthrite (PETN), une poudre de la famille de la nitroglycérine, selon le ministère américain de la Justice. D'après la chaîne américaine ABC, le Nigérian portait 80 grammes de cet explosif, cousus dans ses sous-vêtements. La même substance avait été découverte dans les chaussures du Britannique Richard Reid, qui avait tenté de mettre à feu des explosifs cachés dans ses chaussures à bord d'un vol Paris-Miami, en décembre 2001.
10:17 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nigeria, états-unis, attentat, yémen, enquÊte, umar farouk abdulmutallab
jeudi, 24 décembre 2009
Yémen: 34 membres présumés d'Al-Qaïda tués dans un nouveau raid de l'armée
| 24/12/2009 - Source : la-croix.com |
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| SANAA (AFP) L'armée yéménite a tué jeudi 34 membres présumés d'Al-Qaïda, dont des responsables du réseau, dans un raid aérien qui a visé une réunion du groupe dans le centre du Yémen, portant à 68 le nombre des tués parmi les activistes extrémistes en huit jours, selon des sources de sécurité. "Le raid a été mené au moment où des dizaines de membres d'Al-Qaïda étaient réunis à Wadi Rafadh", une région montagneuse isolée dans la province de Chabwa, à 650 km à l'est de Sanaa, a indiqué à l'AFP une source au sein des services de sécurité. Le chef d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, Nasser Al-Whaychi, et son adjoint, le Saoudien Saïd al-Chahrani, étaient présents à la réunion, a indiqué la même source, qui n'a pas été en mesure de dire s'ils avaient péri dans le raid. Elle a cependant indiqué que d'autres "dirigeants du groupe, dont Saad al-Fathani et Mohammad Ahmed Saleh al-Oumir, figurent parmi les morts". Selon cette source, Mohammad al-Oumir était la personne qui avait fait récemment une apparition publique lors d'un rassemblement dans la province d'Abyane (sud-est) et dont la télévision satellitaire arabe Al-Jazira a diffusé mardi une vidéo. "Des Saoudiens et des Iraniens, présents à la réunion de Wadi Rafadh, figurent aussi parmi les morts", a assuré la même source sans donner plus de détails. "Les participants à la réunion préparaient des attentats contre des installations économiques au Yémen, en représailles aux opérations de la semaine dernière", a déclaré à l'AFP un responsable yéménite sous couvert d'anonymat. Une source de la Commission supérieure pour les affaires de sécurité, citée par le ministère de la Défense sur son site internet, a confirmé le raid, précisant que la réunion de Wadi Rafadh était destinée à "planifier et à exécuter des attentats contre des intérêts yéménites et étrangers" au Yémen. Le bilan du raid porte à 68 le nombre, annoncé à Sanaa, de morts en huit jours parmi les membres d'Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, qui regroupe les branches yéménite et saoudienne du réseau d'Oussama ben Laden. Le 17 décembre, l'armée avait mené un raid contre un camp d'entraînement d'Al-Qaïda dans la province d'Abyane, tuant 30 activistes. Ce premier raid avait aussi coûté la vie à 49 civils, dont 23 enfants et 17 femmes, selon des sources politiques et tribales. Le même jour, les forces gouvernementales avaient tué quatre autres membres d'Al-Qaïda à Arhab, à 35 km au nord de Sanaa, dans ce que les autorités avaient alors présenté comme une campagne d'"opérations préventives" contre des activistes d'Al-Qaïda "qui planifiaient des attentats". Depuis, 29 autres membres présumés d'Al-Qaïda, et non 30 comme annoncé auparavant, avaient été arrêtés, ont affirmé les autorités. "Les forces de sécurité vont continuer à traquer les terroristes (...) et à mettre en échec leurs plans criminels", a affirmé la source de la Commission supérieure, appelant la population à coopérer dans leur lutte contre Al-Qaïda. "Ceux qui donnent refuge ou aident les terroristes d'Al-Qaïda (...) s'exposeront à des poursuites judiciaires", a-t-elle averti. "La lutte contre le terrorisme et l'éradication de l'extrémisme est une urgence nationale", a déclaré le vice-Premier ministre pour les Affaires de défense et de sécurité, Rached al-Alimi. "Le réseau (d'Al-Qaïda) veut faire du Yémen une base pour ses activités terroristes afin de nuire non seulement au Yémen (...) mais aussi à la sécurité et à la stabilité de la région", a-t-il ajouté lors d'un débat mercredi au Parlement. Le Yémen, pays d'origine d'Oussama ben Laden, a été le théâtre ces dernières années d'attentats contre des missions diplomatiques, des installations pétrolières et surtout des touristes étrangers. La plupart de ces attentats ont été revendiqués par Al-Qaïda. |
10:26 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yémen, al-qaïda, armée
mardi, 22 décembre 2009
73 soldats saoudiens tués dans des combats à la frontière yéménite
Les combats entre les soldats saoudiens et les rebelles yéménites durent depuis début novembre. 26 personnes sont portées disparues. "Nous pensons que 12 ont trouvé la mort", estime le ministre adjoint de la Défense.

Des soldats saoudiens (Sipa)
"Le nombre de martyrs est de 73 et celui des disparus est de 26. Nous pensons que parmi ces derniers, 12 ont trouvé la mort. Le sort des 14 autres reste inconnu", a déclaré le ministre adjoint de la Défense, le prince Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz. "Le nombre de blessés a atteint 470, dont la majorité ont été soignés et ont quitté les hôpitaux, et il n'en reste que 60 hospitalisés", a-t-il ajouté.
"Ils ont 24 heures pour se rendre ou ils seront écrasés"
Tout en affirmant que le gros des opérations avait pris fin, le responsable militaire a reconnu qu'un petit village saoudien, Al-Jabiria, restait sous le contrôle de rebelles yéménites auxquels un ultimatum a été lancé. "Ils ont 24 heures pour se rendre ou ils seront écrasés", a-t-il déclaré.
C'est le premier bilan officiel saoudien depuis le lancement par l'armée saoudienne d'opérations militaires à la frontière avec le Yémen, après la mort le 3 novembre d'un de ses garde-frontières tué par des rebelles infiltrés en territoire saoudien. L'entrée en guerre de l'armée saoudienne est intervenue après des semaines de combats entre l'armée yéménite et les rebelles zaïdites, issus d'une branche du chiisme, dans le nord du Yémen, qui conteste l'autorité du régime du président Ali Abdallah Saleh.
Ce sixième round des combats depuis 2004 entre l'armée yéménite et les rebelles zaïdites avait commencé le 11 août. Depuis le début du conflit, les combats récurrents ont fait des milliers de morts et plus 150.000 déplacés, selon des organisations internationales.
(Nouvelobs.com)
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lundi, 21 décembre 2009
Etats-Unis / Terrorisme : 12 détenus de Guantanamo renvoyés chez eux
Progressivement, Guantanamo se vide. L’administration Obama a annoncé que lors du week-end, six Yéménites ont été renvoyés dans leurs pays, ainsi que quantre Afghans et deux Somaliens transférés au Somaliland.
Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet
Dans son communiqué, le ministère américain de la justice a souligné que ces rapatriements avaient été entourés des mesures de sécurité appropriées et en consultation avec les pays concernés. Mais Frank Wolf, représentant républicain de Virginie avait adressé vendredi une lettre au président Obama pour essayer de stopper ces transferts qu’il juge dangereux. Sur les 560 détenus ayant quitté Guantanamo depuis 2002 à destination de plus de 35 pays, 18% , selon une agence de renseignements militaire, ont repris leurs activités terroristes.
Les plus difficiles à recaser sont les Yéménites: l’Arabie saoudite a refusé de les accepter dans ses camps de réhabilitation. Jusqu’à présent, Washington n’avait pas voulu les renvoyer au Yémen, où le gouvernement n’avait pas les moyens de les contrôler. Toutefois cette réserve semble disparaitre maintenant que Sanaa, avec l’aide militaire américaine, a lancé une vigoureuse opération contre al-Qaïda.
Sur les 198 détenus restant à Guantanamo en attendant leur transfert dans une prison de l’Illinois, cinq, dont Khalid Sheik Mohamed, le cerveau des attentats du 11-Septembre, seront jugés à New-York devant un tribunal de droit commun, et cinq autres associés à l’attaque contre le destroyer USS Cole passeront devant une commission militaire qui siégera au nouveau pénitencier.
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jeudi, 19 novembre 2009
Yémen: un chef rebelle tué
14:48 Publié dans LES DEPÊCHES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : yémen, abbas aïdha
lundi, 16 novembre 2009
La guerre oubliée du Golfe

Des Yéménites dans un camp de réfugiés au nord du pays, dans la province d'Hajjah, en octobre dernier. Le conflit, qui a éclaté en 2004, a fait des milliers de morts et de déplacés. Crédits photo : AFP
REPORTAGE - Les combats entre l'armée yéménite et la rébellion chiite ont redoublé depuis l'été dernier. Après la mort de l'un de ses gardes-frontière, l'Arabie saoudite a dû s'en mêler.
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«Que notre armée chasse tous les rebelles au Yémen pour que nous puissions rentrer chez nous !» s'exclame Yéhia en étendant du linge entre deux tentes. Une semaine après avoir évacué son village de Jabri, ce paysan saoudien qui vit désormais dans un camp de réfugiés, hors de la zone des combats, se veut pourtant fataliste : «notre sort est entre les mains de Dieu».
Une nuit, les militaires saoudiens sont venus le prévenir qu'il n'avait que quelques heures pour plier bagages. «Les insurgés nous menaçaient à quelques centaines de mètres de chez nous», se souvient Yéhia. Au petit matin, les habitants de Jabri et cinq mille autres venus de hameaux frontaliers ont été conduits dans des camps installés par les autorités saoudiennes avec l'aide d'associations caritatives islamiques.
Ces réfugiés sont les dernières victimes d'une guerre oubliée aux confins de l'Arabie saoudite et du Yémen. Une zone de non-droit où se mêlent, dans un cocktail explosif, les trafics en tous genres, une rébellion chiite aux portes de la terre sacrée sunnite d'Arabie, et, pour couronner le tout, al-Qaida en embuscade le long de ces 1 500 kilomètres de frontière montagneuse et incontrôlable.
De quoi inquiéter la monarchie saoudienne, qui va construire un gigantesque mur électronique le long de sa frontière avec le Yémen. «Riyad est convaincu que l'Iran est derrière la révolte de ses voisins chiites. Pour les Saoudiens, il est inacceptable d'avoir un mini-Hezbollah à sa frontière», explique un homme d'affaires occidental.
Un paradis pour la contrebande
Les Houthis, une minorité zaïdite d'inspiration chiite, s'estiment opprimés par le président yéménite Ali Abdallah Saleh. Ils se sont révoltés en 2004. Depuis, cette guerre a fait des milliers de morts et de réfugiés. En août, l'armée yéménite a lancé une vaste offensive pour liquider les Houthis, qui pénètrent en territoire saoudien pour contourner les forces de Sanaa.
Le 3 novembre, un garde-frontière saoudien a été abattu par la rébellion. Quatre officiers ont été également enlevés dans les monts du Djebel Doukhan, à cheval entre les deux pays. L'armée saoudienne est alors passée à l'offensive. Pour la première fois en cinq ans de conflit. Hélicoptères Apache, avions de combat Tornado et F-15 bombardent régulièrement les positions houthies en territoire saoudien et au Yémen. Cinq cents commandos de la base de Tabouk ont été dépêchés en renfort.

Le prince saoudien Khaled Ben Sultan. Crédits photo : AFP
«Nous poursuivrons les raids tant que les rebelles n'auront pas reculé à des dizaines de kilomètres» en territoire yéménite, a prévenu le vice-ministre de la Défense, le prince Khaled Ben Sultan. En évacuant le secteur frontalier de ses habitants, l'armée cherche aussi à éviter les prises d'otages par les Houthis. L'accès à cette «zone de sécurité» est théoriquement interdit à la presse étrangère. À l'intérieur, les soldats ont pris position dans les hameaux fantômes. Dans les localités encore habitées comme al-Raha, les tribus, armées, prêtent main-forte aux militaires.
Ceux-ci multiplient les patrouilles et les barrages volants. Ils fouillent les rares passants qui s'aventurent dans les rues. Mais faute d'appareils de vision nocturne, la chasse aux infiltrés est ardue. Entre vallées et pitons rocheux, la région est un paradis pour la contrebande. D'armes, de drogue et même d'enfants yéménites, expédiés par centaines chaque année chez leurs riches voisins du nord.
La semaine dernière, un jeune a été arrêté alors qu'il se faisait passer pour un réfugié. Les militaires saoudiens l'ont abattu avant qu'il n'ait eu le temps de sortir son arme. D'autres rebelles se déguisent en femmes pour déjouer les contrôles. Entre résistance armée et contrebande mafieuse, la violence est aveugle. En mai, trois Anglaises, prises en otages vraisemblablement par des trafiquants, ont été égorgées. Depuis, on est sans nouvelles de leurs six compagnons allemands.
Les insurgés, qui disposent de missiles sol-air, avaient préparé leurs infiltrations. Des caches d'armes et des tranchées ont été découvertes par les troupes saoudiennes. Elles dataient d'il y a deux mois. «Nous recevions des Yéménites qui venaient faire leurs achats chez nous, raconte Yéhia, mais nous ne savions pas qu'ils pouvaient avoir des liens avec les rebelles.»
Pourchassés par l'armée yéménite, les Houthis se sont regroupés l'été dernier dans le district de Malahidh, sur l'autre versant des montagnes. Cette région est connue pour ses marchés d'armes. Les kalachnikovs et les grenades sont ensuite acheminées en Arabie saoudite à dos de mulet avec la complicité des Qairis, la tribu qui vit de part et d'autre de la frontière. Mais ces derniers temps, l'étau de l'armée yéménite s'est resserré. Les insurgés avaient besoin d'une porte de sortie. «Leur incursion en Arabie devait leur permettre d'accéder à la côte saoudienne, d'où les rebelles devaient recevoir leurs armes», explique un militaire de retour du front. D'autres les accusent de vouloir établir un miniport clandestin au sud de la ville saoudienne de Jizzan, sur la mer Rouge.
Une aubaine pour al-Qaida
«Les Houthis reçoivent leurs armes d'Iran via les ports érythréens situés en face, sur l'autre rive de la mer Rouge, notamment celui d'Assab», affirmait récemment Bashir Eshaq, responsable d'un mouvement d'opposition au régime d'Asmara. Le mois dernier, les autorités yéménites ont annoncé avoir arrêté cinq ressortissants iraniens à bord de bateaux remplis d'armes.
«Les rebelles veulent créer leur mini-État à la frontière saoudo-yéménite et attirer les Saoudiens dans la guerre civile entre eux et Sanaa, analyse le général en retraite Saleh Ben Faris al-Zaharani, membre du Majlis al-Shoura, le conseil consultatif local. Mais ils commettent des meurtres inacceptables et l'Arabie a décidé de défendre sa frontière.»
Alors que les Houthis nient être soutenus logistiquement par l'Iran, en Arabie, certains estiment que l'intervention militaire de leur pays pourrait avoir d'autres motifs. «Les insurgés cherchaient à installer des réseaux de contrebande en Arabie plus qu'à vraiment déstabiliser le royaume, assure un expert. Ils avaient simplement besoin de soutiens parmi les tribus.» Ces relais auraient été neutralisés à la faveur du «nettoyage» de la zone frontalière.
«Il y a certainement des liens entre les trafiquants et les rebelles, affirme Barakat Qoureiha, professeur à l'université de Jizzan. C'est pour cela que les autorités ont décidé d'intervenir militairement». D'autant qu'une autre menace guette : al-Qaida profite du bourbier pour s'infiltrer en territoire saoudien et y lancer des attaques. «Quand je pars au travail le matin, ma femme ferme la porte à clé derrière moi», raconte Barakat Qoureiha.
Il y a un mois, deux terroristes déguisés en femmes ont été tués à Jizzan avant qu'ils ne commettent un attentat. Venus du Yémen où la branche locale d'al-Qaida et la saoudienne ont fusionné en début d'année, ils portaient des ceintures d'explosifs et des armes automatiques. Leur cible reste inconnue. Mais quelques semaines auparavant, un autre membre d'al-Qaida, venu lui aussi du Yémen, s'était déjà fait exploser devant le prince Mohammed Ben Nayef, manquant de peu le patron de l'antiterrorisme saoudien.
Cette guerre aux ressorts confus est une aubaine pour la mouvance terroriste. En effet, l'armée saoudienne a dû dégarnir sa présence plus à l'est de la frontière, en face des repaires djihadistes au Yémen. Dans ce contexte, la nouvelle stratégie d'al-Qaida - s'en prendre aux «têtes» du régime saoudien, alliés de l'Occident - ne peut qu'accroître l'inquiétude de Riyad.
Après dix jours de combat, l'armée saoudienne affirme avoir arrêté des centaines d'infiltrés et regagné le territoire conquis par la rébellion. Une chose est sûre : la troupe ne s'aventurera pas au Yémen. Elle garde un souvenir horrifié des derniers accrochages de 1995 lorsque quinze soldats saoudiens avaient été égorgés la nuit par des guerriers yéménites.
Mais aujourd'hui, cette «guerre pour la défense du royaume» est populaire. Les convois militaires en partance pour le front sont salués par les badauds. Quant à Khaled Ben Sultan, il n'est pas mécontent de pouvoir ainsi s'affirmer comme possible successeur à la Défense de son père, le prince Sultan, hospitalisé hors du pays depuis un an. Mais le conflit peut aussi s'embourber. «Tant que la guerre ne sera pas terminée au Yémen, elle se poursuivra côté saoudien, redoute un diplomate. Or les Yéménites n'ont pas les moyens de la gagner seuls.»
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mercredi, 30 septembre 2009
Yémen : Etat en voie de disparition
Yémen : Etat en voie de disparition© CWS Activisme séparatiste dans le Sud, rébellion chiite dans le Nord, déclin de la production pétrolière, croissance démographique galopante... Le pays d’Ali Abdallah Saleh est au bord de l’implosion.
Au pouvoir depuis plus de trente ans – il dirige le Yémen du Nord depuis 1978 et l’ensemble du pays depuis 1990 –, le maréchal Ali Abdallah Saleh se bat pour sa survie politique. Assailli de toutes parts, il se retrouve dans la pire situation qu’il ait jamais connue.
Nombre de problèmes auxquels il est confronté plongent leurs racines dans l’histoire chaotique du pays, en particulier le renversement de l’imamat zaydite par un coup d’État « républicain » en 1962 et l’union, en 1990, entre le Yémen du Nord, dirigé par le Congrès général du peuple d’Ali Abdallah Saleh, et le Yémen du Sud, socialiste. Une union qui ne sera pas un franc succès. Et pour cause : peu après sa proclamation, près de 1 million de travailleurs yéménites étaient expulsés d’Arabie saoudite à cause du soutien apporté par leur pays à l’offensive de Saddam Hussein contre le Koweït.
Ce sérieux coup porté à un pays déjà très pauvre eut pour conséquence d’étendre un peu plus la misère. En 1994, le Sud tenta de faire sécession par les armes, mais la guerre civile s’acheva, au terme d’un effroyable bain de sang, sur la victoire du Nord et l’occupation, le 7 juillet, d’Aden, la capitale du Sud. Ce sont les ressentiments nés de cette guerre, et qui couvaient sous les cendres, qui ont éclaté au grand jour et conduit à une nouvelle explosion.
D’aucuns diront que l’histoire a rattrapé le maréchal, aujourd’hui littéralement assiégé. Car le Sud clame de nouveau sa volonté de faire sécession et de créer un État indépendant, sous le leadership d’Ali Salem al-Beid, ancien président du Yémen du Sud. À la pointe du combat séparatiste, le soi-disant Mouvement de mobilisation pacifique sudiste, qui n’est clairement pas aussi pacifique que le suggère son nom. De fait, le Sud s’est préparé à une nouvelle confrontation. Cet été, le pays a été le théâtre de violentes manifestations contre le gouvernement de Sanaa, qui a répondu par une répression particulièrement brutale.
Au moins 100 000 déplacés
Autre ennemi du pouvoir central, au moins aussi dangereux, Abd al-Malik al-Houthi, chef d’un mouvement rebelle du Nord qui lutte contre les autorités de Sanaa depuis 2004. Le premier leader des insurgés, Hussein al-Houthi, un parent d’Abd al-Malik, fut tué dans les premiers mois de la rébellion. Le président Saleh s’est juré d’écraser le mouvement, accusant les Houthi de vouloir détruire la République pour restaurer l’imamat zaydite. L’expédition punitive – l’opération Terre brûlée – qu’il a organisée au début de septembre a abouti, selon Aboudou Karimou Adjibade, représentant de l’Unicef au Yémen, à l’exode de 100 000 personnes, dont une majorité d’enfants. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a pour sa part évalué à 35 000, pour les seules deux dernières semaines d’août, le nombre d’habitants de Saada, place forte de la rébellion, qui ont dû fuir leur foyer. Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui a acheminé par avions 40 tonnes de biscuits, a du mal à accéder aux déplacés en raison des combats. Les troupes gouvernementales, appuyées par l’aviation et l’artillerie, ont essayé d’ouvrir la route de Saada, bloquée un temps par les rebelles, qui contrôlent toujours les montagnes surplombant la ville. Les affrontements, qui auraient fait un très grand nombre de morts, constituent la pire explosion de violence depuis la guerre de sécession de 1994.
Bien que les Houthi soient zaydites – une branche de l’islam chiite –, on ignore s’ils aspirent vraiment à restaurer l’imamat zaydite ou s’ils ne font que se soulever contre les discriminations économiques et les traitements injustes dont ils s’estiment victimes de la part de Sanaa. Ce qui est sûr, c’est qu’ils réclament un certain degré d’autonomie.
Dans tous les cas, le conflit menace d’impliquer des puissances extérieures. Le ministre yéménite de l’Information, Ahmad al-Lawzi, a ainsi accusé indirectement l’Iran de soutenir les Houthi, alors que l’armée loyaliste affirme avoir mis la main sur des armes de fabrication iranienne – dont des mitrailleuses, des missiles courte portée et des munitions. L’Arabie saoudite s’inquiète du fait que le conflit peut fournir à l’Iran l’occasion d’étendre son rayon d’influence tout près de ses frontières. Téhéran, de son côté, toujours soucieux de la sécurité des communautés chiites, appelle à un règlement pacifique du conflit.
Ces soulèvements dans le Sud et dans le Nord surviennent dans un contexte particulièrement difficile pour le président Saleh et son gouvernement. La production pétrolière – 320 000 barils par jour – est en déclin, la chute des cours de l’or noir ayant frappé le pays de plein fouet. Sous l’effet d’une croissance démographique de 3 %, la plus élevée du Moyen-Orient, le nombre d’habitants devrait passer de 18 millions aujourd’hui à 35 millions en 2029, aggravant un peu plus la situation économique et sociale. Problème national récurrent, la culture du qat, une drogue à laquelle beaucoup de Yéménites sont dépendants, continue de faire des ravages. Principale activité commerciale du pays, elle occupe 145 000 hectares de terres, contre 80 000 il y a dix ans, et constitue un important poste de recettes pour l’État, mais également une source de corruption endémique impliquant aussi bien certaines des plus hautes personnalités que de nombreux agriculteurs.
Une aubaine pour Al-Qaïda
Enfin, comme si cela ne suffisait pas, le Yémen semble avoir attiré des cellules d’Al-Qaïda, dont celle responsable de l’attaque contre l’USS Cole dans le port d’Aden, en octobre 2000, qui fit dix-sept morts parmi l’équipage américain. De nombreuses personnes soupçonnées d’être des agents d’Al-Qaïda furent arrêtées et emprisonnées, mais, en février 2006, vingt-trois d’entre elles, dont les auteurs présumés de l’attentat contre l’USS Cole, réussissent à s’échapper via un tunnel débouchant sur une mosquée des alentours. Parmi les évadés, Nasser al-Wahayshi, 33 ans, ancien secrétaire d’Oussama Ben Laden, dont on pense qu’il est le chef d’Al-Qaïda au Yémen. Selon plusieurs sources, les cellules yéménite et saoudienne de la nébuleuse djihadiste auraient fusionné pour former Al-Qaïda dans la péninsule arabe, ce qui alarme les agences de contre-terrorisme, en Amérique et ailleurs, qui redoutent de voir le Yémen devenir un refuge pour les islamistes radicaux.
Le pays d’Ali Abdallah Saleh pourrait avoir besoin de la médiation des États voisins – dont les pays du Golfe, l’Arabie saoudite et même l’Iran – pour l’aider à résoudre ses conflits internes. Mais il a surtout besoin d’une aide d’urgence en matière de santé, d’éducation, de développement économique et de création d’emplois. Cette année, l’Agence américaine d’aide au développement international (USAid) a versé 24 millions de dollars au Yémen, une somme dérisoire en regard des milliards de dollars gaspillés par les États-Unis dans des guerres inutiles et perdues d’avance.
13:04 Publié dans INTERNATIONAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : moyen-orient, rébellion, pétrole, al qaïda, yémen









